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Flic ou Ninja

  • Titre original : Ninja Champion
  • Titres alternatifs : Ninja Boxing Cop, Ninja Connection II, Kickboxing Connection, Master Ninja II
  • Réalisateur : Godfrey Ho
  • Année : 1986
  • Pays : Hong Kong
  • Genre : Casse-tête chinois (Catégorie : Ninjas)
  • Durée :
  • Acteurs principaux : Richard Harrison, Bruce Baron, Pierre Tremblay, Nancy Chan, Philip Ching, Jack Lam
Note :
4.5
Nikita
Nikita

Chronique



La chronique d'un film comme « Flic ou Ninja » s'apparente à un exercice périlleux. En effet, ce film de Godfrey Ho n'est pas vraiment un film : c'est une expérience sensorielle, olfactive, gustative et spatio-temporelle. « Flic ou Ninja » défie le bon goût, les critères esthétiques, et tous les repères connus de la logique. On ne regarde pas « Flic ou Ninja », on le VIT. Je m'inscris en faux contre certains avis autorisés qui prétendraient que la première heure en serait « très dispensable ». Au contraire ! Un tel film s'apprécie en bloc, sur la durée totale de la projection, qui s'apparente à un bombardement continuel de tous les sens du spectateur. La nanardise ne se limite pas aux seules scènes de ninjas (pourtant époustouflantes), elle suinte, coule, suppure de chaque centimètre carré de pellicule comme une tartine de Nutella qui dégoulinerait de sa tranche de pain. « Flic ou Ninja », c'est bon, mangez-en ! Attention cependant, car le caractère extrême de l'objet ne le rend vraiment accessible qu'à l'élite de la cinéphilie, des nanardeurs blanchis sous le harnais et sensibles à une certaine forme de surréalisme décadent. Les habitués du forum de Nanarland ne s'y sont pas trompés, si l'on considère qu'une furieuse polémique déchira pendant des mois le site au sujet d'un simple détail du dialogue (nous y reviendrons par la suite).



Rappelons à ceux qui n'auraient pas lu les autres chroniques de ninjateries (malheureux !) la technique du « copier-coller Ninja » brevetée par le Hong Kongais Godfrey Ho : on prend un ou plusieurs films, parfois vieux de quelques années, éventuellement tournés par quelqu'un d'autre, voire étrangers (thaïlandais, taïwanais, philippin…) que l'on a achetés à bas prix. On y rajoute des scènes d'action contenant des Ninjas, de préférence interprétés par des acteurs occidentaux, pour faciliter l'exportation. Le raffinement consiste évidemment à faire interpréter aux acteurs blancs des scènes à la chaîne, que l'on répartira ensuite dans plusieurs films suivant la même technique. Les acteurs étrangers ne seront bien sûr payés que pour un seul film, c'est bien assez pour ces sales Blancs ! Si on est bien disposé, on tente au final de faire tenir ensemble les scènes de deux (voire trois) provenances différentes, en essayant de faire croire grâce au doublage et à des astuces de montage qu'il s'agit de la même histoire. Et voilà, on obtient quatre ou cinq films pour le budget d'un seul, et on peut recommencer autant de fois qu'on veut !



Le distributeur vidéo français parviendra-t-il à nous faire croire que Richard Harrison joue le rôle principal, alors qu'on ne le voit que deux minutes?


Les complications interviennent quand on veut essayer d'injecter un peu de crédibilité au récit, voire quand le spectateur essaie de s'y pencher vraiment ! Et c'est là que « Flic ou Ninja » bat tous les records au championnat des films abracadabrantesques ! Un classique du nanar comme « Ninja Terminator » en arrive à faire presque figure de bon film en comparaison ! (Ce qui donnerait un sens à son titre original, « Ninja Champion ») Mais encore faut-il que le reste du métrage, hors les scènes de ninjas, tienne la route. Or, ici, nous sommes à mon humble avis servis tant le film utilisé, une sorte de polar « rape and revenge » à la sauce asiatique, atteint des tréfonds de ringardise véritablement abyssaux, se vautre dans la nullité la plus crasse, fracasse toutes les frontières du mauvais goût ! (Bon j'arrête de chercher des synonymes)



Richard Harrison, dans une "Special appearance" plus qu'inutile.


Jetons-nous sans plus attendre sur l'objet et prenons le récit à bras-le-corps : le film commence très fort par le viol dans les bois, par trois hommes grimés en clowns, d'une jeune femme dont nous apprendrons plus tard qu'elle se nomme Rose. Cette dernière, apparemment blessée lors de l'agression, est ensuite opérée à l'Hôpital mais refuse l'anesthésie, car elle veut se souvenir de ses souffrances pour obtenir ensuite sa revanche. (Certes…) Un temps indéfini plus tard, nous retrouvons Rose, visiblement guérie et déguisée en baba-cool, qui se rend à un rendez-vous d'affaires, dans le cadre d'un trafic de diamants, avec un parrain de la pègre de Hong Kong nommé Robert. Ledit Robert, moustachu et libidineux, tombe assez vite sous le charme et embauche Rose dans son organisation. Le soir même, lors d'une fête (effroyablement mal filmée, toute en zooms avant et zooms arrières ; chouette : ça marche dans les deux sens !), il la présente à l'un de ses hommes, le jeune Jack, à qui Rose fait une cour effrénée.



Bruce Baron et l'un des violeurs de Rose (grimé en clown) font un concours à qui sera le plus ridicule.


Zapping : nous voilà soudain transportés au cœur d'une scène « occidentale » (tournée avec des acteurs Blancs) censée nous expliciter l'intrigue (déjà relativement confuse car on ne nous a présenté personne dans les scènes précédentes : l'histoire est plus confuse qu'il n'y paraît à ce résumé). Un agent d'Interpol, Donald (interprété par Bruce Baron, habitué des films de Godfrey Ho) parle au téléphone avec son patron, Richard (Richard Harrison, qui parle dans son célèbre téléphone Garfield de « Ninja Terminator », dont on reconnaît l'écouteur), lequel lui explique le trafic de diamants de Robert, bizarrement lié, selon lui, à l'affaire du viol de Rose. Donald : « D'après ce que j'ai compris, ces trois gars [les hommes de Robert] seraient les auteurs du viol de cette petite Rose ! Alors à quoi servent les photos que tu m'as envoyées ? Il s'agit de Maurice et de ses trois coyotes ! » Richard : « Les trois violeurs font partie d'une opération de contrebande de bijoux et ils essaient de posséder Maurice ! » Donald : « D'où est-ce que tu tiens ça, Maurice s'est retiré de l'affaire et c'est Robert qui a repris la succession : mais si ce que tu me dis est vrai, alors Robert n'est qu'un homme de paille ! Attends un peu, est-ce que tu sous-entends par là qu'il y aurait un lien entre le viol et le trafic de Diam's !? » [Oui, Donald, on vient de te le dire ! NDLR] Richard : « Oui, et il faudra que tu surveilles Maurice. » Donald mentionne ensuite un certain George : « Tu n'es pas sans savoir qu'on a perdu la trace de Rose depuis que George s'est marié avec Jenny ! » Richard est au courant que Robert a embauché Rose, et qu'elle veut se venger de ses violeurs : « Et tu peux l'aider si tu le désires, enfin tant que tu ne te compromets pas ! (…) Ha, et garde un œil sur Larry, le beau-père de George, il est possible qu'il joue lui aussi un rôle dans l'affaire ! » Bruce Baron, la conversation conclue, regarde pensivement des photos, dont nous comprendrons plus tard qu'elles représentent Maurice et ses trois hommes de main chinois (qu'il surnomme affectueusement « Mes trois gros lards ») !



Bruce Baron a l'oeil sur deux des trois gros lards.


Vous n'avez pas suivi ? Ce n'est pas trop grave. Cette scène avait pour but moins d'expliquer le scénario et le rôle de chacun (rendu sans doute obscur par des coupes sauvages dans le film asiatique d'origine) que d'intégrer suivant une relative logique les scènes occidentales avec le reste du métrage. Le dialogue a cependant pour effet de désorienter totalement le spectateur qui va demeurer dans une stupeur béate idéale pour les scènes qui vont suivre. Rose a en effet amené Jack à son hôtel et les deux jeunes gens s'entreprennent. (Jack : « Tu vas jouir comme jamais ! » Rose : « Mmmh, tu as dû faire l'amour à des dizaines et des dizaines de femmes ! » Jack : « Non, je les ai baisées, c'est différent ! » Rose : « Je ne comprends pas la différence, montre-moi ! » Jack : « D'accord ! ») Or, coup de théâtre : c'était un traquenard, car Rose avait reconnu Jack comme étant l'un de ses violeurs ! Raffinement asiatique : Rose a mis du poison sur ses tétons, et Jack signe son arrêt de mort en lui suçant les seins ! (« Aaargh, il y avait quelque chose dans le vin ! » « Non, pas le vin, ce sont mes seins, espèce de pauvre type ! ») Elle l'achève ensuite en le noyant dans sa baignoire.



George (Jack Lam), l'agent d'Interpol qui a quitté Rose pour épouser Jenny, la fille de Larry, ce dernier étant le complice de Robert et de Maurice.


Nous faisons ensuite la connaissance de George, l'ex de Rose. Interprété par un Asiatique moustachu charismatique comme une serpillière, George est, à en croire le doublage, un agent d'Interpol. Et là, scène admirable : Godfrey Ho essaie de nous faire croire, par la magie du montage (champ / contre-champ) que Donald et George se parlent ! En gros, nous voyons Bruce Baron dire son dialogue et l'autre acteur lui répondre par monosyllabes. Donald : « George, je comprends ce que tu peux ressentir. Tu as épousé une femme qui te laisse totalement indifférent et tout ça parce que tu n'as pas accepté le corps de Rose après qu'elle ait été violée ! » Donald apprend à George que Rose essaie de se venger, et l'incite à lui venir en aide car, en tant qu'agent d'Interpol, il a le permis de tuer et lui évitera des ennuis. George est ensuite contacté par Rose, qui lui dit être sûre que son viol était « un coup monté »... « Et je suis convaincue que ce qui m'est arrivé a un lien avec un certain trafic de diamants ! » George : « C'est pour ça que tu fais de la contrebande ! » Juste après cette scène, Rose est victime d'une tentative d'agression par deux hommes qui lui arrachent sa chemise (spectacle très raffiné de notre héroïne qui court en soutien-gorge en poussant des cris aigus), mais George met en fuite les deux individus en deux manchettes de kung-fu.



Donald (Bruce Baron) parviendra-t-il à comprendre le scénario ?



Maurice (Pierre Tremblay) parviendra-t-il à tuer tous ses complices et à recommencer autant de fois qu'il le veut ???


C'est alors qu'intervient la cerise sur le gâteau : notre première scène de ninjas ! Dans une carrière, trois ninjas en tenue rouge vif (les « trois coyotes » alias les « trois gros lards ») demandent à leur chef de leur donner une mission (« Maître, nous commençons à nous ennuyer ! »). Mais le Maître Ninja (il s'agit de Maurice, interprété avec force grimaces par Pierre Tremblay) leur conseille la patience : « Une femme fait le travail à notre place ! ». Maurice demande néanmoins à ses hommes de se méfier de Donald.



Le troisième gros lard.



Maurice, Grand Maître Ninja de l'ombre, harangue ses trois coyotes.


Le film va ensuite de décomposer comme suit : 80% du métrage concernera la vengeance de Rose, qui va s'appliquer à tuer ses deux autres violeurs et à découvrir le commanditaire de son agression en démantelant l'organisation, avec l'aide parallèle de George (lequel, soit dit en passant, porte pendant une partie du film d'immondes vestes disco années 70). Les 20% restants se composent de quatre duels successifs qui opposent Donald, en habit de ninja blanc, aux trois hommes de Maurice, puis pour le final, à Maurice lui-même.

Lesdites scènes de ninjas, bien qu'assez brèves, sont tout bonnement AHURISSANTES et justifient à elles seules la vision du film. Bruce Baron (ou sa doublure) se déplace en saltos arrières totalement inutiles et se reçoit mal sur un pied ! (Godfrey Ho n'a sans doute pas voulu refaire la prise) Les ninjas rouges s'entraînent en faisant du cerceau ou en jonglant avec des assiettes ! Les adversaires apparaissent et disparaissent dans des effets spéciaux à la Méliès ! Mais tout cela ne serait rien si le reste du film n'était pas, comme je l'ai écrit plus haut, d'une teneur en ringardise particulièrement corsée.



Rarement un scénario fut plus téléphoné, une mise en scène plus laide, des acteurs plus mauvais (il faut voir Rose faire des grimaces et tirer la langue quand l'une de ses futures victimes se rebiffe et tente de l'étrangler !), des rebondissements plus frelatés ! Tout sonne si faux que les moustaches des acteurs ont l'air bidon, même quand ils ne portent pas de postiches ! (à voir pour le croire) Quel qu'ait pu être le réalisateur du métrage asiatique (Godfrey Ho lui-même, ou quelqu'un d'autre), c'est un GRAND ! Nous assistons donc non pas à la nanardisation d'un film par l'ajout de scènes de ninjas (qui tombent, il est vrai, comme un cheveu sur la soupe) mais bien au mélange de deux métrages d'une nanardise de pointe par eux-mêmes, et qui aboutissent à une tambouille au goût extraordinairement relevé : de la nanardise au carré, voire au cube, explosive par son absurdité même. A noter aussi une scène où les deux métrages semblent se rejoindre dans le nonsense : en plein combat, Georges disparaît et réapparaît "à la Méliès" comme les ninjas des scènes occidentales, sans qu'aucune explication ne nous soit donnée ! (Les agents d'Interpol apprennent-ils la téléportation ??)





Subtil déguisement de Rose : une paire de lunettes !


Le meilleur est encore à venir : Rose est capturée par les gangsters, s'échappe et disparaît. Arrive alors sa SŒUR JUMELLE (le seul cliché qui nous manquait jusqu'ici !), Sherry, secondée par un mystérieux chauve, et qui va achever de tendre son traquenard aux méchants. Larry, le beau-père de George (lequel, rappelons-le, a épousé par dépit la très niaise Jenny) se révèle être, avec Robert, l'un des chefs du trafic, sous les ordres d'un mystérieux Français (Maurice, donc). George, révolté, va se retourner contre son beau-père. Une scène anormalement longue et d'une nanardise très dense concerne ensuite le chauve qui seconde Sherry, et qui se révèle être un attardé mental amoureux d'elle. Il faut voir le malheureux acteur (dans un rôle de surcroît totalement incongru dans le récit) faire des grimaces pendant cinq minutes en meuglant « AAAA-GNNNNN-GNNNAAAAA ! » pour savoir ce que peut être la misère des intermittents du spectacle hongkongais.

Arrive enfin l'heure du règlement de compte, et George va aider Sherry et son assistant chauve à dégommer Larry et ses hommes (Robert a rejoint ses ancêtres quelques scènes plus tôt). Non sans que Larry (un gros moustachu, comme Robert : c'est louche !) ait avoué avoir fait violer Rose car sa fille Jenny, amoureuse de George, voulait ce dernier pour elle seule. Un dernier coup de théâtre, à la fois totalement crétin et quasiment incompréhensible (plusieurs interprétations en ont été données au sein de la team, sans satisfaire vraiment personne) achève d'enfoncer le récit, avant que la police n'arrive en se bornant à constater qu'il n'y plus qu'à appeler les Pompes funèbres. (A noter que Godfrey Ho ne s'est pas fatigué, puisque l'arrivée des flics est apparemment un stock-shot d'un film avec une autre de ses vedettes, Dragon Lee, qui apparaît donc 27 secondes dans ce film !)



Bruce Baron essaie de garder son sérieux.




Pierre Tremblay n'y arrive pas.


Mais ce n'est pas fini : nous avions oublié Donald / Bruce Baron !! Et nous allons le retrouver dans un jardin public, où il va livrer son combat final contre Maurice, qui va lui expliquer son plan et se révéler le grand maître d'œuvre de cette sale histoire. Ou plutôt, le dialogue va essayer de raccorder toutes les pièces du puzzle et de nous faire croire que ce patchwork dément de polar nanar et de ninjateries nanardissimes a un sens. Je renonce à vous détailler le speech de Maurice (contradictoire, car le facétieux Français avoue être derrière le viol de Rose, alors que nous venons d'apprendre que c'était Larry le commanditaire !) car il est disponible dans les extraits vidéo de Nanarland, où il est devenu mythique par son absurdité. Jugez plutôt !

Suit un duel totalement pataphysique : Bruce Baron et Pierre Tremblay échangent des manchettes qui font plutôt penser au jeu de « papier, caillou, ciseau », Bruce Baron pare la masse d'armes de son adversaire avec un plateau à fromages, le ridicule n'a véritablement plus de limites ! Enfin, Donald pourfend Maurice, la justice étant enfin rendue. THE END.



C'est moi qui ai la plus belle cagoule ! Non, c'est moi !




Ha ouais ? Prends ça dans ta gueule !


La version internationale du film contiendrait paraît-il en prologue une apparition en stock-shot de Shô Kosugi (vedette du film de ninjas dans les années 80), qui ne figure hélas pas sur la copie française.

Note : le montage est signé "Homer Kwong" et la "continuité" est sous la responsabilité de "Nicky Lau". QUE CES NOMS SOIENT VENERES DANS LES SIECLES DE SIECLES !



Nikita
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Flic ou Ninja

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Les notes des membres

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Cote de rareté

Un énorme pack de 50 DVD existe sur certains sites de vente en ligne aux Etats-Unis incluant aussi bien des bruceploitation comme « Image of Bruce Lee » ou « The Real Bruce Lee » que des films de jeunesse de Jackie Chan ou Chow Yun Fat, des Sonny Chiba et du Weng Weng ! Et dans le lot, notre film ainsi que divers autres Godfrey Ho dont « Ninja the Protector » alias « Ninja's Terror » avec Richard Harrison. Waouh...



On trouve aussi le film dans une édition DVD italienne à bas prix titrée « Ninja Campione » (traduction fidèle de « Ninja Champion »). Une édition simple mais qui propose quand même les versions italienne et anglaise du film (sans sous-titres).



Sinon c'est régime VHS. Heureusement ce film a fait l'objet de pléthore de rééditions successives dans les années 80. On le connaît sous trois éditions sous le titre « Flic ou Ninja », chez "American Video" puis dans les collections annexes "Scherzo Blood Sport n°19" et "Karate Movies". On le retrouve aussi par deux fois sous son titre original de « Ninja Champion » chez "Magical Moment" et "Magic Entertainment" (la même boîte que "Scherzo" en fait). Attention cependant, l'estimé Mr Klaus ayant acquis la version de chez "Magical Moment", il a eu la désagréable surprise de se retrouver devant un anonyme film de karaté standard. Etant donné que VHS Survivors identifie bien cette cassette comme étant notre « Flic ou Ninja », il y a fort à parier que ces finauds d'éditeurs vidéo ont encore essayé d'écouler des fonds de tiroirs différents, pratique déjà dénoncée dans la chronique de « Cameroun Connection » (dans la version de chez... tiens tiens... Scherzo, le monde est petit !).

Cela ne suffisant visiblement pas, Scherzo remet le couvert en le rebaptisant « Kickboxing Connection » (le tatanneur ayant pris le pas sur le ninja au début des 90's) avec une jaquette et des photos parfaitement frauduleuses... et 2 éditions presque identiques (le visuel est celui de « Kickfighter » avec Lorenzo Lamas en train de lever bien haut la jambe).







A noter que nos forumers ont débusqué deux nouvelles versions de ce film sous des présentations on ne peut plus fantaisistes. Tout d'abord ce « Ninja Connection II » signé "Initial" à la présentation fort burlesque: "Bruce Baron est : Ninja Connection II". Vous noterez la totale absence de "Black Ninja" dans ce film où ils paradent plutôt en rouge et blanc.



Toujours plus fort, l'obscur éditeur "Marco Polo" (au visuel, ça sent quand même son Scherzo ça !) nous lâche un tout fou « Ninja Boxing Cop » au visuel réjouissant et à l'accroche qui tue : "Quand on ne respecte plus la Loi, c'est l'escalade dans la violence...". On lâche quelques photos qui n'ont rien à voir au dos de la jaquette et on nous promet Pierre Tramblay (si ça se trouve c'est pas le même... euh si en fait !). Emballez c'est pesé et voilà une nouvelle jeunesse pour « Flic ou Ninja ». Trop balèze !





Tiens, on vient encore d'en retrouver un autre, camouflé sous le titre de "Master Ninja II" avec sur le dessin des vrais bouts de jaquettes de "Ninja force", de "Ninjas commandos", de "Ninja fury" et de "Duncan Jax" (entre autres). Trop fort chez "Initial"

Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation

Affiches en plus

DVD italien.
DVD italien.
DVD brésilien.
DVD brésilien.
un jaquette allemande
un jaquette allemande

Bonus

Au cas où quelques détails du scénario vous échapperaient encore, voici une tentative d'éclaircissement proposée par Le Rôdeur et SPQR Caesar.



Afin d’aider celles et ceux que la complexité du scénario aura rebutés, Le Rôdeur, pilier de Nanarland, a conçu le graphique que voici :







Attention, une controverse parmi les usagers de Nanarland prétend que, selon le discours de Maurice, Larry ne penserait non pas « qu'à sa conne de fille» (Jenny) mais « qu'à sa cote de fille ». Sans prendre parti et soucieux de ne froisser personne (la guerre entre « connistes » et « cotistes » ne demande en effet qu'à se réveiller), nous vous soumettons également la version alternative du graphique :







Une audacieuse mise à jour explicative a par la suite été tentée :







Si avec tout ceci les choses ne vous paraissent pas encore suffisamment claires, SPQR Caesar nous remet en tête les différents protagonistes :



Le 1er violeur de Rose : Jack Wang







Il se fera avoir bêtement : la fameuse ruse du sein empoisonné...







Le 2ème violeur : Ronald Tchoung







Lui va énormément souffrir : visage lacéré à coups de talons aiguilles, bras écrasé dans une portière de voiture, poignardé dans le dos et l'aine, castré, écrasé par une voiture, empoisonné par une seringue et enfin achevé de deux balles dans la tête...



Le 3ème violeur : Walter







Aux dernières nouvelles, il est toujours pendu par les bras dans un entrepôt...



Place maintenant à Rose et ses lunettes déjà mythiques :











Le beau George, agent d'Interpole et disposant de ce fait d'une licence pour tuer :







Et son épouse Jenny (la conne de fille de Larry !), repoussée sexuellement avec tact et doigté.







Larry, le père de Jenny :







L'homme de confiance de Larry : Robert…







…qui finira sauvagement assassiné par Walter :







J'allais presque oublier Sherry, la soeur jumelle de Rose :







Et bien sur le muet appelé : Tommer (ne pas manquer la scène finale où il nous fait part de son amour pour Sherry !)









Deux types qui attaquent Rose






Deux types qui attaquent George (heureusement il se téléporte !)




Si après tout ça vous n'avez toujours pas compris et bien...



...recommencez autant de fois que vous le voulez !