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Ninja Vs Bruce Lee

  • Titre original : Ninja Vs Bruce Lee
  • Réalisateur : Joseph Velasco
  • Année : 1982
  • Pays : Hong Kong
  • Genre : Patchwork (Catégorie : Bruceploitation)
  • Durée : 1h19
  • Acteurs principaux : Bruce Le, Lo Lieh, Kong Tau, James Nam, Cheung Lee
Note :
2
Barracuda
Barracuda

Chronique

Un titre comme Ninja Vs Bruce Lee ne peut laisser indifférent le nanardeur. En effet, avec un faux Bruce Lee (je suis sûr que, comme moi, vous n'avez pas envisagé une seule seconde qu'il puisse s'agir du vrai) confronté à des ninjas, la présomption de gros nanar est forte, d'autant plus qu'ici le faux Bruce Lee n'est autre que Bruce Le, qui a notamment tourné avec le grand Jean-Marie Pallardy et qui commence à être un habitué de Nanarland. Disons-le tout net : Ninja vs Bruce Lee n'est pas tout à fait à la hauteur de ses promesses, mais il reste un nanar de bonne tenue tout à fait regardable.





Rassurez-vous, Bruce ne manie jamais le M16 et n'affronte aucun ninja armé d'un sabre...




L'histoire, passablement confuse, tourne autour d'un trafic d'antiquités entre le Japon et la Chine sur lequel enquêtent des policiers japonais ainsi qu'un agent secret de Hong Kong, Bruce Wong (Bruce Le). Le film se déroule donc entre le Japon et à Hong Kong avec un détour par Manille, le temps pour Bruce de castagner un gang de Philippins racistes. L'intrigue policière est assez ennuyeuse mais régulièrement ponctuée de scènes de combat nanardes où Bruce Le nous donne une pleine démonstration de ses talents.







Bruce Le, c'est la grande attraction du film : dès qu'il apparait à l'écran, le taux de nanardise monte en flèche. Son grand défaut, c'est que toute sa carrière est construite autour d'une vague ressemblance avec Bruce Lee et que du coup, à chacune de ses apparitions, il tente d'imiter le Maître. Le problème, c'est qu'il imite Bruce Lee comme Michel Leeb imite les Africains : épouvantablement mal et en accumulant tous les clichés possibles. Tout comme Michel Leeb, Bruce Le n'est pas un imitateur de Bruce Lee, mais une (involontaire) caricature d'imitateur de Bruce Lee. Et vas-y que je t'en rajoute dans les poses qui tuent, dans les pseudo-coups spéciaux et surtout dans les cris hystériques et suraïgus que Bruce Le ne peut s'empêcher de pousser à chaque mouvement, transformant tous les combats en une succession de OOOOIIIIIIIIHHHHH ! et de WAAATAAAAIIIIII ! ponctuant des mouvements raides et sans grâce qui pour la plupart passent à cinquante bons centimètres de leur cible.





En fait je pense que la tenue d'Uma Thurman dans Kill Bill n'est pas une référence au "Jeu de la mort" mais bel et bien à "Ninja vs Bruce Lee"...




Vous aurez remarqué qu'à aucun moment dans cette chronique je ne fais allusion à nos amis les guerriers de l'ombre : c'est la grosse déception du film, on n'y voit pas l'ombre d'un ninja. Les seuls qui ressemblent vaguement à des ninjas, ce sont les méchants du début, affublés de cagoules ridicules à mi-chemin entre le masque d'apiculteur et la cagoule du Ku Klux Klan.





Chez les ninjas aussi, la gangrène du racisme progresse




En fait, leur absence s'explique mieux lorsqu'on sait que Ninja vs Bruce Lee est en fait l'assemblage incertain de bouts de films tirés de pas moins de trois métrages différents. Recyclant ses propres productions (sous l'impulsion du producteur Robert Jeffery ?!), la compagnie avec laquelle Bruce Le était sous contrat a concocté une sorte de best of indigeste à partir de Le Cri Qui Tue (Return Of Bruce, 1977), My Name Called Bruce (1978) et Les Six Epreuves de la Mort (Enter The Game Of Death, 1978 ), tous les trois réalisés par Joseph Velasco avec Bruce Le. Comme le feront plus tard Godfrey Ho & Joseph Lai, l'ensemble a été redoublé à la volée. Dès lors, inutile d'insister sur la cohérence particulièrement ténue du scénario. On ne tire pas sur une ambulance.









Barracuda
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Ninja Vs Bruce Lee
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Les notes des membres

Moyenne : 1.75
avatar de Barracuda Barracuda : 2
avatar de Rico Rico : 1.5

Cote de rareté

L'éditeur "Tai Seng Entertainment" propose un DVD en anglais sans sous-titres ni bonus (excepté une ou deux bandes-annonces) et au format 4/3. C'est le meilleur moyen de dégoter ce film qui n'est par ailleurs jamais parvenu dans nos contrées sur quelque support que ce soit (encore un coup des ninjas !).
Cote de rareté: 4/Exotique Consulter le barème de notation