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Target Eagle

  • Titre original : Jugando con la muerte
  • Réalisateur : José Antonio de la Loma
  • Année : 1982
  • Pays : Espagne / Mexique
  • Genre : Film d'action en moonboots (Catégorie : Espionnage)
  • Durée : 1H40
  • Acteurs principaux : Jorge Rivero, George Peppard, Maud Adams, Chuck Connors, Max von Sydow
Note :
1.5
Stirba
Stirba

Chronique



L'affiche égytienne (ah ça, on voyage avec Nanarland !)




Là j'avoue que je suis fort marri : je sais pas trop si j'ai affaire à un nanar ou un navet. L'impression qu'il me laisse, c'est que c'est un gros navet pendant une bonne heure, et un sacré nanar sur le dernier quart d'heure.



Quelques précisions : tourné en Espagne, à Barcelone précisément (plaques d'immatriculation, plus scène d'action dans et sur le toit de La Pedrera, célèbre maison construite par Gaudi, plus bout de match du Barça ). Problème : parfois, l'action a lieu vers Gibraltar, les voitures sont toujours immatriculées à Barcelone, pareil pour les Pyrénées espagnoles.



Présence dans le casting de George Peppard, qui nous fait du Hannibal Smith de l'Agence tous risques avant l'heure, et en méchant : c'est-à-dire que les rictus incessants qu'il arbore fréquemment sont ici plus méchants que débonnaires quand il est dans sa camionnette noire. Mauvais acteur au demeurant, avec un fume cigarettes pour préfigurer le cigare de Hannibal Smith.





Rien à dire, George, il a toujours la classe




L'action est archi confuse, on peine à savoir qui fait quoi, on sait seulement qu'il y a du trafic d'héroïne dans l'air (c'est le cas de le dire, tout le film est basé sur le parachutisme, le parapente, l'ULM, les acrobaties aériennes) et, plus tard, du trafic d'uranium pour la Libye. Et c'est George Peppard qui se charge de convoyer tout ça. Les services secrets espagnols sont sur les deux coups et emploient un ancien mercenaire qu'ils ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam pour déjouer ces plans.



Les points nanars:



- pour infiltrer le gang de dealers d'héroïne, le héros ex mercenaire doit faire des sauts en parachute, et normalement, s'il est vraiment bon, les dealers le contacteront pour qu'il fasse des livraisons : eh oui, livrer de l'héro à la tonne par camion ou bateau, c'est démodé, mieux vaut la livrer par 5 kilos en parachute, c'est plus discret. Enfin bref, il va dans un club de parachutisme, met tout le monde en danger, couche avec une nénette qui s'avérera être une espionne au service de sa supérieure hiérarchique, avec qui il couche aussi. Bref, il joue les têtes brûlées et baise, et les dealers viennent lui manger dans la main comme de juste.



Après moult péripéties ultra tirées par les cheveux, il est engagé par George Peppard pour livrer 1 tonne d'héroïne dans les Pyrénées espagnoles. Comment va-t-il s'y prendre ? Ben en sautant en parachute, avec sa supérieure / maîtresse comme acolyte, chacun avec une caisse de 3 m x 3 m pesant 500 kg. Simple, non ?





Bon, arrétez de m'appeler mon père, j'ai arrété les exorcismes...






C'est tout pour l'aspect navet (une bonne heure assez gonflante, arrive le côté nanar qu'on n'attendait plus, et là ça déménage pas mal. Mais George Peppard s'aperçoit qu'il est un espion, et là commence le fin du fin :



- Le gentil héros qui baise toutes les nénettes s'échappe de son hôtel avec sa supérieure en prenant un skidoo (moto des neiges qui avait bien fait de rester plantée là, merci aux accessoiristes pour le timing ). On leur envoie 4 skieurs aux fesses, le plan d'après ils sont tous les deux à skis (qui ont dû leur être livrés par la voie des airs, ou par Pizz'Appel, je ne sais ), ils nous font un remake minable de la poursuite à skis de l'"Espion qui m'aimait", avec moult faux raccords. La femme tombe, il la prend sur son dos ( !!!! ) et alors qu'ils allaient se faire rattraper, et qu'un avion des méchants tirait partout ( sauf sur les deux gentils ) à la mitraillette, au risque de blesser ses propres compères, ils trouvent, au milieu de nulle part, un bougre et son deltaplane. Ni une ni deux ils lui piquent, et les poursuivants en sont pour leurs frais.



- Plan suivant, ils ont quitté leurs chaussures de skis et retrouvé des moonboots Dieu sait où (dans les airs ???) et décident en toute logique d'aller au QG de George Peppard, où les attendent plein de gus armés. Idée de génie de notre héros : deux gardes patrouillent dehors, pile en face d'eux, il envoie une boule de neige à l'un d'eux, celui ci croit que c'est l'autre garde à sa droite qui lui a envoyé (alors que vu leur position et l'endroit où il reçoit la boule, c'est impossible), et court après l'autre garde autour de la maison comme deux gamins. Il faut le voir pour le croire !!! Après quoi, nos deux héros décident que c'est marre, ils sont claqués et se réfugient dans un camion remplis de caisses d'uranium en attendant la scène suivante. Ils en profitent même pas pour dresser une tente au milieu des ennemis et faire crac crac comme dans Moontrap.





Une bizarrerie: un VCD turc à la légalité contestable qui nous vend quasiment le film comme un boulard.




- Les camions arrivent à l'aérodrome, la femme se réfugie sous un des camions et le mec se planque derrière un des trains d'atterrissage. Il monte dans l'avion une fois les caisses embarquées, récupère un pistolet à fusée de détresse, et attend que la fille le rejoigne. Elle se débarrasse d'un garde en lui faisant le bon vieux coup du "oh pardon je me suis paumée" et après le classique "j'te touche tu tombes". Avec son flingue à fusées, il force le pilote et le copilote à abandonner l'avion et à sauter en parachute. Car que diable, tout mercenaire qu'il est, il sait piloter aussi un avion, en plus d'un ULM, d'un skidoo, de faire du parachute etc etc. James Bond peut se rhabiller !



- Le plan d'après que les deux pilotes aient ouvert leurs parachutes, on retrouve le héros et sa compagne / collègue au QG des espions, avec le grand chef qui leur annonce qu'ils ont sauvé le monde en récupérant tout l'uranium, toute l'héroïne, et que George Peppard s'est fait arrêter (saura-t-on où et comment ? ben non). Bravo la super ellipse ! Gros plan sur la tête du héros, générique rideau ! En trente secondes, on a expédié la fin. Perso, c'est du jamais vu !





Allez Jorge, arrête de faire la gueule. T'as tourné avec Santo et moi avec James Bond, on est un peu des stars.




En bref, un nanar mineur, qui vaut surtout pour le dernier quart d'heure d'anthologie et ses incohérences / conneries / super ellipses qui tuent. Et aussi pour George Peppard, très mauvais, qui nous fait du Hannibal Smith en méchant, ce qui est assez grotesque. Un petit 1,5 / 5 sur l'échelle de Nanar. Et bien le bonsoir.




P.S. de Rico : le chroniqueur de coldfusion video à qui j’ai piqué quelques photos résume ses réactions face au film par un terrible : "After I watched Target Eagle, I went to bed and had a nightmare - that I was still watching it".





Stirba
Stirba

Target Eagle
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Les notes des membres

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Cote de rareté

En dehors du mystérieux VCD turc mentionné dans le corps de la chronique, il faudra se rabattre sur la VHS d'époque de chez "Fil à Film". Pas évident à trouver quand même.



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