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Son Savasçi

  • Titre original : Son Savasçi
  • Titres alternatifs : The Last Warrior
  • Réalisateur : Çetin Inanç
  • Année : 1982
  • Pays : Turquie
  • Genre : Baston sur le Bosphore (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h15
  • Acteurs principaux : Cüneyt Arkin, Orhan Günsiray, Füsun Uçar, Nejat Özbek, Hüseyin Peyda
Note :
4,5
a-andre
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Chronique





Ceux qui ont déjà chroniqué du Cüneyt Arkin le savent ; malgré son extrême capacité à nanardiser un film et son impressionnante filmographie, il n’est pas facile de tomber sur un œuvre complète et dense d’un bout à l’autre.

Dans ma perpétuelle quête du futur St Graal nanar, je suis souvent tombé sur des bouses innommables avec un Cüneyt sans trampoline, sans stock-shots ni craignos monster…voire dans de bon films sérieux! Bref du Cüneyt sans saveur (et sans sous-titres). Un jour un camarade nanardeur me fait signe et me dit : "Il faut que tu choppes Son Savasci, c’est la suite de « Death Warrior » !"

Ni une, ni deux, je fonce chez mon fournisseur habituel de Turkisheries pour me procurer la future perle. Et alors mes aïeux, quel choc !!!



Des explosions, des ninjas et Cüneyt !!! Une affiche qui en dit long sur la densité du film.


Si Cüneyt Arkin est souvent associé au terme « nanar », il ne faut pas oublier que derrière cet acteur, se cache aussi un réalisateur complètement déjanté qui a livré en ces lieux les pires films de tous les temps : « Death Warrior », « En Büyük Yumruk », et surtout « Turkish Star Wars » sont l’œuvre d’un seul et unique homme : CETIN INANC.

Outre sa capacité à rendre un scénario incohérent et à monter ses films au découpe-gigot, Cetin Inanc est surtout l’inventeur du film 60 en 1, tant il est impossible de savoir la provenance des milliers de stock-shots qui jonchent ses longs métrages.



Le Komissar Murat.


Autant vous dire qu’avant même de commencer ce film, je savais que j’allais m’atteler à du GIGA lourd et bien, même en étant intensément préparé, j’ai pris une claque ! En effet la claque fut rude, mais la surprise fut aussi au rendez-vous.

Car figurez vous que suite à ce premier visionnage « d’approche » je venais de comprendre l’incapacité de Nikita (et de beaucoup) à saisir l’histoire de « Death Warrior ». Il se trouve en fait que « Son Savasci » et « Olum Savasci » (« Death Warrior ») ont en commun près de 20 minutes de film. Et contrairement à ce que m’annonçait mon camarade, « Son Savasci » est bien la préquelle de « Death Warrior ». Un mystère était résolu, restait maintenant à comprendre le scénario du film que je venais de voir.





Je sens que je vais pas tout capter.


Ce film démarre sur les chapeaux de roues, et ce n’est pas Cüneyt qui dira le contraire. A peine est il entré dans sa voiture qu’un stock-shot d’hélico le suit, à la poursuite d’un stock-shot de voiture noire le tout sur la musique d'« Opération Tonnerre ». Mais un stock-shot de sniper s’interpose et décide de faire sauter le stock-shot de la voiture du commissaire. Et à ce moment, le générique du film n’est même pas terminé !!!



Heureusement pour la suite du film, Cüneyt ne risque pas de se blesser lors de cette scène.


Pendant les 2 premières minutes du film, des choses essentielles apparaissent. Tout d’abord, le nombre impressionnant de stock-shots limite vraiment la compréhension des scènes, ensuite, le montage catastrophique alternant stock-shots de 1/2sec et plans saccadés de Cüneyt n’arrange rien à la sauce. Mais ce qui fait que ce film est totalement ahurissant, c’est qu’il n’y a pas que nos mirettes qui sont gravement atteintes, notre ouïe devient définitivement altérée par les crissements de pneus, les explosions, la musique, le tout mixé sur une piste mono ne permettant qu’un son à la fois (je vous laisse imaginer le désastre).

Pour se reposer de ses aventures, Murat décide de prendre du bon temps sur la plage accompagné de sa femme, la plantureuse héroïne de « Turkish Star Wars ».



Hélas, notre justicier est bien loin de se douter qu’à mille lieux d’ici (sans doute une ville européenne comme Paris), une organisation ninja est née dans le but d’éliminer un à un des inconnus dont le nom ne figure même pas au générique. Et hop surprise !! Ceux qui ont vu « Death Warrior », seront ravis de savoir que la scène du ninja à la piscine est présente dans son intégralité.



Un carnage se prépare dans les rues de Paris.


Le scénario étant ce qu’il est, le réalisateur enchaîne sans trembler sur un Cüneyt tout paisible qui fait trempette à la plage, le tout sans qu’une seule parole n’ait été prononcée lors de l’attaque meurtrière du ninja.



Mais comme il a oublié un bout de l’histoire en route, il décide de nous recaler un morceau de stock-shot pour touriste et un peu de ninja au passage.



La magie du cinéma c’est de passer d’Istanbul à Paris, sans bouger de chez soi.




Une affreuse main griffue qui tue des gens qui boivent des bières.


Je ne vais pas détailler le film dans ses moindres recoins mais je pense que ce passage, alternant plage et ninja sans raison, vous montre clairement la facilité de Cetin Inanc à perdre le spectateur qu’il soit turc ou français.

Après cette série de meurtres abominables, Murat est convoqué chez le premier ministre qui décide de l’envoyer à Paris pour enquêter sur cette histoire de ninja. Car comme dans « Death Warrior », c’est en Turquie qu’on forme les meilleurs policiers au monde. D’un coté, voir Cüneyt prononcer les mots « katana » ou « ninja » ajoute un cachet sympathique aux dialogues incompréhensibles.



Attention à ne pas se couper, c’est dangereux les épées en bois.



2 drapeaux, 2 moustachus et hop, on est chez un haut fonctionnaire d’état.



Ce stock shot d’avion symbolise le voyage du commissaire vers l’Europe occidentale.


A partir de ce moment, le film est réellement lancé. Plus questions de séquence à la plage, ici Cüneyt va botter du sbire et faire des courses poursuites à tout va. D’ailleurs, à peine arrivé sur la terre ferme, il est poursuivi par un stock-shot d’avion qui en veut à sa vie.



Cüneyt obligé de zigzaguer dans ce stock-shot de route droite.


Après cet épisode au combien dangereux pour le cerveau, Murat rencontre enfin ses 3 acolytes français qui vont l’aider dans sa lutte contre le crime.





Toujours sans qu’aucune raison nous soit donnée, Murat monte dans sa voiture et automatiquement un stock-shot de poursuite commence. Mais histoire de bien casser le rythme, le réalisateur insert des plans d’une scène de combat entre un ninja et un karatéka. Et rappelez vous ce que j’ai dit au début, comme il n’y a qu’une seule piste sonore disponible, dès que les images de voitures s’arrêtent, le son en fait de même. Ce qui rend ces passages difficiles à suivre et à comprendre d’autant que la qualité du stock-shot utilisé, me laisse à penser qu'il à été filmé à même le téléviseur.



N'importe quoi !


Le commissaire retrouve ensuite ses compagnons et ensemble, ils vont tout faire pour éradiquer la racaille de nos rues (en l’occurrence un parking à camions).



La suite du film est du même acabit et se résume à des stock-shots de poursuites en voiture, et à du tatanage de sbires, avec en point d’orgue un combat de 10 min contre le ninja responsable du massacre (combat présent en entrée de « Death Warrior »)



Un vrai combat avec des épées en bois, des trampolines et des acteurs faisant strictement n'importe quoi en matière d'arts martiaux.


Je vous laisse donc le soin de découvrir par vous-même le reste du métrage et je vais plutôt revenir sur 2-3 passages qui m’ont bien fait marrer.

- Après une course poursuite en voiture (décidément !), Cüneyt se retrouve sur le toit d’un immeuble (l’immeuble des méchants). Il décide donc de visiter les étages, et à notre surprise générale, on découvre que l’étage que Cüneyt explore, est rempli de stock-shots de femmes à poil.



”Bonjour madame c’est la Police, vous n’avez rien à déclarer”

“Je ne parle pas aux gens qui ne jouent pas dans le même film que moi!”


- Bien que Cüneyt soit en Europe et sa compagne en Turquie, le film comporte une courte scène (inutile ?) avec, surtout, un élément nanar exceptionnel pour tous les spectateurs de « Turkish Star Wars ». Faut-il y voir une sorte d’hommage du réalisateur suite au succès mondial de cette production ?



LE GANT EN OR DE TURKISH STAR WARS !!!


- Enfin, voici sans doute l'entraînement le plus nanar vu depuis celui de « Turkish Star Wars ». Il ne manque que la musique d'Indiana Jones pour l'égaler [NdlR : faute d'Indiana Jones, cette fois-ci les Turcs ont pioché dans la BO de « New York 1997 »]. Désolé mais une vidéo s’impose pour décrire réellement l’intensité de la chose. Ca se passe ici !

BONUS :



Un stock-shot de spectacle sous-marin entouré d’un fond vert ignoble.



« Tu vas arrêter les films de merde, oui ??? »


Conclusion :

Indescriptible, inimaginable, sensationnel, époustoublourifant. Les superlatifs me manquent pour décrire correctement la nanardise de ce film. Vous avez pu le voir vous-même au travers des nombreuses caps et vidéos, je ne vous ai pas menti et encore, j’ai du me limiter sinon j’aurai dû capser les ¾ du film pour retranscrire réellement l’intensité de cette chose.

MERCI CÜNEYT ET MERCI CETIN



a-andre
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Son Savasçi
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Les notes des membres

Moyenne : 4
avatar de Kobal Kobal : 4
avatar de Nikita Nikita : 3.5
avatar de a-andre a-andre : 4,5

Cote de rareté

Jamais sorti en France ce film est désormais quasi introuvable par les voies conventionnelles. Quoiqu'on a vu sur e-bay une antédiluvienne VHS turque de l'éditeur "Cekelez Vidéo" être proposé à rien moins que 49 € ! La vache !



Cote de rareté : 6/Introuvable Consulter le barème de notation