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La Fureur du Juste

Note :
3
LMD
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Chronique



Si l'on peut débattre sur la vraie nature nanar des « Portés Disparus » ou des « Delta Force », et sur le fait qu'une idéologie de merde porte plus vers le navet que le nanar, il me semble que Norris a au moins un vrai bon gros nanar bien idiot dans sa filmo, beaucoup moins connoté faf.

Ce film, c'est le moins connu « La Fureur du Juste » (« The Octagon » en VO), que j'ai découvert grâce au ciné club de TF1 (il nous ont fait tout un cycle Chuck Norris il y a quelque mois, Arte et ses rétrospectives ciné n'a qu'à bien se tenir). Je sais que certains ont crié à la mort de la culture quand TF1 a sabordé Hollywood Night, mais le ciné club du dimanche soir tient bien son rôle, lui.



"Seul... contre la NINJA" proclame fièrement cette affiche. Quel talent, ces distributeurs !


En quoi La Fureur du Juste est-il un nanar ? Et bien nous y venons... D'abord, il faut le dire : c'est un film avec des ninjas. On connaît le potentiel nanar des ninjas, des personnages tellement exploités que 9 fois sur 10, ça parachève le ridicule d'une œuvre. De temps en temps, un traitement novateur ou justifié se révèle génial. Ce n'est pas le cas ici. J'annonce une chronique assez sobre, parce que je me demande si je ne mélange pas certains passages avec ceux d'autres films...



Donc, Chuck est là. Il n'a pas de barbe, ce qui situe le film dans une période assez précise : le début de sa carrière. Chuck se balade donc en simili pattes d'éph' et veste en daim pas très seyante (bien qu'assortie à la couleur de ses cheveux). Cut sur une ambassade Ouest européenne quelconque : l'ambassadeur est tué dans un attentat durant lequel les terroristes restent sur le carreau. Cut sur Chuck Norris qui lit "The Figaro" et, apprenant la nouvelle de l'attentat, se dit tout de suite "C'est un coup de mon frère." C'est là qu'on voit que Chuck, il a plein d'intuition. Un peu comme un chien quoi.



Je sens que vous êtes déjà un peu perdus... Chuck sait donc que c'est son frère. Il va donc voir un ex-ami de son père pour causer de tout ça. Cet ex-ami vit dans un ranch avec une tête de cerf en déco et porte des fringues de chasseur. Ce n'est autre que Lee Van Cleef, qui rayon nanar en connaît un bout ! C'est là que l'on voit que le "scénario" est complètement foireux : on ne saura jamais si Lee Van Cleef est chasseur, chef de mercenaires ou dirige une milice d'extrême droite. Pareillement, quels sont ses liens avec Norris et son père ? Son intervention plus tard apparaîtra tantôt comme un coup de main volontaire tantôt comme de la surveillance intéressée (pourquoi ? Bah ça aussi on le saura jamais).

Je vous passe les diverses péripéties avec des ninjas et des mercenaires, de toute façon, c'est laid et Norris gagne toujours !



Chuck fait le ménage


Mais venons en au plat de résistance... Quand il était jeune (dans le film, hein, suivez un peu), Chuck a été adopté par un maître japonais d'arts martiaux. Il est donc devenu le frère du fils de celui ci. Imaginez bien tout ça dans un noir et blanc baveux, flash-back oblige. Il les éduque aux arts martiaux, et - forcement, c'est le gentil - Chuck est le plus fort. S'ensuivent des scènes de dialogues pompeux à la Star Wars, genre "tu dois maîtriser ta volonté bla bla bla". Puis on assiste a un parcours du combattant entre Chuck et son frère avec plein d'épreuves grotesques (genre marche en équilibre avec un verre plein sur le nez), une enfance normale quoi. Le méchant frère Japonais (« pléonasme » nous crie un redneck au fond de la salle) gagne en trichant. Il est réprimandé par son père. En plus on apprend qu'il s'est entraîné avec une arme mortelle (donc interdite). C'est donc reparti pour Star Wars, le frère Jap décidant de se consacrer au côté Obscur de la Force, car il est aigri envers Chuck et ses cheveux trop bien coiffés.



Mais pourquoi ? Pourquoi ce brushing ridicule ?


Suite à ces péripéties, il a fondé un ordre de ninjas qui forment des terroristes aux méthodes ninjas (on se demande bien à quoi ça leur sert de se servir d'un sabre puisqu'ils utilisent des armes à feu, mais bon) dans un camp en Amérique du Sud. Pourquoi les dits ninjas ne sont réapparus que 20 ans après? Que faisait le frère pendant ce temps là ? Cela aussi, le scénariste a décidé que ce serait trop long a nous expliquer, préférant se focaliser sur "l'enquête" de Norris aussi palpitante que celles de Derrick et quelques pauvres combats lents et mal chorégraphiés entre des ninjas (qui ne semblent pas vraiment se servir de méthodes ninjas) et Norris.

Tout ça étant "clair", Norris décide donc d'aller foutre sa pâtée à son reuf, car on n'est jamais aussi bien servi que par soi même. On notera que le frère en question a clairement 50 ans alors que Norris en a 30 à tout casser (alors qu'ils avaient le même âge dans les flashbacks), mais bon, on allait pas prendre un jeune Japonais charismatique non plus, il aurait fait de l'ombre à Chuck.



Chuck réussit donc à entrer dans un camion plein de mercenaires vers le camp des ninjas. Le frère, sentant L'ULTIME CONFRONTATION approcher, nous gratifie de la seule scène impressionnante du film : un kata avec des cerpes nunchakus (on ne rigole pas, ces armes existent vraiment !)... Evidemment, ce n'en sera que plus ridicule quand il se fera tuer de manière toute pourrie à la fin.

Chuck arrive dans le camp la nuit. On a alors droit à tous les clichés... Et vas-y que j'endors les gardes ninjas (pas très bien entraînés visiblement) par étranglement (moi j'y suis jamais arrivé, bien que toutes les stars de l'action y arrivent), et vas-y que je mets le feu au baraquements, et vas-y que je suis piégé dans l'aire d'entraînement - le fameux Octagon du titre original - avec des pièges et le bras droit du méchant qui utilise des Sai (ces espèces de fourchettes qui piquent, utilisées par une des tortues ninjas), et qui lui aussi se fait battre assez facilement alors qu'on nous avait bien montré qu'il était grave balèze.



Comme les 90 minutes du métrage sont bientôt finies, Chuck poursuit son frère dans la forêt (pleine d'arbres vivant dans des climats tempérés, et pas du tout en Amérique Centrale, où le camp est censé se trouver), l'aube se lève (ce qui veut dire que Chuck et son frère ont joué à cache-cache toute la nuit hors champ), et puis le frère tente une attaque en traître, car il devait en avoir marre de courir dans les bois depuis 4 heures, et se fait tuer en 4 secondes chrono. Hum. Fin.

Film d'action famélique, aux tenants et aboutissants très obscurs, avec une idée de départ bien nanar, l'utilisation systématique de poncifs qu'il serait fastidieux de vouloir énumérer ici, avec des acteurs habités par leur rôle (Lee Van Cleef cabotine en attendant d'être payé pour remettre le gaz qu'on vient de lui couper), et des figurants probablement sous-alimentés, sans oublier les actrices féminines prétexte et pas très jolies, tout ça avec des fringues fin 70's... L'image, les décors et la réalisation sont à l'avenant.



Je suis une Chuck Norris Girl... La classe !


Bref, selon moi un des Norris les plus nanars dans une belle carrière de navets !



LMD
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La Fureur du Juste
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Les notes des membres

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Cote de rareté

Ce petit film oublié ne pouvait être que pain béni pour les micro-éditeurs qui sortent du DVD au rabais pour les hypermarchés.

Qui a tiré le premier, difficile à dire... "Prism Picture" reste encore dans le raisonnable avec sa version :



Par contre on rit encore du honteux collage effectué sur la tête de Chucky par l'édition des obscurs de chez "American Cinema" :



On le retrouve encore chez "Westar Pictures"avec une jaquette qui reprend bêtement l'affiche en en-tête de la chronique. Enfin est sorti chez les marchands de journaux un double DVD (encore un coup d'"American Cinema") regroupant ce titre avec un "Force one" tout aussi peu glorieux...

Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation

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VHS espagnole.
VHS espagnole.