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Turkish Star Wars

  • Titre original : Dünyayi kurtaran adam
  • Réalisateur : Çetin Inanç
  • Année : 1982
  • Pays : Turquie
  • Genre : Saint Graal nanarifique (Catégorie : Space opera)
  • Durée : 1H30
  • Acteurs principaux : Aytekin Akkaya, Füsun Uçar, Hüseyin Peyda, Necla Fide
Note :
5
La Team Nanarland
LeRodeur

Chronique



Alerte ! Un méchant Darth Vader turc au masque en
osier hérissé de piquants a décidé d'envahir la galaxie et se livre à
une guerre des étoiles sans aucune pitié et surtout sans aucun respect
pour la notion de propriété intellectuelle ! C'est sûr, c'est George
Lucas qui a dû être content quand il a vu que la partie "space opera"
de ce film n'était constituée que d'extraits de Star Wars montés en
boucle !. Heureusement, deux héros, les look-a-likes de Pit et Rik du
"Collaro Show", dont la star Cuneyt Arkin ("Ninja la castagne", "Les
trois Supermen contre le Parrain", "Lionman", et une centaine d'autres
dans ce genre là..., un client donc !), s'opposent à l'armée
intergalactique du Grand Vilain, essayant tant bien que mal d'avoir
l'air convaincus devant leurs incrustations de Star Wars.



Hélas pour eux, nos héros se crashent sur une
planète inconnue qui ressemble étonnamment à un flanc de montagne
érodé. Progressant péniblement par petits bonds de héros entre les
cailloux, les deux gentils aperçoivent soudain les vestiges d'une
antique civilisation constituées pêle-mêle d'images de la pyramide de
Gizeh et d'une église byzantine.




A peine remis de leur surprise, nos héros sont
attaqués par une bande de méchants squelettes à cheval. S'ensuit la
bagarre inévitable aux raccords hasardeux, qui voit Cuneyt Arkin
zigouiller des tas de méchants façon "j'te touche, t'es mort" en
accéléré comme dans Benny Hill (mais sur la musique d'Indiana Jones !),
se payant le luxe de décapiter quelques mannequins en mousse au passage
ou d'envoyer des coups de poings vers l'objectif de la caméra, une
bonne idée qu'on trouve dans de nombreux nanars et qui donne
systématiquement un résultat foireux.



Malgré leur victoire éclatante sur les squelettes en
mousse de l'empire du mal, Cuneyt et son collègue sont bientôt capturés
par des robots à épaulettes, armés de fusil laser dont les rayons sont
obtenus en grattant la pelloche au scalpel. Nos héros sont conduits
dans des maisons troglodytes où s'entassent les esclaves humains que le
maudit empire de la force obscure et ses armées de sbires aux looks un
brin kitch retiennent sous leur joug, les jetant en pâture de temps à
autres à des gladiateurs en fer blanc, le Darth Vader de service se
livrant parfois sur eux à des transfusions de jus de cerveau dans
l'espoir de devenir Maitre du Monde (cherchez pas à comprendre, c'est
Kuneyt qui a écrit le scénar...).





A partir de là, le plan est simple : toujours sur la
musique (énervante à force !) d'Indiana Jones, Cuneyt Arkin va mettre
la pâtée à une kyrielle de méchants contre lesquels même X-Or, le
shérif de l'espace, refuserait de se battre tellement ils sont laids :
momies en PQ, monstres en peluche auxquels notre héros coupe les bras
griffus pour les leurs planter dans la carotide, diablotins hideux
ornés de masques de carnaval fait main (et ça se voit !), robots
caoutchouteux qui clignotent de la tête, etc. Le tout est filmé à
l'arrache et monté n'importe comment, parsemé d'idées biscornues d'une
nanardise à toute épreuve, telles les scènes d'entraînement du héros,
bondissant sur des trampolines hors-champ (mais dont on devine encore
davantage la présence que dans "l'homme-puma"), se frappant les mains
sur un rocher pour s'endurcir les os ou bien encore faisant du jogging
avec des pierres en carton-pâte attachées aux chevilles (un grand
moment !).





Devenu la tête de turc de l'empire du mal, Cuneyt voit fondre sur
lui des armées de craignos monsters qu'il parvient à repousser avec une
arme absolue, un glaive en bois terriblement moche.



Puis vient le combat final avec le Turkish Darth Vader, expert dans
l'art de la disparition subite et de l'explosion de bombinette (un
véritable ninja d'outre-espace !). Cuneyt parvient à le feinter grâce à
une astuce hallucinante : il dissout son épée en bois dans de l'eau
chaude, se trempe les mains dans la mixture et devient invincible des
mains grâce à une seyante paire de gants en glaive fondu. D'un atémi
bien placé, il fend le Grand Méchant en deux dans le sens de la
hauteur, l'effet spécial étant rendu par un cache noir placé sur
l'objectif qui masque la moitié du visage du comédien interprétant le
génie du mal. Tout simplement époustouflant !





Plagiat de tout et n'importe quoi (de Star Wars à
Excalibur en passant par Maciste et La Planète des singes) ce film est
un véritable choc nanar qui enterre haut la main toutes les expériences
bricolo-kitch du bis européen ou asiatique, Turquie comprise (et
pourtant, Dieu sait que "White Fire" ou "Yor" co-productions turques
étaient déjà du surchoix). Aussi moche qu'un space opéra d'Al Bradly,
avec un art du montage d'extraits d'archives d'une maîtrise comparable
à celle de Godfrey Ho dans ses meilleurs moments, gavé de monstres
encore plus minables que dans les kai-ju les plus infâmes, ceci n'est
pas un film, c'est une synthèse. Une sorte de nanar terminal bruité au
buzzer et au xylophone, exécuté par des crâmés du bulbe. C'est
quasiment insurpassable ; de la folie furieuse du début à la fin. Et
bien que la pratique du stock-shot abusif de "Star Wars" grève
malheureusement d'entrée toute possibilité d'exploitation commerciale
de "Tukish Star Wars" dans un circuit légal en occident, ce film qui
circule dans le milieu underground des cinéphiles déviationnistes est à
découvrir de toute urgence pour qui s'intéresse de près ou de loin à
l'univers des mauvaises bandes sympathiques.




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Les notes des membres

Moyenne : 4.58
avatar de Drexl Drexl : 4.5
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