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La Nuit des Revenants

  • Titre original : Night of the Ghouls
  • Réalisateur : Ed Wood
  • Année : 1958
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Trompette volante (Catégorie : Ed Wood)
  • Durée : 1h19
  • Acteurs principaux : Tor Johnson, Criswell, Keene Duncan, Duke Moore, Velda Hansen
Note :
3
Rico
Rico

Chronique



Une version américaine présentée par Elvira, présentatrice culte aux Etats-Unis.




Monté dans des conditions catastrophiques (enfin, encore plus catastrophique que d’habitude) par Wood, totalement ruiné après l’échec de « Plan Nine From Outer Space » mais qui croit encore dur comme fer à son talent, « La Nuit des Revenants » est financé par tous ses amis (crédités comme co-producteurs) qui vont tourner quasi bénévolement dans son film.





Eddy en pleine heu... direction d'acteur...




Manquant constamment d’argent (mais il faut aussi avouer que l’équipe technique doit constamment surveiller qu’Ed n’aille pas picoler le budget journalier du film), Wood doit jongler avec le peu de pellicule qu’il peut s’acheter (des chutes de fins de bobines très souvent). D’où la quasi impossibilité de tourner plus d’une prise par scène, et tant pis si l’un des acteurs se casse la figure en sortant d’une voiture...



Ed est à tel point fauché qu’il ne pu jamais payer le développement de la pellicule au laboratoire et que le film ne sortira que vingt ans plus tard, lorsque Ed Wood fut sacré plus mauvais réalisateur du monde par les critiques. Hélas Eddy était mort depuis déjà 5 ans...



De même, pour faire un peu de remplissage, il réemploie des stock-shots de la prévention routière ou ceux de deux de ses précédents projets qui n’ont pas abouti. D’où des scènes de bagarres entre jeunes loubards qui n’ont rigoureusement aucun rapport avec le reste du film.









Le film se veut une suite de " La fiancé du monstre " tourné 3 ans avant, on retrouve la maison du savant fou, dont le souvenir terrorise encore tout le monde (dans le film s’entend), Lobo, joué par le catcheur Tor Johnson, défiguré et encore plus hébété que dans le premier film, les policiers héros ( qu’on retrouvait aussi dans « Plan Nine ») dont l’indispensable (?) élément comique, Kelton, le flic peureux et idiot (preuve s’il en était besoin de l’évidente filiation entre Ed Wood et Luc Besson).



Ed ne prend pas son projet trop au sérieux et agrémente son film d’une poignée de gags bon enfant, témoin sa propre photo agrémenté d’un "wanted" sur le mur du commissariat ou quelques répliques bien senties :

- Quel est l’intérêt de porter une arme quand on va à l’opéra ?

- Ca dépend de qui chante...






Bienvenue au commissariat.




Mais évidemment le plus drôle reste l’humour involontaire du film, les scènes s’enchaînant dans le plus parfait n’importe quoi. Ainsi les premières victimes : un jeune couple s’embrasse dans une décapotable, soudain, la fille en pull angora se dégage du garçon et s’enfuit de la voiture. Elle rentre dans une forêt menaçante et tombe sur une maison délabrée d’où sort une air à la trompette. Elle est alors observée par le spectre : une femme menaçante habillé de voiles noirs avec une couronne sur la tête et qui écarquille très fort les yeux. La jeune fille fuit et se casse la figure en accéléré sur un gros bruit de tambour. Le spectre joué alors par un homme (ça se voit) se jette sur elle (au passage la couronne sous les voiles se retrouve mystérieusement au-dessus ).





Comment ça un faux raccord ?




Le garçon part à la recherche de la fille (en se ramassant la figure en sortant de la décapotable). Joué par un acteur amateur ahuri, il est attaqué à son tour par le spectre qu’il regarde se jeter sur lui avec une expression à deux doigt du fou rire. Le tout commenté par une voix off bien mélodramatique.







L’histoire me direz vous ? Et bien ce n’est pas super clair mais en voici les grandes lignes :

Un mystérieux Docteur Acula, spirite avec un turban sur la tête, promet à de riches familles la possibilité contre rétribution de communiquer avec leurs défunts. Il met en place pour cela des cérémonies de spiritisme proprement ahurissantes.





la fine équipe




Plongés dans la pénombre autour d’une table, les clients sont assis avec le Dr Acula et... trois squelettes (dont un avec une grande perruque noire). Le bon docteur d’une voix péremptoire ordonne au prince des ténèbres de relâcher pour un moment les âmes des morts. Surgit alors une trompette tenue par des fils qui se met à jouer complètement faux, un fantôme sous un drap passe dans le fond dans un sifflement de pompe à vélo, deux bols volent dans les airs sans raison et enfin apparaît un Noir nommé Mongo éclairé par en dessous par une lampe torche qui se met à parler à l’envers. On amène enfin le cercueil du défunt qui se redresse et qui d’une voix lointaine dit des trucs du genre : « Mais oui chérie tu peux te remarier avec ce gigolo trente ans plus jeune que toi et lui confier tout ton héritage ! Je suis content de te voir heureuse depuis l’au-delà et n’oublie pas de verser la somme promise au Dr Acula... Sur ce j’y vais parce que j’ai encore de la route avant de rentrer dans le monde des morts, salut... »









Bref du grand n’importe quoi (Un peu comme dans du David Lynch, mais je vais faire hurler Stirba !) et ça sent l’escroquerie (un peu comme dans du Dav... repose cette hache Stirba, c’est pour rire !).



Ajoutez à cela une introduction avec ce vieil escroc de Criswell, en smoking dans un cercueil, qui débite son texte en lisant un prompteur, deux goules à la Vampira ( une vraie et une fausse), Tor Johnson en serviteur bestial défiguré qui fait « heu heu… », un flic en smoking qui enquête encore plus mollement que Derrick sous tranxène et un ciel plein d’éclair à la Scoubidou .





Greatings my friend...




Allez on ferme !




Secouez et dégustez...



Perfect ! On la garde... Non pas besoin de refaire une deuxième prise, c’est très bien comme ça...



Un jour on comprendra ton rêve, Eddy, un jour...






Rico
Rico

La Nuit des Revenants

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Pendant longtemps, seules les versions V.H.S. de chez "Les films du Paradoxe" ou dans la collection "Craignos Monster" de "Mad Movies" existaient en France, puis il y eut quelques éditions DVD américaines (visuels éparpillés dans la chronique). Enfin en 2005 est apparu un coffret (d'origine espagnole au départ) chez "Abeille Musique" réunissant la presque totalité de l'oeuvre de ce visionnaire dont ses courts métrages western de jeunesse. Le tout accompagné d'un fascicule explicatif et d'une poignées de bonus (affiches, bande annonce, etc.). Un peu cher mais c'est quand même un coffret 3 DVD bien rempli. Par contre pas d'édition seule de ce film en vue.





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