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Dar l'invincible 2

  • Titre original : Beastmaster 2: Through the Portal of Time
  • Réalisateur : Sylvio Tabet
  • Année : 1992
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Heroic-fantastico-animalier (Catégorie : Heroic-fantasy)
  • Durée : 1h27
  • Acteurs principaux : Robert Z'Dar, Michael Berryman, Marc Singer, Wings Hauser, Kari Wuhrer, Sarah Douglas
Note :
2
Lavieille
Lavieille

Chronique





Voici un petit nanar sans prétention dont l'un des seuls intérêts est de surprendre par l'invraisemblance de tout ce qui passe devant la caméra. La jaquette elle-même est invraisemblable et laisse présager un superbe nanar : on y voit Dar en petite jupette à la Tarzan, corps huilé, de profil, marche en avant conquérante, entouré de ses animaux et suivi de sa dulcinée des temps modernes. Si vous avez un jour l'occasion de tenir cette jaquette entre vos doigts boudinés, regardez bien les jeux d'ombres sur le visage de Dar et sur son corps, puis retournez la jaquette et cherchez l'erreur ! On s'aperçoit qu'il s'agit d'un vilain photo-montage nanar. A l'image du film on se demande pourquoi avoir fait ça et pourquoi l'avoir fait si mal ?





Même dans le matos publicitaire, on sent que les acteurs n'y croient pas des masses !




L'invraisemblance et la médiocrité de l'ensemble du film portent intrinsèquement un principe comique se rapprochant du non-sens des très British Monty Pythons. Mais là où ces derniers excellent dans la mise en oeuvre de cet humour, dans Dar l'invincible on se prend très au sérieux et l'humour y est involontaire alors que les incohérences sont grosses comme une montagne !





NDLR : L'humour ne semble pas complètement involontaire Lavieille, le film se permet quelques gros clins d'œil quand même.




Parlons un peu de l'intrigue, histoire de vous donner un avant-goût de la chose. Dar l'invincible est un homme habitant un monde désertique comptant une cinquantaine d'habitants apparemment, presque tous de sexe masculin, et dirigé par un infâme barbare moyenâgeux exerçant sa terreur notamment grâce à son rayon laser. Dar, lui, a été élevé par des animaux, il est donc leur maître, il leur parle et il les comprend.





Photos de vacances au zoo de Vincennes.




Début du film : notre héros est fait prisonnier par Wings Hauser, une pure tronche de bad guy, le genre de second couteau dont on connaît le visage mais dont on n’arrive jamais à se remémorer le nom. C’est le méchant chef des méchants (comme ça les présentations sont faites, claires et sans ambiguïté). Dar s'échappe grâce à son tigre (de combat), son aigle et ses deux blaireaux (certains parlent de furets, d'autres de belettes, d'autres encore de mangoustes, moi je préfère croire qu'il s'agit de blaireaux) et surtout grâce à la farouche envie des méchants gardes de se faire tuer. En effet, comment expliquer autrement les gestes de ces figurants s'agitant n'importe comment dans l'une des plus mauvaises scènes de combat de l'histoire du cinéma ricain ? Passifs, les gardes attendent chacun leur tour que le héros s'occupe d'eux, maniant leurs épées avec de grands moulinets lents et maladroits.





Bonjour, on est les méchants... ouais je sais faut faire un effort d'imagination mais bon...




Au cours de cette bataille à quat' sous, alors que Dar s'occupe d'un des gardes, un second arrive par derrière ; il n'a qu'à abaisser son épée pour mettre fin à la vie du héros. Mais non, il préfère attendre un peu avant de lui sauter dessus pour se faire occire quelques secondes plus tard. C'est mou, c'est lent, on n'y croit pas une seconde et surtout on se retrouve bouche bée, béa d'incrédulité devant cette scène si mauvaise qu'on finit par se demander si elle a été volontairement sabotée ou non.





Par le pouvoir du machin truc verdâtre ancestral !!!




Le reste de l'histoire est tout aussi consternant. Après que son aigle ait crevé un oeil du méchant (qui retrouvera la vue par la suite, faute d'un maquillage suffisant ?) Dar s'échappe donc. Le chef méchant, qui rigole souvent de ce gros rire gras si prisé de tous ses congénères des films d'action hollywoodiens, rencontre une sorcière qui lui propose d'acquérir le pouvoir absolu en prenant possession d'une arme redoutable : "le détonateur à neutrons" !









Sympa la sorcellerie vu comme ça !




Cette arme se trouve dans une autre dimension, sur un autre monde appelé L.A. (Los Angeles). Nos méchants médiévaux ouvrent donc une porte dimensionnelle entre les deux mondes grâce à leurs pouvoirs magiques. Là surgit l'héroïne : sorte de pimbêche néo-rebelle, fille du gouverneur de L.A. qui joue à la reine de la route au volant de sa voiture-sportive-décapotable-rouge et qui n'a que faire de la police qui la poursuit pour son excès de vitesse flagrant. S'ensuit quelques allers-retours entre les deux mondes.





"Lâchez-moi les drag-queens ou sinon j'appelle les flics !"





"Monsieur Michou", tenancier d'un magasin de vêtements et beau spécimen d'homosexuel nanar.




Vous ne connaîtrez pas la suite de cette histoire à dormir debout en lisant cette chronique - laissons donc quelques surprises pour ceux qui verraient le film. On retiendra juste de ce pauvre scénario qu'il est superbement desservi par une réalisation exécrable, un jeu d'acteur nullissime, un montage des plus médiocres et je ne parle pas des trucages qui laissent tout simplement sans voix.





La chute finale du méchant : un effet spécial un peu raté, la faute à un reste de cache en bas de l'image qui n'a rien à faire là !




Un mot sur le casting : l'acteur qui joue Dar n'est autre que Mark Singer, le héros de la série V (mais si, souvenez-vous, c'est celui qui s'appelait Donavan). Vous le voyez mal avec de longs cheveux blonds et un corps athlétique en habit de Tarzan ? Normal, même en voyant le film on a du mal à faire coller la tête de ce pauvre héros avec le reste de son corps... Quand on lui demande en plus de faire des trucs idiots, c'est la totale. On retiendra notamment la façon dont Dar appelle son aigle : une sorte de "Gé(r)ard !", beuglé avec une voix de crécelle, façon vieille rombière enrouée. Ca surprend à chaque fois et c'est très rigolo. L'humiliation continuera puisqu'en 1996, Marc Singer endossera une troisième fois le pagne de Dar l'invincible, à l'âge de 48 ans ! A noter aussi des apparitions - brèves mais toujours réjouissantes - des inénarrables Robert Z'Dar et Michael Berryman.





"T'es gentil le cirque Pinder, mais avec ton air de baltringue, ton regard de cocker et ton pagne en cuir pour backroom sadomaso, ça va pas être possible."




En somme, Dar l'invincible II reste un petit nanar, pas indispensable mais que l'on peut voir entre amis, histoire de rigoler un peu sans se fatiguer l'esprit, pour un après-midi de glande ou une fin de soirée détendue.












Dans une interview accordée au magazine Mad Movies (Mad Movies N°183 de Février 2006, p. 55), le réalisateur Don Coscarelli (la série des Phantasm, Bubba Ho-Tep etc.), revient avec aigreur sur les conditions de tournage du premier "Dar l'invincible", nous éclairant sur la personnalité de Sylvio Tabet, réalisateur du second opus qui nous intéresse ici.



"On peut dire que Dar l'invincible est une production bâtarde. Certains éléments sont vraiment catastrophiques. Le film devait être beaucoup plus sérieux, mais d'un autre côté, s'il a eu du succès, c'est peut-être à cause, justement, de son côté juvénile. Je voulais Klaus Kinski pour jouer le bad guy, mais il demandait 3000 dollars de plus que ce qu'il y avait dans le budget."



"Ce fut une réalisation très frustrante, la pire expérience cinématographique que j'aie eue. On avait un producteur exécutif qui créait des interférences sur le plan créatif, à tous les niveaux : du casting à la réécriture, et jusqu'au choix des dompteurs d'animaux. Il a aussi contrôlé le montage du film. Il voulait le réaliser ! Eh bien, il a finalement tourné Dar l'invincible 2 !"










Lavieille
Lavieille

Dar l'invincible 2
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Les notes des membres

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Cote de rareté

Si le premier Dar (avec Tanya "Sheena" Roberts !) a eu droit à son édition DVD prestige, la suite s'est dégonflée assez vite. Il faudra donc dégotter les cassettes d'époque de chez "Antares et Traveling" et chez "Anca" en Belgique. Quant au Beastmaster 3 ("The Eye of Braxus"), il est paraît-il tellement nul qu'il n'est même pas sorti en France. Dommage...



Ces derniers temps, suite au succès des "Xena" et autres "Hercule", des producteurs inconscients ont tenté de ranimer la franchise Beastmaster sous forme d'une série avec des acteurs plus jeunes (Marc Singer y fait quand même une apparition). La série gentiment naïve a tenu trois saisons avant de se faire kicker de l'antenne...





Yeah !!! Porté de fauve style Le Colosse de Hong Kong ! Je veux voir cette série !
Cote de rareté : 5/Pièce de collection Consulter le barème de notation