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Striker

  • Titre original : Striker
  • Titres alternatifs : Cobra Mission
  • Réalisateur : Enzo G. Castellari, (sous le nom de Stephen G. Andrews)
  • Année : 1987
  • Pays : Italie
  • Genre : Massacre au lance-pierre (Catégorie : Pur et dur)
  • Durée : 1h30
  • Acteurs principaux : John Phillip Law, John Steiner, Frank Zagarino, Melonee Rodgers, Werner Pochath
Note :
2,5
Barracuda
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Chronique



Vous avez trouvé « Strike Commando » trop mou ? Vous pensez que « Slash le Découpeur » n'est qu'une lopette laxiste et droit-de-l'hommiste ? Alors ce film est fait pour vous ! Striker est en effet un candidat très sérieux au titre de film le plus bourrin de tous les temps. Là où les autres super-commandos se contentent de nettoyer la vermine communiste, John Slade va plus loin en l'éradiquant en profondeur, pour que le linge américain retrouve sa blancheur.



Notre héros : John Slade, alias Frank Zagarino.


John Slade, c'est un héros, et il a une mission : sauver son ami Frank Morris prisonnier des sandinistes au Nicaragua. Le FPO (= la CIA) l'a engagé pour ça. John Slade ne leur fait pas confiance, mais l'amitié, c'est sacré. Pour l'aider dans sa mission, il peut compter sur le contact local de la CIA, une belle jeune femme indienne (Melonee Rodgers, la reine des amazones dans « Sinbad »).



Les trois gros lards essaient de posséder Morris !



Des politicards véreux de Washington qui ne pensent qu’à se faire du blé avec le sang des patriotes.


Bien sûr, les choses ne se passeront pas exactement comme prévu et John Slade va vite devoir abandonner l'option discrétion et adopter une approche plus musclée, qui consistera essentiellement à trucider tout ce qui se trouve en travers de son chemin. Il faut préciser tout de suite que John Slade a une conception très personnelle de l’infiltration qu’on peut résumer en trois mots : pas de témoins ! La discrétion pour Slade consiste à massacrer tout le monde, mais avec un silencieux.



Attention, John Slade va nous la jouer fine…


Comme dans tout sous-Rambo qui se respecte, Slade va vite s’apercevoir que les pontes du FPO, valets des politicards, essaient de posséder Morris, et lui-même par la même occasion. La mort tragique de ce dernier lui fournira le prétexte d’une vengeance sans merci dont pas un figurant ne réchappera.





Festival John Phillip Law ! Il n’a pas vraiment l’impression d’acter si on ne peut pas compter les tendons de son cou.


John Slade, c'est aussi un acteur : Frank Zagarino. On se plaint souvent que les gros bras des films de guerre bourrins sont inexpressifs : lui, ce serait plutôt le contraire. Il fait des efforts visibles pour donner un côté humain à son personnage, mais comme il n'est vraiment pas très doué le résultat obtenu est aux antipodes de l'effet recherché. Ses tentatives d’humaniser son personnage au milieu d’un carnage sans répit créent un décalage assez formidable, qui culmine avec la réplique finale du film que je ne dévoilerai pas ici. Lors d'une scène mémorable, John Slade s'adresse au cadavre de son ami Morris pour lui jurer fidélité par delà la mort. Zagarino en profite pour se lâcher et nous offre une incroyable performance d'acteur complètement à côté de la plaque.



Striker : le film où les morts jouent plus mal que les vivants !



John Steiner et John Phillip Law. Mettez-les dans la même pièce et le compteur de nanardise explose.


La bonne volonté authentique de Zagarino n’est pas partagée par tout le casting, loin de là. Tous les acteurs du film jouent mal, mais il y en a deux qui sortent vraiment du lot : John Steiner et John Phillip Law, qui interprètent respectivement le vilain russe Keriasine et Frank Morris, l’ami du héros. Quand ces deux là se trouvent dans la même pièce, la densité en nanardise est telle qu’on se demande comment la lumière même arrive à s’échapper. John Philip Law nous ressert le jeu hyper-crispé, à la limite de la constipation, qu’on avait pu voir par exemple dans « Space Mutiny ». John Steiner, de son côté, cabotine à mort et se déchaîne dans le registre du fourbe cynique et sans pitié, arborant sa moustache comme un symbole de son ignominie.



Le camarade Keriasine. Un pur communiste fourbe et vicieux comme on les aime.


Il faut signaler également le doublage, absolument somptueux. Il parvient souvent à être à côté de la plaque, mais pas tout à fait de la même manière que les acteurs, ce qui multiplie le décalage. Il nous offre plusieurs répliques bien senties parmi lesquelles on retiendra notamment « Je travaille chez un blanchisseur, alors le linge sale je connais » ou encore « Un espion avec de l’humour, je ne connais rien de plus dangereux que ça ! ».







Festival John Steiner !



Oui, là il fait moins le malin.


John Slade, c'est enfin et surtout une machine à tuer. Et là, le terme n'est pas vain vu la quantité de figurants que Zagarino dégomme avec la régularité et l’expressivité d'un automate. Son meilleur ami s’est fait tuer, les politicards de Washington l'ont trahi, toutes les forces sandinistes sont à ses trousses mais John Slade s'en fout, il va tous te les massacrer et Dieu reconnaîtra les siens. Enfin, ce qu'il en reste. Rien ni personne ne peut l’arrêter, John Slade est prêt à tout pour se venger. Pièges à cons en pagaille, boucliers humains, empalements et ruses de Sioux, aucune technique n’est assez fourbe ni assez cruelle pour faire mordre la poussière à la racaille communiste.



Des sbires sandinistes à l’air pénétré.



Un intéressant spécimen de communiste à barbichette, qui finira en brochette.


Armé d'un unique uzi là où même Chuck Norris avait besoin d'une paire (dans « Invasion USA »), il s'en va trucider les communistes par grappes de quinze, dézinguer des hélicoptères en pagaille et décimer sans faiblir trafiquants de drogue et autres sbires. A côté du uzi et de l'incontournable couteau de survie, Slade a également à sa disposition une panoplie de gadgets divers, dont le moins ridicule n’est pas son espèce de lance-pierre de combat pliant qui tire des munitions explosives et fait des ravages dans les rangs des Sandinistes.



Le fameux lance-pierre de combat. Certains disent qu’il aurait aussi servi à payer les figurants, et que ça expliquerait beaucoup de choses.



John Slade reste derrière la scène pour tirer les ficelles…


Comme dans beaucoup de films de Castellari, « Striker » délivre un message politique à côté de l’action proprement dite. Il dénonce ici l’hypocrisie de l’action américaine au Nicaragua de façon un peu simpliste mais dans l’ensemble plutôt juste. En revanche, les fusillades sont une déception, pas franchement excitantes avec une chorégraphie inexistante. Reste que ce cocktail mélangeant bourrinage intensif, dialogues à la con et jeu d’acteurs horrible est tout à fait digeste et garantit un taux de nanardise fort appréciable tout au long du métrage.



L’explosion de cet hélicoptère est l’occasion pour l’accessoiriste de dégainer un formidable mannequin en mousse. En fait ce n'est rien de plus qu'un stock-shot de « Les Guerriers du Bronx 2 ».


Addendum de Nikita et Rico :

Notons que ce film n'est pas vraiment une oeuvre personnelle pour Enzo G. Castellari, qui l'a signé du pseudonyme de Stephen G. Andrews. Selon certaines rumeurs non vérifiées, Castellari, pas vraiment concerné, aurait délégué la mise en scène de certaines séquences à sa fille Stefania Girolami, aujourd'hui réalisatrice pour la télévision américaine. Ceci tendrait à expliquer une mise en scène moins dynamique qu'à l'accoutumée... quant au scénario, il a été co-écrit par Tito Carpi et Umberto Lenzi, qui visiblement étaient vraiment dans un jour sans.



Barracuda
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Striker
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Les notes des membres

Moyenne : 2
avatar de Barracuda Barracuda : 2,5
avatar de Nikita Nikita : 2
avatar de Rico Rico : 1.5

Cote de rareté

Plutôt facile à trouver depuis qu'il a été réédité en DVD par "Prism Vision". Mais attention : il existe à la fois sous son vrai nom, avec la jaquette postée ci-dessous (qui a servi également pour « Laser Force » et « Strike Commando »), mais aussi sous le titre de « Cobra Mission » avec la jaquette et le résumé de « Ultime combat » (et des images de « Strike Commando » dont l'ami Reb Brown derrière... C'est plus une jaquette, c'est un patchwork), sachant qu'il est souvent vendu moins cher sous ce dernier package.



Cote de rareté : 2/Trouvable Consulter le barème de notation

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Jaquette néerlandaise
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