Accueil > Chroniques > Nanars d'action > Pur et dur > Guns

Guns

  • Titre original : Guns
  • Réalisateur : Andy Sidaris
  • Année : 1990
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Guns'N'Roberts (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h36
  • Acteurs principaux : Rodrigo Obregon, Erik Estrada, Dona Speir, Roberta Vasquez, Cynthia Brimhall, Michael J. Shane, Danny Trejo
Note :
2.25
Kobal
Kobal

Chronique



La VHS américaine.




Sidaris = Plan nichons ? Bon, voilà, ça c’est fait. Et je vous préviens, ça sera le seul.


Est-il encore besoin de présenter Andy Sidaris ? Cet homme qui a su comme personne oser la série B non pas couillue, mais bel et bien mammaire ? Le mathématicien fou de l'équation ((action + Hawaii) X nichons) / (explosions + ?gozos). Un maître dont les lecteurs de Nanarland ne peuvent qu'admirer une filmographie qui remplit de plus en plus ces reconnaissantes colonnes. Pour les incultes qui prennent le train en marche, je préfère vous orienter vers la très instructive biographie qui vous permettra de mieux cerner le personnage. Son amour du 200 % n’importe quoi a fait des premiers films de sa série Bullets, Bombs and Babes d'indiscutables chefs-d'œuvre du nanar, aux titres mythiques et vénérés de « Malibu Express », « Piège Mortel à Hawaii » et « Picasso Trigger ». Pourtant, une même recette employée indéfiniment peut finir par lasser même le plus accroc des fans, et force est d'avouer que certaines des dernières réalisations du bonhomme manquent cruellement de cet indispensable grain de folie à même de transcender le matériel somme tout basique qu’il emploie à tour de bras. Qu'on se rassure, « Guns » se situe heureusement à la charnière de ces deux périodes : si l'originalité n'est pas au rendez-vous, le plaisir ne se fait pas pour autant désirer.



Pas là pour divertir.


On retrouve de nouveau le plus célèbre duo de Molokaï, Donna Hamilton (Dona Speir) et Nicole Justin (Roberta Vasquez), cette fois aux prises avec les agissements d'un trafiquant d'armes, Jack Degas (Erik Estrada). Ce sombre salaud tente en effet d'abattre la belle Nicole, ce qui n'a d'autre effet que de déclencher le courroux de l'Agence. Ses meilleurs éléments se réunissent donc et découvrent avec effarement que cette banale tentative de meurtre semble cacher une infâme manipulation. Les connaisseurs sauront reconnaître là un pitch bidon dont le seul intérêt est de pouvoir balancer avec allégresse les ingrédients Minute Sidaris, dont les fameux agents féminins à la pudeur légère et à l'attrait certain pour les décolletés vertigineux et les lance-roquettes destructeurs.



Un brainstorming au sommet.



Roberta Vasquez, vague look-a-like de Rachida Dati.


Comme souvent, après une rapide exposition des lieux et des personnages, le métrage se lance réellement lors du staff ès ténors de l'enquête hawaïenne, staff qui aboutira à un éparpillement de tout ce beau monde, afin d'aller fouiner au petit bonheur la chance à la recherche d’un indice. Une stratégie qui permet d’enchaîner plus facilement du n'importe quoi sans justification, comme cet agent magicien (!) qui va interroger deux mecs sans rapport apparent avec le reste de l'histoire pour finir par les abattre à bout portant au shotgun, en plein milieu du palais de justice, sous prétexte qu'ils auraient explosé à la roquette son petit gros de frangin dans « Picasso Trigger » (et hop je te refourgue un flash-back, bien marrant il est vrai). Il va sans dire qu’il n'en aura tiré aucune information utile.



Plutôt que de planquer de la poudre dans les poches du prévenu, il préfère lui sortir un foulard d’une narine.



Encore un truc de magicien : il planque discrètement une poche de sang sous la chemise de sa victime pour la faire exploser au pompeux.


Au rayon débilités, impossible de faire l'impasse sur les tueurs engagés par Jack Degas, dont la réputation ès explosifs miniaturisés ne semble plus à faire. Chouette vous dites-vous, ça va être l'occasion d'assister à un maelström de boules enflammées, plaisir coupable habituel de Andy. Et bien non, la prise à contre-pied est totale : les deux spécialistes vont sans raison consentir au travestisme le plus grotesquement flagrant pour accomplir leurs basses œuvres, à l'aide de bêtes armes de poing. Dès le premier meurtre, on comprend que l'on a affaire à de vrais guignols qui, alors qu'ils avaient l'occasion d'abattre discrètement leur cible, se retrouvent à faire feu dans tous les sens dans un restaurant pour ensuite en repartir comme si de rien n’était.



Version mâles décontractés.



Version mégères fashion.


Et comme la robe et la perruque doivent leur plaire, ils garderont leur tenue pendant tout le film, même lorsqu'ils vont boire un coup dans un bar ! Ce qui donne alors lieu à un grand moment de craquage complet quand les fédéraux de l'Agence tentent de les arrêter, eux-même déguisés en prostituées. La stratégie a de quoi laisser perplexe, surtout qu'elle échoue lamentablement dans une empoignade des plus confuses, digne d’un mauvais opus de « Police Academy ».





Que dire de plus ?



Une méduse mauve sur la tête et un sac en plastique au bras, la classe hawaïenne.


Le gros de la troupe des acteurs est composé des acteurs fétiches de Sidaris, dont les performances ne dénotent pas particulièrement de d'habitude. Difficile de qualifier leur jeu ; disons qu'ils sont totalement dans le ton de cet univers particulier, incarnant sans retenue agents débiles à la juridiction floue et méchants trafiquants homicides.



Dona Speir, Miss Playmate Mars 1984, est bien rodée dans son rôle de Donna Hamilton, le personnage qui aura eu la plus longue durée de vie de la série. Seul changement involontaire, son doublage, qui est ici une petite voix fluette peu raccord avec son comportement de rentre-dedans castratrice. Son background se développe, révélant aux geeks que nous sommes l'existence d'une mère procureur, au déshabillé aussi nonchalant que sa progéniture, et celle d'un père décédé lors d'une opération-commando anti-drogue. Ç'a chauffé dur lors de l'élaboration du scénario.



Donna est bien encadrée.



La Loi en sous-vêtement, c’est moi.



La mère Hamilton, à peine plus vieille que la fille.


En face, Erik Estrada, popularisé sous le nom exotique et bitumier de Ponch et dont c’est là la première participation à la Hawaii Connection, incarne le perfidement bronzé Jack Degas (surnommé Jack of Diamonds en VO, à savoir le Valet de Carreau dont il utilise d'ailleurs la carte pour signer ses meurtres). Tantôt gentil (comme dans « Do or Die »), tantôt bad guy, Erik est un véritable argument vente à afficher en gros dans le générique. Le sourire charmeur se veut donc ici machiavélique, et c'est un des rares ennemis de l'Agence à réellement réussir à faire tourner en bourrique nos héros. Il est tellement ignoble qu'il viole peut-être la maman Hamilton, une première dans l'œuvre de Sidaris (je dis peut-être car l'exaction est rapidement coupée, et personne ne l'évoque par la suite).



Vegas Style pour Degas.



Jetez-lui une rose en bas d’une falaise et il plonge.



Le secret de sa peau ferme : 15 minutes de gym faciale par jour.


« Guns » est aussi l'occasion de découvrir un nouveau membre de la vaste famille Abilène, prénommé Shane, à l'incompétence crasse en matière de maniement de son Python Magnum (une tare génétique héréditaire) et dont la molle présence a bien du mal à faire oublier Cody et Travis. Relégué au second plan, il se fait voler la vedette par les autres mâles bronzés de l'équipe. En plus des classiques playmates et autres misters pectoraux, « Guns » recèle aussi la présence de sympathiques tronches, telles que Danny Trejo et John « Mister Olympia » Brown.



Depuis « Malibu Express », j’adore ce mec.



Dany Trejo, au jeune minois pas encore crevassé, incarne un porte-flingue nommé Tong (!).


Si « Guns » s'avère plus soft que ses congénères en matière de poitrines déballées et de scènes érotico-sexe, le film ne délaisse pas pour autant les occasions de tomber dans le mauvais goût le plus débile, que ce soit lors d'un combat de femmes dans de l'huile ou lors d'une scène de pelotage sur une moto, rapidement destinée à devenir mythique. Les allergiques à la nichonploitation (y'en a vraiment ?) seront heureux d'apprendre que « Guns » évite les excès qu'on retrouvera plus fréquemment dans la suite de la carrière de Sidaris. Par contre, un point indiscutablement plus sombre est l'arrivée dans le casting d'actrices aux seins siliconés dont le charme artificiel ne pourra jamais faire oublier le réjouissant naturel des playmates des premiers opus.



Il n'est pas précisé si l'huile est hydrogénée.





Soleil couchant apparaissant dans l'intimité de ces deux corps langoureux.


Avec un titre comme « Guns », on aurait pu s'attendre à un défilé de gadgets technologiques improbables. Si ce n'est pas pas particulièrement le cas, le quota d'armes à feu reste d'un niveau tout à fait acceptable. Le fusil-mitrailleur lance-roquettes chinois fait toujours son effet, surtout quand il affronte un lance-fusées à 4 canons qu'on croirait acheté au magasin de jouet du coin.







Les lecteurs les plus observateurs remarqueront un câble noir à travers les flammes, support de feu l'hélicoptère miniature.


En création originale, on retiendra la bière-grenade sur petit hors-bord miniaturisé, ainsi que l'appareil-photo standard caché en plein milieu d'un bouquet de fleurs (il faut être aveugle pour ne pas le voir, ce qui doit être le cas de Jack Degas qui se trouve pourtant à 30 cm de l'objet). Et comme tout bon nanar se doit de contenir des Ninjas, « Guns » en propose un couple, destiné à se faire briser par les musculeux de service dans une séquence à mourir de rire, qui rappelle bien qu'en tout Sidaris, il y a toujours du bon.



Un appareil-photo est caché sur cette image : sauras-tu le retrouver ?



Les Ninjas, une forme d’inéluctabilité du nanar.


Efficace et généreuse, la réalisation est comme souvent une réussite technique agréable. Un peu de tourisme avec les sempiternelles ballades en avion dans les îles ainsi qu’une visite du Pont de Londres qui permet une diatribe enflammée sur la nécessité du travail collectif au sein d'un groupe. Malgré une sortie en 1990, le film conserve une patine 80's, dont un des signes pathognomoniques est le thème musical au titre du film, avec trois chansons interprétées par une des actrices de l'Agence, s'il vous plaît. Toutefois, le ridicule n’est pas totalement évité grâce à une volonté d’en mettre un peu trop plein la vue lors par exemple d’une classique scène de tir où la bad pouf défouraille sur une agent se reflétant dans de multiples miroirs, son identité s’éparpillant entre toutes ces images factices qu’on brise bien inutilement vu que la cible est juste en face d’elle.



Cynthia Brimhall. Et elle chante en plus ! Elle enchaînera même sur le score de 4 autres Sidaris.


Moins délirants que ne peuvent l'être ceux de « Piège Mortel à Hawaii » ou « Malibu Express », les dialogues arrivent toujours à faire sourire par leur débilité assumée. Rien à redire par contre sur les doublages.

Quelques morceaux choisis :

Jack of Diamonds à ses folles de tueurs :

- C'est une approche cérébrale que je veux.

- C'est-à-dire ?

- Une balle dans la tête.


Madame Hamilton à Shane Abilène :

-Si vous désobéissez, je vous les coupe et j'en fais de la chair à saucisses, c'est compris Cowboy ?

- Oui madame.


La pétasse de Of Diamonds, en plein trip :

- Je veux être grisée par le pouvoir de contrôler la vie... et aussi la mort.

A propos de Jack Degas :

- Ce valet de carreau, c'est vraiment un enfoiré de première.

Vous aurez ainsi compris que « Guns » est le gentil nanar à se réserver pour les petits en-cas, ces occasions où l'on a envie de passer un bon moment devant son poste sans pour autant avoir la force de s'enquiller une dégénérescence filmique pakistanaise à la « Haseena Atom Bomb » ou une prise de tête art et décès neuronal à la « Telephone Killer ». Le label Sidaris, y'a que ça de vrai.



Kobal
Kobal

Guns

Images en plus

PUB

Les notes des membres

Moyenne : 2.13
avatar de Kobal Kobal : 2.25
avatar de Rico Rico : 2

Cote de rareté

Le film existe bel et bien en DVD Z2 chez Malibu Bay Films, mais comme toute cette collection, il reste difficilement accessible (c'est bien simple, moi-même je les cherche en vain). Il reste donc la VHS de chez Gaumont, et pour les anglophones, le DVD Z1 disponible en boîtier simple ou coffret.



Les deux coffrets DVD Z1.



Le DVD Z1 à l'unité.



Le DVD Z2 français.



La VHS française.
Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation