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Super nichon contre mafia

  • Titre original : Double Agent 73
  • Réalisateur : Doris Wishman
  • Année : 1973
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Gare aux nibards (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h13
  • Acteurs principaux : Chesty Morgan, Frank Silvano, Saul Meth, Louis Burdi
Note :
3
Nikita
Nikita

Chronique



Vous aimez les gros seins ? Les bonnes grosses mamelles qui remplissent la main et garnissent fièrement le soutien-gorge ? Hé bien évitez de voir des films avec Chesty Morgan, car vous risquez d’en être dégoûtés. Cette strip-teaseuse polonaise, de son vrai nom Liliana Wilczkowska, eut l’honneur d’être l’héroïne de deux films (elle fit également une apparition dans « Casanova » de Federico Fellini), dont celui-ci est le plus connu chez nous grâce à son délicat titre français. Le film a pour intérêt d’être un « sexploitation » réalisé par une femme : Doris Wishman, cinéaste new-yorkaise, était en effet une spécialiste du « nudie » réalisé avant l’explosion du porno hard. Ce simili-polar, simple prétexte pour exhiber la bête de foire qui sert d’actrice principale, est donc assez représentatif d’un cinéma d’exploitation aujourd’hui disparu où le facteur choc primait sur toute autre considération budgétaire ou qualitative.



La jaquette de la VHS française.


Chesty Morgan interprète le rôle de Jane, agent secret au service du gouvernement des Etats-Unis. Chargée d’infiltrer un dangereux gang de trafiquants de drogue afin de le démanteler, notre amie se voit dotée d’un gadget aussi surprenant que paradoxal : un appareil photo implanté dans le sein. Pour prendre une photo avec son téton, elle n’a qu’à soulever légèrement sa mamelle.









Chesty prenant une photo.


A quoi cela lui sert-il exactement ? On verra essentiellement notre héroïne prendre des photos de gangsters qu’elle vient d’assommer d’un coup de sein. Ca justifie l’exhibition de ses nibards et l’on comprend vaguement qu’il s’agit d’identifier après coup le chef de l’organisation, dont nul ne connaît l’identité réelle. C’est très mal expliqué, et ça ne fait pas du tout avancer l’histoire.



Le chef du FBI.



Un mafioso qui a la classe.



Un sbire.


Car « Super Nichon contre mafia » est sans doute l’un des polars les plus minables jamais tournés. Au niveau en-dessous, c’est bien simple, c’est du Eurociné. Le coup de l’appareil photo implanté dans le sein qui ne sert à rien n’est que l’aspect le plus voyant d’un film sans queue ni tête ni logique. On se croirait parfois dans un vidéo-clip qui parodierait les pires séries B de l’histoire. La réalisation de « Super nichon contre mafia » s’apparente à celle d’un film expérimental post-godardien. Plans aléatoires et très longs sur des objets inutiles à l’action, remplissage à gogo, cadrages hasardeux. C’est la totale à tous les niveaux : action molle, bastons mal chorégraphiées, scénario sans queue ni tête, acteurs n’essayant même pas de jouer : on a l’impression de se trouver devant un brouillon de film cadré par un débile mental et joué par des comédiens amateurs. Le côté « second degré » assumé du film n’excuse absolument rien : à ce niveau-là, c’est du jemenfoutisme.







Surtout, le film se distingue par une esthétique si ignoblement marquée par les années 1970 qu’elle finit par en vriller les yeux : cols pelles à tarte, foulards mauves criards, papiers peints à fleurs, rideaux à motifs inextricables. On est en pleine agression visuelle, à croire que l’on se trouve devant un film de seventiesploitation destiné à des pervers incurables.









« Supernichon contre mafia » est l’occasion de voir en action « la plus grosse poitrine du monde » : en tout cas, sans aucun doute, la plus grosse poitrine à avoir jamais tenu un rôle principal dans un film. C'est en effet la paire de seins qui tient la vedette car on ne peut pas dire que la brave Chesty Morgan, elle, joue vraiment dans le film. Inexpressive au possible, l’air soumis d’un bovin sous neuroleptiques emmené à l’abattoir, la brave Chesty réussit là l’exploit d’être encore plus mauvaise que Florence Cayrol dans « Lorna la Lionne du Désert ». Dotée d’un accent polonais à couper au couteau, Chesty était doublée dans la VO : pour faciliter la post-synchro, la caméra cadre le moins possible son visage quand elle est censée parler.



Quant à ses seins, parlons-en. 220 centimètres de tour de poitrine, ma bonne dame, qu’est-ce que vous dites de ça ? Et que du naturel, c’est pas comme les pouffiasses nourries au silicone et élevées en batterie qu’on nous sert aujourd’hui, ma bonne dame ! Oui, mais… une poitrine pareille, c’est tout simplement trop gros pour tenir sur un torse normal. Les seins de Chesty Morgan, quand ils ne sont pas contenus à grand-peine par son soutien-gorge, pendent lamentablement comme de vieilles éponges géantes, ou, quand elle est couchée, s’étalent des deux côtés de son buste comme un fleuve de boue dégoulinant. C’est tout simplement effroyable : on dirait que notre héroïne s’est fait greffer les seins d’une femme obèse de 200 kilos.







Pour couronner le tout, ajoutons que le film est à voir si possible en VF : doublé par une escouade de comédiens payés en packs de bière, « Super nichon contre mafia » se retrouve avec une VF tenant davantage de la cacophonie auditive que de la post-synchronisation honnête. Aux voix criardes aux intonations excessives s’ajoutent des dialogues débiles contenant toutes les références humainement envisageables aux nibards de l’héroïne : « Salut, alors comment vont les nichons ? » (réplique du chef du FBI, recevant Chesty dans son bureau) ; « J’ai plus d’un tour dans mes roberts ! ». Le dialogue français compte aussi des répliques ultra-vulgaires comme « Attends, j'vais me laver le cul ! Tiens-là bien droite, j's'rai pas longue, mon lapin ! » (dit par une fille à son ami juste avant de faire l'amour) apparemment rajoutées, voire improvisées par les doubleurs. A se taper la tête contre les murs.



Chesty Morgan, âgée d'environ 36 ans à l’époque.



Jaquette anglaise.



Le visuel d'un t-shirt à l'effigie du film : indispensable pour briller sur les plages en été !


D’une débilité fièrement assumée, « Super nichon contre mafia » est un magnifique témoignage de l’époque où les films de sexploitation ne s’encombraient que d’un prétexte minimal pour attirer le chaland. L’audace du temps étant passée, il ne reste que la pure fascination devant la monstruosité de l’actrice principale et la médiocrité hallucinante du reste du métrage. Spectaculaire de non-érotisme, le film est assuré de laisser le spectateur dans un état proche de la stupéfaction. A voir avec la même curiosité morbide qu’un veau à cinq pattes ou un numéro de « France-Dimanche » ! Une certaine résistance à la série Z seventies est tout de même recommandée. Quant à Chesty Morgan, elle prit sa retraite du showbiz après avoir épousé un arbitre de base-ball américain. On ignore si elle s’est fait réduire la poitrine ou si elle a aujourd’hui mal au dos.



Nikita
Nikita

Super nichon contre mafia
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Les notes des membres

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Cote de rareté

Pas encore de DVD français : reste à se rabattre sur la vieille édition VHS de chez Antarès (sous le label "Bossom Production" - visuel en tête de chronique). Certains vidéo-clubs tarés la possèdent peut-être encore. Sinon, vous êtes bons pour le DVD Zone 1 de chez Image Entertainment, dans sa collection "Something Weird Video". Hélas, tintin pour la sublime VF d’époque.

Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation