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Le Prince de l'Eclair

  • Titre original : Thunder Prince
  • Réalisateur : Lenny Washington (tu parles !)
  • Année : 1987
  • Pays : Hong Kong
  • Genre : Abstrait (Catégorie : enfants)
  • Durée : 1h15
  • Acteurs principaux : Des dessins mal faits
Note :
3,5
Wallflowers
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Chronique







L’autre jour, alors que je traînais mes guêtres dans la bibliothèque "Promizoulin" du côté de chez moi, je suis tombé sur d’anciens mémoires d’étude qui ont eu le mérite d’être publiés. Parmi les thèses les plus honorables comme "Pourquoi le 3 en 1 est une solution chimérique dans le cinéma philippin" ou bien "La place du sbire est-elle à droite du parrain ou faut-il plutôt augmenter la taxe foncière en Italie ?" un ouvrage m’interpella du coin de l’œil. "Comment se venger d’une façon totalement arbitraire tout en ne payant pas son tiers prévisionnel" par C. Bronson. Je paye donc une cotisation annuelle pour emprunter l’ouvrage et parce que débourser 10 Euros à l’année pour lire Dostoïevski ou Camus c'est le top… (Même si je vais faire comme tout le monde et n’emprunter que des BD un peu olé olé…)





Exclu Voici : Le Prince de l'Eclair aime les navets !




Donc en gros ça m’arrangeait bien de tomber sur le mémoire de Bronson. L’homme qui a démontré pendant des années que si jamais tu violes sa bonne tu risques de te chopper une roquette dans le derrière, va me servir de support pour parler de ma chronique. Ca m’arrange franchement pour être honnête parce que la vengeance est une dominante palpable dans le dessin animé « Le Prince de L’Eclair ». Dessin animé qui n’aura jamais aussi mal porté son nom parce que l’animation est aussi existante que la perspective chez les hiéroglyphes Egyptiens.





Expression d'une douleur ordinaire (non ce n'est pas le professeur Procyon de Goldorak, juste un sosie...).




La vengeance disais-je donc. « Le Prince de l’Eclair » raconte en gros le long chemin d’un enfant livré à lui-même dans les bois (alors que la ville se trouve à 1 km) pour devenir adulte et apprendre la science des arts martiaux afin de mettre une rouste à ceux qui ont tué son père, qui s'est tué lui-même en réalité en tombant d'une falaise (c'est bien connu on cherche tous un bouc émissaire... surtout quand celui-ci s'appelle Monsieur Black et qu'il porte un bouc).





Monsieur Black et ses sbires en position de combat (ci-dessous).





Madame Eventail.





Monsieur Menton.




Donc dans le seconde partie de son mémoire "Les similitudes entre le fonctionnement de la violence et des gènes apolipoprotéines", à la page 49 C. Bronson dit ceci :



Si l’on regarde la plupart des histoires de vengeance au cinéma, on remarque qu’elles appliquent souvent le même schéma. Une personne A, plutôt gentille et bonne décède (dans d’affreuses souffrances si possible) non pas par accident mais par meurtre, meurtre perpétré si possible par une personne B qui prend malin plaisir à tuer les personnes de type A. Vient ensuite la personne C plutôt vindicative et entêtée, ayant la plupart du temps un lien profond avec la personne A (c’est souvent un membre de sa famille, mais parfois ça peut être son ami, son partenaire, ou simplement son expert comptable qui se rend compte qu’il est en retard sur ses traites à la banque) décide de tuer la personne B pour se venger. En effet, si les personnes B aiment tuer les personnes A, les personnes C aiment tuer les personnes B. Une espèce de chaîne alimentaire en quelque sorte.





Igor pas comprendre l’alphabet




Jusque là, tout le monde suit.



Telle est l’histoire du « Prince de l’Eclair ». Pourtant on est tous au courant maintenant, pas vous ? Tuer un mec à moustache qui sait se battre façon kung-fu karaté, ça comporte des risques. Surtout si son fils est encore vivant. Remarquez, ne pas voir que son fils est planqué dans un énorme trou dans une montagne alors que vous lui courrez après, c’est aussi tendre le bâton pour se faire battre. On ne va pas polémiquer sur la cécité/surdité des sbires dans les films mais faut dire que parfois on se demande à quoi ils servent.





Saurais-tu retrouver le salut fasciste caché dans cette capture d'écran ?




Ce n'est pas tout, à la page 109 dans la troisième partie de son mémoire ("Pourquoi la réputation de Ghandi est surfaite et mensongère"), Bronson propose cette réflexion :



Ainsi la vengeance a toujours existé dans ce monde et depuis les écrits de certains prophètes jusqu’aux films de Sergio Leone (l’écart est assez acrobatique, je le sais), appliquer la loi du Talion est parfois la solution la plus naturelle au monde. Toutes les classes sociales sans exception sont touchées par la vengeance. La plupart des individus veulent se venger d’autrui quand ils ont subis un affront à un moment de leur vie. En voici des exemples :

Le politicien : "M’inculper est une mascarade, dès que je sors de prison, je ferai la lumière sur cette histoire."

Le cow-boy solitaire : "Tuer mon frère est une offense, dès que j’achète un flingue et que j'apprend l'harmonica, je vous bute tous."

Le fan de tunning : "Rayer ma caisse est une hérésie, dès que ma mulette finit de pousser, je vous pète la gueule avec mon cric."




Pour affiner ces exemples, je mentionnerai l'exemple du Prince de l’Eclair tel qu'il est présenté : "Tuer mon père est une infamie, dès que je me serai entraîné avec un singe et un vieil alcoolo qui cherche des champignons magiques dans la forêt, je me ramène avec mes potes animaux et je brûle votre château".





L'adaptation d'une fable inédite de Lafontaine...




En réalité ce qui distingue « Le Prince de l’Eclair » d’un autre dessin (oui je refuse d’écrire le mot « animé » dans cette chronique pour bien montrer que ce truc bouge autant que Christopher Reeves en boîte de nuit [NdR Surtout maintenant !]), c’est qu’en fait le héros grandit au fur et à mesure du scénario, enfin… il devient anamorphosé surtout, tout en s’entraînant avec des animaux de la forêt, notamment un singe à rouflaquettes. Notre prince va devenir super balaise grâce aux exercices donnés par un mentor aviné (vu son pif) qui passait par là et qui va lui apprendre plein de choses.



Personnellement, je ne vois pas en quoi lui apprendre à rentrer des clous dans du bois à mains nues va l’aider à latter du méchant, mais après tout si il veut leur construire une clôture avant de leur casser les jambes je ne vais pas l’en empêcher.





L'abominable homme chantilly.




Je ne vais pas en rajouter une couche sur l’horreur des dessins, des dialogues et des situations parce que tout le monde connaît maintenant le talent de Joseph Lai à produire des dessins ***** pour enfants que même les enfants du maïs (du film du même nom) n’en voudraient pas en rentrant de l'école.





Non, le Prince ne saute pas, il grimpe sur la roche...




Pour ceux qui l’ignoreraient, sachez une chose : les dessins animés comportent trois caractéristiques plus ou moins dominantes, à savoir graphismes, animation et scénario.

Les dessins-***** de Joseph Lai comportent eux aussi trois caractéristiques :

1- c’est laid : personnellement mon pied gauche dessine mieux que toutes les mains réunies des dessinateurs.

2- c’est incompréhensible : personnellement mon pied gauche est plus intelligible que la plupart des dialogues.

3- c’est irrationnel : une peinture rupestre de mon pied gauche aurait plus de sens que le scénario du film.





On veut du pain ! On veut du pain !!




Des études sérieuses devront être menées un jour pour indiquer les ravages que peuvent occasionner ce genre de programmes sur des enfants. Sérieusement, je serais curieux de savoir comment grandit un enfant qui se gave de dessins de Joseph Lai par rapport à celui qui mate des Walt Disney par exemple. Autant vous dire que l’expérience ne sera pas faite sur MES enfants bien évidemment.



Toi aussi, piti nenfant, amuse-toi à retrouver le nom des animaux de la foret grâce à Joseph Lai le Paresseux :





Le lapin disco.





Le singe Anglais.





Le loup ivrogne.





L'écureuil géant.





La biche à deux pattes.




En parlant de programme pour enfants, il faut mentionner la dualité de ton du Prince de l’Eclair sur ce point. Parmi les gags gnian-gnian et cul-cul (vous savez... ceux qui sont accompagnés d’un « pouet-pouet » sur la bande-son), on trouve parfois des scènes en complet décalage, en terme de violence notamment. Ainsi cette scène tombant comme un cheveu sur la soupe où le singe crève les yeux d’un serpent tout en rigolant. Le contraste en devient confondant.





Mouahhaha, bien fait pour toi, espèce protégée !




Bref, « Le Prince de l'Eclair », avec son histoire de petit scarabée devenant grand, détonne parmi la liste des dessins ***** de Joseph Lai dont la plupart se déroulent dans un univers spatial futuriste. Qu'importe le flacon, ce Prince là apportera suffisamment d'ivresse pour vous faire marrer un bon coup. Néanmoins il se peut que le personnage énervant du singe donne envie d'écrire une lettre d'insulte à la SPA.





La zoophilie pour les nuls.




Je ne saurais conclure cette chronique sans citer à nouveau C. Bronson lui-même, lors de la conclusion de son Mémoire sur la Violence :

"La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment : celle que nous donne la clémence est éternelle". C’est beau, non ? Naaan, je déconne, ça c’est d’Henry IV, roi de France.



Non, C. Bronson lui, avait écrit : "si vous me mettez une sale note je prends mon flingue et je tue votre chien".





Le nouveau logo de 30 millions d'amis.






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Le Prince de l'Eclair
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Cote de rareté

Par chez nous seules deux vieilles VHS existent : une normale et une cartonnée toutes deux éditées par "Fil à film."







Toutefois, si le coeur vous en dit, vous pouvez toujours aller racheter les droits directement sur le site de ce vieil escroc d'oncle Jo et nous sortir le DVD en France. C'est ce qu'on semble t-il fait deux éditeurs étrangers spécialisés dans le DVD à bas prix pour hard discounter : l’Américain "Digiview Entertainment" et l’Allemand "VZ-Handelsgesellschaft". On se demande vraiment ce que font les distributeurs français...



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