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The Toxic Avenger 3, The Last Temptation of Toxie

  • Titre original : The Toxic Avenger 3, The Last Temptation of Toxie
  • Réalisateur : Lloyd Kaufman, & Michael Herz
  • Année : 1989
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : Héros Toxique Vs Grand Capital (Catégorie : au-delà du nanar)
  • Durée : 1h19 ou 1h42 (director’s cut)
  • Acteurs principaux : Ron Fazio, Phoebe Legere, John Altamura, Rick Collins
  • Producteur : Lloyd Kaufman
Note :
2.75
Drexl
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Chronique

On s’en doutait déjà, mais là, c’est la confirmation à toute épreuve : Lloyd Kaufman est fou ! Pour le troisième volet des aventures du justicier au balai (détail qui vaudra au premier opus de la saga sa réplique culte, prise dans la bouche d’un flic incrédule : "mais pourquoi laisse-t-il toujours un balai ?"), il se lance dans un véritable discours politique, non non vous n’avez pas mal lu.



Résumons. Au début du film, une boutique de vidéoclubs tenue par des rabbins (déjà) est la cible d’une attaque des plus hargneuses par 4 truands surviolents dénommés Warner, MGM, Columbia et Paramount, avant que notre vengeur toxique ne déboule sur les lieux de l’action et ne leur tatanne la gueule comme il se doit. Il raconte alors qu’il est de retour parmi les siens, après avoir été tenté par les forces du mal. Flash-back… Tromaville est, une fois de plus, nettoyée de toute racaille. Conséquence imprévue de l’accalmie, Toxie se retrouve au chômage, réduit à réprimander des vieilles dames trichant aux cartes, ne ramenant plus un sou à la maison, où l’attend toujours sa plantureuse copine aveugle, Claire. C’est alors qu’il reçoit une offre d’emploi d’Apocalypse Incorporated, les méchants du deuxième épisode.



Ebloui par cette chance de réinsertion, Toxie accepte les yeux fermés, y voyant par la même occasion la chance de pouvoir opérer Claire de sa cécité, sans réaliser qu’une fois de plus, Apocalypse projette de transformer Tromaville en vaste décharge radioactive, asservissant la population au passage. Tout content de ses nouvelles charges, Toxie porte un costard, répond en même temps à trois téléphones en prenant l’air détaché, s’entraîne au squash en short, bref, comme il le dit si bien lui-même, "I became a Toxic-yuppie". Col blanc au service d’une multinationale, Toxie manque de perdre son âme. Mais c’est compter sans Claire, qui, ayant à peine recouvré la vue, dénonce les exactions d’Apocalypse à son Toxicounet. Ce dernier reprend enfin ses esprits et part en guerre contre ces tenants du capitalisme sauvage.



Oubliez les performances gorissimes de ses premières aventures, Toxic Avenger troisième du nom se penche pendant une bonne partie du film sur la montée dans l’échelle sociale de son héros, tellement fier d’avoir réussi au sein d’une entreprise aussi importante. Décharge de calibre 12 dans la gueule de l’arrivisme contemporain, The Last Temptation of Toxie se targue, à l’instar de ses prédécesseurs, d’un semblant de premier degré à toute épreuve, décrivant l’évolution mentale de son héros avec la grâce d’un rouleau-compresseur. Néanmoins, Lloyd Kaufman nous livre un véritable acte de foi de SA conception du cinéma, avec une niaque démontrant qu’il est très loin de céder aux attraits du tout venant de la production cinématographique commerciale. Truffant le film de scènes fonctionnant en écho à une autre, il se livre à une totale réappropriation de la figure "mythique" qu’il a créée, pour en faire un nouvel étendard, celui du cinéma chtarbé à tout prix. Toxic Avenger 3 évoque par moment le ton irrévérencieux du Cecil B. Demented de John Waters (qui voyait une bande de cinéastes indépendants entrer littéralement en guerre contre le cinéma hollywoodien).



Si le film entre dans la catégorie nanar volontaire - comme tous les autres épisodes - c’est toujours par cette sempiternelle et jouissive jubilation à produire un ciné cheap mais totalement décomplexé vis-à-vis de toute censure, autorisant des fautes de goût parmi les plus délicieuses qui soient, comme par exemple montrer systématiquement son actrice principale, enfin calmée de son hystérie dans Toxic Avenger 2, en petite culotte les jambes écartées à chaque début de scène… En attendant de pied ferme le quatrième épisode des pérégrinations du justicier au balai, au sous-titre particulièrement alléchant : Citizen Toxie...



Drexl
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Cote de rareté

Aucune version française n’existe pour ce film qui n’est jamais sorti au pays des grenouilles. C’est d’autant plus curieux qu’existent en DVD français les épisodes 1, 2 et 4. On pourra donc commander, en attendant une hypothétique sortie chez "Sony" qui édite le catalogue "Troma" en France, les versions zone 1 chez "Tromafilm", lourdement garnies en bonus. D’autant que le film est ressorti dans une version « Director’s cut » plus sanglante. A défaut existe toujours la version DVD allemande minimale (mais chère, comptez bien 25 € contre 17 $ pour la version U.S. !) chez "Legend Film" en germain uniquement avec une bande annonce pour tout bagage. Ca frise l’escroquerie.

Note : A propos de ce film et de son absence d'édition française, Robin Ruquet, GPS Interactive pour Troma France, nous apporte cette précision : "Lloyd Kaufman a totalement désavoué « Toxic Avenger 3 », qui a été produit par une grosse société de production qui a obligé Lloyd à faire moult concessions, et au final, n'a jamais sorti le film. Comme le dit Lloyd : « Troma s'est fait prendre de derrière ! ». C'est d'ailleurs pour cette raison que le film a failli ne jamais être édité en Z1, et n'est pour l'heure jamais sorti en France."
Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation