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Bruce Le

Bruce Le

Biographie



En 1973, la mort brutale de Bruce Lee laissa le petit monde du cinéma d'arts martiaux hong kongais orphelin et inconsolable pendant au moins dix bonnes minutes. Puis, la nature et les producteurs véreux ayant horreur du vide, le business repris ses droits et nous assistâmes à l'une des plus extraordinaires opérations de clonage jamais réalisée : les Bruce-likes…



Oh bien sûr, la première réaction des producteurs fut déjà de récupérer ce qui pouvait l'être dans le tournage du "Jeu de la mort". Une dizaine de minutes de métrage, soit deux combats plus quelques chutes provenant de films précédents. On y ajoute des images de l'enterrement du petit dragon et un sosie pas trop ressemblant la tête affublée de bandages (voir même d'un collage de la tête de Bruce Lee) et roule ma poule, voilà un film posthume. N'ayant vraiment honte de rien, il y aura même un "Jeu de la mort 2" !


Un exemple des retouchages plus que honteux du « Jeu de la mort » : la tête du vrai Bruce Lee photocopiée puis collée sur un acteur...


Le culte du petit dragon ne voulant pas s'éteindre, un certain nombre de producteurs margoulins passèrent à la vitesse supérieure pour profiter de l'aubaine. C'est ainsi qu'apparurent tout un tas de films joyeusement tronçonnés, aux titres fantaisistes, consistant à rajouter des images d'archives de Bruce dans un récit qui n'avait rien à voir. Je me souviens tout particulièrement d'un pittoresque "On m'appelait Bruce Lee" connu en vidéo sous le titre improbable de « Bruce Lee kickboxer », camouflant un vieux film seventies où deux karatekas, dont un black en coupe afro, enquêtent vaguement sur la mort de Bruce Lee. Tous les quarts d'heure, comme un cheveu sur la soupe, apparaît un vieux sage qui nous livre quelques aphorismes orientalisants illustrés par un stock-shot d'un film de Bruce Lee.



Poussant le bouchon toujours plus loin, on vit apparaître quelques titres repompant allègrement ceux du petit dragon ("Enter the game of death", "Big Boss 2", "Return of the fist of fury", "Exit the Dragon, Enter the Tiger") et interprétés par des acteurs aux noms curieux : Bruce Li, Bruce Leung, Dragon Lee, Myron Bruce Lee, Bruce Lei, Bruce Lie, Bruce Lea, Bruce Thai, Bronson Lee, Steve Lee etc… On voudrait nous tromper qu'on ne s'y prendrait pas autrement…


Bruce Li, le précurseur et la star du genre.


Parmi toute cette Bruceploitation (certains vont jusqu'à avancer le chiffre de 200 films surfant plus ou moins sur cette vague), il convient de nous attarder sur le cas d'un des plus prolifiques : Bruce Le. Ce n'est pas le premier ni le plus reconnu des imitateurs du petit Dragon : depuis 72, c'est le Taïwanais Bruce Li (Ho Chung Tao) qui est la star du genre. Néanmoins, Le est celui qui va tourner dans les films les plus hallucinants, fréquentant entre autre Jean-Marie Pallardy, Alphonse Beni ou Cirio H. Santiago.





De son vrai nom Huang Kin Lung, il est lui aussi par son père d'origine taïwanaise (était-ce si étonnant qu'une île réputée entre autre pour son industrie de la contrefaçon soit le vivier de si nombreux pseudo-Bruce ?) et birman par sa mère. Il étudie la gymnastique et les arts martiaux en Birmanie et commence sa carrière cinématographique dans l'écurie Shaw Brothers par des figurations ou des seconds rôles.


Lung dans un de ses premiers vrais rôles dans "Rivals of Kung fu"


Comme il bénéficie d'une vague ressemblance avec l'original, il se fait remarquer par les frères Shaw et est crédité au générique sous le nom de "Xiao Long" , ce qui signifie "Petit Dragon" en mandarin. Un de ses premier vrai rôle n'est autre que dans l'ébouriffant "Super Inframan", flamboyante réponse chinoise aux sentaï japonais, films et séries de super héros tatanant des monstres en latex. Une entrée en fanfare donc, même si notre homme n'y joue que l'un des comparses du héros, interprété par Danny Lee.


Bruce et Danny (Pfff ces Lee avec deux e, ils ont toujours le beau rôle).




Se sentant sous-exploité par les Shaw qui ne lui donnent pas de vrais grands rôles, il rompt son contrat en 76, conservant cependant le nom de Bruce Le qui lui a finalement été donné. Il signe avec de petits producteurs, "PT Insantra films", pour figurer en vedette. Il y tournera à la chaîne des films de bruceploitation essentiellement réalisés par des tâcherons comme Joseph Kong ou Joseph Velasco en retrouvant souvent les autres acteurs maisons, le vétéran Lo Lieh et l'impressionnant Bolo Yeung.





Pour compléter les financements, ils s'associent avec le Canadien Dick Randall, figure méconnue mais semble t-il fondamentale du Z mondial. Distributeur sur le circuit américain de productions internationales fauchées pour drive-in, Randall fait son marché dans le monde entier et finance largement une bonne part du cinéma d'exploitation de tous les continents : on le retrouve aussi bien à produire l'espagnol "Supersonic Man" de Juan Piquer Simon que le philippin "For Your Height Only" avec le nain Weng Weng ; l'italien et délirant "Le Château de Frankenstein" comme les productions érotiques de Jean-Marie Pallardy telles "Emmanuelle 3". Producteur d'un documentaire sur la jeunesse du petit dragon, "The Young Bruce Lee", il flaire le bon filon avec la Bruceploitation… Il y a là des affaires à faire. C'est lui qui va produire et distribuer une bonne part des films de Bruce Le.




Ici, il s'agit bien du documentaire "The Young Bruce Lee"...


...en revanche, ce "The Young Bruce Lee" là cache en réalité "Combats de Rue / Bruce King of Kung Fu"


L'un des premiers d'entre eux est le délirant "The Clones of Bruce Lee" avec la présence au générique de Bruce Le, Dragon Lee, Bruce Lai et Bruce Thai. Il faut au moins cela dans ce film où un savant fou décide de créer à partir de cellules prélevées sur le corps de Bruce Lee, trois clones karatékas et de les envoyer affronter un non moins siphonné Dr Ny et son armée de bonzes fanatiques en Thaïlande. Réalisé par Joseph Kong, ce film obtient vite une réputation aussi alléchante que son synopsis, c'est-à-dire celle d'un nanar aussi fauché que grotesque.



Dans la foulée, Bruce tourne beaucoup. Dans les quatre à cinq films par an (les dates de sorties sont souvent assez peu précises), généralement sans grande imagination. Des histoires de moines Shaolin, de vieux maîtres assassinés ou bafoués, de vengeances, de méchants japonais (les méchants sont toujours japonais) et de combats à un contre vingt au nunchaku. Certains bien que très opportunistes et surjoués sont considérés comme plutôt bons d'un point de vue martial comme « Les 6 Epreuves de la Mort » en 77 (son meilleur disent les spécialistes), la plupart sont assez navrants. Et surtout Bruce n'hésite jamais à singer son maître, reprenant consciencieusement tous les tics de l'original : cris stridents, passage du pouce sur le nez pour narguer l'adversaire, muscles bandés et poses crispées au regard farouche après avoir porté un coup.



Les films sont distribués un peu n'importe comment, utilisant une fois sur deux le nom Bruce, voire carrément Bruce Lee dans le titre (« Ninja Vs Bruce Lee », « The Legend of Bruce Lee ») sur certains territoires comme les Etats-Unis. Il devient rapidement, après Bruce Li, le plus populaire des clones de Bruce Lee. A tel point qu'on colle son nom sur des films auquels il ne participe pas comme le coréen « Return of the fist of fury » où l'on ajoute deux scénettes tirées de « Bruce and the Shaolin kung fu » pour le vendre à l'international.




Avec le succès, il fonde en 1979 sa propre maison de production, "Dragon film", et se lance dans la réalisation. Après s'être fait la main sur un « Bruce Le Super Hero » (alias « Contrat pour la mort ») qui en dit long sur l'égo de l'acteur, il tente de passer dans la catégorie au-dessus : le film d'aventures internationales. Comme il vise à devenir plus qu'un simple clone de Bruce, il met des gros moyens pour « L'Implacable défi » (alias « Challenge of the Tiger » alias « Gymkata Killer ») où il partage la vedette avec cette vieille fripouille de Richard Harrison. Nos deux compères incarnent deux agents de la CIA combattant un odieux groupe terroriste menaçant le monde d'un virus provoquant la stérilité. Le film délire sec tout en se baladant entre Hong Kong et l'Europe. Bruce affronte un taureau à mains nues dans une arène, des filles jouent au tennis topless, Richard Harrison tombe consciencieusement toutes les gonzesses et l'ex Maciste Brad Harris incarne les tueurs. Bruce ne rate jamais une occasion de se mettre en valeur et met le paquet sur les combats et les cascades. Là encore un film qui a la réputation justifiée d'une forte valeur en nanardise ajoutée.



En 1982, il rencontre quelqu'un qui va avoir une grande importance pour sa carrière future, le Français André Koob. Directeur de la compagnie Eurogroup spécialisée dans la distribution de films d'horreur notamment italiens (c'est lui qui distribue Fulci et Deodato en France par exemple), Koob s'est pris de passion pour le film de kung-fu et est persuadé de tenir là un créneau juteux et encore sous exploité en Europe.


Bruce Le et Richard Norton aux Philippines.


Il s'associe avec Dick Randall, probablement par l'intermédiaire de Jean-Marie Pallardy, pour financer un grand film d'art martiaux : "La Revanche du ninja" alias "Bruce Contre-Attaque" (aka "Eye of the Dragon" alias "Bruce Le Strikes Back" aka "Bruce Le Fights Back" alias "Ninja Strikes Back" aka "Xiong zhong"). Tourné n'importe comment entre Paris, Rome et Hong Kong, la réalisation est confiée à Joseph Kong et Bruce Le lui-même. Nul doute que Pallardy, qui joue aussi le rôle d'un producteur de film X véreux, a mis en boîte une partie des scènes. Comme ce dernier l'a avoué lors d'une interview, à l'époque, il a tourné quelques scènes de combats à Hong Kong, posant sa caméra dans un coin et laissant les acteurs se castagner. Toutes n'ont pas été utilisées dans ce film. Pour compléter le casting, on retrouve les habitués Bolo Yeung, Casanova Wong et Hwang Jang Lee. André Koob et Dick Randall qui s'offrent un caméo, la propre femme de Randall joue une fliquette qui se fait appeler Chick Norris et surtout pour le rôle du méchant, on débauche Harold Sakata, connu pour son rôle d'Oddjob, le Coréen au chapeau tranchant de "Goldfinger" (c'est d'ailleurs semble t-il son dernier film puisqu'il meurt d'un cancer la même année).



Malgré son caractère artisanal et fantaisiste, le film s'exporte. Pour preuve le fait qu'à Nanarland on ait, pour chroniquer et illustrer celui-ci, retrouvé une version américaine sous-titrée islandais et une affiche turque…



Bruce a du succès, à tel point qu'il finit par y avoir même une brucelesploitation ! C'est ainsi qu'on met son nom et son image en avant sur les jaquettes de films où il ne joue pas comme "The Fierce Boxer", "Bruce Is Loose" ou encore "Cobra" ! De même "Ninja vs Bruce Lee" où parade fièrement notre ami n'est qu'un vulgaire remontage bricolé à partir de scènes issues de trois autres films, histoire de satisfaire les appétits du public qui redemande du Bruce Le.


Du faux Bruce Le, faut vraiment n'avoir plus honte de rien quand même...


Mais les années 80 marquent la fin de la Bruceploitation, le genre surexploité commence à ne plus faire recette en Asie, même s'il continue encore à se vendre de par le monde. Bruce Li quitte les plateaux en 85 suite à la mort de sa femme, Jackie Chan a définitivement abandonné le réalisme des combats pour la kung-fu comedy, les films de ninjas inondent le marché et Tsui Hark et John Woo revivifient le fantastique et le polar. Malgré tout, Bruce Le insiste et persiste à jouer les clones en se tournant vers d'autres horizons pour internationaliser sa carrière.



Profitant de sa notoriété, il lui arrive de voyager ailleurs en Asie, comme aux Philippines où il tourne en 84 "Le Poing Vengeur de Bruce", titre vidéo français de "Bruce's Fist of Vengeance" (à ne pas confondre avec "Bruce's Fists of Vengeance" , retitrage abusif d'un film japonais nommé "Fist of Vengeance" et que d'aucuns tentèrent de faire passer à la vidéo pour un Bruce Lee... ça va vous suivez toujours ?). Il y campe un expert en arts martiaux ami d'un certain Jack Lee (joué par un acteur nommé… Jack Lee) en possession du livre contenant les précieuses "techniques secrètes de Bruce Lee" ! Ce livre est convoité par un certain Miguel interprété par Romano Kristoff, star des films d'action gros bras / petit budget des Philippines. On croise aussi un autre habitué, l'afro-américain Jim Gaines. Encore du n'importe quoi...


Romano Vs Bruce : un choc de titans


Ayant visiblement gardé des contacts sur place, il fera encore quelques apparitions dans deux autres productions aux Philippines. Tout d'abord le post-apocalyptique « Les Nouveaux Conquérants », réalisé par le stakhanoviste Cirio H. Santiago où il croise Richard Norton et Robert Patrick (futur cyborg en métal liquide de « Terminator 2 ») à la recherche de la lance qui a percé le flanc du Christ. Curieusement, il est la plupart du temps crédité par erreur sous le nom de Bruce Li. On le retrouve aussi dans « Mission Terminate » alias « Return of the kickfighter », sous-Rambo d'Anthony Marahj avec une fois de plus l'Australien Richard Norton. Rien de bien glorieux…



Cherchant toujours à profiter de sa renommée mondiale, on le retrouve dans le franco-camerounais « Cameroun Connection » d'Alphonse Beni en 85. Ce dernier a-t-il rencontré Bruce lors de son passage à Hong Kong pour jouer les « Black Ninja » pour Godfrey Ho ou est-ce l'influence de Richard Harrison ou Romano Kristoff avec qui Beni a tourné « Chasse à l'Homme » ? On peut y voir aussi la patte d'André Koob, qui connaît tout ce petit monde. D'ailleurs Bruce reviendra en France en 89 avec « La Filière chinoise », sa dernière tentative de Bruceploitation, coréalisé avec Koob (les deux hommes semblent être réellement devenus amis). Là encore ça délire gentiment dans cette histoire de trafic de drogue entre la Chine et la France.


Bruce et Alphonse...


Néanmoins la carrière de Bruce Le patine, les films s'espacent : à Hong Kong, il joue les chorégraphes pour d'autres et tourne de moins en moins son comme dans le très honnête « Le Défi de la grande muraille » qu'il réalise et où il tatane des ninjas japonais comme à la grande époque.


L'affiche chinoise de « La Filière chinoise".


En 92, il change complètement son fusil d'épaule et réalise et interprète « Comfort women » sous le nom de Jackie Lui (à ne pas confondre avec Jackie Lui Chung Yin, interprète entre autre de l'excellent « The Mission » de Johnny To). C'est un catégorie 3 (film érotique selon les critères de Hong Kong) dénonçant les prostitutions forcées de jeunes filles par l'armée japonaise pendant la guerre. Paradoxalement, le film semble décrit comme plutôt peu racoleur, intelligent et nuancé, ne présentant pas les Japonais que comme des méchants dénués de scrupules. Bruce Le (qui abandonne ce nom) tente une reconversion vers un cinéma plus traditionnel.



Hélas, malgré de bonnes critiques, cela ne semble pas relancer la carrière de Huang Kin Lung… Il devient en 93 le coordinateur des cascades dans « Les Tortues Ninjas 3 » avant de quitter définitivement les plateaux.



L'étiquette de pseudo Bruce a due être bien lourde à porter pour Huang Kin Lung. Il est aisé de se moquer de ses emprunts outranciers au petit dragon et de l'indigence des films dans lesquels il se compromit. Néanmoins, force est de constater que Bruce Le était un véritable artiste martial réalisant lui-même les chorégraphies de ses films, un acteur plutôt convaincant dans ses derniers métrages et un réalisateur passionné. Laissons la parole à Jean-Marie Pallardy qui décrivait à peu près en ces termes sa rencontre avec Bruce Le : " C'était un petit chinetoque très sympathique (sic), une superstar à l'époque. Et un mec simple, qui aidait les techniciens à porter le matériel ".



Après avoir quitté le cinéma, l'ex-Bruce semble s'être reconverti dans l'immobilier à Hong Kong, la bourse et le commerce des devises, allant jusqu'à s'attirer quelques menus ennuis. Aux dernières nouvelles, il semblait vouloir oublier son passé de cinéma, persuadé que le public lui tiendrait rancune de son imitation de Bruce Lee. Toby Russell, producteur et distributeur de films asiatiques, le décrit ainsi : "un homme d'affaires fou, roublard, avec une grande gueule et de l'ambition". Selon Russell, Huang Kin Lung n'aurait pas eu peur de "prendre des risques", ce qui lui aurait valu une peine de prison pour escroquerie en Chine populaire. Si cette information venait à se confirmer, ce serait une bien triste chute de son piédestal pour cet ancien héros invincible !



Pour en savoir plus sur Bruce Le, nous invitons nos lecteurs anglophones à lire cette interview réalisée en octobre 2015 par Mike Leeder pour le magazine Impact.

Sources :

Les sites anglophones Kung Fu Cinema et Bruceploitation

Rico
Rico

retour vers les acteurs

Filmographie



La filmographie de Bruce Le est difficile à reconstituer, surtout pour le début de sa carrière. En effet, les sources se contredisent et beaucoup de films portent une ribambelle de titres contradictoires qui ne facilitent pas la compréhension. Pour des questions pratiques nous n'avons pas retenu les titres cantonais souvent problématiques à vérifier pour privilégier les noms français et à défaut anglais qui servent la plupart du temps d'intitulés de référence.
A noter qu'en fin de carrière, il est parfois simplement crédité sous le nom de Bruce. Merci à Dao pour son travail de défrichage, à Walter G. Alton pour ses découvertes et à tous les forumers qui tentent d'éclairer cette nébuleuse.


1992 - Comfort Women (Jun ji wei an fu) acteur + co-réalisateur et scénariste sous le nom de Jacky Lui)

1990 - Ghost of the Fox (Gui hu) acteur + réalisateur

1989 - La Filière chinoise (Black spot) acteur + co-réalisateur

1987 - Le Défi de la grande muraille (Ninja Over the Great Wall / Shaolin Fist of Fury) acteur + réalisateur

1987 - Return of the Kickfighter / Mission Terminate

1985 - Cameroun Connection

1985 - Les Nouveaux Conquérants (Future Hunters)

1984 - Le Poing vengeur de Bruce / La Vengeance du dragon / La Vengeance du ninja (Bruce's Fist of Vengeance) acteur + réalisateur et chorégraphe

1983 - Jackie le redoutable chinois (The Fearless Hyena 3) Uniquement chorégraphe



1982 - The Super Gang

1982 - Le Vainqueur (Bruce and the Shaolin Bronzemen / King Boxer 2)

1982 - La Revanche du ninja / Bruce contre attaque (Bruce Le Strikes Back / The Ninja Strikes Back) acteur + co-réalisateur)

1982 - Ninja vs Bruce Lee

1982 - Le Sadique à la tronçonneuse

1981 - Le Cascadeur chinois / La Vengeance de Dragon Lee (The Chinese Stuntman / Counter Attack) Uniquement assistant réalisateur)

1981 - Bruce and the Dragon Fist

1981 - The Cold Blooded Murder





1981 - Bruce Vs. Bill

1981 - Enter Another Dragon

1980 - L'Implacable défi (Challenge of the Tiger / Gymkata killer) acteur + co-réalisateur, co-scénariste et chorégraphe



1980 - Combats de rue (Bruce, King of Kung-fu / The Young Bruce Lee / Revenge of the Dragons)

1980 - Return of Red Tiger

1979 - Le Trésor de Bruce Lee / Viva Bruce Le (Treasure of Bruce Le / Treasure of Bruce Lee / Viva Bruce Lee / Kung fu Streetfighter)



1979 - Contrat pour la mort / Combat pour la mort (?) / Bruce Le Super Héros (?) (Bruce the Super Hero) acteur + réalisateur)

1979 - Re-enter the Dragon

1978 - Les Epreuves de la mort / Les 6 épreuves de la mort (Enter the Game of Death)

1978 - Return of Fist of Fury

1978 - Bruce and Shaolin Kung Fu part II

1978 - My Name Called Bruce



1978 - La Grande revanche de Bruce Le (Bruce Le's Greatest Revenge)

1978 - Super Gang

1977 - Le Cri qui tue / le Cri de la mort / Le Retour de Bruce / Bruce défie la mort / Quand le tigre s'en mêle (Return of Bruce / Boxing Brothers)

1977 - The Clones of Bruce Lee (acteur + chorégraphe)



1977 - La Vengeance de Shaolin (Bruce and Shaolin Kung Fu)

1976 - Les Deux héros du kung-fu (Blood Hero / A Bloody Hero)

1976 - Big Boss 2 / Dragon Lee Strikes Again

1976 - Un Justicier dans Hong Kong (Bruce's Deadly Fingers / Bruce's Fingers)

1975 - Super Inframan (Inframan)



1975 - Big Brother Cheng

1974 - Rivals of Kung Fu

1974 - The Tea House

1974 - Gossip Streets

1974 - Hong Kong 73