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The Giant Claw

  • Titre original : The Giant Claw
  • Réalisateur : Fred F. Sears
  • Année : 1957
  • Pays : Etats Unis
  • Genre : Mon truc en plume (Catégorie : Monstres géants)
  • Durée : 1H14
  • Acteurs principaux : Jeff Morrow, Mara Corday, Morris Ankrum, Robert Shayne, Louis Merrill
Note :
4
Rico
Rico

Chronique





Alerte !!! Une terrible créature venue de l'espace terrorise le monde libre ! Un oiseau géant invincible abat avions et missiles, semant mort et désolation sur son passage. Rien ne lui résiste ! Nos armes sont impuissantes face à son bouclier d'antimatière. L'espèce humaine est elle condamnée ?







N'écoutant que mon courage, j'ai réussi à ramener un cliché de cette monstrueuse créature qui tient la planète entre ses serres. Eloignez les enfants et les personnes sensibles, voici le busard de l'espace prêt à détruire le monde…







Non attendez ne partez pas, je vous jure que ce truc tout déplumé est l'ultime menace de l'espèce humaine ! Non mais si vous n'y mettez pas du votre, on va jamais y arriver…



Bon alors je reprends : dans une base sur le cercle polaire, on teste les radars qui permettent à l'Amérique de faire face à la vermine communiste.



Une voix off mélodramatique sur fond de stock shots empruntés à l'U.S. army nous décrit tout l'arsenal de l'Oncle Sam. Mais une menace nouvelle se profile. Mitch McAfee (Jeff Morrow), le scientifique qui pilote l'avion servant aux réglages des radars aperçoit soudain une forme floue gigantesque : « something as big as a battleship ». Evidemment au sol, personne n'a rien vu sur les appareils et tout le monde se paye gentiment sa fiole. Surtout Sally Cardwell (Mara Corday), une belle brune mathématicienne. C'est couru ils vont s'enguirlander tout le film et finir dans les bras l'un de l'autre à la fin. Les vieilles recettes sont toujours les meilleures.



L'U.S. Air Force ne prend pas vraiment les avertissements de Mitch au sérieux. Un OVNI gros comme un bateau de guerre… et pourquoi pas une fourmi de dix huit mètres tant qu'on y est. Ca n'existe pas ! Et pour prouver ses dires le général local envoie une escadrille de stock-shots fouiller les environ. Evidemment ça rigole un peu moins quand on apprend qu'un avion militaire manque à l'appel.





WAAAKKKK WAAAKKKK !!




Devant cette situation, Mitch et Sally prennent un appareil de transport de troupe pour New York. Durant le vol, ils sont attaqués par cette forme mystérieuse. S'en suit un magnifique crash de maquette d'avion. Nos héros ont à peine le temps de sortir et de se jeter au sol que l'avion explose. Au passage pour simuler l'explosion, des débris enflammés sont jetés autour des acteurs et malencontreusement tombent sur la tête de Jeff Morrow qui a un mouvement de panique… immédiatement coupé par un raccord où on le voit se redresser calmement. Mine de rien on vient de frôler le véritable accident… (Elle est bonne on la garde !)



Ils sont recueillis par un canadien français nommé Pierre (original !) qui les accueille dans sa cabane. C'est le personnage comique du film (en dehors du monstre bien sûr), un peu comme les noirs dans les films de Tarzan. Bien brave avec son accent à couper au couteau mais superstitieux. Ayant aperçu la bête, il est terrorisé et se met à fuir (un peu comme n'importe qui devant un disque de Céline Dion) répétant à l'envie qu'il a vu la Cacagne (ou cacagna c'est tellement mal prononcé), un oiseau géant apportant une mort assurée à celui qui le voit. Je n'ai trouvé nulle part indication de l'existence d'un truc pareil dans le folklore canadien mais bon vous savez comme ils sont bizarres ceux-là… Les Québécois du forum pourront peut-être nous éclairer davantage…

Pendant ce temps, un nouvel avion se fait attaquer et nous pouvons enfin voir la bête. Et c'est là que tout s'effondre : On peut enfin contempler cette dinde géante en action. Et là on ne peut que s'effondrer de rire. Comment résister à ça, surtout quand animé comme la plus rigide des poupée en bois elle vient donner des coups de becs (denté, car dans l'espace les poules ont des dents) à une maquette d'avion. Et dévorer en vol les pauvres parachutistes en poussant des WAAAKKKK WAAAKKKK hilarants





Visez la taille de l'omelette.




Les savants représentés par un sosie approximatif de Dario Moreno se lancent dans une tentative d'explication pseudo scientifique :

That bird is extraterrestrial, it comes from outer space. From some Godforsaken antimatter galaxy millions and millions of light years from the Earth… No other explanation is possible





Là, elle est colère !




Mais alors pourquoi cette bestiole est elle venue sur notre planète ? Mais voyons pour trouver un endroit où pondre bien sûr. (Roland Emmerich ne trouvera pas mieux pour son Godzilla ). Ni une ni deux, nos héros débusquent le nid et flinguent les œufs sous les yeux de leur maman. Evidemment après ça, l'oiseau géant est un peu colère, alors elle (puisque c'est une maman oiseau) se met à tout massacrer sur son passage : Pierre le canadien, des teenagers en décapotable, un train (la scène est repassée deux fois) et enfin New York.







Et elle est furax la marionnette géante, tellement qu'elle crie wak wak très fort et donne des coups de bec à l'Empire State Building et au siège de l'O.N.U. En bas, plein de stock shots de gens paniqués courent dans tous les sens. Tout est il perdu ? A moins que nos héros n'arrivent à bricoler un appareil capable de percer le bouclier d'antimatière de la bête…





I wanna destroy a part of it, New York New York !




Pur produit du cinéma américain des années 50, ce film de la Columbia se voulait au départ une production fantastique de haut standing, à l'image des « Créature du lac Noir » et autres « L'homme qui rétrécit ». Hélas le film fut torpillé par son producteur Sam Katzman (surnommé « Jungle Sam » pour avoir produit tout un tas de serial d'aventures exotiques dans les années 30). En effet, celui-ci connu pour sa pingrerie et son mauvais caractère confia la réalisation de l'oiseau géant à une petite société d'effets spéciaux mexicaine pour économiser sur le budget. Ca, n'est pas Ray Harryhausen qui veut et le résultat final fut cette monstruosité qui tient plus de la piñata géante que de la menace extraterrestre.



Ce film réunit une belle brochette d'habitués du genre : Jeff Morrow, solide comédien de série B, vedette dans « Les survivants de l'infini » ou de « La créature est parmi nous » (la troisième aventure de la créature du lagon noir) et Mara Corday (de son vrai nom Marilyn Watts mais elle trouvait que Mara Corday faisait plus exotique. En tout cas la Révolution française aura servi à quelque chose…), qui fit une belle carrière de femme fatale et qu'on retrouve dans « Tarentula » ou « Le Scorpion Noir ». Les deux comédiens tiennent d'ailleurs une bonne partie du film sur leurs épaules, donnant à leur couple des petits airs Fox Mulder/Dana Scully avant la lettre. Lui qui cherche à convaincre tout le monde de ce qu'il a vu, elle, représentant la raison scientifique, le taquinant gentiment.





Nos héros découvrent avec terreur le film dans lequel ils jouent.




Au passage et c'est suffisamment rare pour le souligner à cette époque, le personnage féminin n'est pas là que pour crier à la vue du monstre et pour tomber entre les bras du héros à la fin. C'est une scientifique qui participe aux recherches pour vaincre le volatile et n'hésite pas à prendre un fusil pour faire une omelette géante avec les œufs de la bestiole.



Les comédiens racontèrent dans diverses interviews qu'ils n'avaient pas vu la bête avant la première du film, ayant tourné leurs scènes avant que les effets spéciaux soient réalisés. Autant dire que la surprise fut de taille quand il allèrent avec leur petite famille assister à celle-ci, l'embarras succédant très vite à la honte quand la salle s'écroula de rire au vu du bestiau.







Derrière la caméra on retrouve le vétéran Fred F.Sears, un ancien acteur devenu l'un des plus efficace yes man de l'époque, tournant à la chaîne western, films de guerre ou d'épouvante sans se poser de questions. 9 films crédités en 1956, 5 en 57 (dont celui-ci). Le plus fort restant que bien que mourant en novembre 57, 5 films de lui sortiront en 58 ! A croire que les distributeurs ne pouvaient plus suivre ! Il eu son heure de gloire l'année précédente avec le célèbre « les soucoupes volantes attaquent » (Earth vs the Flying saucers) où des ovnis mettent à sac Washington (film très apprécié par Chuck Norris dans « Invasion USA » et repris et parodié par Tim Burton dans « Mars Attack »).



Celui-ci terrorisé par Kartzman qui se comportait en producteur tyran sur le plateau (il a même imposé son fils Leonard comme assistant réalisateur), livre pour pas cher un travail que n'aurait pas renié Ed Wood. Faux raccords à foison (la forme des avions changeant carrément d'un plan à l'autre, des avions américains sont figurés par des stocks shots de la Royal Air Force), large utilisation de stocks shots (dont les scènes de panique repris à « Earth vs the Flying Saucers ») et surtout ces effets spéciaux calamiteux qui transforment le film en désastre.





T'as pas une gueule de porte bonheur...




Autant dire que ce film est une véritable merveille : ce n'est pas tous les jours qu'un poulet géant équipé d'un bouclier d'antimatière attaque la Terre non ? Tient ça ferait un beau sujet pour Roland Emmerich ça, vous ne trouvez pas….





Rico
Rico

The Giant Claw
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Les notes des membres

Moyenne : 4
avatar de Labroche Labroche : 4
avatar de Rico Rico : 4

Cote de rareté

Le film n'étant jamais sorti chez nous, il n'existe pas de VF d'époque. Il est longtemps resté introuvable en DVD, y compris aux Etats-Unis, n'apparaissant que très tardivement, notamment à la faveur de compilations de classiques du cinéma fantastique. Et puis en 2009, une société d'édition espagnole, "L'Atelier 13", s'est mise en tête de sortir à son tour les grands classiques de la science-fiction américaine. Or, comme le nom de leur société semble l'indiquer, ces gens sont aussi francophiles, mettant un point d'honneur à rajouter des sous-titres français sur leurs galettes ! Nous avons donc un produit soigné, avec la V.O. assortie de sous-titres français et espagnol, et même en bonus un épisode de "Tales of Tomorrow", une série des années 50 sur le modèle de la "Twilight Zone".



Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation