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Al Cliver

Al Cliver

Biographie

Le Nick Nolte du pauvre



Au côté des Mark Gregory, Reb Brown et autres Daniel Greene, Pier Luigi Conti alias Al Cliver est l'un des visages (et gros bras) familiers du cinéma bis italien. En vingt ans de carrière, il a abordé quasiment tous les genres, du film de zombies au post-apocalyptique en passant par l'érotique et le western spaghetti. Son physique lui vaut même dans le milieu spécialisé le surnom de Nick Nolte italien…



Né à Alexandrie en 1951, il retourne avec sa famille vers l'Italie de ses grands-parents en 1956 à la suite du coup d'Etat de Nasser. A Rome, son physique de grand blond au style nordique le fait vite repérer et il devient un peu par hasard mannequin photo à la fin des années 60. Dès lors il n'y a qu'un pas vers le cinéma, qu'il franchit par le biais de quelques figurations (généralement non créditées au générique, même l'IMDB ne les a pas relevées) dont la plus prestigieuse est dans « Les Damnés » de Visconti.



Sa carrière commence véritablement en 1974, où il tourne « Il saprofita » pour lequel il est nominé comme meilleure révélation italienne. Il enchaîne avec des comédies ou des thrillers érotiques dont notamment « Laure / Forever Emmanuelle » d'Emmanuelle Arsan (par ailleurs auteur du roman « Emmanuelle ») qui lui fait rencontrer la jeune Française Annie Belle, star montante du cinéma érotique de l'époque. Une idylle se noue entre les deux qui va durer trois ans. Passion dévorante qui se concrétise sur les plateaux des productions suivantes où, dit-on, les étreintes entre les deux amants n'étaient pas forcément simulées. Hélas, dans le climat de fête et d'exotisme de l'époque (le couple tourne régulièrement en Asie du Sud Est et en Afrique du Nord), l'alcool coule à flots et Pier Luigi succombe un peu trop au charme de la bouteille, qui a semble t-il tendance à le rendre violent. Le couple se sépare au bout de trois ans. Si l'alcool semble avoir été pendant longtemps un gros problème pour Al, il le sera plus encore pour Annie Belle qui sombra totalement dans l'alcoolisme en fin de carrière.


Al Cliver dans "Mister Scarface" alias "Rulers of the City" (I Padroni della città, 1976), de Fernando Di Leo.


Pendant cette période, sa carrière s'oriente vers le western (« Apache Woman ») et surtout vers le polar urbain et violent sous la direction de Fernando di Leo, pour qui il tourne « Mister Scarface » alias « I padroni de la citta », un vrai petit film culte où il roule en buggy rouge dans les rues de Rome et côtoie un Jack Palance déchaîné en maffieux ambitieux. Il enchaîne sur des films de commande pas toujours fameux comme « No alla violenza de Tana Cimarosa », qui reçu semble t-il de l'argent de producteurs voulant investir à perte pour ne pas avoir à payer d'impôts sur les bénéfices…



Al ne prend guère sa carrière au sérieux : ayant une petite renommée et étant toujours prêt à tourner s'il y a du soleil et des jolies filles, son agent le convainc de partir en Espagne traquer le cannibale et sauver la blonde topless en détresse, sous la direction de Jesus Franco et pour le compte d'Eurociné. Cela nous donnera les fauchés mais délirants « Une Fille pour les cannibales » alias « Mondo Cannibale », avec Sabrina Siani) et « Chasseur d'Hommes » (alias, entre autres, « Chasseur de l'Enfer » mais bon, chez Eurociné le retitrage c'est une question de culture, un peu comme les pseudos), les deux films étant d'ailleurs tournés en même temps…



En 1979 il tourne avec Fulci le délirant « L'Enfer des Zombies » alias « Zombi 2 » (pseudo-suite du « Zombie » de Romero sorti un an plus tôt) dans lequel les morts-vivants dévorent même les requins.



Al comptera parmi les fidèles du grand Lucio et œuvrera pour lui dans des rôles secondaires comme dans « Le Chat noir » et « L'Au-delà », voire même des apparitions à peine créditées comme dans « Murderock ».

En 1983, la vague du post-apocalyptique déferle sur lui. Avec son physique de héros athlétique et son jeu monolithique, il peut sans peine se glisser dans les cuirs usés de ces fiers guerriers qui se castagnent dans des carrières de gravier et des usines désaffectées. Connaissant déjà Joe D'Amato depuis sa carrière dans l'érotique, il tourne pour lui coup sur coup les ringardissimes « 2020 Texas Gladiator » et « Le Gladiateur du Futur », puis enchaîne dans la foulée avec un rôle secondaire dans « 2072 les mercenaires du futur » de Fulci.



Pendant cette période, la vie privée de Pier Luigi est de plus en plus chaotique. L'alcool et les femmes bien sûr, mais aussi la drogue. Ces excès pourraient expliquer le fait que la deuxième partie de sa carrière soit plus erratique. Ses rôles deviennent plus secondaires : on le voit dans un petit rôle dans le film de chevalerie ringard « I Paladini, storia d'armi e d'amori » (où l'on croise aussi Tanya Roberts, notre « Sheena Reine de la Jungle » préférée) ou dans le film d'espionnage « Notturno » dirigé par le furtif réalisateur Georgio Bontempi (j'espère qu'il ne faisait pas sa B.O. lui-même).

A partir de 1984, Al Cliver connaît un passage à vide : il tourne encore deux films érotiques pour Joe D'Amato avec Annie Belle, son ex, puis le fameux mais semble t-il inédit chez nous « Les Mines du Kilimanjaro » de Mino Guerrini avec Christopher Connely et Gordon Mitchell. "Fameux", car il traîne la réputation d'être l'un des films d'aventure exotique les plus ringards tourné par les Italiens. Une friandise que l'on aimerait bien voir cela va sans dire…



A partir des années 90, le cinéma populaire italien est moribond. Cliver, qui ne s'est jamais pris au sérieux en tant qu'acteur, quitte définitivement les plateaux de cinéma. Il semblerait qu'il vende désormais des objets exotiques sur un marché aux puces de Rome (des sacs en paille d'après une interview de D'Amato). Il est toujours en forme et, s'il a tiré un trait sur sa carrière et réglé ses problèmes d'alcool et de drogue, il porte un regard détaché sur son passé d'acteur. Des voyages, des jolies filles, une vie de fête… Al n'en demandait pas plus.



Bonus : pour les germanophones, une interview en allemand que Pier Luigi Conti alias Al Cliver a accordé en 2000 au site Terrorverlag.

Rico
Rico

retour vers les acteurs

Filmographie

1990 - Demona / Liza

1989 - The House of Clocks (La Casa nel tempo)

1988 - Les Fantômes de Sodome / The Ghosts of Sodom / Sodoma's Ghost (Il Fantasma di Sodoma)

1988 - Soupçons de mort / When Alice Broke the Mirror / Touch of Death (Quando Alice ruppe lo specchio)

1987 - Laura oggetto sessuale

1987 - Mines of Kilimanjaro (Le Miniere del Kilimangiaro)

1986 - Lust / A Lustful Mind (Lussuria)

1984 - Murder Rock - Dancing Death / Slashdance / The Demon Is Loose (Murderock - uccide a passo di danza)

1984 - 2072, les mercenaires du futur / Les Centurions an 2001 (Québec) (I Guerrieri dell'anno 2072)

1984 - L'Alcove / La Retape (L'Alcova)

1983 - Le Gladiateur du futur (Endgame : Bronx lotta finale)

1983 - Le Choix des seigneurs / Hearts and Armour (I Paladini, storia d'armi e d'amori)

1983 - Spy Connection (Notturno)

1983 - Briganti

1982 - 2020 Texas Gladiators (Anno 2020 I Gladiatori Del Futuro)

1981 - L’Au-delà / The Beyond (E tu vivrai nel terrore - L'aldilà)

1981 - Le Chat noir / The Black Cat (Gato nero)

1981 - Chasseur d'Hommes / Chasseur de l'enfer (Il Cacciatore di Uomini)

1980 - Mondo cannibale / Une Fille pour les cannibales / Mangeurs d'Hommes / La Déesse Blonde / La Déesse Cannibale / Déesse Cannibale / L'Emprise des Cannibales / Les Cannibales / White Cannibal Queen / Sexo caníbal

1980 - Contamination

1980 - Molto di più

1980 - Chaleurs exotiques / Flying Sex (Sesso profondo)

1979 - L'Enfer des zombies / Island of the Living Dead (Zombi 2)

1979 - L'Albero della maldicenza (1979)

1978 - Provincia violenta

1978 - Blazing Flowers (Milano... difendersi o morire)

1977 - Death Hunt (No alla violenza)

1977 - Un Giorno alla fine di ottobre

1976 - Une fille nommée Apache / Apache Woman (Una Donna chiamata Apache)

1976 - Rulers of the City / Mister Scarface / The Big Boss / Blood and Bullets (I Padroni della città) (1976)

1976 - Black Velvet / Black Emmanuelle, White Emmanuelle / Naked Paradise (Velluto nero)

1976 - Big Pot (Il Copaccio)

1976 - Amore grande, amore libero

1975 - The End of Innocence (La Fine dell'innocenza)

1975 - Forever Emmanuelle (Laure)

1975 - A Wave of Pleasure / Waves of Lust (Una Ondata di piacere)

1974 - Le Profiteur / The Profiteer (Il Saprofita)

1969 - Les Damnés