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American Revenge

  • Titre original : American Revenge
  • Réalisateur : David Schwartz
  • Année : 1988
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Nom de Code : Gédebor (Catégorie : Crimes et délits)
  • Durée : 1h26
  • Acteurs principaux : A.D. Muyich, Matt Hannon, Tilomai Ponder, Susan Paris, James Van Patten...
Note :
2
Kobal
Kobal

Chronique

"American Revenge", c'est un titre réduit à sa plus simple expression afin de parler directement au cerveau reptilien du consommateur. Et c'est aussi un titre qui s'avère cacher un énième rejeton de cette bonne vieille catégorie de la zéderie DTV, produite par on ne sait pas qui (bon, sur le papier, on sait qui, c'est David Schwartz, également réalisateur de l'ouvrage, pour une carrière limitée à 2 films... Mais ça ne nous dit pas qui est ce gars) et dans on ne sait pas quelle intention. Parce que pour réussir à me convaincre que quelqu'un peut se faire du blé avec ça, il va falloir convoquer quelques spécialistes en micro-économie !



Donc oui, comme convenu, l'image est une horreur passée à la moulinette d'un camescope bon marché et sans aucune normalisation colorimétrique d'un plan à l'autre, la qualité sonore est tellement médiocre qu'il faut tendre l'oreille pour tenter de saisir la nullité des dialogues, l'indigence se faufile partout (y'a un "Run... action !" en début de scène, conservé au montage !), la musique se résume à une boîte à rythme en mode automatique et les acteurs sont d'une conviction totale, que ce soit pour causer entre eux ou pour tout simplement montrer leurs muscles. Il faut les voir se mettre sur la tronche dans les séquences de baston, on dirait des persos de Street Fighter pilotés par des mecs qui n'utiliseraient que les boutons gros pied/gros poing. Bien entendu, tout cela est somme toute assez rigolo à l'écran et c'est pour ça qu'on en parle.



Un budget qui crève l'écran.



De belles promesses.



Une ambiance virile mais amicale.



Pif !



Paf !


"American Revenge", c'est aussi une histoire choc : Jag décide de raccrocher de son métier de voyou parce que bon, tu comprends, y'en a marre. Mais son spleen ne le retient pas d'être propulsé dans un dernier gros coup, un deal de diam's (Joseph Lai, sors du corps de ce scénariste !), qui, évidemment, se révèle être un plan foireux. En effet, son contact de la pègre, Angelo, est une enflure de première dont la vie de pacha au bord d'une piscine peuplée de playmates et de fantassins à mitraillettes n'a pas adouci les mœurs : son petit vice à lui, fort répandu dans son métier, c'est de dézinguer ses sous-fifres à la moindre occasion. Encore que pour le coup, il aime bien déléguer à sa petite amie à crinière permanentée l’émasculation de l'impudent. Parmi ses activités professionnelles, le trafic de coke le dispute à l'enlèvement de jeune femmes, principalement des beauty queens (quand son bras droit ne se trompe pas en kidnappant à la place des church girls, gag ! Dont un mec, re-gag !) afin de les prostituer ou de les rançonner, j'avoue ne pas avoir bien compris. Le tout à Las Vegas, avec des plans touristiques sur le strip et des rencontres en plein désert, ce qui peut donner l'impression que Neil Breen va surgir à tout moment pour nous expliquer comment les méfaits de la veille militaro-technologique mondiale au profit des avocats banksters véreux ruinent l'écologie des éoliennes et rendent son avatar divin très triste.



Jag, en pleine crise identitaire, chouine auprès de sa coéquipière Tonia.



Jag est en fait A. D. Muyich, que l'on devine avoir été casté dans un club de muscu... dans lequel il semble être retourné sitôt le film terminé, n'ayant plus jamais par la suite cédé aux sirènes hollywoodiennes.



Quant à Tonia, c'est Tilomai Ponder qui se charge de l'interprétation, avant de conclure sa carrière avec une apparition comme opératrice téléphonique dans "Real Bullets" !



Angelo est bien entouré, manifestant un choix très sûr en matière de sbires de première fraîcheur.



J'ai une petite préférence pour celui-ci, obèse morbide accablé d'un tic de machouillage, conséquence possible d'une addiction à la chique ou d'une mauvaise tolérance neurologique de son traitement antipsychotique...



Si c'est juste de la rançon d'organisateur de concours de beauté, alors pourquoi mettre les miss à poil ?


"American Revenge", c'est donc du nanar un brin navrant. Tout est sacrément nul mais il faut avouer que ç'en devient régulièrement fort amusant tellement c'est la cataschtroumpf. La bêtise se loge dans les moindres détails, comme ce pote du héros, ficelé par les méchants dans le désert, qui se met aussitôt à appeler à l'aide... alors qu'il n'y a personne d'autre que ses tortionnaires autour de lui ! Le casting est comme souvent un bon pourvoyeur de nanardise, avec des défilés de sbires pas piqués des hannetons, victimes d'une mode vestimentaire et capillaire inconsciente de ses ravages. Comme je le disais plus tôt, les bastons sont terriblement nulles, avec un pic de portnawak à l'occasion d'un assaut final mettant en scène une population bigarrée de têtes de winners (dommage qu'on ne voit pas plus le club des tigresses du désert parce qu'elles dépotent bien) et qui s'avère hallucinant de manque de moyens de production, l'équipe des gentils devant se contenter d'un seul pompeux qu'ils se passent à tour de rôle !! De vrais décroissants, ces gars !



"Attends, bouge pas, c'est à son tour de prendre le fusil à pompe".



Heureusement, quand on n'a pas d'arme à feu, il reste le bon vieux bout de bois !



C'est pas loin de virer au post-nuke, cette histoire.







Et bien sûr, du sbire et de la sbiresse.


Ah oui, j'oubliais, "American Revenge", c'est surtout l'autre film avec Matt Hannon, une de nos étoiles nanarlandaises préférées dont on pensait jusqu'à présent que son éclat aveuglant s'était consumé au firmament de son unique film, le cultissime "Samurai Cop". Il nous revient donc dans le rôle du salopard d'Angelo, la classe de la fin des 80's avec de splendides lunettes miroir, le cheveu long graissé au Pento et un teint tellement hâlé qu'il paraît avoir été victime d'un abus d'UV (ou d'un barbecue capricieux). Matt tente tant bien que mal de nous faire croire à son rôle de parrain au sang froid, menant d'une poigne ferme son équipe de bras cassés, mais bien sûr, son cabotinage ne peut s'empêcher de refaire surface dès que le réalisateur réclame une bribe d'émotion. Donc en fait, rien que pour ça, "American Revenge", il le foooooooooooooooo !



Ze ultimate star.



La classe nonchalante.



L'acting tout en finesse.



Et le physique de rêve.



Une pensée pleine de gentillesse pour ce sacré gaillard de Matt




Kobal
Kobal

American Revenge
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Cote de rareté

Pour le chopper celui-là, il va falloir vous lever tôt car sa distribution semble avoir été particulièrement confidentielle.



Seul visuel trouvable, cette édition DVD anonyme suédoise.
Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation