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Flash Gordon

  • Titre original : Flash Gordon
  • Réalisateur : Michael Hodges
  • Année : 1980
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Non, pas les vers perforants ! (Catégorie : Space opera)
  • Durée : 1h50
  • Acteurs principaux : Melody Anderson, Sam Jones, Ornella Muti, Max Von Sydow
Note :
3
Lamule
Lamule

Chronique



"Flash !, Houhou, Savior of the Universe !". C'est sur la musique rythmée du groupe Queen (rien que ça) et sur fond d'images issues du comic éponyme que s'ouvre ce qui a dû être à l'époque un événement inter-mondial. Si le nanar était radioactif, Flash serait à mi-chemin entre les rejets côtiers de La Hague et le déchet ultime qu'il est nécessaire de vitrifier pour des siècles et des siècles, Amen !



Côté visuel, il nous offre un intéressant panachage entre la splendeur de la queue du paon et l'hémorroïde déchiquetée du chacal. En effet, aux décors rutilants surchargés et tellement étincelants qu'ils en grilleraient sur place les sandalettes de Charlton Heston succèdent des effets spéciaux qu'on jugerai en retard d'une décennie sur ceux de " Planète interdite ", un film de S.F pourtant réalisé plus de trente ans plus tôt !



Une esthétique assez extravagante et lourde de sous-entendus...


Flash est un footballeur américain de renom. Dans un avion, il emballe une journaliste et signe des autographes aux pilotes lorsque ceux-ci disparaissent suite à l'attaque planétaire orchestrée par l'empereur de l'univers lui-même !



Se trouve pour moins de 2$ sur e-bay, aucun respect...


Cet empereur que l'on pressent de pacotille s'amuse à modifier les éléments naturels au grand désarroi des populaces de notre petite planète bleue tellement sujette aux caprices de ces potentats inter-spatiaux.



Ming (Max von Sydow dans un costume pesant 35 kgs !) et son premier ministre Klytus (encore un nom à double sens) joué par le grand acteur de télévision anglais Peter Wyngarde (Chapeau Melon..., le Prisonnier)


Flash, grâce à son sang froid et ses dents d'une blancheur digne des plus beaux spots de Tonigencil, réussit à faire un atterrissage en catastrophe pile à côté d'un énigmatique laboratoire tenu par Zarkov, seul scientifique terrien à comprendre que la nature est dénaturée par le sus-cité empereur. Il a même créé un astronef dans le but évident de défaire le plan ourdi par sa sommité, c'est dire s'il est visionnaire le Zarkov. Il embarque alors de force Flash et l'hystérique journaleuse pour l'aider à piloter son engin, qui ne fonctionne pourtant qu'avec une seule et misérable pédale. Et c'est parti mon kiki pour une heure et demie de crasse ineptie ; à bord du pédalo de l'espace, allons enfants botter le cul de l'empereur de la Galaxie et hauts les cœurs que diable !



Zarkov, Dale Arden et Flash. On notera que ce dernier a besoin d'avoir son nom écrit sur son T-shirt pour s'en souvenir...


D'entrée de jeu Flash parviendra à abattre les gardes d'élite d'un empereur capable de changer le climat d'une planète comme on jouerait avec une gameboy, en leur balançant des oeufs (?). Ce haut fait d'arme lui attirera les faveurs de la fille de l'empereur qui n'est autre que Ornella Muti. Elle lui donnera l'opportunité de rallier à lui les factions dissidentes de l'empire (dont une dirigée par Timothy Dalton en collants verts, véritable sosie de Errol Flynn), et de s'initier à l'art délicat de la télépathie (un peu comme le téléphone, mais sans combiné).



Max Von Sydow, Ornella Muti, Timothy Dalton... Des images plutôt embarassantes pour des acteurs de talent.


L'heure de la rébellion sonnera lors de l'attaque de la terrible flotte impériale, composée de la multitude de son unique vaisseau, contre le fort des hommes-oiseaux. Oh oui, juste deux mots sur les hommes-oiseaux. C'est un peu comme si on avait rajouté des ailes en carton (très visible que c'est du carton malgré les paillettes) sur une armée de Wisigoths qui volent (pour notre plus grand bonheur) dans le plus pur style de l'enclume suspendue au bout d'une ficelle.





Les hommes-oiseaux : inqualifiable !


Bref il échappe à la féroce attaque juché sur son scooter des airs (?), et se lance bille en tête à l'attaque de la forteresse toute-puissante de l'empereur (comme ça, il est sans complexes le Flash). A le voir sur cette monture a priori dérisoire défier avec succès le Blockhaus millénaire et imprenable, on se prendrait à frémir pour les cuirassés américains lorsqu'ils croisent au large d'Hawaï et de ses terribles surfers !















Entre FX foireux, décors décadents, costumes flashy et vaisseau spatial décapsuleur géant, ce film est le mètre étalon de la ringardise, il devrait être à Sèvres


Encore un film dédié aux aficionados de la S-F réalisé par des incapables qui ne connaissent rien au genre. Mais qu'importe ! Une telle ineptie figée à jamais sur celluloïd (les générations futures n'auront pas fini d'être médusées) mérite le coup d’oeil, car l'idiotie même pas latente de ce film, elle, est réellement fantastique et proprement science-fictionnelle.





Melody Anderson (Manimal ! mais aussi le Temple d'Or avec Chuck Norris !) franchement, on n'y croit pas une seconde...


Juste pour situer la chose, un remake français pourrait être un film où Christian Clavier incarnerait Zidane et son ballon contre les Titans surgis du fond de l'Atlantide. Je sais pas pour vous, mais moi je demanderais quand même à voir !



Et maintenant on se la joue bondage...


Note de Nanarland : ce film est le projet démentiel du producteur italien fou Dino de Laurentiis (King Kong ou Conan le Barbare dans les bons jours, Dune ou King Kong II dans les mauvais) qui insuffla beaucoup de lui-même et de sa demesure latine dans le scénario. Il tenta même sans succès de convaincre Federico Fellini de réaliser le film ! Il est à noter que Georges Lucas avait pour projet de faire Flash Gordon mais que les droits étant déjà en possession de de Laurentiis, il préféra developper son propre monde et tourner Star Wars Holiday Special (et puis une espèce de vague trilogie autour).







Lamule
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Flash Gordon
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Les notes des membres

Moyenne : 3.36
avatar de Drexl Drexl : 4
avatar de John Nada John Nada : 4
avatar de Kobal Kobal : 3.5
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Cote de rareté

En bon gros blockbuster kitsch, le film est disponible non seulement en DVD grand luxe, mais aussi, depuis septembre 2010, carrément en Blu Ray chez "Studio Canal" avec un boîtier tout joli, un commentaire audio (un peu gêné) du réalisateur, une galerie photo etc. Le tout avec 16/9ème et 5.1.

Pour les complétistes il existe aussi une ancienne édition collector du DVD avec le CD de la B.O. de Queen. Allez, tous en choeur : "Flash… Ouh ouh… Seviore of ze youniverse…"

Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation

Affiches en plus

Une affiche égyptienne.
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L'édition DVD grand luxe.
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Une affiche cinéma d'époque.
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