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Brigitte Lahaie

Brigitte Lahaie

Biographie

Actrice, animatrice de radio, mais surtout star du X au temps de sa jeunesse, Brigitte Lahaie a sans nul doute marqué l'imaginaire du public français. On oublie pourtant trop souvent son apport incontestable à la noble cause du cinéma bis hexagonal. De Jean Rollin aux productions Eurociné, du polar à l'épouvante, Brigitte, dans les années 1980, a su se positionner en égérie d'un cinéma de genre français condamné par le mépris de la critique et l'anémie des budgets. Oubliez Brigitte l'actrice porno et découvrez Brigitte la sainte patronne du nanar via l’entretien exclusif qu’elle nous a accordé.






Cherchez. Cherchez une actrice qui a pu tourner avec Jean Rollin, Jess Franco, Jean-Marie Pallardy et Max Pécas, pour ne citer qu'eux. La performance mérite le respect. Bien plus qu'une actrice, Brigitte Lahaie est une légende, un véritable symbole. Le symbole de ce cinéma pornographique français qui explose durant les années 70 en débarquant dans les salles obscures, dans un contexte de libéralisation des moeurs. De ses premiers films X jusqu'à aujourd'hui, elle se sera battue pour que les Français acceptent mieux la sexualité. Le destin de Brigitte Lahaie diffère de la plupart des actrices du genre dans la mesure où elle aura su arrêter le X au bon moment pour opérer une reconversion vers le cinéma dit "traditionnel". On distingue donc deux périodes dans sa carrière cinématographique : ses débuts dans le X et le reste où l'on trouve pêle-mêle grandes productions, films fantastiques, films érotiques et quelques nanars. Même si elle aurait sans doute mérité une meilleure carrière, Brigitte Lahaie restera quoi qu’il arrive une femme d'exception.



91-60-91, pour 1m73...


De son vrai nom Brigade Van Meerhaegue, la ch'tiotte Brigitte naît le 12 octobre 1955, dans cette belle ville du Nord que l'on appelle Tourcoing, d'un père banquier et d'une mère représentante. Elle vit une enfance normale, adore l'équitation, obtient son bac sans redoubler, tout en travaillant dans un magasin de chaussures... rien ne laisse présager de ce qu'elle deviendra deux ans plus tard. A 18 ans, le tournant : notre Torquennoise quitte le cocon familial et monte à Paris.



Brigitte Lahaie débute dans le cinéma X en 1976 de manière plutôt anodine. C'est en effet en répondant à une simple petite annonce qu'elle se retrouve sur les plateaux de tournages, pas exactement comme actrice, mais comme doublure. Elle obtient son premier vrai rôle dans un film pornographique la même année dans « Parties Fines » de Gérard Kikoïne, dont c'est également le premier film. Pour lui comme pour Brigitte, la suite s'annoncera très prolifique. Egalement connu sous le nom d' « Indécence 1930 » (titre vidéo), ce film remporte un franc succès et va lancer la carrière de la belle brune (qui ne sera blonde que deux ans plus tard). Dès lors, les films s'enchaînent très rapidement. Le cahier des charges d'un film X n'étant pas aussi exigeant que celui d'un blockbuster, Brigitte Lahaie tournera une cinquantaine de films jusqu'en 1980, année où elle tire sa révérence. Elle ne se rend pas bien compte de ce qu'elle fait, mais une chose est sûre : le cinéma pornographique français a désormais sa star. Plus de cinquante films, cela semble beaucoup, mais à y regarder de plus près, sa présence s’y limite parfois à une seule scène (certainement faite en une seule prise).




Quelques films méritent tout de même une attention particulière :

- « Vibrations Sexuelles » (1976) : Ce film constitue sa première rencontre avec Jean Rollin, la personne avec qui elle prendra le plus de plaisir à travailler. C'est le début d'une longue amitié. Rollin contribuera beaucoup à la reconversion de Brigitte Lahaie. Elle tournera encore six fois sous la direction de Jean Rollin, mais aucun des films suivants ne sera classé X.

- « Belles d'un Soir » (1976) : Un film qui rappelle que le cinéma X ne s'arrête pas à Brigitte Lahaie. A ses côtés, Martine Grimaud, une autre pointure qui débuta avant elle. Brigitte a certes grandement participé à l'essor du X français ("l'âge d'or"), mais des pionnières s'y étaient déjà frottées dans la première moitié des années 70. Cependant Brigitte se familiarisera facilement avec ce milieu et fera vite connaissance avec ce beau monde, à commencer par Claude Mulot, réalisateur de ce film.

- « Je suis à prendre » (1978) : Un classique du cinéma X, l'un de ses meilleurs films selon elle. Devenu culte notamment pour une scène tournée sous un cheval (et non pas avec). Réalisé par Francis Leroi, qui aura consacré toute sa vie au cinéma X et érotique.



- « La Clinique des Phantasmes » (1978) : La cinquième et dernière fois que Brigitte Lahaie joue dans un film de Gérard Kikoïne, l'un des plus doués dans le genre. Bourré d'humour bien gras, « La Clinique des Phantasmes » prouve que le film pornographique peut se révéler nanar.



- « Je brûle de partout » (1978) : Signé Jesus Franco, pas un très bon souvenir pour Brigitte. Un film tourné au Portugal à la va-vite. Jesus ayant encore un peu de temps, il souhaite en tourner un deuxième, mais l'actrice refuse et veut rentrer en France. Fâchés, nos deux compères ne se retrouveront que dix ans plus tard.

- « Parties de Chasse en Sologne » (1979) : L'un des quatre films dans lesquels Brigitte Lahaie partage l'affiche avec une autre actrice bien connue du milieu mais moins expérimentée : Marylin Jess. Aux commandes, Claude-Bernard Aubert, l'un des mastodontes de cet âge d'or du X. Ce réalisateur, également connu sous le nom de Burt Tranbaree, dirigera en tout dix fois Brigitte Lahaie. Personne ne fera mieux.



- « Le Journal érotique d'une Thaïlandaise » (1980) : Cette oeuvre de Jean-Marie Pallardy a la particularité d'exister en deux versions : soft et hard. Jouant le rôle de Claudine, Brigitte Lahaie ne reverra plus Pallardy par la suite, persuadée des intentions peu louables de ce dernier. C'est bien dommage, la voir jouer dans « White Fire » ou « Overdose » aurait pu être très plaisant !



- « Les petites écolières » (1980) : Dernier X de Claude Mulot (Frédéric Lansac dans le milieu), mais également dernier X de Brigitte Lahaie. Le genre s'essouffle, elle n'a plus rien à prouver : il est temps de passer à autre chose. La jeune Marylin Jess, 21 ans, peut prendre la relève.





Le point commun des réalisateurs de ces films est que tous arrêteront plus ou moins le cinéma X au début des années 80, pour se consacrer à un autre type de cinéma avec plus ou moins de succès. Pour certains d'entre eux, ils feront encore appel à Brigitte Lahaie. Cependant il ne faut pas oublier les autres réalisateurs qui ont pu bénéficier de ses talents entre 1976 et 1980 : Citons entre autres José Bénazéraf, Pierre Chevallier, Jean-Claude Marchetti, Jean-Claude Roy mais aussi le Suisse Erwin C. Dietrich, preuve que le travail de notre porno-star française est également apprécié dans les pays germaniques (comme dans toute l'Europe d'ailleurs).





Brigitte très populaire en Allemagne, personne en France ne fera aussi bien à part Bixente Lizarazu !


Le passage vers le cinéma dit "traditionnel" ne s’est pas fait du jour au lendemain. Bien que son dernier film X date de 1980, Brigitte Lahaie avait déjà amorcé la transition deux ans plus tôt. C'est grâce à Jean Rollin, dans « Les Raisins de la Mort », qu'elle tourne son premier film non pornographique. Le courant passe plutôt bien, même si Brigitte se demande si elle sera à la hauteur. Le résultat est finalement concluant, malgré un tournage rendu difficile à cause du froid. Brigitte ne songe alors pas un instant à quitter le cinéma X, prenant ce film comme un jeu en se disant que de toutes façons elle ne sera jamais une « vraie » actrice.





C'est un an plus tard, dans « Fascination », toujours avec Rollin, que Brigitte Lahaie commence à prendre conscience de son potentiel. Le rôle est écrit spécialement pour elle et sa prestation ne laisse personne de marbre, à commencer par Jean Rollin.






Dans le même temps, elle obtient un rôle dans « I... comme Icare » d'Henri Verneuil. Inconnue du grand cinéma français, elle est retenue sur casting, sans que personne ne sache qui elle est vraiment. Elle joue le rôle d'une prostituée... qui finit pendue. Elle ne s'arrête pas là et continue les petites apparitions, notamment dans « New Generation » de Jean-Pierre Lowt-Legoff en 1979, dans « Diva », de Jean-Jacques Beineix en 1981 et dans « Pour la peau d'un flic » dans le rôle d'une infirmière. Ce dernier rôle, elle l'obtient par un ami qui connaît bien l'acteur-réalisateur, le génial Alain Delon.



Des rôles plus conséquents, c'est toujours grâce à Jean Rollin que Brigitte Lahaie en aura, dans « La Nuit des Traquées » (1979), et le moins connu « Les Echappées » (1981).






Ayant entre temps arrêté le cinéma pornographique, elle continue toutefois de dévoiler ses charmes dans des films érotiques du début des années 80, en l’occurence « Paul Raymond's Erotica » et « Illusions within Young Girls ».



Jusqu'au milieu des années 80, elle continue à alterner films érotiques (« La France Interdite », « Education Anglaise », « Joy et Joan ») et petits rôles (« N'oublie pas ton père au vestiaire », « Antoine et Julie », « Les Brigades Vertes »...). Autant jusqu'ici, les films où Brigitte Lahaie tenait un rôle conséquent ne brillaient pas pour leur excellence, autant les films suivants se révèleront, comment dire... « différents ».



Là voilà ainsi dans « Brigade des Mœurs » de Max Pécas, l'un des rares anciens du X (plus occasionnel) à ne pas avoir dirigé l'actrice. Il se rattrapera deux ans plus tard dans « On se calme et on boit frais à Saint-Tropez », son dernier film. Comme dans « Brigade des Mœurs », Brigitte y joue un second rôle, celui d'Alexandra. Durant la même période, Claude Mulot, ami de Pécas et qui a bien connu Brigitte dans le passé, la fait jouer dans « Le Couteau Sous la Gorge ».





Michel Caputo n'est pas en reste et lui offre ce qui est à ce jour son seul vrai premier rôle comme tête d'affiche en dehors du X dans « L'Exécutrice ». Elle incarne Martine, une flic aux méthodes pour le moins musclées.




C'est depuis le tournage de ce film qu'elle se dit que finalement, elle ne serait pas plus mauvaise qu’une autre dans les films d'action. Chouette ! Jesus Franco, réconcilié, la contacte pour son « Dark Mission, les Fleurs du Mal », un bon nanar de la firme Eurociné avec Christopher Lee, Christopher Mitchum et Richard Harrison où elle va pouvoir tuer plein de gens. Son petit ami de l'époque, René Chateau, persuadé du potentiel du réalisateur ibérique, convainc ce dernier de tourner « Les Prédateurs de la Nuit » l'année suivante. Elle y côtoie entre autres Helmut Berger (dont elle finira par accepter les manières), Caroline Munro et Florence Guérin (déjà croisée dans « Le Couteau Sous la Gorge »).




Elle montre aussi qu'elle aime l'humour, en jouant une prostituée dans « Le Diable Rose » de Pierre B. Reinhard, aux côtés de Roger Carel, une comédie franchouillarde qui a pour cadre la France sous l'occupation. Pour en revenir à René Chateau, il a su se révéler d'un grand soutien pour Brigitte, notamment en éditant bon nombre de ses films, et en créant par la même occasion « L'Anthologie du Plaisir », une compilation de ses meilleurs X.




Le quota nanar est largement atteint, une nouvelle fois Brigitte voudrait passer à autre chose, elle s'en rend compte en jouant dans « Henry and June » de Philip Kaufman, avec Fred Ward et Uma Thurman. Le film est tourné en 1990 en France, elle réussit à obtenir un petit rôle, celui d'une prostituée dans le Paris des années 30. Elle n'a que 34 ans, mais songe déjà à une nouvelle reconversion. Elle a déjà écrit sa biographie « Moi, la scandaleuse », et se fait plus rare sur le grand écran.



On ne la revoit qu'en 1997, dans « Les Deux Orphelines Vampires », de l’infatigable Jean Rollin. Plus discrète au cinéma, elle ne reste toutefois pas inactive. Elle se consacre ainsi à l'écriture de romans à l'eau de rose (« La femme modèle », « Le sens de la vie »), enregistre un disque (énorme flop), et participe aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL. S'ensuivent un talk-show sur le câble (oui, sur XXL) et la publication d'ouvrages de conseils sur la sexualité. N'oubliant pas son passé, elle prend les commandes de son propre show sur Canalweb, une chaîne du net, une émission où l'on parle de... bah de sexe.




Brigitte Lahaie c'est aussi ça...



...mais surtout ça.


En 2002, Brigitte revient au cinéma dans « La Fiancée de Dracula », dans un rôle de femme diabolique qui lui va si bien. Septième film avec Jean Rollin, et selon ses dires un huitième est envisageable...





Actuellement, l'activité principale de Brigitte Lahaie est celle d'animatrice à la radio puisqu'elle tient l'antenne quotidiennement sur RMC, afin d'aider les Français à mieux aborder la sexualité. On a pu la voir également dans les salles dans l'excellent « Calvaire » de Fabrice Du Welz de manière brève. Dans un registre totalement différent, Brigitte Lahaie s'est engagée fin 2004 dans la politique, en devenant vice-présidente d'Aujourd'hui, Autrement, parti créé par son ami Jean-Luc Romero. Qu'on se le dise, la belle Brigitte reste active et a encore de beaux jours devant elle...



Merci à Ghor et au Rôdeur pour les caps.

Le blog de Brigitte

Shimano
Shimano

retour vers les acteurs

Filmographie

2005
Calvaire

2002
La Fiancée de Dracula

1997
Deux orphelines vampires

1990
Henry & June

1988
Les Prédateurs de la Nuit (Faceless)
Les Fleurs du Mal (Dark Mission, Operación cocaína)

1987
Johnny Monroe
On se calme et on boit frais à Saint-Tropez
Le Diable rose

1986
Le Couteau sous la gorge
L'Exécutrice

1985
Joy et Joan
Brigade des moeurs

1984 La France interdite

1983
Éducation anglaise

1982
N'oublie pas ton père au vestiaire
Te marre pas... c'est pour rire
Les Brigades vertes
Deux gamines

1981
Si ma gueule vous plaît...
Antoine et Julie
Pour la peau d'un flic
Diva
Les Échapées
Illusions Within Young Girls
Paul Raymond's Erotica

1980
Parties très spéciales
Les Petites écolières
Sechs Schwedinnen von der Tankstelle
La Nuit des traquées
Le Journal érotique d'une Thailandaise
Les Prisonnières de l'île aux rats (Gefangene Frauen)
Die Nichten der Frau Oberst
L'Héritière
Julchen und Jettchen, die verliebten Apothekerstöchter
Le Segrete esperienze di Luca e Fanny
Le Coup du parapluie

1979
I... comme Icare
Sechs Schwedinnen im Pensionat
La Grande mouille
Auto-stoppeuses en chaleur
Anna cuisses entrouvertes
New Generation
Cette malicieuse Martine
Estivantes pour homme seul
Fascination
L'Histoire des 3 petits cochons
Maîtresse pour couple
Parties chaudes
Pénétrations méditéranéennes
Pénétrez-moi par le petit trou
Photos scandale
Le Retour des veuves
Une femme spéciale

1978
Festival érotique
Les Raisins de la mort
Blondes humides
Chaude et perverse Emilia
Cuisses infernales
Etreintes
Les Grandes jouisseuses
Je suis à prendre
Chaleurs intimes
La Rabatteuse
Bordel SS (Indécence 1930)
Rentre c'est bon
Bouches expertes
Les Chattes
La Clinique des phantasmes
Couple cherche esclave sexuel
Enquêtes
Je brûle de partout
Langues cochonnes
Ondes brûlantes
Porno Roulette
Prends-moi de force
Soumission
Tout pour jouir
Viol

1977
Entrecuisses
Les Plaisirs fous
Cathy, fille soumise
Couples en chaleur
Excès pornographiques
La Face cachée d'Hitler
Inonde mon ventre
Je suis une belle salope
Jouir jusqu'au délire
La Mouillette
Sarabande porno
Touchez pas aux zizis

1976
Vibrations sexuelles
Jouissances
Parties fines