BERNARD MENEZ
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Le cas de Bernard Menez est étrange : il en est arrivé à symboliser aux yeux de beaucoup le nanar comique à la française alors que sa filmographie n’est ni la plus abondante ni la pire qui soit. En tout cas, son image publique est telle que Nanarland ne pouvait décemment l’ignorer. Bernard Menez est né le 8 Août 1944 à Mailly-le-Château, dans l’Yonne. Timide, il trouve dans la pratique du théâtre amateur un exutoire à ses complexes. Poursuivant des études de mathématiques, il devient professeur. Mais l’appel des planches est le plus fort et Bernard abandonne rapidement les logarithmes pour les alexandrins. Il débute sur le planches à la fin des années 60 et se révèle doué pour les emplois comiques. Son premier film est le méconnu « Du côté d’Orouët » de Jacques Rozier, où il développe le personnage de timide empêtré qui fera sa gloire. Le grand public le remarque vraiment dans « La Nuit américaine », de François Truffaut, où il interprète un second rôle de technicien gaffeur. Il tient ensuite le rôle principal de « Pleure pas la bouche pleine », de Pascal Thomas, dont il deviendra l’acteur fétiche.



Durant les années 70, Bernard Menez est très présent à l’écran. Il alterne les comédies de bon niveau (« Pas de problème », de Georges Lautner, où il joue… le fils de Jean Lefebvre !) et les grosses farces typiques du nanar à la française (« La Frisée aux lardons », « Les Quatre Charlots mousquetaires », « Tendrement vache »). Il poursuit par ailleurs une brillante carrière dans le théâtre de boulevard, où sa nature comique s’exprime mieux. En 1982, il passe à la mise en scène pour le gentillet « Les P’tites têtes ». A noter dans sa filmographie une curiosité comme « Dracula père et fils », où il joue le fils de Christopher Lee, apprenti vampire gaffeur !



Au milieu des années 80, la comédie populaire à la française s’essouffle et Bernard Menez se fait plus rare à l’écran : on le voit néanmoins dans plusieurs films notables, comme le décalé « Maine-Océan », de Jacques Rozier, considéré comme son meilleur rôle. Il continue de jouer au théâtre et s’illustre à la télévision (notamment avec la sitcom « Vivement lundi ! »). Artiste complet, il donne de la voix en 1984 pour le tube « Jolie poupée », qui demeurera une icône du kitsch musical et lui vaudra un disque d’or (hé oui !).







Se faisant rare à l’écran dans les années 90 – alors que sa carrière théâtrale n’a jamais cessé - , il est progressivement redécouvert grâce à une certaine nostalgie d’un cinéma populaire disparu. On le voit dans des films comme « Laisse tes mains sur mes hanches » et « France Boutique ».



Surfant sur une popularité retrouvée, Bernard Menez s’illustre également par un engagement citoyen en se présentant à plusieurs reprises à diverses élections : candidat aux législatives à Paris, il réalisera notamment un score non négligeable face à Edouard Balladur. Preuve s’il en est que l’on peut être un boute-en-train, s’illustrer dans des nanars, et faire preuve d’un civisme actif. A défaut d'être devenu Président de la république, Bernard est par ailleurs président d'une association sportive organisant des matches de foot au profit des handicapés. Une raison de plus d’apprécier Bernard Menez et de considérer que le nanar mène à tout !



Les liens utiles :

Site officiel

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