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Robowar

  • Titre original : Robowar - Robot da guerra
  • Titres alternatifs : Roboman
  • Réalisateur : Bruno Mattei, sous le pseudo de Vincent Dawn
  • Année : 1988
  • Pays : Italie
  • Genre : Sous prédator (Catégorie : Robots, cyborgs et androïdes)
  • Durée : 1h20
  • Acteurs principaux : Reb Brown, Jim Gaines, Catherine Hickland , Mel Davidson, Max Laurel
Note :
3
Labroche
Labroche

Chronique



L'affiche turque


Bruno Mattei s’ennuie.

Il a fini le tournage de son film d’horreur qui aurait dû faire de lui une star. Malheureusement, ni le public ni les distributeurs n’ont compris « Les Rats de Manhattan », film prophétique annonçant la fin du monde occidental bien avant Paco Rabanne.



« Heu, j’fais quoi là ? »


Bruno est donc sur le point de raccrocher, d’éteindre à tout jamais sa caméra. « Les gens me comprendront peut être un jour » se dit-il en repensant à d’autres artistes maudits et, eux aussi, incompris en leur temps tels que Vincent Van Gogh ou Jean-Pierre François...

La scène se passe en 1987.

Bruno allume sa télévision et tombe sur la bande-annonce de « Predator » avec Schwarzenegger.
Il est intrigué. Coïncidence ou non, son petit-neveu Francesco ne cesse depuis une semaine de le supplier de l’emmener voir ce film. Bruno cède donc, et c’est alors la révélation : ce petit con de Mc Tiernan ne connaît rien au cinéma et a saccagé un film en or !



Bruno sort de la salle, gonflé à bloc ! Il ne va cesser de remuer ciel et terre pour obtenir un financement et donner une bonne leçon de cinéma à ce merdeux prétentieux. Il va reprendre le postulat de Predator et en faire un vrai film. Son film.



« Hé, j’fais quoi là ?!»


Le monde saura enfin qui il est vraiment. La comparaison entre les deux films rendra Predator, Schwarzie, et par là même toute l’industrie du cinéma américain complètement ridicules !

Il pense à son script.

Robowar se passera dans la jungle. L’armée américaine a fabriqué une arme absolue, un robot tueur surpuissant et invincible. Malheureusement, elle en a perdu le contrôle, et la bête erre dans la forêt, avec le seul but de détruire toute présence humaine. Il n’y a donc qu’une solution pour l’éradiquer : envoyer un commando super entraîné pour défier le robot sur son terrain, celui de la guérilla.



« Youhou, j’fais quoi là !?!! »


« Ouaaiiis » se dit Mattei, « c’est excellent ça !! »

Il ferme les yeux et pense au tournage : dans la peau du héros, il voit bien Stallone, (« ça lui fera les pieds à ce Schwarzenegger » - Mattei a toujours preféré Sly, il lui trouve un coté plus humain - ). Stallone donc, mais entouré de la crème des acteurs américains.

Le tournage se passera en Amazonie. Il bénéficiera des toutes dernières trouvailles technologiques en matière d’effets spéciaux. Ce sera vraiment un film dantesque…



« Hé, j’fais QUOI là !!!!!!! »


Soudain Bruno Mattei revient à lui. Tiré de ses pensés si violemment qu’il en sursaute.



« PUTAIN BRUNO TU REPONDS OUI ?! »


C’est Reb Brown qui lui parle. A ses côtés, un mec dans une combinaison de cuir avec un casque de moto. Ils sont dans un bois au sud de l’Italie. Soudain Mattei se rappelle. Il se rappelle qu’ils sont en train de tourner la scène finale de Robowar. Il se rappelle que le machin là, avec le casque de moto, c’est son redoutable et invincible monstre / robot. Quand à Reb Brown, c'est son héros.



Le Predator du pauvre


Il se rappelle aussi qu’il n’a obtenu que 5 jours de tournage pour son film. Le bonus c’est qu’il a tout de même pu faire un saut en Amérique du sud pour tourner quelques scènes. Le film s’appellera bien Robowar, mais ne sera pas signé Bruno Mattei. Une fois encore, il utilisera son pseudo américanisé « Vincent Dawn »…

Voilà ce qui a peut-être été la genèse de Robowar. Nul ne le saura jamais. Le fait est qu’encore une fois Bruno Mattei, a réalisé avec ce film l’archétype du nanar de guérilla / S-F. Outre les aspects signalés plus hauts, on peut encore souligner quelques points nanars :

- La présentation de l’équipe des « B.A.M.F» (Bêtes A Manger du Foin), menée par ce brave Reb, avec des surnoms tous plus ridicules les uns que les autres ("PapaDoc" notamment…).



Ils sont venus, ils sont tous là ! (et ils le regrettent déjà...)




Romano Puppo, pure tronche d'un nombre incalculable de bis (dont le méchant cyborg de 2019, Après la Chute de New York)



Mel Davidson, le méchant de Mission suicide : Strike commando 2



Massimo Vanni, le cousin d' Enzo G. Castellari, vague look-alike maigrichon de Chuck Norris qui avait déjà sévi dans Les Rats de Manhattan




Max Laurel, en fait un acteur philippin surtout connu (enfin aux Philippines) pour avoir joué Zuma, le super héros vert charmeur de serpents




Jim Gaines, la touche afro indispensable de toutes les productions bourrines philippines.




La plante verte de service (plan nichon inside), Catherine Hickland, une Américaine qui a surtout oeuvré pour la télé et qui n'a visiblement rien à battre du film dans lequel elle joue.


- Les dialogues qui sont à mon sens le gros-gros attrait du film. Du point de vu « répliques qui blasent à l’américaine », Robowar ferait passer les dialogues entre Rambo et son colonel pour du Platon mettant en scène Socrate.





Dis-moi le robot, t'as vu ma jolie montre à quartz... si je te la file, t'arrêtes de tuer tout le monde ?"


- « Bêtise » semble être le maître mot du script, tant jamais un film n’aura montré de comportements si ineptes ! Tous les faits et gestes des membres de l’équipe semblent être inspirés par une bêtise hallucinante. « Ces gars sont les meilleurs » nous apprend-t-on en début de film, et quelque part c’est vrai, ils le sont, mais à leur manière.







Une débauche de gagdets high tech (ici l'attaque dite de "la pince à sucre infernale")


- Les scènes de batailles sont bien marrantes. Outre le fait qu’évidemment les héros vident leurs chargeurs debout en beuglant « yaaaaaaa !! Arrghhhh ! groaaaaar ! », on les voit raser un village entier sans jamais se soucier de savoir si les paillotes qu’ils détruisent abritent ou non des gentils, des enfants ou des méchants.



De méchants guerrilleros interprétés tout en retenue...




Des acteurs qui n'hésitent jamais à donner leur maximum...


Je passe volontairement sur tous les autres aspect nanars dont le film regorge afin de laisser quelques surprises, mais force est de constater que, encore une fois, Mattei / Dawn s’est accaparé un pan entier du cinéma américain et en a fait quelque chose de, heu… "personnel" qui aura encore fait le bonheur de l'équipe de Nanarland !



Laser de la mort pour ambiance boîte de nuit




Vision thermique monochrome rouge




Le Robowar. Faut pas venir lui baver sur les rouleaux...


T'ES LE PLUS FORT BRUNO !!!




Labroche
Labroche

Robowar
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Les notes des membres

Moyenne : 2.95
avatar de Drexl Drexl : 2
avatar de John Nada John Nada : 3
avatar de Kobal Kobal : 3
avatar de Labroche Labroche : 3
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Cote de rareté

Comme souvent, la France n'a pas remis en valeur sur DVD ce genre d'oeuvre majeure et l'on doit essayer de dénicher les vieilles VHS de chez "Delta Vidéo". Pourtant en Allemagne, le film est ressorti à bas prix chez "Bestbuy Movies" (en allemand seulement).



Aux Etats-Unis, le petit éditeur "Digital Conquest", spécialisé dans les DVD-R artisanaux de bisseries, s'est fendu d'une galette assez cocasse puisque gravée à partir d'une vidéo japonaise : le film est donc présenté en anglais sous-titré japonais et accompagné de bandes-annonces en nippon de "Killing Bird" de Lamberto Bava et de " Nasty Hunter / Lady Terminator ". Bémol : c'est un peu cher (18 $), surtout qu'on perd l'hilarante VF...







Les jaquettes grecque et hollandaise.
Cote de rareté : 3/Rare Consulter le barème de notation