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L'Affaire Van Haken

  • Titre original : The Foreigner
  • Réalisateur : Michael Oblowitz
  • Année : 2002
  • Pays : Etats-Unis / Pologne
  • Genre : A Terminus, on descend tout le monde (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h36
  • Acteurs principaux : Steven Seagal, Steven Seagal, Max Ryan, Anna-Louise Plowman, Gary Raymond
Note :
2
Troglodyte
Troglodyte

Chronique







Une suite de questions se présente à la sagacité de Jonathan Cold (interprété par Steven Seagal) : où est le paquet ? Qu'y a-t-il dans le paquet ? Qui l'a envoyé ? Le destinataire qu'on lui a indiqué est-il gentil ou méchant ? Les réponses viendront peu à peu, au rythme où les idées viendront au scénariste. La jaquette du DVD est alléchante : il s'agit de remettre le paquet en mains propres, c'est-à-dire qu'il faut bien se les laver avant.



Van Haken s'écrit avec un "H" bien sûr.


Le destinataire est Jerome Van Haken, connu également sous le nom de Van Aiken, mais aussi surnommé parfois Van Aken. Enfin peu importe, l'essentiel étant de savoir qu'il a l'aspect de Toscan du Plantier et qu'il a réussi dans la vie à la manière de Bernard Tapie : je rachète une entreprise pourrave, je lui ravale la façade, je la vends bien cher au pigeon et je me casse .



Vous êtes sûr que c'est Van Haken ?



Le mec est tellement riche qu'il a une rue à son nom.


Après trois visionnages, je n'ai toujours pas une idée claire de l'histoire, mais je vais quand même tenter de vous la livrer. Hum hum. Je me lance. Jerome Van Aken s'est enrichi en fabriquant - grâce à l'ingénieur Stefan Stockwell - des produits nucléaires illicites qu'il vend avec la complicité de Jared Olyphant, un grand ponte de la CIA, supérieur hiérarchique de Jonathan Cold. Or Stefan Stockwell a eu une liaison amoureuse avec Meredith Van Aken, la femme du milliardaire, née Meredith Casey, une femme intègre, au contact de laquelle il s'est purifié. Dans sa recherche de rédemption, l'ingénieur Stockwell, après avoir collecté des preuves accablantes contre son patron Van Aken et son complice Olyphant, voulut se rendre en Grèce par avion en 1982 pour tout balancer.



Les pauvres sentent, mais les riches mentent, et puis je m'en tape si elle se tape un Noir.


Seulement voilà, Olyphant de la CIA a fait tirer un missile mal intentionné sur cet avion, ce qui provoqua bien sûr la mort de la balance. Mais quelqu'un d'inconnu s'est ensuite arrangé pour retrouver la boîte noire de l'avion (avec des mots écrits en russe dessus), les clefs du local en Norvège où Stockwell avait bien stocké les preuves accablantes, pour découper des articles de journaux en russe et en anglais relatifs au crash, et pour placer tous ces objets compromettants dans un paquet. Bien sûr, tout ça, au début du film, on n'en sait rien. Tout ce qu'on sait au début c'est qu'Alexandre Marquet, un Français qui vit dans un château, demande à Dunois de se rendre à Versailles où l'attendent deux sbires russes qui ont rapporté ce paquet d'Athènes. Qui est Dunois ? Un tueur sadique, frimeur, fumeur, vêtu d'une parka noir à la mode des sbires allemands (cf plus loin), de mitaines noires, d'un pantalon noir, de bottes noires, et qui arbore crânement des lunettes noires sur son crâne, ça lui donne l'air cool, surtout qu'il a des cheveux teints en blanc. Pour résumer, un parfait tueur d'opérette tête à claques - que Seagal rossera d'ailleurs dans les règles de l'art. Le personnage de Dunois joue le rôle du démon : on le croit mort plusieurs fois mais il revit toujours, toujours collé dans les pattes du héros.



Ça doit être du libanais, il déchire grave.


Pour vous détendre un peu, je vous propose de contempler les deux sbires russes. Les races de sbires, comme les races de chiens, ça change en fonction des pays. Un setter irlandais, un setter anglais, et un setter écossais sont trois sortes bien différentes, aisément reconnaissables à la robe. Le sbire allemand est par exemple à parka noire, le sbire russe est à parka beige (voir ci-dessous), et le sbire danois à parka en cuir.



Ces deux braves gars, ainsi que Dunois et Cold, seront donc attaqués par des sbires danois dans la ferme de Versailles, où vit la tante d'Alexandre Marquet, mais nos héros s'en tireront vivants et ils emporteront le paquet, laissant la pauvre vieille se démerder seule devant sa bicoque en flammes, tandis que, je vous le rappelle, son neveu est châtelain.



C'est ensuite que les choses vont se compliquer. Marquet demande à Cold de livrer le paquet à monsieur Van Aken, résidant dans la ville de Terminus, en Allemagne (mais auparavant Cold ira à Varsovie rendre visite à son jeune frère Sean qui lui rappelle qu'il faut assister aux obsèques de leur père Jackson, militaire ambassadeur en Pologne décédé de mort non suspecte, mais l'infâme Olyphant assistera également à la cérémonie). Revenons-en au paquet à livrer. Il est malin Cold, il ne va pas se présenter à la grille de la propriété de Van Aken avec le paquet sous le bras comme un simple livreur de pizza, d'autant plus que ce paquet est louche, il pue, il y a trop de tension autour de ce paquet, il y a forcément un piège quelque part, il faut avancer sur des œufs. Alors Cold téléphone chez les Van Aken, et il tombe sur Meredith Van Aken, une blonde aussi famélique que Michelle Pfeiffer dans "Scarface", qui lui dit que son époux n'est pas là, et qui lui donne rendez-vous à la gare de Terminus afin de recevoir le paquet, qu'elle transmettra à son époux.



La gare. On est sûr d'être en Allemagne !


Mais Cold il est trop fort. Premièrement il ne se présente pas lui-même à la belle, il embauche ponctuellement un figurant polonais pour remettre le paquet - le film est tourné entièrement en Pologne - et deuxièmement il garde le vrai paquet pour lui, c'est un paquet bidon qu'il fait livrer ! A noter qu'à ce stade de l'histoire il n'a pas ouvert le vrai paquet, c'est comme il le dit lui-même un professionnel pur et dur. D'ailleurs il réside dans un hôtel très simple, preuve qu'il est habitué à vivre à la dure.



A l'hôtel Terminus, tout le monde ne descend pas.


On comprend qu'il met un certain temps à rentrer à l'hôtel, car pendant son absence quelqu'un a fouillé sa chambre sans ménagement, et ce quelqu'un, c'est probablement Richard, un vigoureux afro-américain soupçonné d'être l'amant de Meredith, qui se jette par derrière et par surprise sur Cold, l'étrangle avec une corde jusqu'à l'amener au bord de la limite de la suffocation afin de le convaincre de le mener au véritable paquet. C'est donc Meredith qui a envoyé Richard, forcément, elle aura ouvert le faux paquet et découvert la supercherie. Mais Cold a tout prévu : il prétend que le vrai paquet est dans un casier de la consigne de la gare de Terminus, il y amène Richard, et en fait paf ! c'est une bombe à l'intérieur, la gare explose mais pas Cold qui aura pris soin de rapidement sortir en traversant d'un geste étonnant le verre de la fenêtre des chiottes pendant qu'il pissait afin de faire diversion.



Un journal bilingue anglais / allemand !


Rescapé d’extrême justesse de la suffocation et de l'explosion, Cold a les nerfs à vif. Il s'introduit alors sur la propriété des Van Aken, butant quelques sbires allemands au passage, jusqu'à parvenir à Meredith qui, nue mais bien vivante, est trouvée dans sa baignoire old school au milieu d'une vaste salle vide.



Le sbire allemand est à parka noire, bonnet noir et gants noirs, et il a du poil facial.


Peu à peu, Cold comprend que Meredith est une femme bonne et que le méchant c'est son mari. Il sera bien obligé à un moment d'ouvrir le paquet pour tout comprendre. La scène d'ouverture du paquet est mémorable, c'est l'exemple parfait du foutage de gueule : Cold déplie son canif des forces spéciales, il incise le paquet en croix, puis on le filme en contre-plongée, on devine à ses épaules en mouvement qu'il ouvre le carton. Ensuite on voit le contenu du paquet : des articles de journaux en russe. Puis on revoit le même plan de la contre-plongée avec les épaules qui bougent beaucoup. Puis la suite du contenu : des articles en anglais. Puis encore le même plan en contre-plongée, qui nous sera resservi plus de 10 fois !!! Viendra le moment où monsieur Mimms entrera en jeu, envoyé par Olyphant pour liquider Cold, qui en sait un peu trop maintenant. Cold le retournera comme un gant en lui promettant de gagner bien plus d'argent que s'il exécute son contrat : "J'ai un disque, et sur ce disque se trouvent tous les comptes off-shore des plus grands requins de la planète. Si je te le donne, tu seras super riche !"



On colle une pub pour le magazine allemand Bild pour faire croire qu'on est en Allemagne mais puisqu'on n'a pas les sous pour payer Bild s'ils nous attaquent parce qu'on a utilisé leur logo en cachette, on n'a qu'à cacher la barre du "d".



Pour tuer Richard, c'est simple : j'utilise un pistolet à silencieux pour ne pas faire de bruit et un autre pistolet sans silencieux pour faire du bruit.


Sur un coup de tête, Meredith et sa fille Clarisse se rendent en Norvège pour récupérer les preuves accablantes. Hélas, les sbires danois tentent d'attenter à leur santé. Heureusement que Jonathan Cold est là pour les sauver !



Le sbire danois kiffe la mode Gestapo.


Pour faire revenir Cold à Varsovie, Jared Olyphant n'hésitera pas à faire pression sur Sean, le frère de Jonathan Cold. Mais Cold tuera Olyphant car il aura compris que c'est un fumier. Agatha Shearwater (une employée de la CIA qu'on ne verra pas à l'écran, et dont on n'entendra même pas la voix au téléphone) sera quant à elle chargée par Jonathan de copier sur une petite cassette audio le contenu de l'enregistrement de la boîte noire de l'avion, que l'on pourra écouter vers la fin du film, et où l'on entend clairement que l'avion n'est pas mort de mort naturelle, car le pilote a dit avant de mourir qu'un truc se dirigeait vers eux. Ah oui, j'oubliais de vous dire, juste avant de se faire tuer par Dunois le traître, Alexandre Marquet le châtelain français, qui était en fait l'employeur de Dunois, lui avait proposé une mission à Majorque ! Comme quoi on aura rarement vu un film plus international que "L'Affaire Van Haken", et tout ça sur le territoire polonais ! Il y a même quelques scènes parisiennes, quel globe-trotter ce Cold !



En 2002, le parc automobile français était bien vieux.


Il ne me reste plus qu'à mentionner une caractéristique frappante du film : on y tue de pauvres gens pour un oui ou pour un non. Je te pique ta caisse et je te tue ; tu es réceptionniste d'hôtel, je te tue (tu seras remplacée par une autre actrice comme si de rien n'était) ; tu as été payé par Cold pour conduire sa voiture à sa place, je te tue ; tu es servante chez Marquet, tu lui amènes son plateau de profiteroles, je te tue ; etc. En fait, on tue parce que ça fait des jolis plans de pistolets fumants et que le public décérébré aime ça ! En fait, on dirait qu'ils ont d'abord filmé, puis cherché un scénario qui aille avec, c'est vraiment l'impression que cela donne. Quelques beaux plans néanmoins, mais aussi cette vilaine manie de toujours faire tourner la caméra lentement autour des personnages pour faire moderne !



Même Steven est perplexe, ça me rassure.


Ce film est trompeur. A première vue c'est un téléfilm esthétisant, on dirait un épisode de série américaine. Si l'on ne fait pas attention aux détails, l'impression globale est bonne, le rythme est familier, la musique faite sur un ordi par un type doté d'une bonne technique - mais sans trop d'inspiration - est réconfortante : on baigne dans du connu plutôt bien fait. Mais peu à peu, on constate l'ineptie de l'histoire, plus on avance et plus on réalise la médiocrité du truc, et plus on le revoit plus on peut en rigoler ! Merci Steven.



Troglodyte
Troglodyte

L'Affaire Van Haken
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Cote de rareté

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