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Turkish Star Trek

  • Titre original : Turist Ömer Uzay Yolunda
  • Titres alternatifs : Ömer the Tourist in Star Trek
  • Réalisateur : Hulki Saner
  • Année : 1973
  • Pays : Turquie
  • Genre : Yéyé et poêle à frire (Catégorie : Space opera)
  • Durée :
  • Acteurs principaux : Sadri Alisik, Cemil Sahbaz, Erol Amaç, Kayhan Yildizoglu
Note :
4
Runik
Runik

Chronique

Petite note avant de commencer : je n’ai jamais été un gros fan de Star Trek. J’ai vu quelques épisodes des premières séries, une partie des films et ça s’arrête là. Je ne me souviens même pas avoir vu Patrick Stewart en Capitaine Picard, c’est pour dire ! (nous sommes en froid)







Aaah… Star Trek ! son vaisseau poêle à frire, ses costumes Haribo, les antennes de Spock, le capitaine Kirk, le docteur McCoy… Tout le monde a déjà entendu parler au moins une fois de l’univers de Gene Roddenberry, que ce soit au travers des différentes séries télévisées ou des longs métrages… La contrée au croissant étoilé n’échappe pas au phénomène et en profite pour se lancer dans le tournage du premier long métrage jamais sorti sur cet univers, six ans avant la première superproduction officielle !







Mais attention, Turist Omer Uzay Yolunda n’est pas une repompe éhontée du concept original, il s’inscrit dans une série de comédies sur Turist Omer ("Omer le touriste") dont le rôle est joué par Sadri Alisik, comique célèbre dans la communauté turque. Pour situer le personnage, disons qu’il s’approche de Louis De Funès pour la gestuelle et de Eric (du duo Eric et Ramzi) pour tout ce qui est comique enfantin et / ou de répétition, c'est-à-dire parfois amusant mais souvent lourd.







Omer se retrouve téléporté malgré lui sur une planète mystérieuse, où il fait la connaissance de l’équipage de l’Enterprise. Mais bientôt ce dernier est décimé par une étrange maladie, alors qu’un être hypnotiseur polymorphe rôde…



Dès les premières images du film on comprend que le réalisateur a voulu donner dans le genre « pulp ». Mais ne vous attendez pas à son sens commun, partez plutôt vers le turkish pulp, à savoir couleur tomate. Ce n’est pas très clair ? Regardez, vous allez comprendre :





Return of the killed tomatoes.




Et oui ! Oubliez tout ce que vous avez appris jusqu’à présent, l’espace n’est pas noir mais orangé. Là dessus apparaît l’Enterprise, avec la vraie musique de la série, bientôt suivie par une reprise yéyé du thème de la quatrième dimension (non, je n’invente rien).





La floue histoire de l’espâââce !




Le pont de l’Enterprise est comment dire… assez rudimentaire. Avant de vous le montrer, je tiens à faire une petite mise en garde : non, il n’y aura pas de plan nichon dans ce film. Par contre, il y aura du plan croupion : toutes les femmes de l’équipage sont vêtues de mini jupes ras-le-bonbon, dévoilant des kilomètres de jambes à tous les spectateurs. Si vous pensez pouvoir tenir le choc, alors vous pouvez continuer de lire, sinon… mouarf, pas besoin de sinon, je sais que vous voulez tous vous rincer l’œil !















Et voilà notre première rencontre avec Spock, ici rebaptisé Spak. Quid de ce changement de nom ? Les milieux autorisés (à savoir moi-même) penchent pour une difficulté de prononciation du « ck » en turc, mais cette analyse n’engage qu’eux (un bien bel exemple d’auto bâchage…). Notre ami Spak, prenant exemple sur le levage de sourcil mi-intrigué mi-amusé de son illustre aîné, en use et abuse pendant toute la longueur du métrage, à tel point qu’on ne peut plus parler d’expression mais carrément de musculation !





Spak, toujours prêt à s’envoyer en l’air… (en partie du moins)




Nous gratifiant d’une entrée que n’auraient pas renié les plus grands top-models, le « Kaptan » Kirk vient prendre place dans son fauteuil cosy sur le pont de l’Enterprise. Kirk est un vrai playboy : regard bleu profond, bouche sensuelle, dentition d’une blancheur éclatante, chevelure ondoyante, c’est le tombeur de ces dames. Jugez-en par vous-mêmes :





Poussez, Kaptan !




Un bref conciliabule entre les têtes pensantes de l’équipage débouche sur l’envoi de Spak et de trois autres membres sur la planète mystérieuse autour de laquelle tourne l’Enterprise. Et qui dit déplacement dans l’univers de Star Trek dit… téléportation !!!



Je vous laisse apprécier la haute technologie mise en œuvre, qui prouve que les Turcs maîtrisaient déjà ce type d’effets visuels bien avant la sortie de Turkish Star Wars !



Arrivée à bon port, notre fine équipe rencontre le professeur Krater, sorte de Géo Trouvetou local, spécialisé dans les ordinateurs nanars et les androïdes. Ces derniers sont extrêmement bien faits : c’est bien simple, on les croirait humains !





Mets de l’huile.




Et pendant ce temps là, à Vera Cruz (...à moins qu'il ne s'agisse d'un faubourg d'Ankara), notre ami Omer est emmené de force à son propre mariage. Vu la tête de la future mariée, on comprend ses réticences (attention, big moustache inside !) :





Mais, m’sieur Mamère, puisque je vous répète que je ne suis pas gay !




Il s’en remet donc à Allah pour le sortir de ce mauvais pas, qui va l’exaucer en l’envoyant - comme c’est étrange - sur la planète sus citée…





Si tu bouges un poil, je t’explose la moustache !




Sur l’extrait vidéo qui suit, vous pourrez avoir un aperçu du talent comique d'Omer, et aussi juger de l’extraordinaire finition des androïdes. Ne sous-estimez pas non plus l’impact de la bande sonore, qui nous rappelle à tout instant que malgré son apparente perfection, l’androïde est une machine, mue par des rouages et des mécanismes… C'est la poursuite infernale !



Le professeur Krater et son assistante :





- Professeur, je crois que vous avez un trou à votre brushing !

- Ils auraient pu m'appeler Professeur Phorêt ces cons là au casting...




Omer continue d’amuser la galerie :









Une cigarette imaginaire de 2 mètres de long, qu’est-ce que c’est bon !





Elles sont toutes à ses pieds




Kirk et Spak restent circonspects devant ces pitreries :





- Je le plante ou je le tire ?

- Mais enfin Kaptan, il a déjà dit qu’il n’était pas gay !




Ils décident donc d’envoyer Omer à la jardinerie, histoire de le calmer un peu. Au milieu de toutes ces plantes se trouve l’attraction du lieu : une belle plante carnivore constituée de deux gants pelucheux et qui dévore goulûment tout ce qui lui est présenté. Cette plante a une autre spécificité : elle détecte l’être polymorphe à bord du vaisseau en poussant des cris euh… comment dire… c’est quelque chose approchant du doublage d’une actrice porno atteignant l’orgasme (simulé, bien entendu).





Attention, gants méchants !




Le film, à peu près cohérent jusqu’ici, bascule dans le grand n’importe quoi avec l’apparition d’une grande bestiole toute moche qui poursuit Kirk dans une avalanche de faux raccords.





Graaahh !!! Je suis la grosse bête qui monte, qui monte… et qui est en haut !




Ils règleront leur différent par un concours de lancer de rochers en mousse, que je me dois de vous montrer : extrait vidéo



Mais la bestiole étant plus coriace que prévu, Kirk ne doit son salut qu’au « pistolet laser gratté à même la pellicule » de Spak…





Prends ça, vile créature au pantalon rapiécé !




Nos deux héros ne sont pas sortis d’affaire pour autant, car l’être hypnotiseur profite d’un instant d’inattention pour forcer Spak à attaquer Kirk ! L’inévitable bataille fratricide a lieu, débouchant sur un combat poussant l’aiguille du taux de nanardise dans le rouge ! Cette planète est décidément très mal fréquentée : sans avoir eu le temps de se remettre de leurs émotions, voilà qu’une troupe d’androïdes leur tombe dessus en criant « gare ! ».





Proverbe Klingon : quand Spak a ses deux sourcils baissés, il va bientôt charger !




Sur le plan sonore, les bruiteurs se sont heurtés à un problème de taille : comment faire comprendre à l’audience que l’être polymorphe est à l’écran, vu que par définition il peut ressembler à n’importe qui ? Ils ont alors fait parler leur génie créatif en utilisant un thème récurrent à chacune de ses apparitions. Une excellente idée en théorie qui malheureusement tombe à plat lorsque la musique choisie se trouve être les premières secondes du générique de Star Trek, parfois passées en accéléré !



Tant que nous en sommes sur les bruitages, parlons du fonctionnement des portes sas de l’Enterprise : jusqu’à la moitié du film environ, les bruitages étaient ceux de la série Star Trek (une sorte de sifflement ponctué par un petit bruit de ventouse). A ce moment là la cassette servant au doublage a dû rendre l’âme, puisqu’on peut se rendre compte sans problème de la présence d’une personne hors cadre se fendant de « sssshhhhhh » bien sentis, rarement synchronisés avec le fonctionnement des fameux sas…



Je m’arrête là pour ne pas tout dévoiler, et pourtant je suis loin d’en d’avoir fait le tour !

Vous allez me demander : « Pourquoi seulement une note de 4/5, alors que ce film a l’air d’être au moins au niveau de TSW ? » Ma réponse à cette question est que Turkish Star Trek manque de Cüneyt Arkin, ou plus précisément du côté "sérieux" que ce dernier s'efforce de conférer à la plupart de ses films, et qui constitue pour moi la cerise sur gâteau… Une repompe plus sérieuse de Star Trek avec ce niveau de réalisation aurait bien mérité son 5, mais le fait d’être à la base une comédie coûte au film l’excellence !



Allez, un petit dernier pour la route…









Runik
Runik

Turkish Star Trek

Vidéos

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Cote de rareté

L'éditeur américain "5 minutes to live" s'est spécialisé dans le DVD-R de raretés turques (dont le Turkish Star Wars). On peut donc le trouver en zone 0 pour assez cher (autour de 20 $) en turc non sous-titré uniquement sur leur site (www.5minutesonline.com).







Autre micro éditeur, Bijouflix a lui aussi sorti sa version sous le nom de "Turk Trek", sensiblement la même que la précédente, un peu moins cher mais uniquement en zone 1 (www.bijouflix.com).



Vous pouvez aussi essayer de trouver le VCD turc chez "Alparslan". Là on n'a pas d'adresse parce que franchement c'est du local...



Cote de rareté : 4/Exotique Consulter le barème de notation