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Le Clandestin

  • Titre original : Uninvited
  • Réalisateur : Greydon Clark
  • Année : 1988
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : A la dérive (Catégorie : Animalier)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : Alex Cord, George Kennedy, Rob Estes, Clu Gulager, Shari Shattuck
Note :
3
John Nada
John Nada

Chronique





Non attendez, ne partez pas ! « Le Clandestin » n’est pas le dernier mélo socio-larmoyant et dramatico-pouet-pouet d’un bobo empressé de jeter à la face du petit cercle de ses amis parisiens son indignation moralisante quant à la politique d’accueil de notre pays, je vous assure, pas question ici de sans-papiers, d’église St Bernard, ni de militante droit-de-l’hommiste jouée avec une ferveur exaltée par Emmanuelle Béart ! C’est positivement mille fois mieux que ça puisqu’il s’agit en l’occurrence d’un petit film d’horreur ricain fauché, sans une once d’originalité ni de talent, mais doté d’un quotient nanar tout à fait remarquable, assez en tout cas pour mériter une litière sur Nanarland, bien au chaud entre « La Nuit des Mille Chats » et « The Cat ».





Le clandestin : un chat mutant sans papiers, à la dérive au milieu d’un océan de médiocrité…







Une litière, dis-je, car le clandestin dont il est ici question n’est pas un travailleur déraciné fuyant la misère de son pays d’origine mais… un chat, échappé d’un mystérieux laboratoire d’expérimentations et fuyant, lui, l’administration répétée de piqûres et les attouchements douteux de types en blouses blanches.









Attention, chat malpropre : en plus des poils sur la moquette, il laisse des cadavres partout où il passe.




Après quelques sanglantes turpitudes, notre chat mutant trouve le moyen d’embarquer à bord d’un paquebot avec une poignée de personnages sortis tout droit de l’usine à stéréotypes : deux bimbos hédonistes dotées du QI d’une huître, un jeune bellâtre et son sidekick tête à claques, une paire de malfrats grisonnants, un biologiste sympa, un poivrot invétéré… bref, une grosse concentration de victimes en puissance !





Walter Graham (Alex Cord)...





…et Mike Harvey (George Kennedy) : des investisseurs peu scrupuleux en fuite vers les îles Caïman, campés par deux figures familières du petit écran ricain.



Le sexe faible vous intimide ? Vous ne savez pas comment attirer l’attention, vous angoissez à l’idée de faire le premier pas ? Rob Estes de Melrose Place vous propose « LA DRAGUE POUR LES NULS » :

























Un high kick d’une violence insoutenable.





Clu Gulager au fond du gouffre.




Notez que ce scénario, bien que d’une nullité affligeante, ne démarque guère « Le Clandestin » des tombereaux de navets d’horreur déversés chaque année dans nos vidéo-clubs. Le schéma est même ultra-classique : un lieu clos, une menace, des protagonistes qui tentent de survivre. En reprenant les codes les plus grossiers du slasher (alcool, luxure, cupidité = mort), l’auteur-réalisateur anéantit en outre tout suspense, laissant sans mal deviner qui y parviendra... Non, ce qui fait dès lors basculer « Le Clandestin » dans l’antre du nanar, c’est ce sur quoi ce genre de film mise l’essentiel de sa crédibilité : les effets spéciaux.





Une métamorphose intrigante : le chat accouche, mais dans le mauvais sens…





Lancer de chat en mousse sur has-been sans défense.







Contraint de faire peur avec un monstre pas effrayant pour deux sous, un metteur en scène un tant soi peu lucide jouera à fond la carte de la suggestion, du suspense, cherchant à faire naître l’angoisse plutôt que l’effroi, optant pour le spectacle ombre et lumière plutôt que le grand-guignol. Ici, le dénommé Greydon Clark ne semble avoir honte de rien : son redoutable chat mutant se résume ni plus ni moins qu’à une main dans un gant pelucheux animé à l’ancienne – oui oui, la belle époque des ainsi-font-font-font-les-petites-marionnettes – et pourtant il nous le montre sous tous les angles, en gros plan et en pleine lumière. A voir pour le croire !







EXCLUSIVITE NANARLAND : LES SECRETS DU TOURNAGE DU CLANDESTIN ENFIN REVELES !!!









En dehors des transformations et des attaques du félin, les effets gore restent pourtant soignés pour une production de ce tonneau. Que reste t-il alors au nanardeur pour patienter entre deux miaulements hystériques ? Du remplissage complètement débile, bâclé par des acteurs en roue libre et relayé par des doubleurs toujours prompts à l’excès. De la vaine explication pseudo-scientifique (où un même doubleur prête sa voix à deux personnages…) à l’agression verbale complètement gratuite, quelques extraits audio sont à votre disposition pour vous donner une idée du désastre.









Notre petit génie de la biologie utilise un sextant… comme un microscope.





La croisière s’amuse.







D’accortes donzelles et même pas un plan nib’ digne de ce nom… quelle faute de goût pour ce genre de produit ! (à gauche, la blonde Shari Shattuck, vue la même année aux côtés de Lou Ferrigno dans le philippin « Desert Warrior », avec Mike Monty et Mike Cohen.)




Autre atout de poids au niveau de la bande-son : la présence d’un bruiteur fou monomaniaque. Je m’explique : à chaque apparition du matou, celui-ci appuie frénétiquement sur les touches MIAULEMENT 1 et MIAULEMENT 2 de sa console, même quand le chat, filmé en gros plan, a ostensiblement la gueule close. Ce trouble compulsif explose littéralement lors d’une scène à haute teneur nanarde : attaqués par la redoutable main gantée, deux lascars en pick-up font une embardée et dévalent un talus. Accompagnant les tonneaux du véhicule, monsieur le bruiteur laisse éclater son génie en tapotant comme un damné la touche BRIS DE VERRE, ad nauseam. Je vous invite à visionner l'extrait vidéo de cette séquence qui figure dans l'onglet "vidéos" de cette chronique, sans lequel ma parole aurait encore pu être mise en doute (le son en question est présent dès le début de la séquence, lorsque la main gantée traverse la vitre arrière du pick-up).





A gauche, une Dodge, à droite, une Ford. La magie du cinéma est sans limites !




Ce qui n’aurait pu être qu’un triste naveton de plus s’est donc révélé, par une heureuse alchimie, un nanar de grande cuvée : les temps forts sont ahurissants et les longueurs (il y en a) tout à fait endurables pour un esprit bien disposé. Aussi, peut-être que celles et ceux d’entre-vous qui souhaiteraient voir ce film ne devraient pas pousser plus loin la lecture de cette chronique, au risque de se voir révéler quelques éléments préjudiciables au plaisir de la découverte. D’autant qu’un DVD français à bas prix existe…







Hop, pareil que Titanic mais avec un peu moins d’argent.











Un final grandiose, prélude à un nouveau dialogue d’anthologie.






John Nada
John Nada

Le Clandestin

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  • Un peu d'agressivité gratuite
  • La fête de la science
  • Un épilogue nanar
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L'éditeur First International Production (FIP) avait sorti ce film en 2001, mais le DVD semble aujourd'hui épuisé. Par chance, FIP a ressorti le film durant l'été 2005 dans un package double DVD réunissant Le Clandestin et Le Bateau des Ténèbres (Lost Voyage, un téléfilm de 2001 avec Lance Henriksen qui lorgne du côté d'Event Horizon), trouvable en hypermarchés et sites de vente en ligne pour une poignée d'euros. Une édition simple, avec VF seulement, chapitrage, format 4/3 et la bande-annonce du film, ainsi que celles de quelques autres distribués par l'éditeur. C'est peu, mais que demander de plus ? Un making of ? Oui, remarquez ce serait intéressant... un jour peut-être...







Pour les accrocs de la VHS, sachez enfin que Le Clandestin est sorti en France dans deux éditions différentes : l'une chez FIP / Partner & Partner, l'autre chez Vidéo Poche.

















La VHS allemande de Splendid Video (y a pas que chez nous que les éditeurs se la pètent au niveau des noms !).
Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation

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VHS néerlandaise.
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