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Steel, le Justicier d'Acier

  • Titre original : Steel Frontier
  • Titres alternatifs : Steel Frontier
  • Réalisateur : Jacobsen Hart et Paul Volk
  • Année : 1995
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Duel au pistolet et poursuite en bus scolaire (Catégorie : Post apocalyptique)
  • Durée : 1h45
  • Acteurs principaux : Joe Lara, Bo Svenson, Kane Hodder, Brion James, Stacie Foster
Note :
3
Zord
Zord

Chronique





Qu'ai-je fait ? Mon Dieu, qu'ai-je fait ?



Suis-je à ce point sans volonté pour avoir craqué sur ce DVD
(et pas mal de ses petits copains d'ailleurs) ? Pourtant, mon banquier me l'avait bien dit : "attention à vos finances, surtout en fin de mois ! Evitez toutes les petites dépenses inutiles !"



Et moi, qu'est ce que je fais ? Crac, je ressors d'un Cash, mon compte débité de 50 € !



Il faut toutefois mettre à mon crédit qu'il fut dur de résister au regard bleu azur de Joe Lara qui, tenant en main un pistolet aussi futuriste qu'absent dans le film, semblait menacer de mille morts le chaland qui s'aviserait de sortir du magasin sans son chef-d'œuvre dûment payé !







Qui eut pu résister ?



D'autant qu'en inspectant un peu mieux l'objet en question, je découvrais quelques autres petites caractéristiques dont chacune sû à sa façon me persuader du bien fondé de mon investissement (aaah, avec les productions "PM Entertainment", on n'est jamais volé en cascades explosives et en has been cabotinants !). Outre la présence tapageuse à l'écran du cataclysmique Joe Lara, le casting s'enorgueillissait en effet de différentes "gueules" bien connues du cinéma de série B : Bo Svenson (des "castellaries" comme s'il en pleuvait, mais aussi un petit rôle dans Kill Bill), Kane Hodder (cascadeur surtout connu pour son rôle de Jason dans la série des Vendredi 13) ou encore Brion James, l'une des plus célèbres tronches de méchant du cinéma (Blade Runner notamment, mais aussi des dizaines d'apparitions dans des séries télé) !



De plus, comme souvent sur une jaquette, les distributeurs ont eu la bonne idée d'exhumer quelques titres plus ou moins prestigieux du CV de leurs acteurs principaux (quand bien même étaient-ils alors le quarante troisième figurant au fond à droite...), afin de les accoler à leur nom et ainsi escroquer le chaland qui se dira "Ah oui, hé, y'a un type qu'à joué dans Blade Runner ! Quand même ! Le film doit pas être si mal". Technique promotionnelle souvent utilisée pour profiter de l'ancienne gloire d'un acteur déchu afin de flouer les honnêtes gens (et qui, en France, ne marche plus depuis déjà longtemps avec Christophe Lambert, comme quoi, toute escroquerie à ses limites).







Certes, ça eut pu fonctionner... mais pas avec Joe Lara ! Joe Lara, c'est du brut de décoffrage, du lourd. En dessous de son nom sur la jaquette, on nous crache deux autres perles de sa filmo : Hologram Man et American Cyborg (que la jaquette confond avec Atomic Cyborg un nanar aussi mais pas avec Joe... c'est con, une jaquette !), deux nanars d'anthologie. Prends ça dans ta gueule, public !, semble t-il hurler à pleins poumons, avec moi, tu sais où tu mets les pieds et t'en auras pour ton pognon !



Ouais, merci Joe !



Et les pieds, on sait où on les met en lisant le résumé du film sur la quatrième de couverture, texte que je vous livre tel quel, sans avoir modifié quoique ce soit, ni dans la typo, ni dans les formulations ou l'orthographe :



Dans un futur sans foi ni loi [ni correcteur d'orthographe manifestement]:

Après que la civilisation se soit effondrée, la terre ne ressemble plus qu'à un vaste champ de bataille. En dépit du règne de la violence, une poignée de survivants fondent "NEWQHOPE", la ville de tous les espoirs. Une citée de pâix qui est menacée par le général QUANTRELL et son armée de tueurs. personne n'est en mesure de lutter ... sauf YUMA qui attauqe l'ennemi de l'intérieur, en gagnat la confiance du vénéreux QUANTRELL pour mieux débarasser la planète de sa présence !




Pas mal, hein ? De quoi donner des suées à un prof de français. Tout de suite, la suite :



Une heure trente d'action non stop mélant le look de MAD MAX 2, la férocité de ses empoignades, à des duels tout droits sortis de SERGIO LEONE. Un cocktail à la dynamite renforcé par les performances de JOE LARA (ATOMIC CYBORG, HOLOGRAM MAN) et BION JAMES (BLADE RUNNER).



Vedettes de deuxième rayon pour jouer les seconds rôles, scénario vu et revu, copiage sans vergogne de succès passés, jeune premier déjà has been... Que du prometteur, donc.



Et quelques heures plus tard, une fois le film visionné (et l'inventeur des languettes plastiques autour des DVD copieusement maudit), la vérité est apparue : gloire à toi, Joe Lara, improbable fusion entre Nicholas Cage et Lorenzo Lamas, nouvelle étoile du nanar qui brille au firmament de la médiocrité ! Incontestablement, Steel est un bon vieux nanar des familles que tu brandis tel un trophée au-dessus de ta belle tête de vainqueur devant une foule de nanardeurs en liesse !





Sergio Leone style





Il est grand, il est beau, il sent bon le sable chaud...




Après la bombe, quelques survivalistes tentent de recréer une civilisation au sein des plaines arides du Nouveau-Mexique. Réfugiés au sein de "Newhope" (ah, je me disais aussi : "Newqhope", ça veut rien dire), ils vivent de la raffinerie d'essence artisanale qu'ils ont retapée, extrayant le précieux liquide de vieux pneus accumulés au coeur du désert. C'est donc dans un décor fait de baraques en tôle et de monticules de pneus que l'action va se jouer. Et d'ailleurs, pour dire à quel point ils sont civilisés à nouveau, les Newhopiens n'ont rien de moins qu'un pasteur protestant et qu'un Shériff texan. Rien à ajouter... avec ça, la civilisation peut repartir sur des bases saines ! Ah, ils ont aussi une espèce de prophète... ou d'oracle... ou d'idiot du village, on ne sait pas trop et on ne saura jamais. Archétype du personnage qui n'amène rien, ne sert à rien, sinon à donner du "cachet" post-apocalyptique au film. Et en matière de cachet, c'est à l'aspirine qu'on pense immédiatement, tant ce personnage devient vite saoûlant par ses propos ineptes et ses interventions totalement à côté de la plaque.



Mais ces blaireaux n'ont manifestement pas vu Mad Max 2 ! Sinon, ils sauraient que les raffineries d'essence attirent les méchants punks à moto comme la VHS pourrave attire les nanardeurs aux abois. Dès le début du film, le "vénéreux" Général Quantrell et ses Cavaliers de la mort, aussi craignos que leur nom le laisse supposer, attaquent la ville pour s'emparer du précieux pétrole, tuent le shérif texan et ses adjoints et font de Newhope un "nouveau district des Nouveaux Etats Unifiés" en mitraillant au passage tous ceux qui ne sont pas d'accord avec leur nouvelle politique militaro-fascisante. Lors de l'attaque, certains figurants se payeront même le luxe de mourir, puis de ressusciter (pour mourir à nouveau) par la magie du montage. Impressionnant !





Les méchants se préparent à la castagne





Un moustachu qui meurt dans d'atroces souffrances





Comble de la cruauté : ce méchant achève un malheureux villageois d'un pas de danse inspiré de Johnny Clegg !





Cet autre méchant n'hésite pas à tendre cruellement la jambe vers une victime pour montrer sa souplesse




Par ailleurs, la chronique ne rendrait pas hommage à la nullité des scénaristes si elle ne consacrait pas quelques lignes aux fameux "Cavaliers de la Mort" de Quantrell. La plus grande constante de ces "soldats des Nouveaux Etats Unifiés" est... qu'ils ne ressemblent à rien, n'ont absolument rien d'autre à faire que de tuer, violer et piller, le tout en riant grassement comme seuls les méchants des séries Z savent le faire. Ils n'ont même pas une espèce de look punkoïde à la post-nuke italien, ni d'uniformes en cuir de dictateurs du futur crypto-sadomasos, non, rien. Ils sont en bras de chemise, casquettes de routiers, donnant l'impression que les figurants ont été recrutés le matin même, avec les vieilles fringues qu'ils portaient sur eux.



Ceci dit, ils n'en sont pas moins extrêmement bien organisés car, à l'image de l'armée mexicaine, ils n'ont quasiment que des officiers parmi eux : rien que pour quinze personnes (l'armée au grand complet), ils n'ont rien de moins que trois généraux : Quantrell, son fils, baptisé "Quantrell Junior" - tiens, le fils crétin d'un président d'opérette, ça me rappelle quelqu'un - et Bo Svenson qui passera toute la durée du film à se demander ce qu'il fout là. Quand aux autres, ils sont tous "sergents" (pour les moins gradés), "lieutenants" ou "capitaines"... Donnez des médailles aux hommes et ils vous suivront jusqu'en enfer disait Napoléon, Nous en avons ici l'illustration pratique.



Et pendant que Quantrell Jr, le nouveau dictateur de Newhope, s'en donne à coeur joie en roulant des yeux et en déclamant de grands discours creux, certains habitants se préparent à la résistance contre l'oppresseur nanar. Résistance qui a besoin d'un leader, d'un chef, d'un héros...





Quantrell Junior offre une leçon de démocratie aux habitants de Newhope




Justement, en parlant de lui, qu'est ce qu'il branle Joe Lara pendant ce temps là ? Et bien, "Johnny Yuma" - son nom dans le film - cavalier solitaire loin de son foyer, arpente les plaines du Sud des USA, achevant un blessé qui l'implore ici, tuant des cannibales qui veulent le dévorer là, jouant de l'harmonica partout ("Sergio Leone" on nous a dit...). Le monde étant petit, Yuma rencontre quelques "Cavaliers de la Mort" au coin d'une route. Après le petit échange de vannes de circonstance, une infernale poursuite à 30 à l'heure s'engage entre les voitures tunées des méchants et la super moto de Johnny Yuma qui tire des rafales d'éclairs de gouache et des bombinettes à fumée. Wouaou ! Ca c'est de la bécane. Où a t-il récupéré un truc pareil dans ce monde ravagé par la bombe ? Dans l'ancien QG de la Mega Force ? Peine perdue, on ne le saura jamais.



(- Mais non, Merhi, pas la peine de chercher une explication ! C'est pareil que dans les films de Leone : on ne sait jamais rien de "l'étranger", c'est son mystère, c'est normal !

- Certes, Pepin, mais, en même temps, Lara c'est pas vraiment Eastwood non plus, tu sais...

- Heureusement ! Tu sais ce qu'il aurait coûté Eastwood ? Bon, les enfants, en place ! Frankie, tu me places de beaux éclairs de gouache là et là pour montrer la technologie de la moto, et toi Joe, tu fais bien gaffe de ne pas te casser la gueule avec, ni de rayer la peinture, je dois la rendre au concessionnaire demain soir dernier délai. Prêt ? Moteur ! Ca tourne !
)



Mais malgré sa rutilante moto customisée, Yuma est capturé par les affreux et recruté de force parmi les Cavaliers.





"Au nom de tous les Cavaliers... Bienvenue chez les Dingues"





On voit pas trop ce qui se passe, mais ça gicle dans tous les sens




"Mais c'est pour mieux te manger mon enfant" comme dit la grand-mère de la fable, car notre héros de pacotille n'a aucune vocation à servir ce merdeux de Quantrell Jr, ni ses brutes patentées, dont l'ineffable Kane Hodder, sans masque de hockey, mais avec un beau stetson à la place, qui souhaite en permanence violer la blonde de la ville au moment précis où celle-ci tombe amoureuse du beau cow-boy solitaire (le con !). Et ce qui doit arriver arrive : Yuma abat Kane Hodder alors qu'il était trop entreprenant vis-à-vis de la fille, et en profite au passage pour dégommer 6 gusses d'affilée ainsi que Quantrell Jr.





"Non, non, Monsieur Kane Hodder, ne me violez pas !"





L'affreux Quantrell Junior meurt d'un trou dans le front en levant les yeux au ciel




Seul Bo Svenson, devenu plus ou moins ami avec Yuma, s'en sortira, histoire d'aller prévenir le "vénéreux" Quantrell Senior de la mort de son fils. Au passage, il s'offre le luxe de dégommer plusieurs cannibales qui l'agressent à mains nues. Comme ça, juste pour le fun, sans que cela n'ait le moindre rapport avec l'intrigue du film. Ou alors, pour bien montrer au spectateur ignare et un peu con que le personnage de Svenson est un dur, un vrai, qu'il aurait pu se faire le gentil s'il l'avait voulu, mais qu'au fond de lui-même, il a vu où était le bon droit... sacrés séries B ricaines ! Ne jamais épargner un cliché au public, ça doit être dans leur cahier des charges !





Bo Svenson terrassé par le nombre...





Mais l'affreux cannibale mord bientôt la poussière... Bien fait !




Mais, du coup, ses informations vont salement vénèrent le vénéreux, et le forcer à venir lui-même, à la tête de son innombrable horde (de 15 personnes) remettre Newhope au pas, venger son fils et ses hommes, et abattre le beau Yuma qui fait rien qu'à lui mettre le souk dans sa belle dictature fascisto-futuriste.



Pour le dernier quart d'heure de métrage, tout résumer est inutile : toutes les scènes de "résistance" ont été vues des milliers de fois au travers des multiples rediffusions de L'Agence Tous Risques : les gentils villageois trouvent le courage de se battre, attirent les méchants dans un piège et les tuent les uns après les autres sans qu'aucun cliché ne soit épargné.





Les méchants sont pris dans le piège diabolique ! Hinhinhin...





Johnny Yuma en majesté





Meurs, misérable figurant !





Et Johnny n'est pas avare de son gros gun !





La blonde de service s'y met aussi : que de haine farouche dans ce regard !





Encore un figurant au tapis. Beau travail, Johnny Yuma !




J'insisterai quand même sur l'extraordinaire et surréaliste poursuite entre le bus scolaire de Quantrell et le fourgon UPS de Yuma, poursuite se concrétisant par la mort du méchant et la révélation de la véritable identité de Yuma - qu'on sentait venir à des kilomètres - ("c'est téléphoné avec un gros cadran" aurait dit Thierry Roland) pour finir sur le départ du héros solitaire, tel le Rebelle de la série télé, vers un beau soleil couchant, sans même un regard pour la blonde énamourée tant il est vrai que quand bien même on soit un héros, on n'en est pas moins un gros mufle !





Strike !






Le duel final, la tête sur l'asphalte.






Zord
Zord

Steel, le Justicier d'Acier
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Les notes des membres

Moyenne : 3
avatar de Kobal Kobal : 3
avatar de MrKlaus MrKlaus : 3
avatar de Rico Rico : BF
avatar de Zord Zord : 3

Cote de rareté









En bon direct-to-video récent qui se respecte, le film a atterri en location assez vite (avec une VO quand même). Puis il est ressorti en version française toute simple chez nos buralistes dans le n°3 de la collection SF/action "Superchoc" (qui nous a entre autres réédité Les Nouveaux Barbares), à un prix un peu élevé malgré tout (10 €).







On le trouve désormais facilement dans les bacs à soldes des hypermarchés et en trocantes, sous le titre original "Steel Frontier" ou "Steel le justicier".



Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation

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Une jaquette britannique.
Une jaquette britannique.