Accueil > Chroniques > Nanars d'action > Guerre > Marines

Marines

  • Titre original : Marines
  • Réalisateur : Mark Roper
  • Année : 2003
  • Pays : Etats-Unis / Bulgarie
  • Genre : Marinade de burnes (Catégorie : Guerre)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : Brant Cotton, Frank Sallo, Mark Ivanir, Lawrence Monoson, Andrew Bowen, Thomas R. Martin
Note :
1.75
Kobal
Kobal

Chronique





« Marines » est une production Nu Image qui fait partie de la série de films burnés Patriot Act, réalisée consécutivement au 9/11, et dont certains représentants illustrent déjà ce site (« Air Strike », « Special Forces USA »).





Marines va vous mettre les points sur les "i".




Pour le coup, ce sont ces salopards de Tchétchènes terroristes tueurs d'enfants qui vont en prendre plein la gueule. Et surtout leur chef, Vladimir Antonov, un boucher probablement islamiste qui fait régner la terreur sur cette "petite province où il n'y a que de la neige et des yacks". Direction donc la Bosnie... ou la Serbie... ou la Tchétchénie, tout ça c'est pas très clair, m'enfin bon, on s'en fout, ce sont des nids de poseurs de bombes, c'est là tout ce qui compte. Là, c'est le drame : cachés derrière des voitures à 10 mètres des méchants, nos Marines gueulent un peu fort dans leur micro-caméra et se font gauler comme des bleus, onze patriotes tombent sur le terrain vagu... euh, le champs de bataille, les terroristes défoncent des murs de briques avec leur jeep et kidnappent des blessés américains, Antonov se marre en se barrant juste sous leur nez, bref, c'est la tehon et en plus, la mission est salement merdée. Faut dire que le rascal tchétchène a des méthodes dignes du KGB : "le saligaud utilise un sosie" !





Le colonel aime prendre sa douche devant monsieur l'ambassadeur.






Après la date ou l'heure, la nouvelle mode : les coordonnées. Histoire de pouvoir aller y faire un tour à l'occasion.




Ni une ni deux, l'état-major US décide de laver cette humiliation en renvoyant direct une troupe sur place avec pour mission :

1 - De ramener Antonov vivant.

2 - De ramener nos p’tits gars (ou leur cadavre) chez eux.

Mais pour ne pas que cela tourne au vinaigre, les grosses huiles décident de saler le jeu en forçant leurs Marines à collaborer avec une troupe russe. Et d'ajouter tant qu'à faire un nouvel objectif :

3 - Récupérer le trésor de guerre d'Antonov pour le refiler à Moscou... ainsi que la Tchétchénie par la même occasion, en cadeau bonus. Ah bah qu'est-ce que vous voulez, face au terrorisme faut bien se serrer les coudes entre vieux ennemis. En toute impunité internationale, il va sans dire.





L'oreille de Moscou n'a pas de cheveux.





Un peu de méditation christique avant d'aller bouchailler les hérétiques.




Patriotisme, camaraderie et testostérone : les trois mamelles du DTV qui caresse le pays dans le sens du poil.



On parle souvent du mélange des médiums : bédé, cinéma, littérature, jeu vidéo, musique, etc. Dans le cas présent, il est évident qu'après avoir pillé tous les grands films classiques du genre, ce sont les FPS de guerre comme Medal of Honor ou Call of Duty, ainsi que leurs confrères plus modernes à la Counter-Strike ou TCE, qui sont à leur tour victimes de la repompe sauvage. De nombreuses scènes de bataille de « Marines » semblent en effet directement tirées de maps standards, que ce soient la progression dans un couloir avec des têtes de terros qui émergent derrière chaque sac de sable, la charge sauvage sous la pluie de balles ennemies avec jet régulier à plat ventre dans un trou ou la pose d'une charge explosive sur un tank en mouvement. C'est avec nostalgie qu'on se remémore telle ou telle partie et on aurait presque envie de bouger sa souris par moment pour débusquer les Tchétchènes embusqués. Cette impression se trouve sans doute renforcée par le fait que plusieurs acteurs ont par ailleurs prêté leur voix à certains de ces jeux.



Le spectaculaire prime toutefois sur la cohérence car le décompte des morts est très aléatoire : on voit des dizaines de Marines mourir fauchés et pourtant, au final, le caporal ne recense qu'un mort et un blessé (capturé en plus). Vigueur américaine ou désinformation soviétique ? Au moins, ceux qui voulaient des combats en ont pour leur argent, car notre fer de lance de l'infanterie est tellement au point qu'elle tombe dans chaque piège tendu par les ploucs locaux. On assiste ainsi à une succession d'affrontements, un peu lassant à la longue.



Exclusif - Des méthodes d'intervention uniques au monde !





Faire un bon feu en territoire ennemi.





Toujours laisser dépasser une tête casquée de sa planque.





Se déplacer en troupeau aggloméré dans les prairies tchétchènes.





Filmer le cul de ses collègues avec une caméra achetée d'occaze.





Avoir un boss efficace qui squatte tout le film dans son bureau en attendant que ça se passe.




Après, ça y va tant que faire se peut dans le patriotisme déplacé, sans pour autant atteindre le degré affolant d'un « Air Strike ». N'empêche, grâce à leur dico anglo-russe, les vannes anti-Russkofs fusent et c'est tous les jours la compét' de qui aura la plus grosse. D'ailleurs, le véritable héros du film, c'est la franche camaraderie virile des Marines que même le méchant planqué d'ambassadeur bureaucrate Flanders il peut pas briser. Les soldats sont même sympas avec les autochtones et distribuent des Snickers contre des bisous de petites vieilles à fichu noir. Quant aux jeunes filles, s'ils interviennent pour empêcher leur viol, ils ne peuvent se retenir de mater trop longtemps et d'arriver une fois que le forfait a déjà commencé. L'efficacité même.





La joie de vivre à la tchétchène.





Flanders, décidément un nom à réserver aux moustachus à lunettes.




Pour le plaisir, un dialogue onaniste :

- J'aimerais vous présenter maintenant une femme qui vous sauvera la vie : la Kalachnikov. C'est la reine de la puissance et de la précision. La Russie en a fabriquées plus de 50 millions.

- C'est de la merde.

- Auriez-vous une question à poser, Caporal ?

- Oui, je voudrais savoir pourquoi on nous donne pas une arme bien de chez nous. Nous aussi on sait faire des fusils, Colonel.




Au rayon détail nanar, le spécialiste apercevra ici un bout de tapis en mousse pour réceptionner les chutes, là un probable trampoline pour projeter en l'air quelques soldats, ou enfin un doubleur qui se parle à lui-même via deux personnages. Mais déception, pas de CGI affreux ou de véhicule en carton. Faut dire que Nu Image a eu de la thune pour le coup, maximisant son budget avec un tournage en Bulgarie (où la firme a pris l'habitude de tourner certaines de ses productions, comme « Shark Attack 3 » ou « Piège en Eaux Profondes ») et bénéficiant d'un impressionnant déploiement de matos militaire (ça, l'armée, dès que tu fais un film en leur faveur, ils sont pas regardant sur la dépense). Ça compense le scénario un peu obscur par moments (y'a une histoire de taupe qui n'est pas très creusée), ainsi que la psychologie restreinte des persos.





Mort d'un patriote en mousse.





Y'en a qui ont vu « Full Metal Jacket ».





La 4ème armée du monde.




Malgré d’indéniables qualités, « Marines » n'est pourtant qu'un petit nanar : en effet, le film est globalement bien mené et surtout il souffre d'un côté un peu trop puant au vu de la situation actuelle en Tchétchénie, même si ce côté est bien souvent étouffé par le ridicule de la chose. Mais bon, quand ils veulent, ils savent ne pas faire dans la finesse nos patriotes de Nu Image. La fin est d'ailleurs là pour rappeler que les Marines y-z'en ont rien à branler des conventions et de tous ces trucs de pisse-froids droits-de-l'hommistes : un bon terro est un terro lynché, point barre.





Le « Laser Force » des années 2000.





A Promizoulov, ils ont des p'tits vieux qui viendront eux aussi.




Remarquez, ça devait être le même ressenti qu'on pouvait avoir à l'époque des films reaganiens qui nous font tant rire maintenant. Alors les films W.bushiens, pari sur l'avenir ?





Kobal
Kobal

Marines
PUB

Cote de rareté

Le film est sorti chez nous en DVD à l'unité et en coffret spécial « Héros Américains » avec un packaging de goût.



Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation