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Le Grand Bazar

  • Titre original : Le Grand Bazar
  • Réalisateur : Claude Zidi
  • Année : 1973
  • Pays : France
  • Genre : Les Charlots contre la société de consommation (Catégorie : Comédies pouet-pouet)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : Michel Galabru, Les Charlots, Roger Carel, Michel Serrault, Coluche
Note :
3
La Team Nanarland
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Chronique





Avec « Le Grand Bazar », réalisé par Claude Zidi, tout juste remis des triomphes des « Bidasses en folie » et des « Fous du Stade », nous sommes en présence d’un film comique seventies à message : la société traditionnelle dominée par le petit commerce et la proximité villageoise cède la place aux barres d’immeubles caca, aux banlieues pourries et, surtout, aux grandes surfaces. Une thématique sociale déjà visitée par des auteurs prestigieux comme Charlie Chaplin ou Jacques Tati : sauf qu’ici, à la place de Tati, on a les Charlots. On fait avec ce qu’on a.





La France qui gagne. Vingt ans de ça, et on a « La Haine », c’est tout de suite moins sympa.





Les Charlots.





Michel Galabru et Gérard Filipelli.







Gérard Rinaldi, en agent immobilier malchanceux, fait visiter un appartement à Coluche et son épouse.




Nos quatre compères interprètent des calamiteux jeunes prolos de banlieue, grands habitués du café-épicerie-bazar de leur patelin, tenu par Monsieur Félix (interprété par un Michel Galabru royal). Le début du film, rythmé par des gags en constant équilibre entre le cartoon et la débilité pure et simple, suit les mésaventures des Charlots voguant d’un boulot à un autre : mais les jeunes zigotos se voient bientôt dotés d’un but dans la vie, avec l’arrivée dans leur commune d’un énorme hypermarché, qui menace tous les petits commerces et celui en particulier de leur ami Félix. Les Charlots vont tout mettre en œuvre pour sauver leur estaminet préféré, que ce soit en le modernisant ou en sabotant les affaires du centre commercial, de manière plus ou moins honnête.





Les petits commerçants sur le sentier de la guerre.





Michel Serrault en suppôt du Grand Capital.









La vision du « Grand Bazar » est assez déconcertante, tant le film alterne les bonnes idées et les accès de n’importe quoi plus ou moins bien maîtrisés. Les Charlots multiplient les déguisements et les tenues saugrenues, les course-poursuites frénétiques et les idées farfelues (une tondeuse à gazon transformée en mobylette, une scie d’atelier utilisée pour découper un saucisson en rondelles, etc.) Certains gags font rire, vraiment, d’autres déconcertent, d’autres sont si consternants que l’on ose à peine y croire. C’est un mélange assez inédit de débilité, de puérilité et d’inspiration, le tout au service d’un discours socio-politique dont on peut, malgré tout, mesurer aujourd’hui la pertinence (hé oui).





Les Charlots furent tellement populaires dans les années 1970 que leurs films étaient déclinés en BD...











Les Charlots dénoncent l’inconfort dans les transports en commun !





Ouééé, le figurant à gauche, c’est Yul Sanders, un acteur des films Eurociné !




Entre improvisations plus ou moins bien venues, numéros musicaux – les Charlots se transforment en chorale de charme pour attirer les clientes dans la boutique de Galabru – et visions parfois surréalistes (le chef de la sécurité de l’hypermarché coiffé d’une tête de veau pour se camoufler et guetter les voleurs) « Le Grand Bazar » a tout d’un dessin animé live et d’une sorte d’instantané de la France des années 1970, avec ce que cela implique d’esthétique bigarrée.















Une certaine résistance à l’allergie envers les Charlots est tout de même conseillée, car les bougres sont omniprésents et multiplient des pitreries navrantes, avec une bonne humeur qui finit quand même par emporter l’adhésion. On appréciera tout de même également les prestations de Michel Galabru, qui cabotine avec virtuosité en petit commerçant en révolte, et de Michel Serrault dans le rôle du directeur de l’hypermarché. Il convient de noter que, pour un nanar comique des années 1970, le film fait preuve d’une intelligence certaine dans son propos, et évite même le manichéisme en nous offrant une conclusion d’un cynisme certain.









Si un certain nombre de film des Charlots sont plus des navets qu’autre chose, « Le Grand Bazar » est d’une sympathie assez irrésistible, et nous réconcilie avec l’ex-quintette devenu quatuor. Les compères étaient alors au top de leur gloire, et ce film représente l’un des sommets de leur filmographie, précédant ces autres chefs-d’œuvre que sont « Les Charlots font l’Espagne » et « Les Charlots contre Dracula », en une époque où le cinéma français pouvait vraiment tout se permettre. Et en plus, ce film-là a un vrai message (mais oui !) : ce serait vraiment dommage de s’en priver !









La Team Nanarland
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Le Grand Bazar
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Les notes des membres

Moyenne : 2.67
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avatar de La Team Nanarland La Team Nanarland : 3
avatar de Labroche Labroche : 3
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Cote de rareté









En ce moment, "Studio Canal" ratisse tout l'arsenal du cinéma comique franchouillard des années 70 via sa collection "Cinérire". Pierre Richard, Jean Lefebvre, les Charlots, tout y passe. Hélas ce sont des éditions simples aux masters à peine nettoyés. De plus les tarifs demeurent élevés (il faut compter pas moins de 15 € par film). A noter qu'ils existent en coffret groupant divers titres de la filmo des Charlots.







L'affiche allemande et le DVD tchèque... Qui aurait pu croire que nos Charlots étaient des stars internationales ?
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