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Les Rats de Manhattan

  • Titre original : Rats : notte di terrore
  • Titres alternatifs : Les Mutants de la Deuxième Humanité
  • Réalisateur : Bruno Mattei, alias Vincent Dawn
  • Année : 1984
  • Pays : Italie
  • Genre : Rats débiles et rats méchants (Catégorie : Post apocalyptique)
  • Durée : 1h37
  • Acteurs principaux : Richard Raymond, Janna Ryan, Alex McBride et Richard Cross
Note :
3.5
Rico
Rico

Chronique





Dans la grande vague des films post-apocalyptiques italiens qui nous a donné plusieurs merveilles fortement traumatisées par Mad Max et qui ont été chroniquées sur ce site (style Rush ou Le chevalier du monde perdu), Bruno Mattei, grand tâcheron du bis rital fauché, s’est mis en tête de nous livrer un objet différent.

On imagine facilement le dialogue du maître avec ses producteurs :

« Alors là, je vois un grand film où une poignée de barbares du futur doit lutter contre une armée de rats intelligents dans un monde en ruines.

- T’es fou Bruno, ça va nous coûter la peau des fesses pour les décors en location de carrières de graviers et d’usines désaffectées !

- Non, car c’est là qu’est l’idée : je vais faire un Mad Max.... d’intérieur ».







En effet le trait de génie, à part le générique qui recycle des stocks-shots du Grand Canyon et des gros plans sur des lézards pour bien nous montrer que nous sommes 225 ans après l’apocalypse nucléaire, c’est de filmer tout le film dans un seul bâtiment et un coin de rue, ce qui permet au réalisateur de se concentrer sur les effets spéciaux et le jeu des acteurs (non je déconne, les deux sont aussi mauvais que d’habitude).





Et là, un stock-shot, un lézard et je te fais la fin du monde




Or donc, une voix off sur fond de musique bontempi nous annonce qu’après l’holocauste atomique (en 2015, soit quatre ans avant la chute de New York - comme quoi tout se tient -), les hommes se sont réfugiés sous terre. Quelques barbares à moto sont quand même remontés à la surface et vivotent dans une atmosphère de violence et de liberté...





Quand on arrive en ville...




Arrive donc une bande mixte de ces nouveaux barbares emmenés par leur chef, Kurt, sosie d’un des Bee Gees, aussi charismatique qu’un clafoutis mais qui est le chef car c’est le meilleur (c’est bien connu, les plus Kurt sont les meilleurs - désolé j’ai pas pu m’en empêcher). Ils arrivent dans un quartier déserté qui, chose curieuse pour un film dont l’action est sensée se passer à Manhattan, est composé de jolies maisons blanches aux toits de tuiles rouges ! (A moins qu’ils n'aient décidé de reconstruire le quartier du World Trade Center dans le plus pur style banlieue romaine, cela reste un mystère pour moi). Là, ils tombent sur une grande baraque avec un bar, des rats et surtout de grandes réserves de nourriture.







Grande orgie de spaghettis en boîte, de saucisses froides et de sucre en poudre dans la joie la plus totale. On arrose même de farine la jolie black du groupe, nommée Chocolat, qui se met à danser en criant qu’elle est devenue blanche.







La grande classe !




Mais la fête est vite interrompue quand ils découvrent des cadavres gores bien craspecs en train de se faire bouffer par des rats, ce qui permet quelques scènes chocs avec macchabée tombant des placards.







Dans les caves ils découvrent une serre avec des plantes disparues sur Terre et un ordinateur dont le programme est en... basic ! Oui en bon vieux basic à l’ancienne avec des PEEK, des POKE , des GOTO et des PRINT, s’en est presque attendrissant.







Le futur est déjà dépassé... Toute une époque !




Le groupe s’installe donc dans leur nouveau refuge après avoir brûlé les cadavres. Pendant ce temps, des rats se regroupent, menés par un étrange rat blanc, et bouffent les motos (enfin les pneus et les fils). Parallèlement, suite à un problème de fermeture éclair de sac de couchage bloquée alors qu’il trombine sa copine Lilith, l’un des bikers, Lucifer, est humilié par ses petits camarades. Il jure qu’il se vengera. Retenez bien cette scène : elle n'aura aucune conséquence sur le reste du film...





Les rats ourdissent un sale coup, moi j'vous le dis...




Commencent alors les premières attaques de rats. C’était encore une époque où on ne bridait pas la créativité des réalisateurs par des lois sur la protection animale. Alors là on n'hésite pas à balancer des tas de rongeurs à la gueule des acteurs, par pelletés entières, par les fenêtres. On se défend à coups de lance-flammes, cramant joyeusement du rattus norvegicus à tour de bras. N’ayant vu personne crédité au générique pour la création de rats mécaniques et ayant repassé la scène plusieurs fois, je crois bien qu’ils aient foutu le feu à de vrais rats...



MESDAMES ET MESSIEURS, LA MENACE ULTIME... LES RATS :





Le chef des rats. Ne vous fiez pas à son air endormi, c'est l'acteur le plus charismatique du film.






Mouillé, c'est tout de suite plus impressionnant.






You're talkin' to me !?!!






YOU FUCK MY WIFE !?!!






Tu vas voir ce que tu vas prendre toi...




Suite à la première attaque, Lilith et Lucifer, isolés le temps d'une scène érotique, se font bouffer ainsi que Noé, un des bikers de garde. Dans le groupe, la blonde Mirna joue les hystériques de service, Deus, un grand chauve à couette mongole, balance quelques doctes phrases sur l’intelligence des rats et Duke, un brun trapu en costume de Napoléon, commence à contester l’autorité de Kurt qui décide de se barricader dans la baraque. Tout cela pour meubler entre deux attaques de rats. Rats qui d’ailleurs, vus en gros plan, semblent être sous tranxene, grignotant mollement du grain sur le plancher pendant que les acteurs poussent des cris et agitent les bras. Seule exception : un pitoyable mécanisme filmé en gros plan flou avec des rats en plastique qui avancent en rang comme une armée. C’est déjà effroyablement pas beau, mais quand sur le plan suivant on voit quelques dizaines de vrais rats éparpillés qui semblent se demander ce qu’ils font là, on sent qu’on barbote en plein amateurisme.





On distingue nettement le grain au sol qui sert à garder un minimum actifs nos amis rongeurs




La suite est au même niveau : Duke tente de se révolter contre Kurt en prenant les filles du groupe en otage avant d’être abattu, les rats chopent régulièrement des victimes isolées (avec de préférence quelques effets gores, style le corps qui s’ouvre en deux avec des rats à l’intérieur). Le jeu consiste à savoir qui va se faire bouffer et dans quel ordre.





Je suis un vrai malade moi, je peux buter tout le monde si je veux !





Kurt prend les choses en main




Finalement les rescapés découvrent les archives sonores des précédents locataires du bâtiment, des gars d’en dessous qui ont tenté de remonter à la surface et ont découvert que les rats avaient décidé de prendre le contrôle de la surface désormais inhabitée. On apprend qu’un groupe oméga devait venir les sauver dans trois jours (soit pile au moment où le film se déroule, coup de chance). A part ça ils nous font le coup du gars qui explique tout sur l’enregistrement avant de s’écrier « Mon Dieu, il arrivent, ils sont des milliers arrrrrgh... ».



Alors que la toute dernière barricade est en train de céder, des types en cirés jaunes et masques à gaz jaillissent du sol et gazent la meute de rats. Sauvés, se disent les survivants, sauf que...





Confiance, nous venons en amis...




Je ne vous livre pas la dernière pirouette du scénario car même si on la voit arriver gros comme une maison, elle permet de finir le film de façon top classe.



Maintenant un point sur le jeu des acteurs :



MESDAMES ET MESSIEURS, LEE STRASBERG ET L'ACTOR'S STUDIO SONT FIERS DE VOUS PRESENTER : ETRE ACTEUR LECON 1 - LA PEUR





















Bref, un bon gros nanar fier de l’être, aussi ringue que drôle.





L'arrière de la cassette de chez "Vidéofilm" : on sent bien qu'ils y mettent tout leur coeur pour essayer de nous vendre leur daube...






Rico
Rico

Les Rats de Manhattan
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Les notes des membres

Moyenne : 2.89
avatar de John Nada John Nada : 2.5
avatar de Kobal Kobal : 4.5
avatar de Labroche Labroche : 2.5
avatar de LeRôdeur LeRôdeur : 2
avatar de Nikita Nikita : 2.5
avatar de Rico Rico : 3.5
avatar de Wallflowers Wallflowers : 2.75

Cote de rareté

Un film qui a eu l’honneur de nombreuses rééditions DVD de prestige… sauf chez nous. Tout d’abord une belle version zone 1 titrée « Rats: Night of Terror » chez "Anchor Bay" (la licence semble avoir été rachetée depuis par "Blue Underground") nantie d’une interview du maître (la même, hélas, que sur leur DVD de « Virus Cannibale ») mais seulement pourvue d’une version anglaise. Il existe même un coffret contenant les deux films. Pour la zone 2, les Japonais eurent aussi droit à leur version (en anglais sous-titrée nippon et avec floutage des scènes de nu) chez "Beam Entertainment" et les Anglais la leur, chez "Vipco" cette fois-ci, recadrée 4/3. Si vous ne pouvez pas vous passer de l’hystérique version française (et on vous comprend), il vous faudra partir en chasse d’une des nombreuses versions vidéo de l’œuvre. Celles d’"UGC" (qui la réédite une deuxième fois dans sa collection « cauchemar » dans les années 90) ou de "Vidéofilm" semblent les plus courantes. Mais on peut encore trouver celle des Belges de "VDS" (qui n’hésitent pas à rajouter un sticker « Après les oiseaux d’Hitchcock » sur la jaquette) ou la réédition tardive de "Proserpine". Seul bémol, comme souvent avec Mattei, l’œuvre est tellement prisée par les amateurs que ces cassettes ne restent jamais longtemps sur les rayonnages…



Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation

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