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Ninja the Final Duel

  • Titre original : Ninja the Final Duel
  • Réalisateur : Robert Tai
  • Année : 1986
  • Pays : Taïwan
  • Genre : Kung-fu et débauche de polystyrène (Catégorie : Ninjas)
  • Durée :
  • Acteurs principaux : Alexander Lou, Eugene Thomas, Alice Tseng, Toby Russell, Yi-min Li, Silvio Azzolini
Note :
4
Leonard Braquame
Leonard Braquame

Chronique









Suite à un malentendu autour d'une tentative d'assassinat sur le grand maître du temple Shaolin (un bête incident de nettoyage de shuriken, paraît-il), le clan ninja d'origine japonaise impliqué se retrouve dans l'obligation de s'amender auprès des moines Shaolin en leur présentant une pancarte célébrant le jeu de sourcils de leur chef.





Le grand moine Shaolin, tout en pilosité faciale.





Le grand chef machiavélique des ninjas, tout en rire sardonique.




Cependant, ce genre de mondanités n'est pas du goût de Shang Ren, chef du clan ninja Hi-Ho, qui prête serment de venger l'honneur de ses compatriotes en lançant ses ninjas surentraînés à l'assaut du temple de Shaolin tout en se laissant aller à de grands rires maléfiques environ toutes les 13 minutes de film. Nous assistons alors à une exceptionnelle séquence d'entraînement ninja, au cours de laquelle les SEPT "ELEMETS" (oui oui, sans "n", voyez par vous mêmes) de la maîtrise du ninjitsu sont passés en revue :



- "ELEMET OKINAWAN THUNDER FIST" : une première séquence où l'on constate que les figurants ne sont pas complètement incompétents en arts martiaux, même si parfois on leur demande de mettre des coups de boule sur des tas de tuiles déjà cassées ou sur des blocs de glace préalablement fendus.







- "ELEMET NINJA LIGHT SKILL" : que l'on pourrait traduire par "élément ninja talent léger", et qui consiste à apprendre à se déplacer efficacement (comprendre "avec plein de roulades et de galipettes aussi constantes qu'inutiles"). Une option "rattrapage de la canne du maître en plein double salto piqué" est également disponible, comme illustré ici.







- "ELEMET WATER SPIDER ASSAULT UNIT" : ces images, je pense, se passent de commentaires.









- "ELEMET IRON TIGER CONQUERS THE FOREST" : affublés de masques grotesques bien que d'apparence vaguement traditionnelle, les ninjas crapahutent sans relâche dans la végétation locale au son des samples de rugissements de tigre.







- "ELEMET NINJA, ROCK, CLIMBING FORMATION" : la varappe façon ninja. Tout d'abord, on jette bien tous ensemble en l'air des cordes sans grappin, en tas, de manière à ce qu'elles n'aient aucune chance de s'accrocher où que ce soit. Ensuite, on escalade la falaise de manière suspicieusement efficace, un peu comme si des images de descente en rappel étaient passées à l'envers. A part ça, c'est impressionnant.







- "ELEMET NINJA HEAVEN DEATH WISH BLADE" : Précisons avant toute chose que cet ELEMET est complètement dénué de tout aspect paradisiaque ou mortel, ou de souhaits ou encore de lames, ce qui rend la justification de son titre assez difficile. Il s'agit en fait, d'après la voix off, des préparatifs pour la "HELL UNDER EARTH MANEUVRE". Au son brutalement psychédélique du flûtiau de leur maître, les ninjas sortent leurs pelles de guerre en inox et s'enterrent dans de petits trous individuels, avec couvercle, chauffage collectif et toutes les commodités. Ils sont parfaitement indétectables, comme il est impossible de le détecter sur nos images.







- "ELEMET HELL UNDER EARTH MANEUVRE" : celle-ci on l'attendait depuis un moment, puisque grâce à un montage infortuné, son titre est apparu en plein milieu de "ELEMET IRON TIGER CONQUERS THE FOREST". Nous retrouvons donc nos ninjas dans leur milieu souterrain, alors qu'ils se lancent dans un effréné creusage horizontal façon escouade de taupes de jardin, et qui va se conclure par une hallucinante mise à feu de pas moins de six mannequins en mousse, éjectés de leurs trous tels des ICBM de leur silo nucléaire. Afin d'accentuer la portée dramatique de la scène, le directeur de la photo a crû bon de coller un filtre orange assez vomitif sur la moitié supérieure de l'image. Pourquoi pas.





Voilà donc 10mn à très forte teneur en nanar.





Comme tout grand maître ninja maléfique qui se respecte, Shang Ren est un virtuose du pipeau.




A la suite de cette imposante séquence d'entraînement, le maître ressort son flûtiau afin de ranger ses ninjas dans leurs trous individuels, puis s'installe confortablement dans le but d'ourdir un complot contre les Shaolins et de remplir son quota de grands rires sardoniques.





Des moines japonais de tendance politique un peu trop à droite au goût de notre héros.




Sans transition, nous sommes transportés dans un lieu non précisé au Japon, où se tient une cérémonie initiatique, impliquant Wang Chi Choung (Alexander Lou) et son faire-valoir de frère. Remarquons que l'on essaye de nous faire avaler, malgré un patronyme à connotation aussi chinoise que "Wang Chi Choung", que tous deux sont des moines bouddhistes de nationalité japonaise (il en va de même pour Shang Ren, d'ailleurs).



Quoi qu'il en soit, le but de la manœuvre semble être de préparer Wang Chi Choung au combat afin qu'il aille défier les moines Shaolin. Pour cela, il se fait violemment savater au bâton par ses petits camarades, ce qui fait de lui un homme, un vrai. Il s'en sortira finalement en marchant sur la tête de ses adversaires, grâce à un trucage assez grossier.







Alexander Lou, champion d'Asie du 50m sur têtes.





Son copain est tellement fier de lui qu'il applaudit des pieds (vous me direz, ça vaut toujours mieux que de faire bravo des fesses).





Nous passons enfin aux choses sérieuses, et c'est au cours d'une scène horriblement sous-exposée et agrémentée de samples de sonar de sous-marin que les ninjas attaquent le temple de Shaolin. C'est tellement sombre qu'on devine à peine voler les shurikens grâce à l'effet sonore extrêmement nanar qui leur a été associé.





Non, il refuse d'arrêter.




Le lendemain matin, c'est le calme plat si ce n'est pour Marc et Mario (?), deux moines de confession haré-krishna, en provenance de "California, USA", qui font le pied de grue devant le temple en jouant du tambourin. Wang Chi Choung et son ami sont également là. Comme personne ne peut rentrer dans le temple, tout ce joli monde décide d'aller se coller des baffes dans les bois, par pur désœuvrement.





« We're from California, USA » (les amateurs les plus pointus auront reconnu ici Silvio Azzolini, trogne familière des oeuvres de Robert Tai).




Soudain, un bruit, à mi-chemin entre une corne de brume et un énorme pet (je ne vois pas comment le définir plus précisément, je vous assure) se fait entendre, signe incontestablement révélateur d'une situation de jeune fille en détresse. En effet, nos héros découvrent Alice Tseng, occupée à se faire tabasser par des nervis non identifiés, et qui sera sauvée de justesse grâce à un bouche-à-bouche et un massage cardiaque pratiqués par les haré-krishna, technique bien connue pour réanimer les victimes de coups et blessures.





Des images bien trop rares dans les films de ninja grand public.




Pendant que les moines haré-krishna se font rosser pour être entrés par effraction dans le temple Shaolin, tout se précipite pour nos amis japonais. Le frère de Wang Chi Choung se fait attraper par le grand chef ninja et subit un lavage de cerveau qui l'asservit à la volonté de ce dernier, qui manifeste alors son contentement par, je vous le donne en mille Emile, une triple rasade de rires sardoniques surjoués. De son coté, Wang Chi Choung a recueilli la jeune fille agressée dans les bois, l'a foutue à poil, puis l'a immergée encore inconsciente dans une barrique d'eau avant de partir lui-même prendre un bain, ce qui est une technique de réanimation comme une autre, après tout.



C'est bien sûr le moment que choisissent les vils ninjas pour attaquer, ce qui à l'avantage de nous offrir une très belle séquence de combat de femme à poil. Wang Chi Choung accourt prestement en slip et brassards, et finit de friter les ninjas. Tous les deux s'échappent juste à temps, car le grand maître ninja arrive immédiatement sur les lieux, en caleçon (en même temps ça à l'air d'être le thème de la soirée).





Je vous préviens : des images de Shang Ren pris d'un grand rire sardonique, j'en ai au moins encore 4 à caser d'ici la fin de la chronique.




Les choses prennent alors un tournant plus international avec l'arrivée au temple du "black monk", en provenance directe de Harlem. Malheureusement le malentendu s'installe d'emblée avec Wang Chi Choung, qui méprend le black monk pour le meurtrier de la combattante à poil, celle-ci ayant été récemment décapitée par les ninjas. C'est bien entendu la baston, jusqu'à ce que le quiproquo soit dissipé par le frère de Wang.





Le black monk de Harlem (Eugene Thomas), qui a fait le déplacement tout spécialement pour la 21ème convention mondiale du costume à grelots.





Shang Ren, grand maître de l'humour de répétition.




Alors qu'il se promène sur la plage, le black monk est victime de la HELL UNDER EARTH MANEUVER, et se retrouve à subir les assauts d'une douzaine de ninjas armés de faucilles à chaîne. Il se débarrasse de ces nervis assez facilement, mais doit ensuite affronter Shang Ren et sa terrible technique de moulinage de bras. A noter que ce dernier est, une fois de plus, en caleçon. Le black monk est terrassé par Shang Ren, qui s'en montre très satisfait et le manifeste d'un rire sardonique, cette fois tout en se téléportant en marche arrière, ce qui constitue une variante intéressante et pleine de fraîcheur.





Shang Ren se rit aussi de la mode.




C'en est trop pour les Shaolin, qui décident de passer à l'offensive en allant se promener dans les bois. Alors que deux d'entre eux avaient décidé de se baigner pour passer le temps, ils sont attaqués par la terrifiante "WATER SPIDER ASSAULT UNIT". C'est de loin, je pense, la scène la plus nanarde du film. Certes, on avait été avisé de leur présence lors de l'entraînement, mais les voir en action est assez inoubliable. Pour avancer, les ninjas rament sur les araignées avec leurs pelles ou alors pataugent assez lourdement avec leurs jambes, à cheval sur la tête des araignées. De temps en temps, sans raison particulière, tout le bordel décolle dans les airs, araignées et ninjas juchés dessus, dans un tourbillon de mannequins en mousse absolument faramineux, accompagné d'un bruit de réacteur d'avion. Gigantesque d'énormitude, rien de moins.





Une superbe araignée en mousse, que l'on voit ici en plein vol, surmontée d'un demi-ninja en mousse lui aussi. Quel beau matériau, décidément.





La propulsion laisse éventuellement quelque peu à désirer.





Le réalisateur ne recule devant rien et ose même les extrêmes close up. Respect.





En tout cas Shang Ren en est très content, de sa WATER SPIDER ASSAULT UNIT.




A terre, le combat fait rage. Les Shaolin sont plutôt slip, à l'image du frère de Wang Chi Choung, là où les ninjas sont résolument caleçon, à l'image de leur chef.





Grâce à son écharpe au motif "briques", le grand moine Shaolin arrête les shurikens comme avec un mur. Normal. Logique.





Une belle projection de ninja en mousse, comme ça, en passant.





Bon promis c'est la dernière. De toute façon la fin du film approche, il va bientôt y passer.





Une image du début de l'agonie d'Alexander Lou, surjouée à l'extrême pendant les deux bonnes minutes qui la constituent.




Le grand final voit bien sûr l'affrontement entre Shang Ren et Wang Chi Choung. Pour ne pas ruiner le suspense, je me contenterai de vous dire qu'ils s'entretuent à la fin, après moult acrobaties inutiles, séquences accélérées et autres moulinages de bras. Les images qui suivent illustrent efficacement, je pense, toute la portée de la contribution du jeu des acteurs à cette tragique (et équivoque) scène finale.











Additif de Drélium :



"Ninja Final Duel", l'un des plus beau fleuron du kung-fu bis taiwanais est aussi le film préféré de Robert Tai. Le métrage originel durait plus de 13h tournées entre 1984 et 1986, une soif inarrêtable de chorégraphies qu'il condensera en 8 heures pour sa version exploitée qui sortira uniquement sous la forme de quatre vhs taiwanaises de 1h40 chacune, extrêmement difficiles à trouver, interdites à la distribution et que seuls quelques spécialistes possèdent aujourd'hui. Il parvient néanmoins à sortir son "oeuvre" en 1986 sous la forme d'un long métrage, en l’occurrence ce film titré « Ninja the Final Duel », avec l’aide de son ami l'acteur-producteur-artiste martial Toby Russell. Un autre volet tiré des VHS taiwanaises originelles sortira finalement avec beaucoup de difficultés en 1999 sous le nom de « Shaolin Dolemite ». Réalisé entièrement en extérieur, l'action de Final duel a pour cadre l'un des plus utilisé parmi les magnifiques temples Shaolin coréens, que l'on retrouvera dans nombre de films de kung-fu de seconde zone, ainsi que dans le chef-d'oeuvre de King Hu « Raining in the mountain ».





Leonard Braquame
Leonard Braquame

Ninja the Final Duel
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Les notes des membres

Moyenne : 3.67
avatar de Kobal Kobal : 4
avatar de Leonard Braquame Leonard Braquame : 4
avatar de Rico Rico : 3

Cote de rareté

Une pièce inédite en France mais heureusement redistribuée récemment par plusieurs éditeurs : les Américains de "K.O.C.H. entertainment" en zone 1, puis les Néérlandais de "Crashcinéma" dans leur collection "Kung Fu Classics" (est-il besoin d'en dire plus sur la vocation de cet éditeur ?) en zone 0. Les 2 DVD jouissent d'ailleurs d'une jaquette quasi-similaire et de la même piste anglaise.









Une édition DVD britannique avec « Ninja the Final Duel » et « Shaolin Dolemite ».




Au passage et sans supplément au prix des consommations, quelques pimpantes jaquettes vidéo internationales...









Un schéma explicatif pour y voir plus clair dans les différentes éditions !




Attention à cette jaquette volante, manufacturée par un éditeur indélicat qui vient orner le visuel de « Ninja the Final Duel » du titre « Kung Fu Executor ». Cette édition DVD contient en réalité « L'Exécuteur défie l'empire du kung-fu », de Godfrey Ho.



Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation

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