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Badi (Turkish E.T.)

  • Titre original : Badi (Turkish E.T.)
  • Réalisateur : Zafer Par
  • Année : 1983
  • Pays : Turquie
  • Genre : Méfiez-vous des contrefaçons (Catégorie : enfants)
  • Durée : 1h14
  • Acteurs principaux : Cengiz Sayhan, Tolga Sönmez, Orhan Çagman, Tuncer Sevi
Note :
2.5
a-andre
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Chronique

Ca alors mais qu’est ce que je tiens dans la main ??? Mieux qu’E.T, c’est Turkish E.T !!!

Il y a deux semaines, lors d’un congrès de VRP de la COGIP à Istanbul, je me suis adonné à ma passion qui m‘a poussé à ouvrir la porte du Cäsh Convertür de la rue Cüneyt Arkin. Ne connaissant pas cette oeuvre, je me suis dit : « Chic ! E.T pour une poignée de turkish lira, ça fait pas cher et en plus c’est un classique ». Bon, la jaquette turque est hideuse mais on s’y attendait un peu, non ? Manque de pot pour moi, il s'agissait non pas de E.T., mais de son cousin turc, j'ai nommé l'illustre "Badi".



Ce n’est même pas la peine de vous raconter l’histoire puisque d’une part, c’est en turc non sous-titré et d’autre part c’est la même que celle de ce bon Steven, à savoir celle d’un extra-terrestre qui débarque sur Terre et qui est recueilli par un jeune garçon et sa bande d’amis.



« Moi, quand je fais des rêves, c’est avec Saddam Hussein ! »


Le réalisateur, Zafer Par (de mariage ?), a cru bon de s’entourer des pires éléments pour la construction de ce film. La crème des acteurs, le top des décorateurs et surtout les effets spéciaux les plus high tech du moment. Car oui, l’intérêt de ce film ne réside pas dans son histoire (d’ailleurs relativement cohérente) ni dans ses acteurs (d’ailleurs très moustachus), mais bel et bien dans l’apparition à l’écran de Badi, qui s’avère être encore plus vilain que l’original.





Turkish strabisme convergeant.


Autant vous prévenir tout de suite, toutes les scènes où Badi n'apparaît pas sont chiantes à en mourir, mais l’entrée en scène de notre héros nous met d'emblée de bonne humeur et rattrape l’ensemble.



« OH ! Un néon qui atterrit ! »

« Il éclaire fort quand même ce projo !! »


Après avoir atterri et que tout le village se soit mis à sa recherche, notre créature va se réfugier dans la maison du petit garçon et là, deuxième choc en 5 minutes de métrage : Badi pète pour dire bonjour.



« Oups désolé ! Il est sorti tout seul. »


Notre jeune héros va très vite faire ami-ami avec le boudin en latex trop cuit. Badi fait voler les pommes, soigne les blessures, apprend à parler, à faire des blagues aux parents… Bref un vrai boute-en-train.

De par son humour caca-boudin totalement stupéfiant et son aspect misérable, on dirait par moments un film amateur tourné en Super 8 qu'une bande de copains à moitié torchés auraient bricolée sur deux week-ends pour faire un pastiche potache d'E.T. On reste ahuri à la pensée que ça ait été tourné en 1983. Du vrai cinéma du Tiers-monde, où la pauvreté palpable du budget n'empêche pas de tout oser sans retenue aucune ! Le film n'a strictement aucun complexe : contrairement à d'autres oeuvres à petit budget qui rusent en suggérant, « Badi » nous montre tout et exhibe fièrement son étron à courtes pattes, sous toutes les coutures.



« Je suis Gérard Majax ».



Un regard profond.



« Tiens, mange, c’est bon ! »


L'amateurisme effroyable des effets spéciaux est sublimé par une mise en scène tellement brute de décoffrage qu'on croirait que le réalisateur s'est endormi en laissant tourner sa caméra dans le vide.



« HIHI !! Je suis caché derrière ta mère et elle ne me voit pas ». Humour omniprésent, j’ai du mal à me relever.


Les situations cocasses regorgent de toutes parts et le spectateur turc n’en peut plus :



« IL EST TOMBE !! IL EST TOMBE !! TROP LOOOOOLL de MDRRRR»


Comme dans l’œuvre originale, Badi va ensuite construire un téléphone, pour « téléphoner maison », à l’aide d’un tourne-disque et d’une scie circulaire.





« Allô papa ?... »



« …Ah non c’est une erreur, désolé »


Après la scène du téléphone, c’est au tour de celle où il tombe malade et se fait capturer par les méchants (c’est-à-dire les adultes) qui ont compris que Badi était nocif pour la santé de leurs marmots.



« JE SUIS MALAAAAAAAAAADEEEEEEEEEE, COMPLETEMENT MALAAAAAAAADEEEEEEEE »


Arrive enfin LA scène du film. Dans « E.T. » de Spielberg, on voyait un vélo voler mais ici Zafer (à repasser ?) s'est dit : « Pffffffffff ! Moi je vais faire voler une charrette farcie de gamins et en plein jour mÔssieur !! ».



« La police est à nos trousses, vite enfuyons-nous !»



Une voiture pleine de gens aimables et respectueux de la loi.


Hélas mon plaisir fut de courte durée (1h14) puisque Badi doit à présent nous quitter (et revenir pour un Badi 2 ?).



« Au revoir les amis »



« Reviens -nous vite »



Badi s’éloigne sur fond de fumigène flou.



« Ma carrière est foutue ! »


BONUS :



« Papa, pourquoi tu portes un rocher en mousse ? »

« C’est pour un ami qui a un projet intersidéral »




Une moustache sublime.





Double plan-nichons !




Yé faim, zorié pas un franc ou deux siouplé ?






Une lampe torche qui éclaire vachement bien la nuit… (oui, c’est la nuit !)




« Maman je peux jouer dans Virus Cannibale ? »


Conclusion :

Je tiens à remercier la touche avance rapide de mon lecteur qui m’a grandement aidé lors de passages très naveteux.

Les plus nanar : Badi lui-même, les effets spéciaux qui restent inégalés à ce jour, la séquence du rêve.

Les moins nanar : Ma méconnaissance totale du turc non sous-titré. Dans ces circonstances, 1h14 c’est court mais ça peut aussi être long par moments !

NdlR: L'avocat de Chimène Badi nous envoie un fax pour nous préciser que la moindre plaisanterie douteuse et analogie envers sa cliente entraînera immédiatement un procès carabiné.



Pourtant...




a-andre
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Badi (Turkish E.T.)

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Cote de rareté





Jamais sorti en Occident pour de sombres histoires de propriété intellectuelle (sont chafouins, ces infidèles !), le film est disponible pour 20 euros chez "5 minutes to live", en édition Craspek Collector. Une autre version (peut-être avec le même master directement enregistré à la télé turque.) peut aussi se commander chez "Stumpy Disks".



(Merci à Kyol)
Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation