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Ator 2

  • Titre original : Ator l'invincibile 2
  • Titres alternatifs : La Vendetta di Ator, Ator the Blade Master, Ator the invincible, Cave Dwellers
  • Réalisateur : Joe D'Amato, (sous le nom de David Hills)
  • Année : 1984
  • Pays : Italie
  • Genre : Ator pillé, Ator coulé (Catégorie : Heroic-fantasy)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : Salvatore Baccaro, Miles O’Keeffe, David Cain Haughton, Lisa Foster, Chen Wong
Note :
3
Nikita
Nikita

Chronique





Oh ! Un film d’heroic-fantasy de Joe D'Amato avec Miles O’Keeffe ! Une valeur sûre ! On ne dira jamais assez combien il est utile d’avoir des copains qui se fournissent à l’étranger : quand MrKlaus a ramené de ses vacances en Mongolie extérieure une copie de ce film inédit en France, la section parisienne de la team Nanarland n’a eu de cesse de voir la suite des aventures d’Ator, le barbare chochotte.







Le premier film nous avait présenté une sorte de fils indigne de Conan, plus proche de la gravure de mode permanentée que du barbare invincible.





Bon… comment ça s’empoigne, déjà, une épée ?



Pfff, trop dur, y'a des cascadeurs pour ça !




Sa suite relève légèrement le niveau, tout en demeurant à un degré appréciable de ridicule. Ici, notre héros doit lutter pour protéger les découvertes d’un savant, le sage Akronas, qui a su créer une source d’énergie illimitée. Evidemment, le méchant de service, un certain Zor (non, pas Yor !) va vouloir mettre la main dessus pour devenir le maître du monde, et il va falloir le tataner sévère. Aidé de la fille du savant et d’un sidekick chinois, Miles-Ator va courir sus à la horde des fétides sbires de Zor.





Le sage Akronas et sa fille, l’Amazone bonasse de service.








Le méchant, Zor, tout droit sorti d’un clip du groupe disco Dschinghis Khan. Son interprète, David Cain Haughton (plus connu sous le nom de David Brandon), accuse une solide carrière dans le bis italien, et collabora de nombreuses fois avec D’Amato.












Ce point de départ très classique ne donne cependant, à l’image de celui du premier Ator, qu’une faible idée du résultat final. Le deuxième opus donne en effet une joyeuse impression de désordre et d’improvisation, qui en fait un objet, sinon plus drôle, du moins plus étrange qu’ « Ator » premier du nom.





« - Hé les gars, si on mettait un samouraï dans le film ?

- Super idée, chef ! »




« - Et si on mettait Salvatore Baccaro en roi des cavernes cannibale ?

- Ouéééé ! »




Les conditions assez particulières du tournage y sont peut-être pour quelque chose : Joe D’Amato avait en effet en projet un film plagiant « La Guerre du feu », de Jean-Jacques Annaud, et le mélangeant avec l’histoire d’Adam et Eve. Ce projet était né suite à l’interruption temporaire du tournage d’un autre « Adam et Eve », avec Mark Gregory. Mais ce massacre en règle du récit biblique ne devait pas voir le jour : Miles O’Keeffe, à peine arrivé sur le tournage, refusa de prendre part à un projet qui heurtait ses convictions religieuses. Interrogé par une revue italienne, D’Amato se souvenait : « Il faisait vraiment une fixette sur la religion. Une nuit, on est resté jusqu’à quatre heures du matin, avec Miles qui pleurait, assis sur l’escalier à l’extérieur du bureau. Il était un peu frappé du ciboulot, ce pauv’garçon. » Devant l’impossibilité de faire tenir à Miles O’Keeffe le rôle d’Adam, D’Amato n’hésite pas longtemps et met à profit les costumes et les décors présents pour mettre sur pied à toute vitesse « Ator 2 ».



Cette genèse un peu compliquée du film explique la présence de certaines scènes peu ou pas justifiées, comme celle mettant en scène des hommes préhistoriques cannibales.







« Laissez tomber, les mecs, finalement on ne fait pas La Guerre du feu »…




L’ensemble du film semble imprégné par une improvisation continuelle, du type « Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir inventer ? ». Malgré une ou deux baisses de rythme, le film maintient grosso modo un tempo de cavalcade décomplexée, passant d’escarmouches en bastons, de bastons en chausse-trappes et de chausse-trappes en distributions de mandales sans trop discontinuer.



Miles O’Keeffe donne en tout cas davantage de sa personne que dans le premier « Ator », et n’hésite pas à affronter davantage de sbires. Moins inactif que précédemment, notre héros n’en demeure pas moins complètement raide et figé, interprétant ses duels avec la morne conviction d’un élève escrimeur qui tente de se souvenir des mouvements à effectuer. Décidément, Miles n’est pas fait pour interpréter de manière crédible les barbares invincibles, ce qui nous amène à considérer une bonne fois pour toutes que…



MILES O’KEEFFE EST VRAIMENT UNE LOPETTE !



(et nous allons le prouver)



Miles est vraiment une lopette, démonstration n° 1 :




Suivant la grande tradition du héros incompétent, et comme dans le film précédent où Sabrina Siani se battait à sa place la plupart du temps, Miles laisse tout le travail à ses sidekicks :







Alors que l’Amazone affronte trois guerriers à la fois…





…que le Chinois en affronte cinq…(impossible de faire des caps convaincantes, parce qu’ils bougent trop vite !)









Miles, lui, se contente de se battre avec un seul sbire. En bougeant quasiment au ralenti. Et même pas à la loyale, puisqu’il a deux sabres et l’autre, un seul.







Miles est vraiment une lopette, démonstration n° 2 :




Capturé par des adorateurs du serpent, notre héros se trouve placé dans la file d’attente des sacrifiés (surtout des sacrifiées, d’ailleurs). Il ne fait strictement rien, et laisse cinq jeunes vierges se faire pousser avant lui, plutôt que de lever le petit doigt : il espère sans doute que le serpent sera rassasié et ne s’intéressera pas à lui.







Et en plus, il tente de se cacher derrière une colonne, en espérant qu’on l’oublie !









Miles est vraiment une lopette, démonstration n° 3 :




La grande scène d’action de notre héros consiste à affronter le serpent…





…ou plutôt, à étrangler un malheureux reptile en peluche, qui fait plus de plis que Casimir !







Le clou du film arrive avec le final, où, tandis que les sidekicks de Miles donnent l’assaut au château du méchant, situé dans un décor très méditerranéen (le film a été tourné en Espagne)...







Ceci est le château du méchant (vu de face).




…notre valeureux barbare donne tranquillement l’assaut en deltaplane, en survolant des stock-shots de paysages bavarois ! NdR: Ce serait semble t-il des stocks shots du film de guerre "Quand les aigles attaquent" avec Clint Eastwood et Richard Burton !











Ceci est le même château (vu d’en haut).





Incroyable ! La forêt noire se trouve en Espagne !




Bon, admettons, il consent tout de même à affronter lui-même le méchant, mais c’est tout de même le Chinois qui viendra lui sauver la mise ! Moi, je dis que les sidekicks de Miles O’Keeffe méritent vraiment une augmentation (voir à ce sujet la chronique de « Double Target »).







« - Hé, Miles, avec ton costume, tu ressembles à un mannequin pour revue gay SM !

- Même pas vrai !! »




Complètement loufoque par sa mise en scène foutraque, ses costumes et ses maquillages pataphysiques, et des acteurs principaux à l’extrême limite de l’inconsistance, «Ator 2» mérite davantage de reconnaissance, et se positionne clairement comme une figure de proue de la décadence du cinéma bis italien. A découvrir d’urgence, comme un témoignage du temps où le moindre artisan du film tentait de faire son propre Conan le barbare !





« - Hé, les gars, et si on terminait le film par un champignon atomique pour dire que la science entre les mains des méchants, c’est pas bien ?

- Ouéééé chef, vous n’avez que des bonnes idées ! »






Nikita
Nikita

Ator 2
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Les notes des membres

Moyenne : 3.17
avatar de Barracuda Barracuda : 3
avatar de MrKlaus MrKlaus : 3.5
avatar de Nikita Nikita : 3

Cote de rareté

Inédit en France, «Ator 2» a été distribué dans une bonne partie des pays européens (Allemagne notamment chez "EMS") et asiatiques (on le trouve en VCD à Hong Kong). Une diffusion dans l’émission « Mistery Science Theater 3000 » lui a valu un petit statut de film-culte aux Etats-Unis, où il a été réédité en DVD chez "Rhino", soit dans sa version d’origine, soit dans une version parasitée par les commentaires des comiques télé.







Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation