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Fair Game

  • Titre original : Fair Game
  • Réalisateur : Andrew Sipes
  • Année : 1995
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Parce qu'elle le vaut pas bien (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : William Baldwin, Cindy Crawford,Steven Berkoff
Note :
1
Labroche
Labroche

Chronique



Un genre de dream team...




Il est un dicton qui dit que « tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se casse »… Et il illustre parfaitement Fair Game. Ce film ne recule en effet devant aucune resucée, aucun stéréotype, aucun cliché honteusement et régulièrement réutilisé depuis l’aube du cinéma. Il est de toute façon clair que l’unique argument de vente de cette tartouillade est la présence du plantureux modèle, « top » à l’époque, Cindy Crawford.



Cindy, ma grande, on va faire de toi une star !


L’adage sus-cité est éloquent pour décrire ce film dans la mesure où tous les éléments qui le composent forment un patchwork nauséabond de caricatures usées jusqu’à la corde. C’est précisément là que réside tout l’intérêt de ce nanar, qui a quand même tendance à flirter dangereusement avec le navet : iI regorge de tant de clichés qu’il pourrait servir de cas d’école en montrant ce qu’il ne faut plus faire quand on est, comme toi, un jeune réalisateur bourré de… euh… d’énergie !

Déjà, réfléchis bien avant de faire un film mettant en scène un policier aux méthodes particulières qui ne travaille qu’avec son partenaire, cet équipier à qui il dit tout, avec qui il s’entend comme un frère, avec qui il partage le même marchand de hot-dog au coin de la rue, et qui généralement se fait dessouder comme un bleu au bout de trois minutes de film pour donner un motif de vengeance au héros. L’autre alternative est le policier qui ne travaille qu’en solo (il dit ça en général après que son partenaire se soit fait allumer).



Le style Joel Silver : toujours faire exploser le décor avant de partir


Réfléchis encore si tu penses unir ce policier à une personne qui lui est diamétralement opposée, celà a déjà été fait, refait et surfait (quel est donc le tout premier "buddy movie" ?). On a uni le jeune Riggs à un policier noir à six jours de la retraite dans L'Arme Fatale, on a imposé Will Smith à Tommy Lee Jones dans Men in Black, et ce sont ici les cas les plus digestes « d’unions d’opposées » ! Je pensais personnellement que le fond du gouffre avait été atteint avec les duos homme / chien (Tom Hanks dans Turner & Hooch, Chuck Norris dans Top Dog) ou qu'on avait abouché Jackie Chan et Chris Tucker dans les Rush Hour... et bien non. J’ai vu la dernière fois dans notre merveilleux vidéo-club un film relatant la difficile collaboration d’un flic et… d’un gnome remonté des égouts !!! (Upworld, si vraiment vous êtes arrivé à ce niveau d’hébétude cinématographique).

Dans Fair Game, c’est à une avocate que le flic est uni de force, et m’est avis que si on lui avait demandé, il aurait préféré un chien (car contrairement à Cindy Crawford, il existe des chiens qui savent jouer la comédie).



" Allez Cindy, cambre un peu le buste pour montrer que t'as peur... ça y est... tu vois quand tu veux !"


Attention jeune réalisateur, cesse aussi d’idéaliser l’ordinateur. De nos jours, beaucoup de chaumières en sont équipées et nombreuses sont les personnes y ayant accès régulièrement, maintenant les gens savent !

Dans Fair Game tu verras le dernier échelon de la vision caricaturale de l’ordinateur portable. Les méchants sont équipés d’un ORDINATEUR et dès lors tout leur est permis : Cindy retire des thunes au distributeur et ils la repèrent direct, grâce à l’ORDINATEUR. Cindy loue une voiture et eux sont tout de suite au courant, c’est normal puisqu’ils ont un ORDINATEUR... D’ailleurs ils nous prouvent que, quand on est méchant et qu’on a un ORDINATEUR, on est potentiellement très dangereux : on peut même pirater les satellites du Pentagone en un tournemain !



Encore un Baldwin, charismatique comme une livre de foie de veau (je croyais que le Canada les avait tous bombardé ceux là...)


Je lis tout de même dans tes yeux candides, jeune réalisateur, que tu tiens à ce que les méchants de ton film utilisent cette formidable machine… Je dis OK, mais de grâce montre une utilisation cohérente de cet objet ! Ne nous montre plus le méchant prodige tapant sur le clavier à toute berzingue alors que c’est un logiciel avec des images qui tourne à l’écran !

Est-il besoin, en outre, de rappeler que donner systématiquement la nationalité russe à tes méchants n’est pas non plus la meilleure idée pour les rendre crédibles ?



Bon quand même une petite scène de cul avec des plans nichons à foison, parce que bon, faut quand même bien que Cindy serve à quelque chose.


Rappelles-toi enfin - et c’est peut-être là le point le plus important - de ne jamais laisser reposer ton film sur les épaules d’une personnalité, surtout si elle ne vient pas directement du cinéma ! Les producteurs de Fair Game ont cru qu’ils pourraient faire de Cindy Crawford une actrice. Première erreur : ils ont failli la redoubler en version originale !



Et encore Cindy a eu de la chance qu'en 1991, les images de synthèses soient encore balbutiantes, parce que sinon ils retournaient toutes ses scènes pour la remplacer par une plante en pot en CGI...


Ils ont cru en plus que les gens irraient au cinéma parce qu’elle jouait dedans ! Deuxième et fatale erreur, le film s'est avéré un bide retentissant ! Cindy en femme d’affaire, distribuant des feuilles blanches lors d’une réunion, pour une pub, on y croyait déjà pas… Alors Cindy sautant du ponton de sa maison parce qu’elle explose, Cindy essayant de prendre un air intelligent même sous sa douche, Cindy faisant exploser un bateau et plongeant dans la mer pour sauver sa peau, là on se dit que vraiment, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle nous les brise.



Nous rappelons quand même qu'il est interdit d'abandonner ses acteurs en essayant de les perdre dans la forêt après le tournage.


Le mieux à faire est encore de louer Fair Game et de te rendre compte par toi-même. Retiens donc qu'en évitant ou en contournant ces caricatures, tu maximiseras les chances de réussite de ton film. Mais gare ! La route qui te mènera vers la sortie du tunnel du navet ou du nanar est semée d’embûches…



Un genre de dream team...




Labroche
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Fair Game
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Cote de rareté

"Warner Bros Home Vidéo" a quand même fini par nous lâcher une édition française de ce chef-d'oeuvre. Bon, c'est une édition simple qui en dehors d'un vaste choix de langue ne propose rien de transcendant. Dommage, un making of sur les coulisses de tournage aurait sûrement pu être très drôle.

Attention à ne pas le confondre avec le Fair Game de Mario Orfini sorti en DVD sous le nom de "Mamba", un thriller italo-américain d'excellente réputation où l'arme du crime est un serpent...

Cote de rareté: 1/Courant Consulter le barème de notation