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Ninja Terminator

  • Titre original : Ninja Terminator
  • Réalisateur : Godfrey Ho
  • Année : 1985
  • Pays : Hong Kong
  • Genre : Ninja tueur de crabes et de pastèques (Catégorie : Ninjas)
  • Durée : 1h25
  • Acteurs principaux : Richard Harrison, Hwang Jang Lee, Bruce Stallion, Philip Ko, Jonathan Wattis, Maria Francesca Harrison
Note :
2
LeRôdeur
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Chronique





Nanar, ce film l'est assurément. En grande partie grâce à la présence du sublimissime Richard Harrison qui nanardise tout quoi qu'il fasse. Comme toujours l'intrigue est simple (dans le sens neuneu, j'entends) et complexe à la fois (on n'y pige que dalle, comme d'habitude). Le film mélange deux scénarii en même temps : l'un est à base de ninja, l'autre est un polar kung-fu très occidentalisé (les Chinois jouent au base ball, s'en vont dans des boîtes branchées danser le jerk sur de la musique pop et se la jouent façon James Bond).







Premier scénario : 3 ninjas, dont Richard Harrison, volent chacun une partie de la statuette des maîtres du kung fu du temple ninja. Cette statuette, un simple Mako moulage peint en doré, permet, quand on la possède en entier, d'être un ninja invincible que même quand on te balance des grands coups de sabres dans la tronche ça fait pas du tout mal.





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Evidemment, les ninjas du temple cherchent à récupérer la statuette, zigouillent l'un des trois voleurs et viennent embêter les deux autres (qui eux-mêmes se lancent des défis crétins), jusqu'à ce que ce soit Richard Harrison qui gagne. Normal, c'est la star.





Nous aussi on se prosterne devant ce film !




Deuxième scénario (polar kung fu avec Wong Cheng Li) : Le Tigre est un mafieux très méchant qui trafique de la drogue. Il est recherché par un policier d'Interpol nommé Jaguar Wong. Le Tigre s'est fait entourlouper par un gus qui lui a volé de la drogue et qui est mort depuis. Du coup il s'en prend à la soeur du gus parce qu'il la soupçonne de savoir où est la drogue. Mais heureusement le Jaguar d'Interpol intervient à coup de tatanes dans les gencives et à la fin, il libère la fille et le Tigre finit mort et ensablé (non, pas enterré : il meurt sur une plage).







Voilà. En soi ça n'est pas compliqué si on prend les deux histoires indépendamment, sauf que, tripatouillage oblige, il a fallu faire coïncider malgré elles les deux intrigues. C'est là que ça devient n'importe quoi. Le ninja zigouillé dans le premier scénar devient le frère de la fille du second scénar, Richard Harrison téléphone de temps en temps au Jaguar d'Interpol ou bien reçoit des coups de fil du Tigre, tout le monde connaît le numéro de tout le monde. Dans les pages jaunes de Hong Kong il doit probablement y avoir des rubriques "ninja", "mafieux", "Interpol" et même "victimes d'enlèvement"). Le Tigre, au lieu de la drogue, recherche une statuette kung-fu en s'en prenant à la fille qui n'y est pour rien puisqu'elle n'apparaît pas dans le premier scénar et le film devient ainsi une suite de scènes incohérentes avec, le plus souvent, le Jaguar qui se fritte avec des gars dont on ne sait pas qui ils sont, re-montage à la tronçonneuse oblige.





Harry, le maître ninja (Richard Harrison) parlant au téléphone avec Jaguar Wong, l'agent le plus frimeur d'Interpol (Jack Lam).




Mais une histoire embrouillée ne suffit pas à faire un nanar. Passons donc au contenu.



La partie polar "Tigre contre Jaguar" est assez peu chargée en scènes nanardes. Seuls quelques éléments font sourire, comme par exemple la splendide perruque dont est affublé le Tigre : une moumoute blonde platine du plus bel effet (ils ont envoyé un ninja pour scalper Mireille Darc, c'est pas possible autrement...). Il y a aussi quelques combats rigolos, quand le Jaguar, très cool, se bat avec les mains dans les poches et ouvre des coffres de voiture avec ses pieds ou bien encore lorsque le Tigre, après un double flip / triple salto sur une plage, se retrouve enfoncé dans le sable jusqu'à mi-cuisse. On a droit également à une réplique-culte en pleine scène d'enterrement : "mon frère à été retrouvé mort avec un objet contondant planté dans le dos !"(rappelons au dialoguiste que par définition, un objet contondant ne provoque que des contusions, sans blessure ouverte). Mais pour le reste, il faut bien avouer que cette partie du film est joliment photographiée, la réalisation est beaucoup moins hystérique qu'à l'habitude et il y a même quelques chouettes ralentis et des combats bien réglés. On peine à traquer la nanardise.





Wong Cheng Li ? Parce qu'il le vaut bien...




Heureusement, il y a la partie "ninja" avec Richard Harrison. Alors là, c'est grandiose. Du nanar éléphantesque. Il n'est pas une scène qui ne fasse se tordre de rire, c'en est presque douloureux. Richard Harrison est GRAND. On en vient même à croire que les scénaristes, les costumiers et le réalisateur se sont mis d'accord dès le départ pour le ridiculiser, lui et les autres ninjas.





Impressionnant, non ? Non ??




Passons rapidement sur les scènes d'action ninja, et pour plus de détails reportez-vous à la chronique de "Ninja Fury", en gros c'est la même chose en pire, tout le monde est filmé en accéléré, tout le monde se déplace en faisant des roulades et des flips, tout le monde est grotesque. Ajoutons que cette fois-ci les ninjas ont des coups très spéciaux : ils ont des sabres qui apparaissent tout seuls dans leurs mains et dont les manches envoient du gaz paralysant, des shurikens qui tournent tout seuls façon scie électrique, et ils ont en outre le don de pouvoir s'habiller en deux secondes ou de disparaître de l'écran à leur guise grâce à un subtil effet de montage à la Georges Meliès (ça n'impressionne plus personne depuis 1905 mais bon...). Le plus balèze dans le genre, c'est le ninja rouge qui a lui le don appréciable de pouvoir se suicider par auto-explosion juste en se grattant le nez. Si vous êtes arrêtés à un feu rouge et si vous êtes un ninja, ne vous grattez jamais le pif, c'est un conseil. M'enfin après tout, ça change des habituels hara-kiri.







Et puis il y a Richard Harrison lui-même. Ouh la la !





Richard Harrison, toujours aux aguets.




- Richard Harrison téléphone beaucoup, comme je l'ai déjà signalé. Faut voir la gueule du téléphone... Il a un téléphone Garfield (oui, le chat Garfield, la BD de Jim Davis, si vous ne connaissez pas achetez Télé-Poche). Un gros téléphone en forme de chat orange qui ouvre les yeux quand il décroche ! Difficile de le prendre au sérieux après ça.





D'un autre côté, qui pourrait le soupçonner d'être un maître ninja ?!




- Richard Harrison est un crabe-killer. Je m'explique : RH est dans le salon, sa copine vient le voir :

- "Je t'ai préparé ton plat préféré

- Ah oui, du crabe à la vapeur ?

- Non, du crabe-ivre (???)"

et puis la copine part dans la cuisine, une autre pièce complètement en dehors du champ de vision de RH. Mais les crabes se sont échappés sur le carrelage de la cuisine (zoom sur les crabes). La fille hurle comme une folle. Que va faire RH ? Se lever, aller dans la cuisine, remettre les crabes dans la marmite et consoler sa copine ? Non. RH esquisse un petit sourire, reste assis dans le salon, saisit un poignard, le lance devant lui et transperce un crabe. Effarant !







- Richard Harrison s'entraîne au kung fu en se donnant des coups de sabre dans l'avant bras et en trucidant des pastèques.







- Richard Harrison reçoit des menaces de l'empire ninja qu'il a dépossédé de la statuette sacrée. L'empire ninja communique par l'intermédiaire d'un robot. Non pas un robot style Robocop, mais un simple robot-pif gadget en plastique de 5 centimètres de haut qui se remonte avec une clef dans le dos. Le jouet lui envoie des menaces débiles en clignotant de la tête ou bien lui lance des giclées de gaz paralysant et puis s'en va... Et puis de temps en temps il revient lui apporter des VHS avec des images de l'autre histoire pour donner un semblant de cohérence au film ou mieux encore, une fois le robot se pointe avec une K7 du film "Ninja Fury" dont on reconnait la scène finale du hara kiri sur la télé de Richard Harrison ! J'en étais sûr, Richard Harrison est un amateur de nanar ! Et en plus il se les fait livrer à domicile par un jouet en plastoc ! Respect.





Des ninjas à la pointe de la technologie.




Note : 2 sur 5 car la moitié du film n'est pas nanarde à mon sens. A voir d'urgence cependant pour Richard Harrison, le ninja en treillis, pour la scène des crabes, pour celles du robot et plus généralement pour toutes celles où apparaît le grand Richard.





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Moyenne : 2.9
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Cote de rareté

Le film est un des plus connus de Godfrey Ho (bon, d'accord, c'est très relatif), il a donc bénéficié d'une ribambelle de DVD internationaux généralement tout simples. En Grande-Bretagne tout d'abord, chez l'éditeur "Hollywood Video" dans sa collection ninja, qui recycle plein de vieux Godfrey Ho. On peut même le trouver couplé à "Ninja Dragon" avec encore Richard Harrison et Bruce Stallion. On aurait même vu une édition 4 films avec les deux précités plus "Golden Ninja Warrior" et "The Ninja Squad". Misère...







Aux Etats-Unis c'est Wong Cheng Li, plus connu sous son surnom de Silver Fox, qui est mis en avant dans "Silver Fox and Ninja Terminator" chez "Ventura distribution" dans sa collection "Silver fox". En Italie aussi on peut retrouver ce film chez "Millenium Storm", qui réedite en DVD dans la péninsule tous les Godfrey Ho sous des jaquettes à l'élégante sobriété (version italienne seulement).







Et en France ? En retard, comme d'hab'. Il faut encore essayer de retrouver la cassette de chez "Delta Video" (heureusement assez courante en trocante).
Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation

Affiches en plus

VHS espagnole.
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Le DVD anglais, qui crédite bizarrement Bruce Stallion.
Le DVD anglais, qui crédite bizarrement Bruce Stallion.