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Y2K Destruction Finale

  • Titre original : Y2K
  • Titres alternatifs : Terminal Countdown
  • Réalisateur : Richard Pepin
  • Année : 1999
  • Pays : USA
  • Genre : Débugue-moi vite avant que mon gros missile ne s'envole (Catégorie : Guerre)
  • Durée : 1h40
  • Acteurs principaux : Louis Gosset Jr, Jaimz Woolvett, Ed O'Ross, Sarah Chalke, Malcolm McDowell, Carlos Lauchu
Note :
2.5
Kobal
Kobal

Chronique



Le bug de l'an 2000. Souvenez-vous. Un monstre qu'aucun film de SF n'avait pu anticiper. Il allait réduire notre civilisation à néant, lavant le cerveau de nos ordinateurs pour leur faire croire qu'ils étaient désormais en 1900. Pris de folie par leur retour vers le futur d'une époque antérieure à la naissance du transistor, ils risquaient désormais de se retourner contre leurs créateurs humains, de violer femmes et vieillards, de voler les sucettes des bambins, de recommander l'achat d'actions Eurotunnel et pire que tout, de se garder pour eux tout le porno du net. Face à cette menace millénariste, les survivalistes achetaient des kilos de sucre, le parti de la Loi Naturelle préparait des escadrons de yogi sautillants, le Dance Machine se dépêchait de préparer une tournée d'adieux et une armée d'entreprises opportunistes proposait de coûteuses solutions informatiques à même d'éviter un inévitable krach économique mondial. Loin de se satisfaire de ces désastres, le bug de l'an 2000 allait également s'en prendre à d'innocents cinéphages grâce à ses agents terrestres, les moguls hobbits Pepin et Merri, dont la société PM Entertainment permettrait de financer le film funestement intitulé "Y2K Destruction Finale".



Woh pitaing, on convoque carrément Kennedy, ça rigole plus !


Insouciant des prophéties apocalyptiques pré-citées, un agent du NORAD réveillonne tranquillou son jour de l'an devant son écran de contrôle lorsqu'il y voit apparaître le code de déclenchement d'une base militaire automatisée, planquée dans la jungle colombienne. D'ici quelques heures, un missile risque d'être balourdé directement sur les moscovites qui se claquent la bise sous le gui. Stupeur et malédiction ! Impossible de faire entendre raison à la bécane. Le responsable, c'est bien entendu le gros vilain bug qui a détraqué la cervelle d'une IA des années 70 chargée de veiller sur un programme ultra-secret nommé La Puissance de Feu. La pauvre IA se croit désormais revenue en pleine Guerre Froide et réclame le retour de Coco Léo, pseudo coquin de Richard Nixon (!?). La technologie du futur ne permettant pas encore de réveiller les morts, la seule solution à cet épineux problème diplomatique est la constitution d'un commando foutraque pour intervenir sur site.



Le pauvre couillon de permanence qui profite des luxueuses installations du NORAD.



Le réveil de l'IA à bobines magnétiques et à diodes piout-piout.



Du warning et du countdown qui mettent la pression.


Au programme de cette top team : le vieil ingénieur moisissant dans sa maison de retraite, passant son temps à défoncer au poker ses partenaires déments. Vince (que par convenance personnelle j'appellerai MegaNerd) qui répare les ordis comme un garagiste sous une bagnole. Un gradé de la CIA dont on attendra juste de savoir quand il finira par révéler sa nature de traître (voilà un cliché contre lequel même le bug de l'an 2000 ne peut rien). Une bordée de troufions qui se rêve l'équipe d'intervention bad ass de "Aliens" (et qui connaîtra le même destin de chair à pâtée). Ajoutez à cela un peu de rouge (une espionne russe du GRU) et quelques piments (un baron de la drogue et ses sbires).



Vince (Jaimz Woolvett, ça c'est du blaze !), alias MegaNerd : une coupe de cheveux tellement interdite qu'on se demande comment l'acteur a bien pu l'accepter.



Morgan (Louis Gosset Jr) boit son café dans sa tasse sans fond, en pantoufles dans les locaux du NORAD.



Malcolm McDowell gratte un peu de sous à la production en restant dans son bureau et en donnant des ordres à son sbire secrétaire.



Des meuwins qui se la pètent avec des bonbecs.



Un videur démotivé qui ne participera pas à la mission, ce qui est bien dommage.


Au sein de cette armada, le réalisateur semble vouloir nous intéresser plus particulièrement au parcours de MegaNerd, petit génie de l'informatique qui a pour mission de reprogrammer l'IA récalcitrante. Bon, si lors d'un réveillon mondain pour camé de ballons blancs (y'en partout !), il parvient à humilier publiquement le nouveau golden boy de son ex en diffusant une vidéo pirate de ses exploits sexuels avec les libertines du Carlton local, c'est autre chose dans le feu de l'action : monsieur PC vire rapidement au loser en goguette au milieu des rangers moqueurs, dont le meilleur running gag consiste à lui refiler un sachet vide de bonbecs. Le mec se tape même une flippe devant un petit tas de mousse verte ! Il saura toutefois gagner la sympathie de ses chaperons en utilisant son super computer de poche pour mater des nénettes en bikini, précisant toutefois qu'il convient de ne pas abuser pour ne pas vider la batterie. Ça serait ballot de provoquer la Troisième Guerre mondiale pour un excès de porno bande-mou dans la jungle colombienne !



L'enfer du ballon blanc.



Mister bogoss s'apercevant qu'il est en train de se faire enfiler en numérique.



MegaNerd fait une petite référence aux prémices du hacking, le phreaking, en soufflant dans un paquet vide de Captain Crunch (allez donc vous cultiver sur wikipedia ou alors faites comme moi, regardez vos nanars en compagnie de gens savants !).



MegaNerd passe son temps à se croûter, obligeant ses coéquipiers à lui réclamer avec insistance sa main (ce qu'il ne parvient jamais à faire avant de longues minutes de remplissage de faux suspense).



MegaNerd se met la troupe dans la poche avec 3615 Ulla.exe


Si la balade forestière est un peu plan-plan, les trafiquants locaux réveillent enfin le spectateur avec leur guet-apens, réalisant un carnage étonnant en tuant plus de marines qu'il n'y en a dans la troupe, grâce entre autres à des booby traps artisanaux dignes du meilleur namploitation philippin. Je me demande toujours pourquoi les gars se font chier à tailler des bouts de bois durant des heures quand on est par ailleurs aussi lourdement armé. Enfin bref, cet interlude meurtrier permet ainsi de réduire le casting, et les survivants indispensables au scénario peuvent désormais étudier l'infiltration de la base secrète, entourée de son petit lac privé et suréquipée en machines infernales prêtes à déchiqueter tout ce qui leur passe à portée de capteurs.



La spetsnaz du (ah gru)GRU, un service de renseignement militaire russe chargé dans la vraie vie de surveiller les missiles similaires au film (décidément, cette chronique est un puits de connaissance).



CONTAAAAACT !!!



OUUUUUTCH !!!



HEUUUURGH !!!


Et là, on sent que le film commence doucement à se lézarder. En effet, difficile de garder son sérieux quand on regarde 2 gugusses allongés sur un radeau fait maison, se laissant dériver sous les lasers menaçants (ils rougissent plus intensément quand ils sont en colère !), évitant de peu un drame à cause d'une visière de casquette, pagayant du bout des doigts pour éviter les mines... Toute ces précautions pour, une fois la zone traversée, balancer des caillasses dans l'eau pour faire péter quelques mines. Juste pour le fun. Passons sur le piratage sauvage d'un lecteur de cartes magnétiques sous le regard malveillant d'une sulfateuse ("- T'as 10 secondes pour trouver le mot de passe avant qu'on soit tué. - J'ai besoin de 20 secondes. - T'en as 10. - Et en 15 ? - Bon ben OK."), puis l'entrée par les gaines d'aération d'un blockhaus censé être inviolable et on arrive enfin au saint du saint : la base de lancement. Survient alors la trahison de l'enculé de la CIA ! Ah, bah quand même, on commençait à douter. Et donc, plutôt que d'annuler le lancement du missile sur Moscou, Fairchild a en tête de le diriger... suspense dans la chronique car suspense dans le film... SUR WASHINGTON LA PUTAIN DE SA MÈRE LE TRAÎTRE VOUS AVEZ TOUS LES JOURS DES GENS QUI MEURENT MURDOCK J'AURAI TA PEAU !!!!



Dans le rôle de Fairchild monsieur coup de pute, Ed O'Ross, célèbre pour son rôle d'enculé (déjà) dans "Double Détente".



Le même en mode trahison. Pas de grande différence, quoi.



L'intérêt des rayons laser visibles ne saute pas aux yeux. Si ce n'est pour prendre conscience de la stupidité du plan d'infiltration.



Des mines d'une profondeur si faible qu'on peut se demander comment le radeau parvient à ne pas les déclencher.


Alors par contre, autant la trahison était attendue, autant les raisons de la trahison sont plus originales. Pour ceux qui veulent se garder la surprise, sautez le passage suivant. Et pour les autres, faites vous plaiz', je balance tout.

[SPOILER]


Plutôt que de négocier une rançon astronomique à même de rééquilibrer une misérable retraite de fonctionnaire, Fairchild veut sensibiliser les pouvoirs publics au problème sanitaire des anciens de la guerre du Golfe (dont lui-même et sa troupe), exposés à des agents chimiques qui les rongent sournoisement. Et quoi de plus efficace pour accélérer la recherche que de contaminer les ronds de cuir avec le fameux missile secret blindé de neurotoxines ? Pas con le mec. Le Libéria aurait pu s'en inspirer pour investir dans des missiles longue portée parfumés au virus Ebola, la mobilisation internationale aurait eu une autre gueule. Cela dit, le film n'est jamais très clair sur l'équipement nucléaire du missile labellisé Puissance de feu, ce qui n'aurait pas exactement le même impact environnemental.

[/SPOILER]




Un plan bonus de la coupe de cheveux interdite.


Heureusement pour le monde libre et sa politique de santé publique, Morgan a zappé de prendre suffisamment de ses médocs avec lui (le roi de l'orga) et il est donc parti en vadrouille dans la base pour trouver un substitut à sa DEPAKINE (un anti-épileptique qui fait aussi office de régulateur de l'humeur - NDLA). Et faut savoir qu'en cas d'oubli, Louis devient très, très irritable... Pour illustrer la chose, sachez qu'il a été viré de l'armée après avoir tué un mec, uniquement armé de son poing et d'un coin de table. Il finira par compenser son traitement par... de la coke (!), fournie gracieusement par Camarillo, son vieux pote du coin qui est passé de cultivateur de café à baron de la drogue. Les joies de la réorientation professionnelle (lors de la formation, y'a un cours sur le management des sbires moustachus ?).



Elle est bonne ta coco, gringo !



Camarillo, vague croisement de De Funès et de Omar Shariff (et non, je ne suis pas physionomiste).


C'est aussi l'occasion pour notre retraité cocaïné de convaincre Camarillo de se bouger les fesses s'il ne veut pas voir sa maison vitrifiée par le bombardement à venir de la zone et... Heu, attendez un instant. Le NORAD a de toutes façons prévu de raser la base pour contrecarrer les plans de l'IA ? Mais alors pourquoi notre petite troupe se casse-t-elle le popotin depuis le début ??? Encore un tour de malice scénaristique du bug de l'an 2000 ! Mais l'incohérence valait le coup car une fois qu'il a jeté un coup d’œil à sa femme qui lui prépare amoureusement du chiguiro, Camarillo se décide à aller péter du traître de la CIA et réunit son escadron... de 2 hommes de main ! Mais attention, l'un d'entre eux est Paco. Et Paco, c'est un peu le joker du film, la révélation tardive du tueur fou qui dégomme au couteau et à la machette tout ce qui lui tombe sous la main. Avec la classe et même le sourire, surtout quand il a une lame entre les dents.



Paco en émule d'émail diamant.



Paco fait autant dans la finesse que dans la sauvagerie.



Paco, mon nouveau héros.



Paco chie tellement la classe qu'il absorbe tout charisme aux pauvres figurants égarés par là.



Paco a un autre nom dans une réalité parallèle : Carlos Lauchu (alias Anubis dans "Stargate" et ze number one guy dans "Street Hunter").


Après avoir éliminé silencieusement l'élite de la guerre d'Irak, Paco ne peut résister au petit plaisir coupable de faire exploser un camion, histoire de prévenir tout le monde de son arrivée (et de prendre le risque de déclencher prématurément le lancement du missile, mais bon, on va pas chipoter avec la classe). Et là tout se précipite : Morgan se lance dans un duel de vannes de poker avec le traître de la CIA, GRU girl démonte la tête chimique du missile (ah bon, on pouvait aussi faire ça ?) pour sauver l'Oncle Sam de sa propre folie militaire, MegaNerd manque de mourir sous des classeurs en carton, tout pète, le film devrait se terminer mais non, on a droit à un ultime rebondissement de traîtrise (mais là, je ne dis rien) et à la fin, tout est bien qui finit bien (et là, je dis tout) : Morgan devient proprio d'un casino à Las Vegas et se marre en regardant MegaNerd lui vider ses caisses au bandit manchot grâce à un gadget de son cru, l'espionne qui venait de Colombie à ses côtés (ce qui ne semble choquer personne). Et le bug de l'an 2000 se l'est fait mettre bien profond et a décidé de rentrer chialer chez sa mère en prédisant rageusement qu'il reviendra en 2999.



Plus dangereux qu'un missile thermochimique, le classeur en carton.



Nos héros passent sans problème de la moiteur de la jungle à celle des addicts au jeu.


"Y2K Destruction Finale" arnaque donc le chaland quand il surfe sur la Y2K mania car le pauvre bug n'est qu'un prétexte à resservir un script lambda de série B. Soyons honnêtes, le film ose tout de même ce qu'il faut d'originalité tout en respectant une trame balisée, peu avare en clichés plaisants, en plans d'écran d'ordi (un genre en soi), en craquages rigolos, avec un délicieux assaisonnement final de Paco. N'hésitez donc pas à plonger dans ce sympathique divertissement qui fait honneur aux DTV de la fin des 90's.





Pour les aficionados, une sélection des meilleurs screenshots.



Sacrées interfaces graphiques, on n'en fait plus des comme ça de nos jours !




Kobal
Kobal

Y2K Destruction Finale
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Les notes des membres

Moyenne : 2
avatar de Kobal Kobal : 2.5
avatar de Rico Rico : 1.5

Cote de rareté

L'édition DVD de Y2K, édité par "LCJ/TF1 International" est facilement trouvable en ligne sous le titre "Destruction Finale". Attention à ne pas confondre le film avec un autre "Destruction Finale" (starring Casper Van Dien) ou avec "Mortal Kombat : Destruction Finale" (qui est toutefois un bon gros nanar également).









Mmmh, je sens que je vais craquer...



Allez, je commande le laserdisc via mon netscape.
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