Accueil > Chroniques > Comédies nanardes > Sexy comédies > La Prof donne des leçons particulières

La Prof donne des leçons particulières

  • Titre original : L'Insegnante
  • Réalisateur : Nando Cicero
  • Année : 1975
  • Pays : Italie
  • Genre : La vraie raison de l'absentéisme scolaire enfin révélée (Catégorie : Sexy comédies)
  • Durée : 1h28
  • Acteurs principaux : Edwige Fenech, Alvaro Vitali, Alfredo Pea, Mario Carotetuno, Vittorio Caprioli, Francesca Romana Coluzzi, Gianfranco D'Angelo, Carlo Delle Piane, Stefano Amato, Enzo Cannavale
Note :
2
Charlie le Nain
Charlie le Nain

Chronique



- Présentateur : Bonsoir. Bonsoir et bienvenue dans notre grand débat du soir. Le sujet d'aujourd'hui : « Faut-il privatiser l'Education Nationale ? ». Je reçois à ma gauche le Ministre de l'Education Nationale...

- Ministre : Bonsoir.



- P : Et à ma droite Alvari Vitalo, représentant en France de la Edwige Fenech High School Company.

- Alvari : Bonsoir.

- P : Pour illustrer notre propos, je vous invite à regarder notre documentaire intitulé « La Prof donne des leçons particulières » que nous avons tourné dans un lycée lambda de campagne, puis nous reviendrons ensuite avec nos invités.

(1h28 plus tard)

- P : Rebonsoir. Nous revoici sur le plateau avec nos invités. Mr Vitalo, après ce document édifiant, que pouvez-vous nous dire ?

- A : Oui, ce document nous montre une fois de plus, s'il en était besoin, l'état de délabrement du système éducatif public ! En effet, que voyons-nous ? Un fils de bonne famille, crème de la société, entouré d'une mère attentionnée et d'un père bourru mais sensible, qui va au lycée. Et là, quel est son quotidien ? Un monde brutal, un corps professoral hors du coup...



Concours de coups de boule sur une table par Alvaro Vitali.



Éducation Nationale - Modèle standard 1975.


- A : ...des activités dangereuses pour le cou comme pour les génitoires des élèves. Le vice, monsieur, le vice, tout simplement !





Ruinage de testicoli sur cheval : gag !


- P : Monsieur le Ministre, voulez-vous répondre ?

- M : Absolument ! Mon adversaire se sert honteusement de cette vidéo pour dénigrer le système public ! Je tiens d'abord à souligner que notre élève ne peut pas se plaindre d'un mauvais environnement scolaire. En effet, il apparaît tout au long du film que le lycée est quasiment vide, et comprend une demi-douzaine de profs pour une vingtaine d'élèves, ce qui correspond à l'un des meilleurs ratio mondiaux.



Deux vieux cons dans un couloir, la vie lycéenne selon Nando Cicero.


- M : Ensuite, je voudrais quand même signaler que notre fils de bourgeois est loin du portrait idyllique que vous en faites, il apparaitrait plutôt comme un fieffé coquin ! Il ne fiche rien, comme en témoignent ces passages où on le voit exhiber son attribut viril à la soubrette moustachue, ou bien mater les filles dans les toilettes...



Gag de zizi + gag de fille moche = toute la finesse de la sexy comédie italienne en une image.


- A : Oui, alors si je puis me permettre, les filles en question se montraient mutuellement leurs nichons dans les toilettes, ce qui, en matière de discipline, ne correspond pas franchement aux standards qu'on serait en droit d'attendre dans un lycée de la République, Monsieur le Ministre ! Et ses camarades de classe, vous avez vu leur air ? Vous feriez confiance à des gugusses pareils ? Le laxisme intolérable qui règne dans nos établissements publics a laissé s'instaurer un climat délétère, qui corrompt notre jeunesse, l'avenir de ce pays !



- P : Laissez Monsieur le Ministre vous répondre.

- M : Je ne suis pas d'accord, ces élèves sont parfaitement sains, vifs d'esprit, en un mot, ils pètent le feu !



Est-il nécessaire d'en rajouter ?


- A : Je ne relèverai même pas... Par ailleurs, on voit bien dans le documentaire que le proviseur est corrompu et que pour obtenir le poste d'Inspecteur d'Académie de ses rêves, il est nécessaire que le fils du bourgeois ait son bac. Il est donc obligé de faire appel à un professeur à domicile pour le sauver du désastre ! Voilà encore une belle image du milieu de l'Education Nationale, constitué de planqués et de vendus qui, en plus, passent leur temps à chouiner !



Dieu, sous le pseudonyme de Mario Carotetuno.


- P : Monsieur le Ministre ?

- M : Ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe, vu que votre professeur semble très intime avec le brillant moniteur de sport du lycée, c'est donc bien l'équipe éducative qui a brillamment décidé de l'opportunité d'une aide scolaire extérieure.



Sans doute possible, l'acteur ayant le plus lâché les élastiques dans ce film.


- A: Hum... et c'est à ce moment là qu'arrive enfin la professeur de la Edwige Fenech High School Company. Que dire de plus ?



Rhaaa Lovely !


- M : Je dirais que notre petit bourgeois est dans tous ses états, que ne fait-il pas pour conquérir la belle ? Il va jusqu'à se faire passer pour un gay afin de l'approcher plus facilement ! Quant aux méthodes de votre professeur à base de tenues affriolantes, elles me laissent perplexes...

- A : Vous ne comprenez rien. C'est là tout l'intérêt de nos services. Dès le départ, notre élève est soigneusement encadré, puis progressivement mis en confiance...



- Je meurs de chaud sous ma robe transparente, pas vous ?

- Heu...


- A : ...on lui ouvre de nouveaux horizons...



Quel dommage d'avoir tâché ma robe...


- A : ...et on lui offre un panel de travaux pratiques que jamais aucun lycée classique ne pourra offrir. Et à la fin, il l'a son bac !



Après l'effort...


- M : Heu, si je puis spoiler un peu la fin, il ne l'a pas son bac, il est pris au rattrapage.

- A : Mais c'est pareil ! Et il est donc évident, comme le prouve de manière incontestable ce documentaire, qu'il est nécessaire de privati...

- P : Excusez-moi de vous interrompre mais on vient de me communiquer quelque chose d'important. Il semblerait qu'il y ait eu une petite confusion au niveau de la régie qui, à la place du documentaire prévu, aurait lancé un nanar érotique de Nando Cicero, de 1975, avec Edwige Fenech et Alvaro Vitali...

- A : Ah... ça me paraît peu vraisemblable...

- P : Quel hasard cette homonymie. Quoi qu'il en soit, rentabilisons les deniers de la télévision publique et profitons de cette diffusion imprévue pour laisser la place à notre journaliste cinéma.

- Journaliste : Merci bien. Et bien que dire de ce film ? Nous avons en fait ici affaire à deux histoires plutôt distinctes et tout autant disjointes.

D'un côté, il y a les scènes centrées autour du lycée. On y suit notre héros, fils de bourgeois comme il a déjà été dit, entouré de sa bande d'amis. Le taux de nanardise explose ici des plafonds grâce au casting de rêve : Vitali, Carotenuno et consorts. Alvaro assure son habituel rôle d'obsédé de service toujours prompt à faire des gags à base de pets, les professeurs cabotinent comme des demeurés (en particulier le prof de sport), je ne vais pas tout raconter dans le détail, afin de ménager quelques surprises à ceux qui ne l'auraient pas vu, mais un film contenant un "gag" à base de sandwich au PQ ne peut pas être totalement mauvais.



Une sensualité moite et de bon goût.


De l'autre côté, nous avons les scènes avec Edwige Fenech. Ah... Edwige... comme toujours, un îlot de charme et de beauté candide au milieu d'un océan de gaz et d'incompétence. Malheureusement, sa présence a tendance à faire baisser le taux de nanardise car elle joue plutôt bien, tout en retenue, ce qui est loin d'être la règle du film. L'aspect nanar se glisse surtout dans le côté totalement ingénu de la belle, qui se balade innocemment en tenue transparente devant un lycéen transformé en loup de Tex Avery, ainsi que dans l'image totalement déformée qu'ont les parents de leur rejeton. Ce dernier étant pour eux un ange un peu trop efféminé, ils s'en ouvrent à Edwige. Le gamin, entendant ça, en rajoute une couche en faisant semblant de faire du tricot, d'où quiproquo, etc, etc. A la fin, le père désespéré décide d'emmener son fils dans un bordel, ce qui nous vaut des gags d'une kolossale finesse. Évidemment, à la fin, le fils du bourgeois couche avec la prof, une conclusion attendue mais bon, si on n'y avait pas eu droit, on se serait senti floué.

« La Prof donne des leçons particulières » comporte donc bien deux parties distinctes avec peu de liens (c'est le même lycéen bien sûr, mais à part le proviseur et le prof de sport, le casting est totalement différent d'une partie à l'autre), ce qui qui rend l'histoire un tantinet bancale.

Je voudrais également mettre l'accent sur ce qui, pour moi, est l'un des points cruciaux du film, à savoir l'esthétique de la laideur mise au point par le réalisateur qui, pour mettre en valeur la présence d'Edwige dans son casting, nous présente une suite de gags à base de fille moche. Dès la première scène, on a une soubrette moustachue, elle revient par ci par là, et on comprend vite que son seul rôle, c'est d'être moche, point. Elle est un gag à elle seule...



Regardez ! Elle est moche ! Hihihi ! Ben quoi ?


Plus loin, nos héros croisent une épouvantable mamma (pas de captures d'écran, je laisse le soin aux lecteurs inconscients d'aller vérifier) qui, pour 3 brouzoufs, accepte de coucher avec Alvaro Vitali (ce qui nous vaut une mémorable scène d'orgasme en gros plan qui hante encore mes nuits agitées)... A elle seule, cette scène de sexe entre une sorte de corruption absolue de la beauté fellinienne et le farfadet Alvaro Vitali justifie pleinement le visionnage de « La Prof... ».

Pour conclure, je dirais qu'on a ici affaire à un mauvais film très sympathique, qui, sans révolutionner le genre ou atteindre la folie furieuse d'une « Toubib aux grandes manœuvres », offre un spectacle bien agréable à mater. Et pour les fans de la belle Edwige, c'est même un indispensable !



Charlie le Nain
Charlie le Nain

La Prof donne des leçons particulières
PUB

Cote de rareté

Le film existe en VHS (notamment chez Fil à Film) mais également en DVD, édité chez Bac Vidéo dans un coffret avec "Les 1001 nuits érotiques » (visuel en début de chronique). Petite présentation par Christophe Lemaire en prime dans les bonus.



Attention, contrairement à ce qu'on pourrait penser, le titre original italien est « l'Insegnante », et non pas « L'insegnante viene a casa » (qui correspond lui à « La Prof connait la musique ») .



Notre film du jour.



Le film « La Prof connaît la musique ».
Cote de rareté : 1/Trouvable Consulter le barème de notation