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Mad Foxes

  • Titre original : Mad Foxes
  • Titres alternatifs : , Stingray 2, Räder auf feuer
  • Réalisateur : Paul Grau
  • Année : 1981
  • Pays : Espagne / Suisse
  • Genre : Le Renard fait son trou (Catégorie : Sécuritaire)
  • Durée : 1h17
  • Acteurs principaux : Jose Gras, Laura Premica, Peter John Saunders, Helmi Sigg
Note :
4.5
Wallflowers
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Chronique



Rarement un nanar aura flatté aussi farouchement les bas instincts de son public. Mad Foxes (alias "Los violadores" en espagnol, soit "Les Violeurs") est un film qui ne laisse personne indifférent, tant par sa bêtise scénaristique que par son propos inepte asséné avec la délicatesse d’un tractopelle, ce nanar burné aura marqué les esprits de bien de spectateurs qui l'ont découvert, mi-hilares, mi-consternés, lors de différentes manifestations (notamment lors de la 11ème Nuit Excentrique au Grand Rex et à la 3ème Nuit Hallucinée à Lyon).



Cette histoire de vengeances multiples entre un héros solitaire quelque peu insupportable et une horde de néo-nazis quelques peu nudistes n’aura pas fini de vous ronger l’âme.

En voici la chronique.





Mad Foxes, c'est de la bombe de film !


Suivons donc les péripéties de notre protagoniste plutôt pépère qui se prénomme Hal. Hal, qui menait jusqu’alors une existence plutôt flegmatique (nous y reviendrons), va connaître une douloureuse descente aux enfers et céder à l’instinct de violence qui sommeille en lui. Lors d’une banale sortie en voiture avec sa petite amie qui veut fêter son 18ème anniversaire, notre héros Hal se fait emmerder au feu rouge par ce qui semble être un nazi à moto (je dis "semble" car tous les Nazis dans le film portent un brassard du troisième Reich mais sans la croix gammée dessus, à cause de l'interdiction d'arborer des symboles nazis sur les lieux du tournage, en Espagne en l'occurrence). Un Nazi à moto donc, qui ne trouve rien de mieux à faire que de se moquer de lui et de cracher sur la vitre de sa voiture. Hal voit rouge et se met en colère. Car oui, malgré ses 40 ans révolus et son air de sugardaddy gentiment pervers, Hal n’aime pas passer pour une mauviette devant une fille, surtout si elle a l’âge de compter combien d'heures il lui reste avant d’avoir le droit de voter. Il tue dès lors le motard malpoli dans un splendide accident de circulation qui nous fait également apprécier l'incompétence relative du monteur du film.



Hal le pédobear.


Bon, vous allez me dire que les Nazis à moto, c’est comme les champignons en automne : dans les films vous en tuez un et il en repousse une vingtaine dans la demi-heure. Oui vous avez effectivement raison. Mais ce n'est pas ça le problème. Non le souci c’est qu’à partir de ce moment-là, tout va basculer pour Hal et sa vie de vieux dégueulasse.









Vous noterez au passage que le nazi à moto a eu le temps de changer de casque d’un plan à l’autre.


Parce que, je ne sais pas vous mais moi j’ai retenu mes cours d’Histoire au lycée. Et je me souviens très bien qu’il y a deux choses que les Nazis détestent : les Polonais et les gens qui les tuent alors qu’ils font de la moto. Mais ça, Hal n’en sait encore rien. Enfin pour les Polonais peut-être, mais là ce moment il est trop occupé à boire du champagne et du whisky avec sa copine qui glousse et qui a sans doute bu assez d’alcool pour ne plus se soucier ni des regards torves de son cavalier ni de sa dignité. Grossière erreur, car dès leur sortie de boîte, Hal se fera casser la gueule par la bande de Nazis revanchards et sa copine se fera violer à même le sol.





Même quand il fume une clope, Hal a l'air insupportable.


Avant d’aller plus loin dans cette lecture de chronique (que ceux qui ont déjà arrêté de lire pour mater les images de nudité reviennent, s’il vous plaît) il faut reconnaître que Mad Foxes va assez loin dans la violence sordide. Là où des réalisateurs auraient filmé celle-ci de façon pudique, ou avec un minimum de classe et de distinction, Paul Grau y va franco avec l’objectif et il ne faut attendre de lui aucune compromission avec le bon goût. A titre d'exemple, lors de la scène du viol mentionnée ci-dessus, nous aurons l’indélicatesse d’apprendre la virginité de la fille de 18 ans par un très joli plan des doigts d'un des violeurs tachés de sang… avant qu'il ne barbouille le nez de la victime avec. Et c’est là que le film en devient encore plus crétin qu'autre chose : quand il ouvre la porte du sordide nanar, quand il sublime la bêtise crasse qui n'atteint jamais son but, si ce n'est celle de faire rire à ses dépens. Sur cette palette de violence filmique se mélangent avec imbécillité les situations putassières et une ribambelle de personnages nigauds consanguins, donnant ainsi une couleur déconcertante. Cette dernière étant barbouillée avec balourdise et imprécision sur l'écran par l’intermédiaire d'acteurs déplorables qui adorent en faire trop. Surtout déguisés en Nazis.







La gratuité absolue de cette scène est digne des plus grands mécènes. (On a un peu censuré l'une des photos vraiment trop graphique pour un site respectable comme le nôtre.)


Car ces Nazis valent assurément le coup d’œil, mi bikers-mi nudistes ; on assiste finalement au prototype du méchant 2.0. Les méchants qui sont là pour faire du mal aux autres mais qui s’en font surtout à eux-mêmes de par le ridicule de leurs actions et de leurs fringues (quand ils en portent).





Revenons au récit. Pour ceux qui se poseraient la question : Hal s’en sort bien. Après ce qu’il semble être une introspection de quelques minutes sur les événements de la veille, il se sert un whisky le lendemain matin et appelle son pote qui dirige un club de karaté. Après une explication de la situation, il lui demande d'envoyer ses élèves casser du Nazi et ainsi se venger. Vous aurez compris que ce n’est pas Hal qui se vengera par lui-même. Non en fait Hal il préfère confier sa vengeance à d’autres. Avec Hal, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, non… c’est plus une raclette qui se partage à plusieurs.



Après une scène de baston digne des plus enthousiastes productions de kermesses d'élèves de CM1 d'un village rural sans eau ni électricité situé dans les plaines froides du Nord-Isère, les Nazis verront leur chef mourir, étouffé avec son propre pénis tranché par les karatékas. L'histoire s'arrête-t-elle là ? Non, car les Nazis décideront à leur tour de se refaire justice eux-mêmes en s’en prenant à la famille et aux amis d’Hal.

L'approche résolument too much de Mad Foxes vis-à-vis de la violence graphique se décline aussi avec la nudité, par le biais de nombreuses scènes de sexe qui provoqueront chez le spectateur autant d'excitation que la lecture d’un bilan comptable. Notre héros comptera trois conquêtes pendant le film mais c’est surtout avec l’actrice Laura Premica qu’il aura le plus de scènes de coucherie. Dans ce qui semble être un cahier des charges qui n’aurait pas déplu à Marc Dorcel, nous verrons nos deux personnages en action dans le bain (dans une eau couleur pipi), dans le lit, dans la nature, sur la plage… Laura se fait ainsi coïter comme jamais pendant que le spectateur en viendra à cette conclusion sans appel : Hal à beau collectionner les morts brutales autour de lui depuis le début de l'histoire, ça ne l’empêche absolument pas de baiser comme un adolescent.











Hal baise, Hal copule, Hal s'envoie en l'air, Hal s'en paye une tranche... bref, Hal emballe.


Et là, on atteint le point culminant qui donne encore plus de sel à un film qui en avait déjà suffisamment pour rendre jaloux la Guérande entière : Hal, voyez-vous, même avec le maximum de bonne volonté, on a quand même un peu de mal à le trouver sympa. Puissant et débordant mélange de prétention, de suffisance et de nonchalance, Hal est la personnification humaine de ce que les Anglo-Saxons nomment « Douchebag ». Mi-connard, mi-blaireau : on est devant un prototype de héros dont on n'arrive à espérer qu’une chose toutes les 15 minutes : c’est qu’il se fasse casser la gueule. Par n'importe qui, même par les Nazis. Ce qui en dit long sur le degré d'antipathie qu’il suscite.

Enchaînant les conquêtes avec une terrifiante absence d'empathie, Hal atteint le summum de l'infatuation lorsqu’on le voit, dans la demeure de ses riches parents, se la donnant tous les trois plans de caméra avec son visage puant de fierté et ses lignes de dialogue que Narcisse lui-même, racontant bourré devant ses potes du pub local combien sa vie est parfaite, n'aurait pas renié.



Mad Foxes, nanar difforme mais pour autant parfait me demanderez-vous ? Ben ça aurait pu si le penchant du réalisateur à faire du remplissage (entre scènes de boîte de nuit où l’on voit des gens se dandiner mollement et scènes de nudisme sur la plage barcelonaise) n’eut pas été si fort. Ce qui, en définitive, soulage un peu nos yeux entre deux scènes de sexe nauséeuses ou de bastons sanguinolentes. Les plus fins connaisseurs seront aussi sans doute heureux d'entendre que le groupe de hard-rock suisse KroKus accompagne une partie de la bande originale du film.







La notion du remplissage de Paul Grau en trois images...


Bref : violence, sexe, crétinerie, vulgarité, remplissage, voiture de sport… on pourrait relier Mad Foxes avec beaucoup de ces termes hétéroclites sans pour autant le définir. La vérité se trouve un peu au milieu de tout ça. Entre les désirs d’un nanardeur de voir un film généreux, qui satisfera ses attentes, et le curieux sentiment, éprouvé ponctuellement, de ne pas en avoir désiré autant que ça. Car au nom de la Sainte Trinité de la violence, du sexe et du remplissage inepte de pellicule, Mad Foxes nous apparaît comme le prophète d’un genre qui nous étonnera toujours : celui de la bêtise cinématographique qui, à trop vouloir en faire, nous fait trop rire.



STOP, IN THE NAME OF LOVE !


Sources iconographiques : NinjaDixon, Au brocoli qui tousse, Cosmic-tentacles



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Mad Foxes
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Les notes des membres

Moyenne : 3.81
avatar de John Nada John Nada : 3
avatar de Kobal Kobal : 3.75
avatar de Rico Rico : 4
avatar de Wallflowers Wallflowers : 4.5

Cote de rareté

Alors qu'il a tourné un peu partout en Europe (les jaquettes qui suivent le prouvent), le film n'a jamais bénéficié d'une sortie française à l'époque. Lors de son passage aux Nuits Hallucinées et Excentriques, nous avions pu profiter d'une copie espagnole avec des sous-titres français créés pour l'occasion.

Son statut d'OVNI whatthefuckesque lui a valu l'attention de quelques amateurs de déviances pelliculées dans les pays anglo-saxons et germaniques. C'est ainsi qu'en 2015 est carrément sorti un Blu-ray particulièrement soigné chez les autrichiens de "Illusions Unlimited". Hélas seules les versions espagnole, anglaise et allemande et les sous-titres correspondants répondent à l'appel.

Une édition très riche avec un commentaire audio du producteur suisse Erwin C. Dietrich et d'Helmi Sigg (l’interprète de Ronnie dans le film), des interviews, un livret de 28 pages, plusieurs featurettes dont un documentaire allemand réalisé par Üwe Huber, un passionné du bis, "Erwin und die Füxe" qui revient avec le producteur et quelques uns des acteurs sur les conditions de tournages du film.

Et pour quelques affiches/jaquettes de plus :



La VHS britannique



En Amérique du Nord, à cause de la voiture utilisée par notre héros, le film s'est vendu comme la suite de "Stingray", un médiocre film de bagnole avec Christopher Mitchum qui avait eut un petit succès.



Il a existé un DVD allemand semi artisanal avant le Blu-ray, désormais complètement introuvable.



La VHS danoise.



L'affiche originale allemande, qui sert de couverture alternative au Blu-ray.
Cote de rareté : 3/Exotique Consulter le barème de notation