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Highlander le retour

  • Titre original : Highlander II : the Quickening
  • Réalisateur : Russell Mulcahy
  • Année : 1991
  • Pays : Grande-Bretagne / France / Argentine
  • Genre : Il n'y aurait dû n'en avoir qu'un (Catégorie : Action fantastique)
  • Durée : 1h31
  • Acteurs principaux : Christophe Lambert, Sean Connery, Michael Ironside, Virginia Madsen
Note :
2,5
Meowcate
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Chronique



Je viens de revoir ce film, histoire d'accomplir cette chronique à chaud, mais surtout de n'avoir aucun doute sur mon coup : oui, je peux désormais l’affirmer avec conviction, « Highlander II » est un nanar. Il a trop de tares pour être un bon film, pas assez pour virer au navet.





C'est à la base une suite totalement inutile et commerciale de film à succès, se moquant totalement du résultat tant que les caisses se remplissent sans compter. C'est la destruction d'un mythe en bonne et due forme, et le film qui a définitivement ruiné la crédibilité de Christophe Lambert.



Il revient et il n'aurait pas dû.


Commençons par un petit rappel de l'univers du premier film : Connor McLeod est né en Ecosse, dans les Highlands, il y a environ 500 ans. Devenu un fier guerrier comme ses pères, il partira défendre son peuple lors d'un combat et sera mortellement blessé par un chevalier noir. Portant un deuil inconsolable, sa famille et amis se préparent à l'enterrer avec tous les honneurs, comme le fier highlander qu'il était (voilà de quoi expliquer son titre).

Cependant, McLeod survit miraculeusement. Chassé par les siens qui l’accusent de sorcellerie, il sera rejoint par un fier cavalier nommé Ramirez, se disant égyptien, et ayant vécu plusieurs millénaires. Il apprend à McLeod la vérité sur leur condition : ils sont de ces guerriers immortels ne pouvant être vaincus que par décapitation, et devant se battre à mort jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un, qui pourra alors réclamer "le prix". On ne connaîtra jamais ce prix, sinon que McLeod est vainqueur à la fin, s'étant battu à diverses époques jusqu'à la nôtre, envers et contre tous. Un film mythique, plein d'imagination, d'humour, de combats virils, de paysages grandioses d'Ecosse... maintenant prenez un stylo, une feuille et penchez vous sur la leçon d'aujourd'hui : comment détruire un mythe.



Figurants de la planète Zeist, on s'est fait avoir, Christophe Lambert est le héros : c'est un film tout pourri !


C'est là qu'est l'idée : pour faire la suite d'un tel film, autant raconter tout ce qui n'était pas expliqué avant : d'où vient cet état d'immortalité, quel était "le prix", qu'était-il arrivé à McLeod... « Highlander le retour » se propose donc de satisfaire les fans du premier en répondant à toutes leurs questions. Rassurez-vous, toutes ces bonnes intentions vont tomber à l'eau.

Nous sommes dans le futur... le futur d'avant, en 1999. La couche d'ozone atteint un stade de dégradation critique, menaçant la population mondiale. Une équipe de scientifiques, dont McLeod fait partie, met alors au point un gigantesque bouclier énergétique recouvrant la surface du globe pour protéger l'Humanité des dangereux rayons du soleil. Traduction : tout le film va se passer dans l’obscurité avec un bon gros filtre.



Les méchants du futur, un grand classique : casque de mobylette peint en noir, déguisement de Darth Vador, protections de rollers, et voici la milice oppressante du XXIème siècle.


25 ans plus tard, en 2024. McLeod est devenu un vieillard bien fatigué, croulant sous le poids des ans, attendant avec lassitude que la mort l'appelle enfin. Il vit avec ses souvenirs, ceux de la planète Zeist.



Je me souviens de mes jeunes années, quand j'étais encore un acteur reconnu.


Car voici l'origine des immortels : ce sont des extraterrestres, issus d'une étrange planète des sables. Ayant échoué dans leur tentative de rébellion contre le général Katana, ils sont massacrés jusqu'au dernier. Tous, sauf deux personnes, les responsables : leur chef spirituel Ramirez, et leur leader McLeod.



Ah, courageux figurants. Courant l'épée à la main vers l'ennemi qui les bombarde tranquillement en sirotant leur thé.


On apprend ainsi que sur la planète Zeist, on donne des noms japonais, égyptiens et écossais aux habitants. Voilà qui est intéressant. Et ils sont toujours nommés highlanders, ce qui signifie soit que Zeist dispose aussi de hautes terres qu'ils appellent les highlands, soit que le scénariste n'a pas compris ce que voulait dire "Highlander" dans le premier, et en a déduit que c'était le nom de la race des immortels. Je vous laisse trouver la bonne réponse.

Mais revenons à nos deux moutons ; ils ont été condamnés à une fin atroce : être envoyés sur Terre sous la forme d'immortels qui devront se battre jusqu'au dernier, qui pourra alors demander à revenir sur Zeist ou mourir de vieillesse sur Terre. Habile stupidité scénaristique, qui ne justifie absolument pas pourquoi :

- Ramirez dit avoir vécu il y a plusieurs millénaires, alors que dans ce film ils furent envoyés à la même époque.

- McLeod, en supposant qu'il ne soit pas écossais de naissance, ait tout oublié (et son ami non).

- Il y ait d'autres immortels, apparaissant à des époques différentes.



"Hum hurez hum voyez hum Terre hum la hurme d'immurtels"

Les prêtres ventriloques, fallait oser. Merci Mulcahy.


Alors que Lambert a l'air d'essayer d'y croire, Connery sait visiblement dans quel bordel il joue, et décide de prendre tout cela à la rigolade. Voir Sean Connery jouer dans ce film, c'est magique : il s'en fout totalement, ne le cache même pas, mais réussit tout de même à conserver sa classe, traversant l'histoire sans jamais se départir de son petit sourire amusé.



It's a kind of magic.


Quant à Ironside... Du sourire à la colère, en passant par la démence et la mort, il tire toujours la gueule. Est-ce là un trait propre au personnage, ou faut-il y deviner une totale absence de conviction de son interprète ? Ironside semble en tous cas arborer la mine de celui qui trouve son cachet insuffisant et a déjà hâte que tout soit fini. Tout juste se livre-t-il à une très mauvaise imitation de Jack Nicholson dans le premier « Batman » de Tim Burton, le méchant à la mode en 1989-90.



"Le scénariste s'est enfui avec l'argent, et mon agent se cache depuis au beau milieu du Groënland. Tu vas payer pour tous les autres !"




"Et maintenant, que fait-on ?"



"Toi tu vas finir d'enterrer ta carrière, moi j'ai Spielberg qui m'attend."


McLeod a donc choisi la vieillesse comme prix, et s'apprête à finir grand-père. Il est loin le temps des espoirs et des combats. Pourtant, sur Zeist, Katana se décide à le tuer une bonne fois pour toute (sage décision, qu'il aura mis au moins 500 ans à mûrir, ce qui tend à prouver que tout Zeist est immortel de naissance).



"Et si on jouait à Matrix ? Toi tu serais un viiri, et moi je serais l'autre viiri."


Par une nouvelle invraisemblance scénaristique (mais non, c'est magique, comme dans « L'Alchimiste »), les tueurs envoyés par Katana sur Terre sont tués par McLeod au cours d’un combat à l'épée qui doit compter parmi les plus mous du cinéma (entre un papy et deux assassins experts), ce qui lui fait retrouver ses vertes années, au sens propre du terme.



Excusez moi une seconde...

CA NE VEUT RIEN DIIIIIIIIREEEE !!!!

Ouf, ça va mieux... pardonnez ma réaction de fan du premier épisode.



Lambert du décor.


Notre Lambert pouvant enfin se passer de maquillage, il retrouve son beau visage de play-boy et fait immédiatement une conquête, une militante écologiste (Virginia Madsen) qui vient de lui expliquer que la couche d'ozone s'était reformée, et que le bouclier n'est conservé que pour poursuivre le profit que sa société récupère par son impôt mondial. Moins de trente secondes après avoir appris le secret de l'immortalité de Lambert, Virginia Madsen se retrouve dans ses bras. Quel tombeur !



Les écolos, quelle plaie ! Ca commence par démolir des McDos, et ça finit par trafiquer le bouclier mondial anti-radiations.


Ce cours de maths nanar vous est présenté par Russel Mulcahy :



"Il se passe quelque chose ! Nos écrans changent d'images si vite qu'on ne comprend rien à ce qu'ils signalent !



"Alerte bleue (sic), préviens la sécurité, je détecte des écologistes terroristes attaquant notre base !"



"Je les vois sur les écrans, ils sont cinq."



"Bravo, les gardes en ont tué deux, il en reste donc..."



"Quatre ???"



"Euh, les gars, vous avez bu ? Moi j'en vois cinq."



"Mais non regarde, ils sont quatre !"

Les images de ce cours de maths ont été intégralement diffusées dans l'ordre chronologique du film.


J'ai parlé de mes craintes à un scientifique de renom : "Mais dites-moi professeur, sans le soleil, la vie serait-elle possible sur Terre ? Plus de chaleur, plus de photosynthèse, notre organisme a aussi besoin de ses rayons pour survivre, l'oxygène se raréfierait rapidement, le..." Mais il m'a interrompu : "Vous divaguez voyons. Bien sûr que l'on peut vivre sans le soleil. Vous savez, il existe des créatures venant de l'espace plus anciennes que le soleil vivant dans les volcans qui..." Hem, je vous épargnerai le reste du speech, mais apparemment oui, on peut vivre sans le soleil.



N'empêche que le futur, c'est la zone.


McLeod, qui l'ignore, décide que le ciel serait plus beau avec le soleil et mène sa petite enquête. Pendant ce temps, Katana sait (quelques heures après) que ses mercenaires ont échoué. Ah, ces Zeistiens, non seulement ils sont immortels mais ils font circuler l'information plus rapidement que la lumière. Quelle technologie ! Et dire qu'ils se battent avec de simples épées en fer…



Une technologie de pointe... Y'a pas à dire, on dirait une mauvaise imitation du Batman de Burton ! Ha, on me signale que...


Ce déguisement est d'ailleurs extraordinaire, je n'aurais jamais cru voir un appareil planeur, même un oiseau, même un félin volant (si si, même lui !) effectuer un demi-tour sur place.

C'est là qu'arrive la seule vraie star du film, j'ai nommé Sean Connery ! Ramirez ayant traversé les siècles ("Ressuscité" par l'appel de McLeod... comment ? Non, c'est parce que c'est magique aussi), il rejoint son ancien élève. Katana, quant à lui, décide de devenir par la menace l'associé du président de la société du bouclier. Comment ? Pourquoi ? On ne le saura jamais, sinon qu'il montre qu'il est insensible aux balles.



"Mais regardez-moi ce travail, un costume tout neuf !"


Tout se terminera dans l'immeuble générant le bouclier, par un combat grotesque entre McLeod et Katana, tenant plus de la danse des canards que du duel entre nobles guerriers séculaires. Sean Connery, quant à lui, disparaît du scénario par une pirouette totalement indigne : l'acteur avait fini sa semaine de tournage, il fallait bien trouver un prétexte pour le faire disparaître de l'histoire.

A la décharge du malheureux Russell Mulcahy, il faut évoquer les conditions de tournage très particulières qu'il dû subir : tourné en Argentine au beau milieu d'une crise économique d'envergure, le film tomba soudain, du fait de la faillite du co-producteur argentin, entre les mains d'une compagnie d'assurances locale qui imposa au scénario des remaniements sans queue ni tête, aboutissant au désastre que l'on sait. Russel Mulcahy sortira plus tard une édition « directors’s cut », plus longue et éliminant l’histoire des extraterrestres, ce qui malheureusement n’en faisait pas un bon film pour autant.

Quant au scénariste, Brian Clemens, ne s'étant visiblement pas rendu compte du désastre qu'il a causé (ses employeurs non plus visiblement), il participera dès l’année suivante à l'écriture de certains « Highlander » de la série télé. Les Highlanders au cinéma poursuivront leur déchéance, et Lambert atteindra le tréfonds du fond avec son pataud « Vercingetorix ».



"Tu te souviens Lambert, quand on était acteurs ? J'étais le méchant de Total Recall."

"Et moi, le public m'adulait pour le premier épisode"

"Je me demande si je pourrais doubler Sam Fisher dans Splinter Cell ?"


C'était « Highlander II », rideau... comment ça non ? Il y a encore deux suites ? Ah non, désolé, c'était trop dur pour moi.




Addendum de Sledgehammer :

« Highlander 2 » est un film qui a eu plein de problèmes au moment du tournage, en particulier parce que les producteurs avaient décidé de faire le film à Buenos Aires, à un moment où le pays était en proie à l'hyper-inflation. Résultat : ce sont les compagnies d'assurance qui ont récupéré les droits suite aux dépassements budgétaires. C'est un peu la même histoire que pour le « Don Quichotte » de Terry Gilliam.

Effectivement, Brian Clemens est crédité au scénario. Mais un scénario, c'est un texte écrit par pas mal de monde et où on met ensuite un ou plusieurs noms dessus, ceux qui ont signé un contrat et qui toucheront un pourcentage sur les recettes et non pas ceux qui ont écrit tel ou tel passage en se contentant d'un fixe. D'après ce que j'ai pu comprendre, Clemens avait dû trouver une bonne astuce permettant le retour de Sean Connery et une affiche "prestigieuse". Le coup des extra-terrestres, ça semble en revanche venir des assureurs quand ils ont eu le dernier mot sur la production.

La version "Renegade" est un nouveau montage de Mulcahy qui tente autant que possible de se débarrasser des scènes autour de la planète Zorg et de donner un semblant de cohérence à l'intrigue. Toutefois, le film était de toute façon foireux. Rien que le coup de la rame de métro qui fait du 510 à l'heure, où les passagers sont obligés de s'accrocher aux barres et où pendant ce temps les gens qui attendent sur le quai n'ont même pas besoin de reculer quand le métro passe, j'en ai les larmes aux yeux. Ou quand la caisse de Christophe(r) et Sean se fait mitrailler par les services de sécurité et que dans la scène suivante Virginia Madsen sort du coffre sans une égratignure… Bref, « Highlander 2 » est un film pourri mais Lambert n'est pas le pire dedans. Ce sont dans les deux Highlander suivants qu'on sera en plein dans la Lambert’s Touch.



Meowcate
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Highlander le retour
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Les notes des membres

Moyenne : 1.86
avatar de Drexl Drexl : 2
avatar de John Nada John Nada : 2.25
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Cote de rareté

Un film assez facilement trouvable en DVD. Manque de bol, la version "TF1 Vidéo" est toute simple (même pas un 5.1) alors qu'aux Etats-Unis chez "Artisan" existe une version double DVD avec plein de making of promos et une version dite Renegade avec le Director's cut définitif de Mulcahy. Et tout ça on l'attend chez nous !!!



Ah ah ah ! On nous annonce que nos récriminations sont enfin entendues : "Opening" vient de sortir ce 6 mars 2007 l'attendue version Renegade dans notre beau pays ! Alors on garde la tête sur les épaules, on ne dit plus rien et on vous met le visuel en dessous !
Cote de rareté : 1/Courant Consulter le barème de notation

Affiches en plus

Enfin la version spéciale en France !
Enfin la version spéciale en France !
Affiche allemande.
Affiche allemande.
Jaquette danoise.
Jaquette danoise.