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The Hard way, la voie du sang

  • Titre original : La Via dura
  • Titres alternatifs : Hard Way, The Hard way, the only way, Colombian connection
  • Réalisateur : Michael E. Lemick (Michele Massimo Tarantini)
  • Année : 1987
  • Pays : Italie
  • Genre : Tacatacatacatac ! (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h35
  • Acteurs principaux : Miles O’Keeffe, Miles O’Keeffe, Henry Silva, Milton Morris, Chuck Bishop, Philip Wagner, Sarah Sharman
Note :
2,5
Nikita
Nikita

Chronique



Bon, voyons voir ce que recèle aujourd’hui la pile de vieilles VHS de la team Nanarland : « L’Attaque de la pin-up géante », « Ratman », « Revendicator »… mouais… Ha tiens, un polar américain… heu non, italien… ouéééééé, avec Miles O’Keeffe et Henry Silva ! Hop, on enclenche : c’est parti pour le carnage.





Le méchant fait donner la garde…



…mais notre héros les attend de pied ferme.


L’avantage du cinéma bis italien finissant des années 80 est que, nanars ou navets, les films échappent rarement à une bêtise assez crasse ou, du moins, à un radicalisme de tous les instants dans l’extrémisme du kitsch ou de l’action brutale. Ici, nous sommes en plein dans le contexte de la "guerre contre la drogue" : l’ennemi n’est plus communiste mais sud-américain et trafiquant de coke ; peu importe, la logique est toujours d’exterminer les méchants jusqu’au dernier dans un déchaînement de violence poussé à son paroxysme le plus outrancier. « The Hard way » porte la signature de Michele Massimo Tarantini, bisseux tout-terrain un temps spécialisé dans les sexy-comédies (« La Baigneuse fait des vagues », « La Flic à la police des mœurs ») mais qui donna également dans le polar et même l’héroïc-fantasy (« Sangraal ») et qui se risque ici à l’exercice du film d’action pyrotechnique.





Les chefs de la police des USA, représentés par une bande de vieux figurants payés en bouteilles de tequila.



"Alors, heuuuu, vous voyez, l'Amérique Centrale, heu, ben c'est là sur la carte..."


Ne détaillons pas outre mesure le scénario ultra-basique : les autorités américaines, incarnées par une assemblée de vieillards grabataires, dépêche une équipe de super-agents, dont le chef, "Bull", est interprété par le toujours ineffable Miles O’Keeffe.





Nos héros vont affronter, à travers la jungle sud-américaine, les hommes du Cartel de la drogue dirigés par le toujours perfide Henry Silva qui, depuis « Les Guerriers du Bronx 2 », devient encore plus méchant à chaque film. La première partie n’a pas un intérêt énorme : elle se résume à une longue course-poursuite dans la jungle et à une série de chassés-croisés. Rien d’extraordinaire ni de véritablement honteux : le début de « The Hard Way » tient plutôt de la grosse série B, ni bonne ni mauvaise malgré le nombre appréciable de clichés, avec même un budget un peu plus important que d’habitude. Le film a heureusement ceci d’appréciable qu’il va crescendo, atteignant de manière très progressive des paliers de délire, jusqu’à une véritable apothéose.





Henry Silva et sa gueule d'assignation à comparaître.



Lui, c'est le parrain.


Délire dans quel domaine, me demanderez-vous ? Hé bien, la seconde partie de ce film du pourtant pépère Tarantini fait montre d’une telle frénésie dans le bourrinnage qu’elle finit par battre des records de brutalité encore rarement atteints.









C’est une véritable version live de jeu vidéo dans le registre "shoot’em up" : le final consiste en une bataille rangée entre l’équipe de Miles O’Keeffe et les hommes d’Henry Silva. Ca tire de manière si démentielle et meurtrière que le souvenir d’un gag de « Hot Shots 2 » revient en mémoire : 10 000 balles tirées, niveau « Rambo 2 » ; 25 000 balles, niveau « Piège de cristal » ; 75 000, niveau « Tueurs nés » ; 756497849581352 balles, « film le plus sanglant de les temps ».











Le film se distingue également comme l’un des cauchemars les plus absolus de quiconque s’y connaît un minimum en stratégie militaire : Miles et son équipe n’ont aucune espèce de tactique et se contentent de mitrailler droit devant eux, totalement à découvert, en évitant des dizaines de grenades, des centaines de roquettes, des milliards de balles, que tirent dans leur direction les centaines d’hommes d’Henry Silva, dont on se demande comment ils ont fait pour se faire embaucher dans un cartel de la drogue, alors qu’ils ne semblent même pas avoir le niveau pour être moniteurs dans un club de tir du troisième âge. Miles, droit comme un piquet et sans la moindre protection, devrait se faire hacher menu en trois secondes par les tirs croisés de mitraillette : il demeure totalement invulnérable, impavide, imbattable. Cet homme est un dieu de la guerre, ou bien il a passé un pacte avec le diable pour résister à n’importe quoi : on pourrait sans doute lui faire péter une bombe H dans les mains qu’il ne cillerait même pas.



Bien qu’il bouge bien et donne davantage de sa personne que dans « Ator », Miles O’Keeffe demeure fidèle à lui-même : encore une fois, et comme dans « Double Target », c’est son sidekick qui en chie, fait toutes les cascades, saute des toits, latte les sbires en combat rapproché et risque sa peau à chaque scène d’action.





Le vrai héros du film, c'est lui !


Miles, lui, se réserve royalement pour la baston finale avec le boss final, à savoir le quasi-sexagénaire Henry Silva. Bref, c'est superbe : alors que ses acolytes bravent le danger et évitent mille balles homicides par des roulés-boulés suicidaires, notre héros prouve qu'il est super fort en lattant un petit vieux. Ladite baston est par ailleurs particulièrement vicieuse, et se termine par un mannequin en mousse du plus bel effet.





SPOILER :













Une fois de plus, le bon droit a triomphé sur les baudruches maléfiques du cartel de la drogue.

Sans être exceptionnel, « The Hard Way » est à voir comme une intéressante tentative du cinéma bis italien de continuer à rivaliser avec Hollywood à l’heure des films d’action pyrotechniques comme « Rambo 2 » ou « Piège de cristal ». La seconde partie du film représente en effet le maximum de ce que permettaient alors les limites budgétaires européennes en matière de bourrinage explosif, et se laisse voir avec un plaisir d’autant plus intense que le manichéisme du récit et la teneur en clichés des personnages nous plongent dans un univers de BD totalement décomplexé. « The Hard Way », c’est du cinéma d’action qui sent la sueur, le tabac à chiquer, la mauvaise bière et la testostérone. On y goûte, c’est mauvais et aigre, ça attaque la glotte, mais on en reprend sans complexes.



Bien joué, Miles O'Keeffe !




Nikita
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The Hard way, la voie du sang
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Les notes des membres

Moyenne : 1.88
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avatar de Nikita Nikita : 2,5
avatar de Rico Rico : 1

Cote de rareté





Voilà un film qui ne semble avoir guère remporté d'écho chez nous. Deux éditions VHS chez "Delta Video" et puis macache ! Il a brièvement existé un DVD-R achetable en ligne chez "Digital-Conquest", avec la piste sonore anglaise uniquement, mais ceux-ci ont disparus. Pour un DVD français, il faudra attendre le bon vouloir d'un quelconque éditeur près de ses sous.
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