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Le Dernier des Dragons

  • Titre original : Bridge of dragons
  • Réalisateur : Isaac Florentine
  • Année : 1999
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Le Dernier des gars cons (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h32
  • Acteurs principaux : Dolph Lundgren, Cary-Hiroyuki Tagawa, Valerie Hudson, Gary Hudson
Note :
2,5
Pytheas
Pytheas

Chronique



Accroche originale : No Reasons! No Rules! No Submission! No Mercy!

L'avantage de voir un film avec Dolph Lundgen à l'affiche, c'est qu'on sait à quoi on peut s'attendre. « Bridge of dragons » n'échappe pas à la règle et s’avère tout à fait représentatif de la filmo du géant suédois : prévisible, bourré de clichés, destiné à un public de débiles mentaux sous Atarax. Il y est accompagné de Cary-Hiroyuki Tagawa, connu pour ses rôles de bandit yakuza et autres grands méchants asiatiques, manifestement motivé ici par la seule perspective de gagner son beefsteak.

Si je reste sommaire dans l'explication du récit, c'est que j'ai vu ce film dans des conditions particulières. Il s'agissait en effet d'une VO post-synchronisée en russe, c'est-à-dire qu'un seul gars récite les dialogues de tous les personnages du film (hommes, femmes, enfants... il traduit également les écriteaux !) d'un ton monocorde, sans prendre la précaution de faire coller les phrases aux mouvements des lèvres des acteurs. Un moyen unique pour découvrir un nanar dans des conditions de visionnage surréalistes !



Grosso-modo, l'action se situe dans un pays incertain, à une époque indéterminée. On ignore s'il s'agit d'un récit post-apocalyptique ; tout ce que l'on sait, c'est ce que nous explique un message en préambule : "Someplace, when the future meets the past, the untimely death of the king left the kingdom with a princess too young to rule. The ambitious general Ruechang (Tagawa) assumed the power and the land plunged into the darkness".



La pré-affiche pour le marché du film de Cannes en 1998.


Quant au titre original, mon anglais de CM2 me l'a fait traduire par "Pont des dragons", véritable énigme car on n'y parle pas plus de pont que de dragons. Le titre français « Le Dernier des dragons » ne nous éclaire pas plus. Au départ, j'ai pensé qu'il s'agissait de « Bride of dragons » et que ma copie était victime d'une coquille, mais non ! Il s'agit bien de « Bridge of dragons ».



Devant le palais, les différents moyens de locomotion locaux.


Lundgren y est l'officier discipliné de l'odieux dictateur : il est chargé de réduire les nids de rebelles à néant. Une tâche dont il s’acquitte de manière fort efficace via des scènes de combat le montrant bondir en long, en large et en travers, mitraillant avec une précision inouïe des ennemis qui eux, se révèlent immuablement maladroits. Le général Rueshang (Cary-Hiroyuki Tagawa, tout droit sorti de « Street Fighter ») n'a de cesse de vouloir se marier avec la fille de l'ancien monarque décédé, la princesse Halo. Celle-ci refuse ses avances car elle apprend que Rueshang est l'assassin de ses parents. Peinée, on le serait à moins, elle va faire une escapade dans un bistrot sordide où on joue à une sorte de kendo juché sur des rondins de bois. Ben oui, c'est logique, tout le monde fait ça, non ? Lundgren en est le champion local qu'elle n'hésite pas à défier. Malgré le masque qui cache le visage de la jeune princesse, Lundgren est troublé par son regard. La belle regagne aussi sec le palais pour ses noces prochaines. Jusque-là, c'est d'une logique implacable.



Le jeu du rondin : le but c'est de faire tomber son adversaire à grands coups de bâton. Une sorte d'Interville, quoi...


Le jour du mariage, elle feint un malaise pour s'enfuir... à cheval. Le dictateur, furieux, charge son meilleur officier de la retrouver. Ce bon Dolph mettra moins d'une minute pour la retrouver dans le bosquet voisin et la tirer des griffes de brigands désireux de s'attirer les faveurs de la belle princesse. L'ingrate s'enfuit de nouveau, à cheval, non sans avoir coupé 2 fils du 4x4 de l'infortuné sauveur auparavant, et tombe de nouveau entre les mains d'une autre bande de gredins. Lundgren, devenu modeste piéton à la foulée efficace, la retrouvera 30 secondes plus tard aux mains des vilains grimaçants. C'est lors de la séquence de combat que nous aurons le plaisir d'apprécier la solidité des tables en balsa, minces comme des cagettes de tomates, mais capables d'arrêter des balles de gros calibres. Mieux que du kevlar.

La table en balsa pare-balles. Les convoyeurs de fonds devraient exiger des fourgons du même bois :



- Bebert ! Troue-lui la paillasse !

- Peux pas, Ernest, il est planqué...


Bien entendu, au cours de sa mission, Dolph va tomber amoureux de la princesse qu'il refusera par la suite de livrer au tyran. Ils fuiront ensemble en subtilisant un vieil hélicoptère russe pour se réfugier chez des rebelles à la suite d'une course-poursuite aérienne palpitante, que dis-je, haletante, une véritable poignée de sable dans les yeux. L'ignoble despote retrouve le camp des maquisards. Ces derniers, bien naïfs, font même coucou de la main en voyant son hélicoptère bourré de soldats sanguinaires s'approcher. Ils seront massacrés jusqu'au dernier, seul Lundgren étant fait prisonnier par l'horrible despote. La princesse n'a d’autre choix que d'accepter le mariage pour sauver Lundgren d'une mort atroce.



Ha, ha, ha ! Marie-toi avec moi, Halo ! Sinon, couic, le blond, ha ! ha !


Bien entendu, le film finira bien : Lundgren parviendra à regagner le palais en courant à la vitesse d'un hippopotame souffrant d'arthrose pour empêcher le mariage et occire l'infâme dictateur.

Vous me direz : en quoi ce film est-il autre chose qu'un navet ? Bonne question. Très bonne question et je vous remercie de l'avoir posée.

C'est essentiellement son côté fauché qui en a le mérite. Il nous vaut en effet notamment des uniformes admirablement hétéroclites, depuis ceux des Allemands de la 2ème Guerre Mondiale à celui du Général Ruechang, bardé de fanfreluches et de fourragères dorées du plus bel effet. Dolph, lui, n'a droit qu'à une veste de steward de ligne charter entre Bogota et La Paz, il ne devait plus rien y avoir d'autre à sa taille. Les véhicules aussi sont saugrenus : on y croise des vieilles motos de l'an 40, des carrioles à cheval, des blindés légers de reconnaissance soviétiques (BRDM pour les connaisseurs) et des 4x4 japonais des années 90 peints avec de la boue. Pour un amateur d'armes à feu, ce film est un véritable musée : j'y ai reconnu le bon vieux Luger avec lequel Dolph doit tirer une cinquantaine de fois sans recharger, une stem et diverses armes disparues de la circulation depuis belle lurette. Cette bigarrure de costumes, armes et véhicules était-elle un parti pris artistique délibéré ou l’entreprise un peu désespérée d’accessoiristes sans le sou ? L’aspect « fait de bric et de broc » de la production-design me pousse à croire en la seconde option.

Le clou du film est quand même la poursuite en hélicoptère, aussi punchy qu'une cassette de Derrick dont la bande se serait ramollie. Bien entendu, lorsque l'un d'eux sera touché, ils prendront la précaution de le faire plonger derrière une colline pendant qu'une explosion se déroulera en avant-champ.





Même pas besoin de ralenti pour voir que ça pète à côté.


Quant aux figurants, ils appartiennent à 4 catégories :

1) Les rebelles, sans doute recrutés dans le village le plus reculé de Bulgarie : la plupart sont barbus et vêtus comme d'authentiques paysans.

2) La garde rapprochée, véritable étrangeté du film : une dizaine de gars en uniformes de la Wehrmacht qui défilent en second plan, sans jamais prendre part à l'action.

3) L'armée du dictateur, une cinquantaine de militaires que l'armée bulgare a mis à la disposition de la production. Ils resteront en général sagement à l’arrière-plan, pour meubler le décor, à observer le tournage du film.

4) Les officiers. Les costumiers ont dû écumer les vieux stocks de l'armée pour nous gratifier d'une belle panoplie d'uniformes bizarroïdes.



Les figurants dans le fond, que l'on sent très concernés.




Dolph est toujours en forme, ça fait plaisir.




Reste que ce film peut se targuer de quelques points positifs : des effets pyrotechniques honnêtes (tellement honnêtes que l'on verra l'explosion d'un camion sous 3 angles différents), une musique qui n'est pas des plus déplaisantes ; on y découvre en sus la campagne bulgare, ce qui nous fait penser qu'il y a encore bien des endroits à visiter dans le monde, avant l'apocalypse nucléaire qui nous laissera tous sous la coupe de dictateurs nanars.



Dolph qui fait le coup de la panne d'essence à la princesse. Un grand classique de la drague.


PS : Message à ceux qui auraient vu le film en VF : serait-il possible qu'ils m'expliquent pourquoi le symbole de la dictature peint sur les véhicules militaires est un gros 666 ? Je n'ai pas capté cette référence aux chiffres du diable et ça m'empêche de dormir.



Pytheas
Pytheas

Le Dernier des Dragons
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Les notes des membres

Moyenne : 2.17
avatar de Kobal Kobal : 1.5
avatar de Pytheas Pytheas : 2,5
avatar de Rico Rico : 2.5

Cote de rareté

Dolph fait encore rêver dans les vidéo-clubs. Vous le trouverez facilement sous son titre français chez "Fravidis" dans une version comprenant la V.O. mais recadrée à la brutale en 4/3 malgré l'annonce d'un 16/9ème. Vous l'aurez aussi sous son titre original de « Bridge of dragons » directement édité chez "Nu Image" mais avec juste la V.F. Il fait le bonheur de tout un tas de packs 2 ou 4 DVD action du même genre.

Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation