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International Guerillas

  • Titre original : International Gorillay
  • Réalisateur : Jan Mohammed
  • Année : 1990
  • Pays : Pakistan
  • Genre : Dommage collatérhallal (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 2h46
  • Acteurs principaux : Ghulam Mohiuddin, Afzaal Ahmad, Mustafa Qureshi, Babra Sharif, Neeli, Javed Sheikh, Rangeela
Note :
5
Nikita
Nikita

Chronique





Juger de la nanardise d’un film sur des critères idéologiques n’est pas forcément chose aisée ; considérer qu’une œuvre gagne ses galons de nanar du simple fait d’un discours politico-social outrancier ou contestable équivaudrait à classer dans la catégorie « Naissance d’une Nation » et « Octobre », rangeant Griffith et Eisenstein parmi les pontes de la débilité sur pellicule. Loin de nous l’idée de vouloir donner dans de tels excès, mais il faut bien admettre qu’un propos politique grand-guignolesque, allié à une esthétique mal maîtrisée, aboutit à nous servir certains morceaux de choix. Pour prendre en exemple des films aussi différents que « La Chute de Berlin » ou « Invasion USA », on pourra noter que le délire propagandiste que l’un, et l’outrance manichéenne de l’autre contribuent largement à leur qualité de nanar. C’est donc sans aucun complexe que nous nous attaquerons au cas de cet « International Guerillas » qui, non seulement bat des records de ridicule et de n’importe quoi, mais nous permet de compléter notre palmarès de films de propagande en traitant un cas extrême de nanar islamiste.





Une image du coran dès le début du film, on sent qu’on n’est pas là pour rigoler. Quoique..




C’est du Pakistan, pays des purs et de la démence cinématographique la plus profonde, que nous vient ce film au contenu particulièrement explosif. « International Guerillas » traite en effet de l’affaire Rushdie – en pleine actualité à l’époque – en l’assaisonnant à la sauce de ce cinéma d’action taré et repoussant toutes les limites du kitsch dont le Pakistan a le secret. Pour rafraîchir rapidement la mémoire de nos plus jeunes lecteurs : en 1988, Salman Rushdie, écrivain britannique d’origine indienne, publie le roman « Les Versets sataniques », dont quelques passages secondaires contiennent des éléments de satire envers Mahomet et certaines croyances de l’islam. Ces éléments, passés inaperçus de la critique britannique, entraînèrent rapidement des réactions de protestation au sein des communautés musulmanes du Royaume-Uni, puis du reste du monde anglophone, et enfin de la planète entière (le fait que fort peu de gens aient réellement lu le roman n’entrant pas en ligne de compte). Menaces envers éditeurs, libraires et traducteurs (le traducteur japonais fut assassiné en 1991), manifestations monstre dans certains pays : l’affaire connut son point d’orgue en février 1989 quand l’Ayatollah Khomeiny, Guide Spirituel de l’Iran, émit une fatwa contre Salman Rushdie, autorisant tout musulman à tuer l’auteur de « Versets Sataniques ». C’est au milieu de cette affaire aussi complexe qu’explosive, mêlant géopolitique, choc des civilisations, et jeux de pouvoir au sein de l’islam, que le cinéma d’exploitation pakistanais allait mettre ses grosses pattes, avec pour résultat l’un des films les plus ignoblement crétins jamais projetés sur quelque écran que ce soit. Attendu que se payer la tête des malfaisants quand leur bêtise est à la hauteur de leur nocivité est un véritable bonheur, on n’hésitera pas à dire qu’ « International Guerillas » n’est pas loin du nirvana absolu. C’est de l’idiotie au mètre cube, une grosse bouse XXXL, de la connerie aussi titanesque que non distillée. A un tel point qu’on pourrait prendre ce film pour une parodie concoctée par des farceurs désireux de faire passer les islamistes pakistanais pour des débiles profonds : mais non, c’est du premier degré. Sérieux, c’est vraiment du brutal : plusieurs nanardeurs confirmés ont failli mourir d’une explosion de neurones en matant cette chose accablante de 2h46.







Méchants internationaux SARL : ce sont bien des sales infidèles, puisqu’ils boivent DE L’ALCOOL !







Le film adopte d’emblée une thèse au complotisme délirant : une organisation criminelle internationale, réunissant « les plus grands escrocs du monde », et dirigée par un juif du nom de Batu Batu (nom typiquement hébreu comme chacun sait), décide de détruire l’islam. La troisième religion révélée est en effet le principal obstacle dans le monde contre la diffusion du vice et de la corruption : dans le cadre de leur complot majeur pour détruire la religion mahométane, les gros méchants commencent par s’attaquer au Pakistan – principal bastion de l’islam, selon le dialogue du film, qui ne lésine pas sur le nationalisme.











On apprend par la suite que cette avenante danseuse est une super-flic islamiste (l’une des héroïnes du film), infiltrée chez les truands.




C’est au Pakistan, au cours d’une réunion de gangsters affiliés à la même organisation (et surtout occupés à ouvrir des night-clubs), que nous faisons la connaissance des personnages principaux : alors que les malfaiteurs viennent d’admirer le show d’une danseuse, deux hommes vêtus en cow-boys d’opérette s’invitent brusquement. On suppose que leur intrusion a pour but de prendre la tête de la mafia pakistanaise, puisqu’ils chantent joyeusement combien ils sont les meilleurs et les plus grands de tous les voleurs. A peine commencé, le film est déjà plombé par un numéro musical d’une kistcherie à faire pâlir les productions Bollywood les plus extrémistes.





La classe à Dallas !




Heureusement pour nos oreilles, l’épouvante musicale est interrompue par la police : les deux terreurs de l’ouest ne sont cependant pas arrêtés, mais simplement réprimandés. Il s’avère en effet qu’il ne s’agit que d’apprentis gangsters, et que les deux zouaves sont par ailleurs la honte de leur famille : leur frère aîné (joué par un acteur qui a l’âge d’être leur père, ce qui cause quelque confusion aux spectateurs) est en effet un officier de police, qui passe son temps à leur faire la leçon et à les tirer d’affaire.





Les deux couillons.





Le frangin responsable.




Les deux branleurs acceptent finalement de se repentir, car une situation inédite va mettre tout le monde d’accord dans le monde musulman : l’ayatollah Khomeyni ayant lancé sa fatwa contre Salman Rushdie, c’est le gros de la famille (les trois frères et les enfants de l’aîné) qui va se retrouver à un meeting pour protester contre « Les Versets Sataniques ».









Le flic pourri et vendu aux juifs.




Or, un officier de police corrompu, payé par les gangsters sionistes, ordonne à ses hommes de tirer sur la foule (la scène est inspirée par une authentique bavure de la police pakistanaise, qui avait ouvert le feu sur une manifestation anti-Rushdie à Islamabad, faisant six morts) : le fils et la fille du frère policier sont tués, et la fille fait promettre à l’un de ses oncles de revenir avec la tête de Salman Rushdie. Ni une ni deux, les trois frères, vont régler son compte au flic ripou, qui sera finalement tué par sa propre sœur, également inspectrice : nos trois héros, rejoints plus tard par notre héroïne, vont désormais devenir les « International Guerillas » (traduire par : guérilleros internationaux) et partir à la recherche de l’infâme Rushdie, pour lui faire la peau.











Mais Salman Rushdie lui-même, où est-il, et pourquoi aller s’en prendre à lui alors qu’objectivement il n’est pas directement responsable de la mort des manifestants ? Sauf que non : à la quarantième minute du film, Rushdie entre enfin en scène, se révélant être, sinon le chef, du moins l’un des principaux agents, du complot gangstero-sioniste international : Salman Rushdie, tel que le décrit « International Guerillas », est une sorte de méchant digne des films de James Bond, vivant dans un palais aux Philippines, protégé par des fils de fer barbelés et une armée privée commandée par un général israélien et supervisée par l’abominable Batu Batu. Non content d’être un abominable mécréant, Rushdie pousse jusqu’au bout le vice et la malfaisance en commettant des actes sadiques et barbares : de nombreux musulmans étant capturés par ses sbires juifs en tentant de venir le tuer, l’écrivain passe le temps en venant tuer à coups de sabre les prisonniers enchaînés avant de respirer avec volupté son mouchoir tâché du sang des croyants. Ajoutons au passage que le comédien incarnant Salman Rushdie, à part le fait d’être un homme de type indo-pakistanais, de porter des lunettes et d’être glabre (son modèle ne portait pas de barbe à l’époque), ne présente strictement aucune ressemblance avec le véritable écrivain : mais ce n’est pas bien grave, car sa prestation nous permet de savourer un numéro de cabotinage comme on aimerait en voir plus souvent.





Le général israélien.





L’ignoble Chief Batu Batu.







Salman Rushdie (si, c’est lui !).















Rushdie au travail (pardon pour le nombre d’images, mais le dialogue méritait d’être reporté en entier !).







Festival Batu Batu.




Pour abominable que soit Salman Rushdie, il est presque sobre en comparaison de ses complices, à commencer par l’ineffable « Chief Batu Batu », soit le manœuvrier en chef de la conspiration juive. Si l’on met de côté le nom loufoque du personnage et le fait que l’acteur en rajoute des tonnes, Chief Batu Batu ébouriffe notamment par une garde-robe à mi-chemin entre Ringo Starr et un baron du pétrole texan, nous gratifiant dans plusieurs séquences d’un costume de cow-boy mauve, à paillettes et épaulettes du meilleur effet. Autre sbire d’envergure, Dolly, la sœur du général israélien, dont les yeux peuvent reconnaître du premier coup tout ennemi musulman. Non contente d’avoir des yeux extra-lucides à rayons X, la tentatrice juive est également, comme toutes les israéliennes, experte dans l’art des chants et danses pakistanaises, ce qui nous permet de profiter d’un nouveau numéro musical à se taper la tête contre les murs (Chief Batu Batu assurant l’accompagnement à la guitare et nous faisant également profiter de son propre talent de danseur).









C’est la fête chez les méchants !





C’est sûr que vue comme ça, la théorie du complot juif mondial ne fait plus trop crédible.




Quant à nos trois guérilleros, arrivés aux Philippines, ils vont désormais traquer Salman Rushdie pour envoyer en enfer l’infect comploteur infidèle : c’est le début d’une série de gunfights, poursuites, chausse-trappes, retournements de situations et luttes titanesques opposant l’islam à l’incroyance, le bien au mal, le beau au pas beau, la chanson pakistanaise et la danse du ventre aux juifs joueurs de guitare et le n’importe quoi à la débilité la plus profonde. Sincèrement, après cette longue exposition du récit d’ « International Guerillas », que dire de plus au lecteur pour décrire l’intense bêtise qui irradie des moindres microsecondes de ce film ? Mélange dément de diffamation extrême et d’incompétence cinématographique, de propagande islamiste et de danses du ventre avec tenues coquines, de scènes d’action lamentables et d’idéologie plus puante qu’une fosse septique pour éléphants, ce film aussi démentiel qu’éprouvant est un véritable cauchemar de cinéphile fou.















Citons au passage la technique préférée de Salman Rushdie pour torturer des musulmans : leur passer des cassettes audio des "Versets Sataniques" !





Djihad Joe !




Entre deux guet-apens débiles et une scène de poursuite automobile à deux à l’heure, où les motos des méchants tirent des roquettes avec des bruits de dessin animé, « International Guerillas » nous gratifie d’une histoire d’amour entre l’un des guérilleros et la tentatrice Dolly, venue le séduire pour le détourner du droit chemin (mais peut-être l’aime-t-elle vraiment ? Suspense…) : nouveau numéro musical avec chorégraphie pataphysique, vrillant autant les yeux que les oreilles, tandis que le héros prend des poses à la James Bond.















Dans cette œuvre qui vise clairement – outre son but propagandiste – à reprendre les recettes du cinéma indien à grand spectacle, le quota « humour lamentable » n’est pas oublié, avec les personnages de deux sheiks des Emirats arabes unis, venus parler affaire avec Salman Rushdie. Si l’on peut trouver intéressante d’un point de vue ethnologique cette satire des émirs du Golfe (particulièrement impopulaires dans le reste du monde musulman), les séquences mettant en scène ces personnages pèsent littéralement des tonnes, et nous gratifient de gags et de numéros de cabotinage digne des plus grands moments de la sexy-comédie italienne (il ne manque que le concours de pets).













Là, c’est l’un des héros, déguisé en sheik, avec des lunettes à essuie-glaces.





Si le fond – insondable – du film donne le vertige par son profond crétinisme, sa forme est à la hauteur, la mise en scène multipliant les zooms, les cadrages foireux et les scènes au montage hystérique à base de plans d’une demi-seconde, comme si la caméra avait été laissée entre les mains d’une bande d’amateurs rendus fous par un mélange d’insolation et de syphilis. La laideur de l’image est concurrencée par le mauvais goût de la garde-robe des protagonistes, qui passent leur temps à exhiber des tenues aux couleurs toutes plus écœurantes les unes que les autres. Le summum de la démence formelle est encore atteint par une séquence littéralement sans queue ni tête (on voit le même personnage se faire tuer trois fois, sans raison ni explication), située dans une discothèque : Salman Rushdie s’y présente non pas en un, ni en deux, mais en trois (ou cinq, la scène étant quasi incompréhensible) exemplaires, le coquin ayant l’habitude de se faire remplacer par des clones pour confondre ses potentiels agresseurs.









Le sommet est atteint quand nos héros, venus tuer Rushdie, surgissent… vêtus de costumes de Batman. Comme ça, sans explication. Un an après le premier film de Tim Burton, les auteurs ont sans doute pensé que ça ferait cool. On en reste sans voix.













Court-circuit dans le cerveau.




Mais cette image à la merveilleuse idiotie n’est que l’une des pointes d’un film marqué par une naïveté confinant à l’ahurissement béat, dont le récit est à peu près du niveau de ce qu’un mauvais auteur de livres de gare peut improviser quand il doit rendre son manuscrit pour hier midi : les personnages rivalisent de bêtise, à commencer par les héros islamistes, qui passent leur temps à se faire capturer de la manière la plus piteuse. On se croirait presque dans « Les Charlots font le Djihad ».







Salman Rushdie fait également des canulars téléphoniques : là, il imite la voix de l’un des frères pour faire venir aux Philippines l’épouse du frère aîné et la prendre en otage.





Nos héros, déguisés en beatniks pour passer inaperçus.











On ne nous en voudra pas trop de révéler la fin du film, qui est son élément le plus connu tout en constituant le summum du pompon du maximum de la connerie (sinon, sautez ce paragraphe) : après une bataille rangée avec les sbires de Rushdie, nos moudjahidines sont (encore !) capturés et prêts à être exécutés. N’ayant plus que Dieu pour recours, les guérilleros entonnent, enchaînés en croix dans un étonnant remake involontaire du final de "La Vie de Brian", un chant à la gloire d’Allah et du Prophète : au bout de dix minutes (10 !) de mélodies à forte teneur islamiste et de stock-shots de La Mecque, leurs chaînes éclatent et le gunfight reprend, jusqu’à extermination totale de tous les sbires sionistes.















Des effets spéciaux à la Méliès.













L’attaque des corans volants.















Quant à Salman Rushdie lui-même, Dieu lui réserve un traitement particulier : le mécréant en chef est soudain attaqué par une escadrille de corans volants qui apparaissent dans le ciel, avant de le bombarder de rayons laser dignes du cinéma muet et de le carboniser comme un vulgaire mannequin en mousse. Les méchants sont punis et le spectateur islamiste moyen s’en retourne chez lui, ses basses pulsions satisfaites et la tête aussi vide qu’un apprenti racaille boutonneux de 13 ans revenant d’un concert de gangsta rap.















Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous dise ? Quand on croit qu’on a tout vu, on s’expose encore à être laissé pantelant par l’inexprimable indicible : on en reste aussi estomaqué qu’un héros lovecraftien foudroyé par sa rencontre avec les Grands Anciens. Metteur en scène échappé de l’asile, scénariste lobotomisé, acteurs en roue libre, effets spéciaux au-dessous de zéro : ni fait ni à faire, comme un torchon cochonné par le dernier des cancres d’une mauvaise école de cinéma, « Internationel Guerillas » défie le vocabulaire tout en poussant encore plus loin le grotesque de son discours. Moins fou formellement que des films d’action pure comme « Badmash Te Qanoon » ou « Haseena Atom Bomb », cette chose purement impensable n’en constitue pas moins, du fait même d’un propos aussi stupéfiant que premier degré, l’un des points les plus aigus de la démence du cinéma pakistanais. Parfois éprouvant par sa durée, le film est cependant à conseiller aux nanardeurs les plus extrémistes, auxquels on conseillera seulement, en cas de non-tolérance envers les numéros musicaux à la Bollywood, de zapper ceux-ci, qui sont extrêmement longs (et absolument minables comparés à ce que peuvent faire les indiens).





Ouééééé !




Pour la petite histoire, le film, succès monstrueux au box-office pakistanais, doit une partie de sa relative notoriété en Occident aux conditions de sa distribution en Grande-Bretagne : devant le caractère délirant de la diffamation envers Salman Rushdie, la censure britannique se déclara incompétente pour lui décerner un visa de censure, empêchant de fait sa sortie. La situation fut finalement résolue par Rushdie lui-même qui, tout en se montrant peu amène sur les qualités artistiques du film, déclara qu’il ne s’opposerait pas à sa sortie et n’intenterait aucun procès, au nom de la liberté d’expression. Une position fort intelligente, puisque l’écrivain entendait ainsi éviter que le film ne devienne collector du fait de son interdiction. « International Guerillas » connut ainsi l’honneur d’une distribution – très très limitée – sur le sol du Royaume-Uni, avant de sombrer dans un oubli dont ne viennent plus le sortir que des malades du cinéma de l’extrême. Devrions-nous avoir honte de faire de la pub à un film aussi débile que nauséabond, vecteur de l’islamisme le plus beauf et le plus sanguinolent? Non, car exhiber la bêtise des infâmes est encore la meilleure des contre-publicités. En attendant, n’hésitez pas si vous le pouvez à vous infliger cette expérience cinématographique au-delà du réel !



Allez, 5 sur 5, parce que c'est de l'extrême !





Nikita
Nikita

International Guerillas
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Les notes des membres

Moyenne : 4.5
avatar de Barracuda Barracuda : 4
avatar de Nikita Nikita : 5

Cote de rareté

Jamais sorti en France, ce film a bénéficié d’une distribution en Occident (Grande-Bretagne) sous le label « Rio Video ». Devenu introuvable, « International Guerillas » a été réédité en DVD-R par « 5 Minutes to live », grands exhumeurs de trash devant l’éternel. Que le Prophète les savonne ! !



Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation