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Highlander : la Source

  • Titre original : Highlander :The Source
  • Titres alternatifs : Highlander 5, Highlander : le gardien de l'immortalité
  • Réalisateur : Brett Leonard
  • Année : 2007
  • Pays : Etats-Unis / Lituanie
  • Genre : Highlander : la Louze (Catégorie : Action fantastique)
  • Durée : 1h34
  • Acteurs principaux : Adrian Paul, Thekla Reuten, Cristian Solimeno, Peter Wingfield, Jim Byrnes, Thom Fell
Note :
2,5
Barracuda
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Chronique



Peu de franchises auront connu une trajectoire aussi erratique que celle de Highlander. Après un bon premier film avec une histoire intéressante, un casting solide et, dans le rôle principal, un Christophe Lambert dont la carrière s’annonçait prometteuse, les suites ont outrageusement sombré dans le ridicule. Un deuxième épisode que tout le monde préférerait oublier (jusqu’à son réalisateur, dont la version « Renegade » changeant complètement l’histoire est sortie en France début 2007) et un Highlander 3 à l’univers plus fidèle mais aux scènes d’action et aux effets spéciaux grotesques ont bien failli sonner le glas de la licence. Le salut est finalement venu du petit écran lorsque, en 1997, Highlander se voit adapté sous la forme d’une série télé d’honnête qualité et surtout assez fidèle à l’esprit du premier volet (par charité, on s’abstiendra de mentionner l’autre adaptation en dessin animé ainsi que le spin-off de la série, « L’Immortelle » – ah ben tiens, si, c’est fait finalement). La résurrection de la série au cinéma sera plus tardive. Il faudra attendre 2000 et « Highlander : Endgame » pour voir revenir la franchise dans les salles obscures (enfin, seulement dans certains endroits : dans pas mal de pays, il s’agissait plutôt d’un retour au direct-to-dvd). Ressemblant en fait à un épisode étalé sur 1h30 et plus ou moins censé servir de conclusion à la série qui s’achevait, le film est finalement mauvais mais, si la qualité n’est pas au rendez-vous, au moins ne sombre-t-il pas dans les mêmes abîmes de ridicule que ses prédécesseurs.





Le futur est désolé. Nous aussi.


En 2007 toutefois, on allait voir ce qu’on allait voir ! Adrian Paul, le brun ténébreux qui jouait Duncan McLeod dans la série, avait promis un vrai retour aux sources pour le nouveau film de la franchise, d’ailleurs baptisé Highlander : la Source. Fini les producteurs je-m’en-foutistes et incompétents responsables des trahisons antérieures ! Finis les dérapages scénaristiques incontrôlés ! Adrian Paul se posait comme caution artistique du projet dont il allait garantir la fidélité à l’esprit de la série et du film original. Lui et ses amis auraient une totale liberté pour écrire le scénario et exerceraient un contrôle étroit sur la totalité de la production. Le film allait être le premier épisode d’une nouvelle trilogie qui devait redonner à Highlander ses lettres de noblesse.

Avouons-le, on a failli y croire. On avait tellement envie d’y croire.





Duncan McLeod, héros convaincu.


Highlander : La Source part incontestablement sur de bonnes bases et son postulat de départ est relativement fidèle à l’esprit de la licence (plus proche de la série que des films d’ailleurs). L’histoire se situe dans un futur proche où le monde se trouve plongé dans la violence et l’anarchie. Duncan McLeod et une poignée d’autres immortels font leur possible pour ramener un semblant d’ordre dans le chaos mais se trouvent de plus en plus débordés et impuissants. L’espoir renaît cependant lorsque l’un d’entre eux découvre en Europe de l’Est la trace de « La Source », lieu mythique qui détiendrait le secret du pouvoir des immortels et à partir duquel il serait possible de ramener l’harmonie dans le monde à l’occasion d’un formidable alignement de tous les objets stellaires de la galaxie.



Un alignement stellaire comme on en voit heureusement rarement.


Duncan, avec quelques compagnons, part donc à la recherche de la Source. Toutefois, le danger rôde dans l’ombre car la Source est sous la protection d’un inquiétant Gardien et celui-ci est bien décidé à empêcher nos héros d’accomplir leur quête… C’est là que les choses commencent à se gâter, car le Gardien va s’ingénier à gâcher tous les efforts de Duncan et ses amis, y compris ceux visant à faire de Highlander : la Source un bon film.





Le Gardien est absolument déchaîné.


Joué par un certain Cristian Solimeno, c’est une authentique performance qu’il nous propose. Mélange improbable du Joker et de Lord Humungus (de Mad Max 2), il vole la vedette à tout le monde, n’arrête pas de prendre des poses et des mimiques grandiloquentes ou moqueuses, se met à chanter « Who wants to live forever » sans prévenir et va même jusqu’à parodier ouvertement les autres personnages. Difficile de dire s’il sauve le film en lui évitant de se prendre totalement au sérieux ou au contraire l’enfonce encore un peu plus mais il est certain que La Source aurait été totalement différent s’il avait joué son personnage sur le même mode sérieux que les autres, au lieu de plonger franchement dans le second degré. Au cours d’une scène surréaliste, on voit Duncan et ses compagnons fuir à travers les bois poursuivis par cette espèce de clown à l’arrière plan qui traverse l’écran sur une tyrolienne en poussant des éclats de rire hystériques.





Rien n'arrête le Gardien, surtout pas le ridicule.



Les jambes qui pendent à l'arrière plan, c'est lui sur sa tyrolienne.


Highlander : la Source fait partie de la famille des nanars qui ont besoin d’une montée en puissance pour révéler leur plein potentiel. Le début du film est réellement prometteur et, malgré des moyens limités, semble avoir les cartes en main pour réussir son pari d’être le premier bon film Highlander depuis presque vingt ans. Et puis, petit à petit, les invraisemblances et les petits ratés s’accumulent. Lorsqu’on nous explique que tous les corps stellaires depuis le centre de la galaxie jusqu’à notre planète sont en train de se déplacer de leur propre initiative pour venir se mettre en alignement, même l’astronome le plus amateur ne peut réprimer un lever de sourcil. Lorsque le cardinal ami de Duncan dévoile son abominable coiffure futuriste, l’homme de goût a un frisson de terreur. Lorsque la fameuse Source se révèle être un minable terrain vague au fin fond d’une forêt peuplée d’authentiques barbares du futur cannibales, tout le monde se bidonne joyeusement.





Quand on les appelle pour un nanar, les barbares du futur répondent toujours présents !


Quant au fan de Highlander des premiers jours, il ne sait plus trop où il en est. Il ne comprend pas bien d’où viennent les nouveaux super-pouvoirs des immortels, capables de sauter sans dommage du haut d’un immeuble où de se déplacer à des vitesses surhumaines. Il regrette de toutes façons que les effets spéciaux qui accompagnent ces nouvelles capacités soient aussi ratés. Au début, il aimait bien le Gardien : un nouveau méchant charismatique, invincible et sans pitié, mais pourquoi est-ce qu’il n’arrête pas d’imiter les tics des autres personnages en ricanant ? Il a ressenti un frisson de plaisir en entendant les premières notes de Princes of the Universe de Queen, la chanson emblématique de la série, mais a très vite déchanté lorsqu’il a réalisé qu’il ne s’agissait pas du morceau original mais d’une reprise complètement naze. Et puis, pourquoi diable Duncan McLeod a-t-il choisi de remplacer son katana brisé par une simple paire de couteaux de cuisine, même forgés avec amour ? Pourquoi la plus grosse scène de baston du film n’a-t-elle rigoureusement aucun rapport avec le reste de l’histoire ? Et pourquoi, pourquoi le combat final s’annonce-t-il aussi grotesque ? Je rêve où ils sont en train de jouer au ping-pong avec des tornades ?! Dites-moi que ce n’est pas possible, ils nous avaient promis de ressusciter Highlander ! C’est quoi cette incrustation pourrie de Jupiter et Saturne dans le ciel !? C’est trop horrible, je préfère encore ne pas regarder.





La coiffure du cardinal est déjà une catastrophe en elle-même.


Et tu as bien raison, ami fan de Highlander, va donc te pendre en paix car il est temps, alors que la fin du film approche, de nous adresser à nouveau au nanardeur qui, lui, se frotte déjà les mains comme un gros bâtard à l’approche de ce final apocalyptique. Le combat final entre Duncan et le Gardien représente en effet une véritable apothéose. Ce nouvel Highlander, jusqu’ici un peu branlant mais plein de bonne volonté, est sur le point de prendre une grande inspiration pour se jeter dans les bras accueillants du ridicule le plus complet. Je vous invite à aller visiter les onglets Images et Vidéos (à venir) de la chronique pour un résumé succinct car à ce stade les mots manquent pour décrire le désastre.



Le terrain vag... Pardon, la Source sera la théâtre de cet affrontement cataclysmique


Comme mentionné plus haut, ce film est supposé être le premier épisode d’une nouvelle trilogie. J’espère de tout cœur que ce sera bien le cas, parce que des nanars de ce calibre, il ne s’en produit plus tant que ça de nos jours ! Highlander : la Source est un spectacle fort réjouissant de bout en bout, qui n’est terni que par le pincement au cœur qu’on ne peut s’empêcher d’éprouver en voyant cette franchise autrefois si glorieuse se retrouver aujourd’hui si décrépie.





Barracuda
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Highlander : la Source

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Les notes des membres

Moyenne : 3.07
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avatar de Wallflowers Wallflowers : 2.75

Cote de rareté





Malgré la popularité de la franchise, le film a un peu traîné avant d'arriver chez nous. C'est "Metropolitan Vidéo" qui s'y est finalement collé en 2011 avec une édition toute simple, en dehors des langues, sous le nom d'Highlander: le gardien de l'immortalité. Curieusement la jaquette du DVD anglais, déjà assez quelconque, a été retouchée de façon particulièrement moche pour l'édition française. Détail étrange, l'épée claymore bien écossaise de Mc Leod a été transformé sur la jaquette en un katana probablement plus vendeur en vidéo.



Le DVD britannique.



Le DVD russe, sorti dès février 2007 suivant la nouvelle stratégie des distributeurs de cinéma pour lutter contre le piratage, endémique en Russie : sortir une version officielle d'un film dès que des copies pirates commencent à circuler, pour ne pas tout perdre. Devant la réaction hilare des spectateurs, les producteurs ont essayé un temps de faire croire qu'il ne s'agissait que d'une "copie de travail" et que la version finale allait miraculeusement en gommer tous les défauts. Ce qui n'a finalement pas été le cas.
Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation