XANADU
- Réalisateur : Robert Greenwald
- Année : 1980
- Pays : Etats-Unis
- Genre : Xanadoo, forfait haut débile (catégorie : Musical)
- Durée : 1h33
- Acteurs principaux : Olivia Newton-John, Gene Kelly, Michael Beck
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Disco Disco Disco… les années disco aux Etats-Unis ont inspiré pas mal de comédies musicales plus ou moins bonnes et, admettons-le, souvent mauvaises. On s’en convint rapidement en regardant Staying Alive, film kitschissime par excellence.
Les années disco ! Finalement je ne sais pas si on les regrette vraiment...
Une figure récurrente des comédies musicales 80’s, c’est cette gentille cruche d'Olivia Newton-Jones. Déjà héroïne du navet même pas drôle qu’est « Grease », elle réitère l’exploit de jouer dans un film avec « Xanadu ».
Rappelons le contexte socio-économico-culturel, qui préfigure l’aspect nanar du film : début des 80’s ; côte californienne ; les rollers sont à la mode, les bandanas fluo et les chaussettes montantes aussi. Les producteurs veulent surfer sur cette nouvelle vague de jeunes branchés : il faut se dépêcher de sortir un gros nanar disco et engranger autant qu’on le peut.
L’histoire se veut « féerique » et « surnaturelle » (d’où les superbes effets spéciaux à base de néons fluo). En gros, c’est l’histoire d’un artiste qui tombe amoureux d’une fille irréelle et mystérieuse, qui s’avère être sa muse et accessoirement la fille de Zeus. Grâce à sa muse, l’artiste peintre démissionne de son job (graphiste commercial) pour monter sa propre boîte de nuit : le "Xanadu" (une bonne idéologie bien 80’s : oublie tes rêves, gagnes des tunes et tu seras heureux !).
Le film commence superbement puisque l’on peut admirer un aréopage de danseuses entourées d’un magnifique halo fluo (bleu, orange, violet) sortir d’un mur d’où elles étaient préalablement dessinées. Les coquines s’en vont (à la vitesse de la lumière…) chacune vers leur destin et le téléspectateur va suivre celui de Kira (Olivia), la petite blondinette niaiseuse. A noter pour l'anecdote que parmi les danseuses se trouve la débutante Sandahl Bergman qui nous émerveillera par la suite pour sa prestation dans « She ».
Ce qui est drôle c’est qu’en tant que comédie musicale, on s’attend à ce que les protagonistes dansent et chantent en même temps (ou au minimum, « jouent » en même temps que la chanson) mais dans Xanadu, ce n’est jamais le cas. En effet, à la manière d’un interrupteur on /off, Olivia stoppe toute activité quand elle chante… et inversement ! Ainsi, lorsque que Kira fait du patin à roulette (souvent) elle ne fait que sourire, de ce sourire si intelligent qu’on lui connaît.
Une certaine image du bonheur.
Les autres acteurs ne sont pas en reste, notamment « Sonny », le crétin qui joue l’artiste. Lui non plus ne sait pas bien faire du patin, et lui non plus ne sait pas bien danser ni chanter. Il est joué par Michael Beck, simili-bellâtre énervant qui s’illustrera encore dans le crétinoïde « Megaforce ». Celui-ci résumera d'ailleurs assez bien le naufrage que fut Xanadu avec ces propos mémorables : « "The Warriors" opened a lot of doors in film, for me, which "Xanadu" then closed ». (Le film « Les Guerriers de la nuit » m'a ouvert beaucoup de portes dans le monde du cinéma que « Xanadu » a ensuite fermées).
"- Franchement Gene, entre ça, Le Camion de la Mort et Megaforce, j'ai parfois l'impression d'être un loser...
- Euh... je confirme Michael, t'as raté ta vie..."
On appréciera par ailleurs l’absence totale de chorégraphie quand nos deux tourtereaux tourbillonnent ensemble, vaille que vaille, en patins. Ils ont l’air de deux empotés, qui n’ont aucun dialogue pour rattraper l’absence totale d’action.
"J'aimerais pour une heure, pour une heure seulement, être beau ! Beau et con à la fois !"
La présence de Gene Kelly ne fait qu’emmieller le tout dans la niaiserie. Je conseille de zapper toute la partie le concernant, parce qu’à la limite, étant donné qu’il est le seul à bien danser, c’est même pas drôle.
Cependant, la meilleure partie du film - et qui fait que l’on n'a pas regretté nos 2 € - c’est une scène complètement psychédélique entre Kera, Sonny et Gene Kelly. Le vieux bougre doit s’acheter des fringues disco pour être dans le coup, alors il va faire les magasins. Et là, on se retrouve immergé dans une sorte de sous "Pretty Woman" sous acide. Ça chante, ça danse, le tout dans des couleurs psychées-mal-de-tête, et sans que cela n’ait de sens bien entendu.
Et puis pêle-mêle, ce que l’on a aimé :
1. La scène de dessin animé au milieu du film (pourquoi ?)
Les parties animées sont signées Don Bluth, le papa de Fievel.
2. La scène où Kira retourne dans l’Olympe voir son papa (Zeus). L’Olympe est en fait une sorte de truc futuriste à la « Tron » constitué de lignes horizontales de couleurs flashy.
Allez, L.S.D. pour tout le monde !
3. La scène finale dans la boîte de nuit : la musique est horrible, Olivia nous fait un medley disco/country/musiques des années 40 du meilleur goût au milieu de danseurs qui se donnent à fond dans des costumes, euh... splendides.
4. Une scène extraordinaire qui se passe à l'intérieur... d'un flipper géant ! On peut y voir Gene Kelly faire du patin à roulettes... Encore une fois, c'est plein de néons et de zooms. Un grand moment de n'importe quoi !
Voilà donc un petit nanar musical 80's fort sympathique qui, s'il n’égale pas selon moi le redoutable Staying Alive, parvient par ses superbes effets spéciaux et le jeu « tout à eux » des acteurs à nous faire passer un bon moment malgré tout.
"- Alors c'est ça notre film !?!"
"- Ouais, ben moi je m'en fous, parce qu'avec un peu de chance à mon âge je vais chopper Alzheimer et pouvoir tout oublier..."
TantePony : 3
Moyenne : 3.5
