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Carnosaur 2

  • Titre original : Carnosaur 2
  • Titres alternatifs : Espèce Mutante
  • Réalisateur : Louis Morneau
  • Année : 1995
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : SF jurassique (Catégorie : Venus du fond des temps)
  • Durée : 1h23
  • Acteurs principaux : John Savage, Cliff de Yong, Don Stroud, Rick Dean
Note :
3
Labroche
Labroche

Chronique





Sorti en vidéo en France sous le nom d'Espèce Mutante, c'est sous ce titre que nous le connaissions au moment de la rédaction de cette chronique, avant qu'il ne ressorte sous son patronyme original de "Carnosaur 2" en DVD.


Tout se passe de nos jours aux USA. En fait l’histoire est tellement navrante et peu crédible qu’elle en devient difficile à raconter : on sent que les deux scénaristes qui ont écrit ça sur un coin de table lors d’un repas un peu trop arrosé n’ont jamais relu leur synopsis. Bref, ça se passe sur une île, John Savage et son équipe y sont envoyés pour s’occuper de la maintenance de l’équipement électrique. En arrivant ils se doutent tout de suite qu’il y a quelque chose qui ne va pas puisque tout le monde est mort. Le seul survivant, un vague sosie du gamin de « Terminator 2 » (il a dû lui racheter ses chemises rouges de l’époque grunge) est tellement choqué qu’il est dans l’incapacité de prononcer le moindre mot. Seule la personne qui a fait venir l’équipe sur l’île semble être au courant de quelque chose mais laisse planer un insoutenable suspens… En fait très vite on va apprendre l’incroyable vérité (scénaristiquement parlant !). Le spectateur, lui, a déjà compris depuis longtemps qu'on est en train de lui proposer un copié-collé fauché et mal branlé du "Aliens" de James Cameron.



Deux choses : d’abord, l’île est en fait l’endroit où le gouvernement américain stocke tout l’uranium qui ne sert plus depuis la fin de la guerre froide. Nos héros évoluent donc sur une véritable poudrière. Ensuite, dans la même base secrète, ce gouvernement a décidé, suite à la diffusion de « Jurassic Park » sur ABC, de faire revivre des dinosaures, d’où le titre du nanar.



C'est l'heure du dessert !


Voilà, le décor est planté, et à partir de là l'histoire va s'appliquer à aligner les clichés du genre, entre les fourberies du traître de service, les exploits des uns et le sacrifice des autres. Le scénario aligne ainsi les poncifs, mais on peut alors se demander si la réalisation est à la hauteur : un metteur en scène trop doué et au lieu d'un bon nanar on se retrouverait avec un petit film moyen ! De ce coté, aucun souci, « Espèce Mutante » comporte son lot de scènes mythiques. On retiendra en particulier :



On est prié de ne pas nourrir les dinosaures...


Un crash d’hélicoptère où l’on voit nettement un jouet en plastique tomber au ralenti et exploser quelques secondes plus tard.

Les dinosaures, dont on ne voit souvent que les pieds, mais dont chaque apparition est un vrai bonheur. En fait dans le premier Carnosaur il s'agissait d'une créature entièrement télécommandée, tandis que pour ce deuxième opus il s'agit d'un type dans un costume.



De bien belles bêtes, filmées le plus souvent dans le noir pour cacher la misère (on a dû éclaircir les photos pour y voir quelque chose).


Enfin, l'ultime morceau de bravoure du film est un pur moment d’anthologie : on y voit le gamin combattre un tyrannosaure génétiquement modifié au volant d'un genre de fenwick-tractopelle ! (encore une repompe honteuse du film de Cameron et du combat final de Ripley contre la reine des aliens).



Le choc des p’tits tanks !


En conclusion, Espèce Mutante remplit aisément tous les critères qui font un bon petit nanar sympathique : un scénario qui ne donne pas mal au crâne (et beaucoup plus proche de "Aliens" que du premier Carnosaur !), des acteurs plus que mauvais emmenés par le malheureux John Savage en has-been de service (mention spéciale à Rick Dean qui interprète Monk Brody, un acteur familier des productions Corman qu'on avait déjà pu admirer dans "Skateboard Kid" et le post-nuke "Raiders of the Sun"), un doublage tellement mauvais qu’il en devient presque magique et des effets spéciaux incroyables, au sens étymologique du terme : on n’y croit pas une seule seconde !



"Trop naze ce film ! Viens, on se tire d 'ici !"


Addendum :

Fleuron de la production Corman des années 90, la série des "Carnosaur" est une affaire qui tourne puisqu'on en est à l'heure actuelle à 3 épisodes et demi. Je m'explique...

C'est en 1993 que Roger a l'idée d'un film mettant en scène des dinos génétiquement revenus à la vie dans un laboratoire de l'armée. Tiens 1993... c'est aussi l'année où Spielberg sort Jurassic Park... Une coïncidence très certainement.



Enfin bref, comme il se doit, un T-Rex s'échappe et vient foutre le souk en ville (c'est curieux cette manie qu'ont les militaires de toujours laisser échapper leurs armes biologiques ultimes). Correctement emballé par Adam Simon, un des réalisateurs occasionnels de l'écurie Corman, le film multiplie les scènes chocs et les effets sanglants et obtient son petit effet en vidéo.

Content de lui, Gégé remet le couvert en 95 pour un Carnosaur 2 (si Spielberg le fait...). C'est le yes man Louis Morneau qui s'y colle. Morneau n'est pas foncièrement un mauvais, mais il va très vite se spécialiser dans le direct-to-video fauché (Bats, Hitcher II). Vu que les dinos ont déjà été créés pour le 1, pas besoin de rallonger le budget. On obtient donc ce film de couloir fauché et mollasson sponsorisé par Heller et Mako-moulage.

L'année suivante, c'est Carnosaur 3 "Primal Species" de Jonathan Winfrey (encore un des esclaves de chez Corman) où les dinos affrontent des terroristes (ou le contraire, je ne sais plus). Puis comme ça commence à tirer sérieusement sur la corde, Gégé la malice range prudemment ses T-Rex dans une armoire.



Sauf qu'en 2001, c'est de la provoc, v'la t'y pas qu'on sort Jurassic Park 3. Chez New Concorde, la réaction ne se fait pas attendre et on balance "Raptor" de Jim Wynorski (ce qui signifie que les dinos vont sûrement déshabiller des playmates) avec entre autres Eric Roberts. Subrepticement, on glisse un gros paquet de stock-shots issus des 3 précédents films dès qu'un dino pointe le bout du museau. La bataille en tractopelle du 2 y est d'ailleurs généreusement reprise. Il n'y a pas de petits profits...





Labroche
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Carnosaur 2
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Les notes des membres

Moyenne : 2.5
avatar de Labroche Labroche : 3
avatar de Rico Rico : 2

Cote de rareté

Le film est ressorti en DVD sous son titre original de "Carnosaur 2" chez "New Horizons Home Video". Comme toute la série d'ailleurs (et même Raptor). Si en zone 1 toute la série bénéficie d'une sortie en coffret collector (c'est-à-dire avec un vrai morceau de carton pour entourer les 3 DVD), en France on n'a eu droit qu'aux deux premiers chez nos marchands de journaux.

Et pour les plus acharnés, il ne restera qu'à trouver la pendule promotionnelle Carnosaur 2. Bonne chance à vous, les braves...

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