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La Bataille des Etoiles

  • Titre original : Battaglie Negli Spazi Stellari
  • Titres alternatifs : Cosmo 2000 : Battaglie Negli Spazi Stellari
  • Réalisateur : Alfonso Brescia, (sous le pseudo de Al Bradly)
  • Année : 1977
  • Pays : Italie
  • Genre : OVNI d'occasion (Catégorie : Space opera)
  • Durée : 1h20
  • Acteurs principaux : Jason Palance, John Richardson, Gisela Hahn, Marisa Longo
Note :
2
LeRôdeur
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Chronique



Une VHS qui n'hésite pas à repiquer le visuel de L'Humanoïde d'Aldo Lado plus cossu pour nous refiler ce film en loucedé.


Revenons vingt ans en arrière. Nous sommes en été 1983. Le petit monde des aficionados attend fébrilement le troisième volet de « La Guerre des étoiles » (« Le retour du Jedi » pour ceux qui auraient été dans le coma ses 30 dernières années), dont la sortie est prévue pour octobre et qu’on annonce déjà comme une révolution dans le domaine des effets spéciaux. C’est alors qu’un distributeur nanar ("Elysée Films" pour ne pas le nommer) se dit "Tiens, y’a un coup à faire ! En s’y prenant bien, on doit pouvoir trouver un space opera inédit, le sortir au mois d’août et ainsi griller George Lucas !''.



Armé d’une pelle, le distributeur se rend donc dans les marais de la Cinecitta, terre promise du nanar, et commence à creuser dans un endroit bien mou. Très vite, il extrait de la vase un objet filmique enfoui là depuis 1977. ''Victoire !'' s’exclame-t-il en visionnant la bande. Notre explorateur des bas-fonds rentre alors à Paris, fait doubler le chef-d’oeuvre par des copains, en tire 3-4 copies cradingues, et, le 17 août 1983 à 14h, c’est le drame : « La Bataille des Etoiles », signé Al Bradly (alias Al Bradley alias Alfonso Brescia) est projeté sur les écrans médusés.



A bord d’une maquette de vaisseau spatial à l’esthétique pompée sur celle de « Cosmos 99 », des spationautes en pyjama ornés de bonnets de bain rouges entrent en contact avec un astéroïde qui dégage un gros champ magnétique de sa race.



Bon les gars, quoiqu'il arrive, vous gardez votre sérieux...


Intrigué, le sous-chef des grands Schtroumpfs intersidéraux décide de faire une petite ballade dans l’espace. Et c’est parti pour un vol en apesanteur, incrustation sur fond bleu qui a sûrement été réglée par le même gars qui a commis les effets spéciaux de l’incroyable « homme-puma ». (on reconnaît son style !). Avec de grosses nappes de claviers Bontempi bien planantes, ça fait toujours son petit effet.



Un film en état de grâce...


Puis, deux spationautes investissent un suppositoire géant... euh, une navette spatiale, pardon ! et se posent en terra incognita. Avec une ridicule lampe-torche, ils explorent l’astéroïde comme ils descendraient dans une cave, mais hélas pour eux, le caillou est habité par des momies de l’espace qui les zigouillent aussi sec.



Taquines, ces momies...


A bord du vaisseau-mère, l’équipage observe la scène avec terreur :

''- Il y a des humains sur cette planète, c’est inouï !

- Mmh ! Ils ressemblent plutôt à des restes humains !''




Gare à la colère de l'homme-steak haché !


Les momies sont en fait Les Gonianes, habitants de la planète Gonian qui ont décidé de coloniser la Terre et de prendre apparence humaine histoire d’être moins laids. Ils débarquent au Mexique, estourbissent trois scientifiques auxquels ils volent leurs pyjamas et mettent à exécution leur plan diabolique.

Heureusement pour nous, pauvres terriens, un envoyé de la planète Galimède accompagné de son fils androïde, le petit Azar, nous protège des Gonianes. Le petit Galimède possède une boule de sapin de Noël... euh, pardon ! une arme d’une puissance hors du commun qui permet de faire disparaître les affreux :

''On dirait un jouet mais c’est l’arme la plus puissante de l’univers, c’est l’Arme Absolue ! Un laser d’une force incroyable !''



Avec une dégaine pareille faut pas s'étonner que l'univers entier ait envie de lui coller des tartes.


Et donc, après moult péripéties lambinantes / sorties dans l’espace foireuses / soucoupes volantes en carton / cosmonautes à bonnets de caoutchouc / gros ordinateur qui clignote / figurants momies maquillés avec un mélange de terre glaise et d’asticots (véridique !), nos Héros débarrasseront la planète de la menace Goniane. Ouf ! On l’a échappé belle !



L'informatique du futur telle qu'on la voyait dans les années 70.


Vous l’avez deviné en regardant les images, ce film est un sommet du bricolo-cheap ringard. Ecrit et tourné par un nanardeur récidiviste (Al Bradly) avec le budget habituel que concèdent à leurs yes-men les producteurs de bis italiens (une poignée de lires pour appâter la buse et mon pied au cul pendant le tournage), c’est une catastrophe monumentale qui peinerait même à rivaliser avec la SF de pacotille américaine des années 50/60 (genre « Robot Monster », « Kolos », etc.). Cela n’a pas empêché les producteurs sans scrupules de le remonter sous cinq versions différentes à quelques aménagements de scénario près et de le refourguer un peu partout dans le monde et sous différents titres à des éditeurs de VHS encore moins scrupuleux.

Malheureusement pour nous, il faut bien reconnaître qu’en l’espèce, trop de nanar tue le nanar, et passée la première demi-heure à s’esclaffer devant les décors en cartons et les effets spéciaux du même métal, on finit par vite sombrer dans l’ennui, usés par l’intrigue mollassonne et répétitive, gavés par les décors et costumes kitsch filmés ad libitum et toujours sous le même angle, jusqu’à ce que fin de la bobine s’ensuive.

Finalement, ce qui est le plus drôle à propos de ce film, c’est d’imaginer la tête que devaient faire à la sortie de la projection les (deux) spectateurs pas très au courant qui ont cru que ce truc était VRAIMENT le troisième épisode de « StarWars ». En tous cas, d’après les rumeurs qui circulent dans les milieux autorisés, ce film a eu pour conséquence de ruiner totalement la carrière de George Lucas, dont « Le Retour du Jedi » fut proprement écrasé par la concurrence déloyale des momies de l’espace. Depuis lors, devenu à moitié fou, ce pauvre George passe son temps à boire et zoner dans la banlieue d’Hollywood en hurlant ''Al Bradly m’a tuer !''. Un destin bien cruel mais c’est la dure loi du showbiz.

Note : 2 sur 5 et un spectacle de premier choix pour vos prochaines soirées Gloubi-Boulga.

Addendum : Attention, ne faites pas comme nous : pendant longtemps nous nous sommes joyeusement emmêlés les pinceaux entre ce film et une autre production Brescia tournée en même temps, « Anno zero guerra nello spazio » (inédit chez nous) avec quasiment les mêmes acteurs et les mêmes décors et costumes. En effet, Al a livré 5 films en même temps pour inonder le marché. A côté de ces 2 films nous avons encore « La Guerre des Robots », « Star Odyssey » et le plus érotique « La Bête de l'espace ». Au moins, à défaut d'avoir un sens artistique, Alfonso a le sens du commerce, c'est déjà ça !



On le voit, même les bonnets de bain ont été recyclés.




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La Bataille des Etoiles

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  • Golob the Humanoid, un site à la gloire de la SF italienne avec de bien belles illustrations.
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Cote de rareté

Un film qui fait encore le bonheur d'éditeurs cherchant à fourguer des fonds de tiroirs. Aux States, l'éditeur "Brentwood", grand spécialiste des compilations à bas prix, a très largement exploité les nanars de Brescia pour ses rutilantes compils. On le retrouve sous le nom de « Cosmos: Battle of the Planet » dans un pack de 10 films nommé Space Odyssey et incluant entre autre « La Guerre des Robots » du même Brescia ou « Créature » ou encore dans leur pack 4 films Alien Worlds avec d'autres rogatons du même acabit (du genre « Alien Species » etc.). Autant dire que la qualité de duplication repiquée sur une VHS ricaine est tout juste passable.



De même, toujours aux Etats-Unis, existe un DVD de chez "Retro Action", d'une qualité à peine meilleure le groupant une fois encore avec « La Guerre des Robots ».



En France on en est toujours à la vidéo d'époque. Si "Super Vidéo Production" annonce clairement la couleur avec ses éditions quasi similaires d'une laideur sans pareil, "Odissey Vidéo Production", eux, tentent de ruser en n'hésitant pas à détourner carrément l'affiche d'un autre space opera spaghetti, « L'Humanoïde ». (Le visuel est en début de chronique) Si je vous dis que derrière "Odissey", on retrouve nos grands amis escrocs de chez "Initial", on sera tout de suite moins étonné...



Là franchement, dans le genre moche, le dessinateur s'est surpassé...


Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation