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Blood Surf

  • Titre original : Krocodylus
  • Titres alternatifs : Terreur bleue
  • Réalisateur : James D.R. Hickox
  • Année : 2000
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Sex, Surf & Crocodile (Catégorie : Animalier)
  • Durée : 1h24
  • Acteurs principaux : Dax Miller, Taryn Reif, Duncan Rehger, Kate Fisher
Note :
2,5
Ironbob
Ironbob

Chronique





Une notule préliminaire signée Le Rôdeur :





Le film de crocodile est, avec le film de requin, l'une des sous-catégories les plus fécondes de la famille des films d'agressions animalières. Il obéit, du reste, aux mêmes schémas, à ceci près que le crocodile, de par sa nature profondément amphibie, offre une plus grande variété dans les choix des décors au sein desquels ne manquent jamais de se faire boulotter les deux tiers du casting (ça c'est une constante !). Le film de croco, comme tous les sous-genres de la série B ou presque, a donné un certain nombre de productions honteuses - tels « Killer Crocodile » ou encore l'insurpassable « Crocodile Fury » - dont la nanardise tenait souvent à l'aspect peu convaincant des bestioles grossièrement animées (ou pas du tout animées), au manque de réalisme des attaques reptiliennes (on a déjà vu des crocodiles voler et même se livrer à la boxe thaï !), autant qu'au laisser-aller des réalisateurs, scénaristes et producteurs, qui ne faisaient que peu d'effort pour éviter les clichés les plus éculés d'un genre qui, à leur décharge, restait très difficile à renouveler.



La difficulté de proposer à peu de frais des films qui échappaient au ridicule - à défaut d'être originaux - ainsi que l'intérêt déclinant du public pour ces « Dents du Bayou » qui tournaient franchement en rond, ont bien failli avoir raison des crocodiles géants à la fin années 80. C'était compter sans les ingénieurs informaticiens et leur manie de dessiner des bestioles fantasmagoriques pendant les heures de boulot, sur Paint d'abord, puis bientôt sur des logiciels plus évolués tels que Photo Filtre. Comme ses copains requins, lézards, serpents, demodex, axolotls et autres mangeurs d'hommes, le croco a sauvé sa peau - qu'il a épaisse, le bougre ! - grâce aux effets spéciaux numériques. Toutes les espèces dangereuses qu'on croyait bien éteintes sont ainsi revenues nicher les unes après les autres dans les bacs de DVD à prix discount, à la grande satisfaction des maniaques qui n'ont jamais pu supporter ces crétins d'acteurs de complément et prennent chaque fois un plaisir égal à les voir se faire mâchouiller les membres.



"Mais, dans l'coup, qu'est-ce qui peut faire l'intérêt nanar d'un film de bestiole récent dont les effets spéciaux garantissent une certaine satisfaction quant à une relative qualité de spectacle nonobstant un scénario passe-partout ?" se demande l'esprit tortueux du nanardeur interloqué face à son DVD Universal.



A cette question, deux réponses peuvent être apportées :



- D'abord il n'est pas évident que les effets spéciaux ne soient pas pourris. On a déjà vu des mégalodons numériques sans dents et des producteurs qui profitaient du buzz pour ressortir du placard leurs requins en bois, même que c'était dans la franchise « Shark Attack ». Bon, ici, dans « Blood Surf », il faut avouer que le croco tient la route, et qu'il aurait pu être plus laid.



- Deuxièmement, on n'est jamais à l'abri d'une tentative ratée des auteurs de vouloir faire original ou moins convenu que d'habitude. Et cette fois dans « Blood Surf », on est en plein cas d'école.



C'est que, voyez-vous, « Blood Surf » est un de ces films qui se prétendent "jeune et branché", ce qui en cas de ratage se traduit rapidement par "doublement stupide". Et « Blood Surf » est raté.



« Blood Surf » se présente sur l'affiche comme une œuvre "des producteurs de Point Break" ce qui est, comme toujours pour l'industrie du rêve, une manière d'avouer à demi-mots que le film est réalisé par un tâcheron. Les producteurs ont choisi de satisfaire les goûts des adolescents amateurs de sensations fortes ou du moins ce qu'ils supposent être les goûts de leur public "cible", se vautrant avec ostentation dans un jeunisme des plus démagogique et des plus bête. Montage clipesque, langage "coolos", teinture blondasse, histoires de fesses et sport extrême débile sont les éléments qui viennent parasiter la trame classique de ce film de croco géant. Si bien que de toutes les créatures peuplant « Blood Surf », le crocodile apparaît finalement comme la plus sobre.



Le film nous narre les péripéties de surfeurs venus se livrer à leur passion dans un coin de mer et adopte dès l'entame un ton branchouillard dont il ne se départira jamais, accumulant les scènes prétendument "trop cool", qui s'avèrent être, pour le spectateur n'entrant pas dans le jeu, d'un ridicule des plus achevé. La réalisation ne sauve pas les meubles et en rajoute même dans la nanardise par ses nombreuses négligences comme en témoigne la première scène où nos héros surfant des vagues conséquentes sont suivis par leurs fiancées se déplaçant en bateau sur une mer d'huile ! On se demande du reste qui, même parmi les plus "jeunes et cons", pourrait bien trouver "cool" au premier degré un tel étalage d'imbécillités ou mieux, qui pourrait s'identifier un tant soit peu à des héros si crétins et à la psychologie si sommaire (éloge du paraître, glorification des pouffes, haine de l'intellectuel...) qu'on souhaiterait après cinq minutes qu'ils se fassent bouffer par le monstre tant leurs compositions outrées de "trentenaires qui jouent les teens" et leurs conversations dignes des romans-photos les plus décadents du magazine Girls, sont insupportables.



Depuis les premières scènes où les protagonistes se tailladent les pieds pour attirer les requins et corser leur partie de surf (mais les requins ne s'aventurent que timidement dans ce coin, c'est trop dangereux, ils se font bouffer par le croco !) aux dernières séquences où l'on nous gratifie d'un plan nichon qui laissera sans voix le nanardeur le plus blasé (voyez le film jusqu'au bout au moins pour ça !), "Blood Surf" se répand en crétinerie ininterrompue, s'avérant au final largement au-dessus des espérances nanardes qu'on pouvait placer en lui à la simple vue de son affiche. Sur Nanarland, on appelle ça "une bonne surprise" !








La chronique d'Ironbob :





Ma première vision de ce film remonte à quelques mois. Suite à une bande annonce sur RTL9 plutôt alléchante, je pris soin de noter la date de diffusion. Fidèle au rendez-vous, confortablement installé, j'adresse une dernière prière au grand Dieu du nanar pour ne pas tomber sur un navet. 1h30 et pas mal de rires plus tard, je constate que mes prières ont été exaucées. « Blood Surf » est un nanar, et plutôt de bonnne facture.



En regardant la filmo du réalisateur, on constate que le gaillard est pluridisciplinaire, tour à tour monteur, producteur, réalisateur, acteur et assistant à divers postes. Néanmoins, en tant que réalisateur, c'est tout de suite un peu plus maigre. Après avoir vu son « Blood Surf », on peut facilement deviner le processus créatif qu'il a suivi. En gros, on lui a donné des sous, un cahier des charges et on l'a laissé se démerder. Je ne pense pas me tromper en disant que le cahier des charges devait comporter guère plus de quatre mentions :



- Des d'jeuns qui font du surf

- Un crocodile géant

- Des plans nichons (essentiel !)

- Un happy end



Après s'être gratté la tête deux minutes, notre bonhomme en a déduit que le mieux serait de faire un remake des « Dents de la Mer » en mettant ça à la sauce MTV. Bingo ! Allez en route, on va tourner ! Le seul gros problème, c'est qu'autour de ces 4 exigences, il a fallu mettre plein de choses comme un scénario, des acteurs, des effets spéciaux... et c'est là que le bât blesse !



On suit donc l'histoire de Hal, Jeremie, Zack et Cecily, qui arrivent dans un endroit indéterminé, aux alentour de l'Australie.





La fine équipe.




Ils vont faire du surf près des requins autour de la redoutable île Oké. Ils se font donner le chemin de l'île par le capitaine John Dirk, vieux loup de mer hanté par un lourd secret.





Pfff, mon agent m'avait promis un rôle original.




Outre des requins, ils trouveront donc le fameux crocodile géant, mais également des autochtones vaguement asiatiques, fringués comme des guérilleros et armés jusqu'aux dents, qu'on sait pas qu'est-ce qu'ils foutent là…





Ahahaha ! On est les méchangs !




..ainsi que le capitaine Dirk, qui vient tuer le croco qui lui avait fait des misères dans le passé. Ils trouvent aussi la fameuse eau alcaline (sic), connue pour ses propriétés anti crocodile (re-sic). A la fin tout le monde est mort sauf le beau gosse et la belle fille, qui s'autorisent un joyeux petit flirt.





- Mon Dieu ils sont tous morts !

- Ouais tous nos amis. Bon si on flirtait ?

- Hihihi !




Il faut reconnaître que le gars Hickox est réglo, il a respecté son cahier des charges à la lettre, tout y est ! Par contre, faire un film entier à partir de ça, c'est maigre. Surtout que notre réalisateur n'est ni talentueux (concernant le découpage clipesque des scènes, Michael Bay lui a tout appris), ni très rigoureux. Les incohérences de montage sont nombreuses (on savourera par exemple le passage jour puis soleil couchant puis... non, jour, en fait, puis nuit finalement) et le recours fréquent aux bons vieux clichés (la classique poursuite dans l'eau à deux à l'heure).





Non, elle ne sera pas rattrapée.




Il faut rajouter qu'il n'est pas spécialement bien entouré : les acteurs sont miteux (mention spéciale aux rôles féminins), quant aux techniciens, bah des images valent mieux qu'un long discours :





Ceci n'est pas une maquette ridicule. Non non non !





Je suis sûr que maintenant je peux battre mon record de traction. Allez une, deux...





Sans commentaire...




Le scénario n'est pas en reste, bourré d'idioties. On constate notamment, effaré, que le croco possède une formidable attaque explosive. La seule explication que j'aie trouvée c'est qu'il est pétomane. Si quelqu'un a une autre hypothèse...





Autant en emporte le vent.




Il est également très bon sauteur.





Le crocodile en fury.



Et maintenant, quelques images pour notre honorable lectorat d'obsédés :















Notez que pour la dernière photo, il s'agit peut-être du plus improbable plan nichon de l'histoire du cinéma. Je laisserai toutefois à ceux qui veulent voir la chose le plaisir de découvrir par eux-mêmes tout le sel de la situation.



Enfin, un peu d'icono en vrac :





Hihihi ! Elle est bonne, cette eau infestée de requins dont on avait peur au début du film !





- Tu te rends compte qu'ils avaient promis à Kirk un rôle original ?!

- Grrr ! Les enfoirés !






Les méchants tombent à l'eau, ils n'y survivront pas (en tout cas on ne les reverra plus).





- Vraiment pas original ton rôle, hein ?

- M'en fous, je vais mourir bientôt, comme ça je me barrerai plus tôt du tournage !






C'est assez près, là, ou je me rapproche ?




En conclusion, ce « Blood Surf » est un bon petit nanar bien classique, bien comme on les aime. Il mérite bien la moyenne : 2.5 sur 5 !





Ironbob
Ironbob

Blood Surf
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Les notes des membres

Moyenne : 1.88
avatar de Ironbob Ironbob : 2,5
avatar de LeRôdeur LeRôdeur : 2
avatar de Peter Wonkley Peter Wonkley : 1
avatar de Rico Rico : 2

Cote de rareté

Ce film a fait l'objet d'une édition DVD zone 2 beaucoup moins onéreuse qu'un faux sac en croco. Présent dans les collections de films pop-corn à bas prix de l'éditeur "Universal" / "Studio Canal", on le trouvera sans trop de peine dans les bacs de DVD promotionnels des grandes chaînes d'hypermarchés ou des « magasins culturels ».







Notons que le croco marin bouffeur de teens a refait surface récemment dans une série collector à 8 € intitulée "Maxx de frissons". En fait de collector, il s'agit du bête DVD du film emballé dans un étui en carton frappé du logo d'une radio FM (Europe 2) qui promouvait l'opération sur les ondes.



Pas de bonus à attendre de ce genre d'édition. Studio Canal se fend tout juste d'une bande-annonce VF ridicule ainsi que de quelques bandes promo pour d'autres films de son catalogue. Film présenté en VOST et VF.
Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation