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Shark Attack 3

  • Titre original : Shark Attack 3: Megalodon
  • Réalisateur : David Worth
  • Année : 2002
  • Pays : Etats-Unis / Bulgarie
  • Genre : Gros squale dans la main (Catégorie : Animalier)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : John Barrowman, Jennifer MacShane, Ryan Gutrona, Georges Sta
Note :
2
Rico
Rico

Chronique





Résumé des épisodes précédents : dans Shark Attack premier du nom, Casper "ma carrière est un naufrage" Van Dien ("Starship Trooper") enquêtait sur les activités maffieuses d’un Ernie "pour un gros chèque je suis prêt à faire n’importe quoi » Hudson ("Ghostbuster" et "Oz" quand même" livrant les curieux aux requins. Dans le second opus, le script se contentait servilement de repomper "Les Dents de la Mer 3" et nous envoyait dans un parc d’attraction sud-africain où quelques requins, tellement mal faits qu’ils avaient l’air d’être en bois, s’en prenaient aux visiteurs.

Bref, deux navetons plutôt ringards et soporifiques qui, comme il se doit, ont fait les beaux jours des vidéo-clubs et des deuxièmes parties de soirées de M6.



Autant dire que la perspective d’un troisième opus ne s’imposait que très modérément, mais bon, le marketing a ses raisons que le simple bon sens ne peut expliquer (l’appât du gain facile peut-être ?) et donc débarque en force un "Shark Attack 3 Megalodon" tout aussi ringard et mal foutu que ses prédécesseurs. En bon fana des films de squale et même en sachant d’avance que ça serait inéluctablement nul, je ne pouvais que me jeter dessus.

Pas de déception : c’est très nul mais aussi assez rigolo.



Tout d’abord il s’agit d’une production Nu Image, la société d’Avi Lerner, grande productrice de séries B clinquantes mais fauchées pour les chaînes en pay per view américaines. Très présente ces dernières années sur le créneau du monstre géant à numéro, la société Nu(l) Image nous a déjà offert des "Spiders" I et II, des "Octopus" I et II, des "Crocodile" I et II, des "Rats" (le II est en préparation à l'heure où nous écrivons ces lignes) et donc des "Shark Attack"… La recette est toujours la même et les scénars pillent allégrement les ficelles de tous les classiques du genre depuis le chef-d’œuvre de Spielberg.

Seule nouveauté dans celui-ci : à la place du grand blanc traditionnel, on nous sort un monstrueux requin préhistorique dix fois plus gros, le Megalodon Carcharias, qui selon les spécialistes vivrait peut-être encore dans les grandes profondeurs des fosses océaniques. Oh, soyons honnêtes, les petits malins de chez Nu image n’ont pas eu l’idée tout seuls car le concept d’un film sur le Megalodon est un vieux projet qui traîne depuis dix ans dans les cartons de chez Disney suite à un best seller de Peter Benchley, l'auteur du roman original "Les Dents de la Mer". Le film plusieurs fois annoncé n’a jamais abouti jusqu’à présent, néanmoins d’autres compagnies moins fortunées se sont emparées du concept puisque déjà en 2001 est sorti un "Shark Hunter" avec un mégalodon encore inédit dans nos contrées et donc ce " Shark Attack III".



Le film est réalisé par une vieille connaissance puisqu’il s’agit du vétéran David Worth, par ailleurs déjà coupable du second opus de la franchise et surtout réalisateur du mythique "Le Chevalier du Monde Perdu" Robert Ginty sur sa moto parlante foutait la pâtée à l’ordre Oméga dirigé par Donald Pleasence. C’était en Italie en 1984 et je vous rassure tout de suite : en 20 ans de cinéma ce bon David n’a pas fait un seul progrès en matière de réalisation !

Autre élément intéressant pour des raisons d’économies, bien que le film soit censé se passer au Mexique, le tournage a été délocalisé en Bulgarie comme la plupart des dernières productions de chez Nu Image. Bon, je vous vois venir tout de suite, non n’attendez pas de moi des plaisanteries laitières ce n’est pas le genre de la maison. Toujours est il qu’en dehors des trois principaux acteurs la quasi-totalité du casting est constituée de Bulgares essayant de se faire passer pour des Mexicains. Je vous recommande pour une fois tout particulièrement d’essayer de mater le film en V.O. pour savourer les intonations particulièrement ridicules de Bulgares ânonnant l’anglais en prenant un accent hispanique ! (Bref ils parlent en yaourt… et merde, je m’étais pourtant promis de pas la faire celle là !).

Bon c’est pas tout ça, mais je parle, je parle et le film alors ? Ben en gros une méchante compagnie qui pose des câbles sous-marins au large du Mexique réveille malencontreusement un gros requin qui s’en prend aux vacanciers d’une station touristique voisine. Un courageux sauveteur aidé d’une paléologue à gros seins s’inquiète de toutes ces attaques mais le patron de la société APEX, qui continue à câbler la mer, ne veut surtout pas entendre parler de quoi que ce soit. Nos héros doivent donc traquer le squale, tout seuls.







Ah, les joies de la chasse au requin !


Autant le dire tout de suite, pendant la première heure du film on a l’impression de faire un retour vingt ans en arrière droit vers les chefs-d’œuvre de Enzo G. Castellari ou de Bruno Mattei : stock-shots du "National Geographic" à gogo, attaques en gros plan flous tremblotants qui ne montrent rien du tout, acteurs lamentables qui surjouent (la palme revient à Jenny Mc Shane, la blonde paléologue qui semble se marrer dans les scènes de tension et qui lance des "My God" totalement apathiques alors que le requin bouffe des gens sous ses yeux). Toutes les fautes de raccords de « La Mort au Large » et autres « Tintorera » des eighties s’étalent sans vergogne : le requin change de taille d’un stock-shot à l’autre, le ciel, lui, passe du gris au bleu selon les plans, et la qualité du grain de l’image des vieux reportages animaliers apparaît au milieu d’un film en qualité numérique. Sacré David, l’école italienne, ça marque…





Diverses attaques.


L’action se veut frénétique, elle n’est que fortement ennuyeuse, aucun poncif du film de requin ne nous étant épargné. On a même droit à surabondance de plans nichons avec les vacancières en topless et à une scène d’amour sous la douche avec bougies et air de saxophone pleurnichard. Lorsqu’au bout d’une heure et quarante sept secondes, les héros finissent par achever la bête qui les a attaqués dans leur bateau à coups de batte de baseball et de fusil à pompe, on se dit qu’on frise l’escroquerie et que le DVD va terminer direct au vide ordure. D’autant que le prétendu Megalodon en question n’est guère plus grand qu’un requin blanc ordinaire.

Et là, surprise car le scénariste a bien vu « Les Dents de la Mer 3 » et retenu ses meilleures ficelles : ce megalodon là n’était qu’un bébé et comme de juste, une fois qu’on a tué le bébé, qui c’est qui rapplique ? La maman ! Et là on a enfin notre bestiole, en images de synthèse artisanales, qui bouffe des hors-bords à pleines dents !







Mon bébé ! Vous avez tué mon bébé !!!


Le trucage est d'autant plus audacieux qu'il consiste à prendre d'authentiques stock-shots de requins exagérément grossis dans lesquels on incruste des nageurs ou des bateaux en tout petit grâce aux images de synthèse. Effet garanti !

Une bien belle bête qui va comme il se doit attaquer le yacht du patron de la méchante compagnie qui fêtait l’inauguration de son réseau câblé. D’où quelques scènes mémorables, dont la mort du méchant patron qui tentait de fuir en jet ski et se fait bien sûr dévorer tout cru.









L'attaque du yacht.









Le méchant va t-il s'en sortir ? Et non...


Nos héros, à bord d’un sous-marin de poche, règleront son compte à la grosse bête dans un duel tout en CGI bien moches…



Miam !


Bref, vous pouvez largement zapper la première heure du film et vous régaler de la dernière demi heure où le requin géant promis arrive vraiment et où les scènes nanardo-héroïques se succèdent allégrement.



Arrêtez de bouger tout le temps, j'arrive pas à vous chopper !


Il ne nous reste plus qu’à attendre un "Shark Attack 4"…

Je ne sais pas pour vous mais moi je ne suis pas pressé….

Addendum : Conscients que ça allait finir par se voir qu'ils se foutaient de la poire de leur clientèle, les gestionnaires de Nu Image ont abandonné la franchise "Shark Attack" mais pas le créneau puisqu'ils ont encore sorti deux films depuis cette chronique (rédigée en 2004) : « Shark Zone » et « Raging Sharks », que les sites spécialisés américains nous vantent comme aussi fièrement nuls que leurs prédécesseurs. Dès qu'on met la main dessus, on vous en recause...

Note 2/5 pour la dernière demi heure.



Rico
Rico

Shark Attack 3

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Un DVD très bas de gamme en français uniquement a été édité par "Free Dolphin". Vous le trouverez pour une misère dans les recoins les plus miteux de tous vos sites de vente en ligne préférés. N'empêche que si vous crachez plus de 2,99 € pour ce film, vous vous êtes fait avoir. D'autant que M6 nous le rediffusera sûrement d'ici 6 mois, un jeudi soir. Faites gaffe quand même, parfois ils lui attribuent un titre fantaisiste maison du style "L'attaque des requins tueurs géants". Tssss... Faire de la flying jaquette à la télé, quand même...





Allez, un dernier morceau pour la route (avec les dents /sans les dents selon l'humeur de l'infographiste).
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