Accueil > Personnalités > Jean Rollin

Jean Rollin

Jean Rollin

Biographie

Jean Rollin était revenu sur une partie de sa carrière dans une interview qu'il avait gentiment accordée à Nanarland.







Parmi les nombreux cinéastes qui œuvrèrent dans le petit monde de la série B française, Jean Rollin fait figure de franc-tireur toujours présent dans les plus mauvais coups. Camouflé pour ses projets alimentaires sous une ribambelle de pseudonymes, Jean Rollin va, dans les années 1970-80, devenir un personnage incontournable de ce petit milieu, capable d'un côté de tourner des films expérimentaux quasi confidentiels et nourris de ses obsessions pour les femmes vampires en nuisette, et de l'autre de venir en mercenaire assurer au pied levé la réalisation de quelques productions calamiteuses pour les producteurs les plus ringards du marché.



Il y a (au moins) trois Jean Rollin : Tout d'abord l'auteur d'une œuvre fantastico-érotico-poétique très personnelle, où des vampires dénudées errent lentement dans des châteaux en ruines, puis le pionnier de l'ère du film X qui, sous les pseudonymes de Michel Gentil ou Robert Xavier, tournera quelques oeuvrettes pour salles spécialisées au milieu des années 1970. Enfin, et c'est celui qui nous intéressera le plus en ces lieux, le réalisateur débrouillard toujours disponible, l'homme que l'on appelle lorsqu'Eurociné ou tout autre petit producteur du cinéma bis franchouillard cherche à concrétiser un projet foireux que plus personne ne veut assumer. Il faudrait encore ajouter Rollin le bon copain, qui n'hésite jamais à filer un coup de main ou assurer un petit rôle dans les productions de ses amis comme Norbert Moutier, ou Rollin l'écrivain qui concrétise sur papier ses visions fantastiques…



Jean-Michel Rollin Le Gentil est né le 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine. Nourri de films d'aventure et de littérature populaire d'avant-guerre, de « Capitaine Fracasse » (son premier souvenir cinématographique) à Fantômas, il se lance à la fin des années 1950 vers le cinéma, avec l'idée de s'inscrire dans ce courant, hélas un peu oublié, du fantastique à la française héritier de Feuillade, de Gance, de Bunuel ou de Franju (dont il avoue être un grand admirateur), où l'atmosphère et la beauté des plans priment parfois sur l'action et l'intrigue. Une filiation qui baignera toujours sa production personnelle. Peut-être même un peu trop aux dires de ses détracteurs, qui lui reprocheront toujours la lenteur éthérée de ses films personnels.

C'est lors de ses obligations militaires, au cours desquelles il est versé dans le service cinématographique des armées, qu'il s'initie à la réalisation en tournant quelques films de recrutement. Après la quille, il décide de poursuivre sur cette voie et se tourne vers le cinéma expérimental, influencé par les bouleversements du nouveau roman en littérature. C'est ainsi qu'il réalise quelques courts-métrages contemplatifs, déstructurant complètement les notions traditionnelles de récit (« Les Amours jaunes », « Ciel de cuivre »…), puis que, presque tout naturellement, il travaille en 1963 avec Marguerite Duras sur un film qui restera inachevé, « L'Itinéraire Marin », et dont les rushes semblent pour l'instant perdus.



Après dix ans de courts-métrages et de travail en tant que technicien ou assistant-réalisateur, Rollin, qui s'est constitué un large carnet d'adresses, peut à la fin des années 1960 sauter dans le grand bain. Son premier vrai long métrage, « Le Viol du vampire », se fait dans des conditions curieuses. Il est contacté par un petit distributeur indépendant, Jean Lavie, qui cherche à compléter la programmation d'un film fantastique anglais pas assez long, avec un court-métrage qui pourrait faire office de double programme. Rollin tourne une histoire de vampire très cheap, où il peut mettre à la fois ses obsessions fantastiques, son travail expérimental et une bonne louche d'érotisme à la mode du temps. Jean tourne sans grands moyens un film où une clinique mène d'étranges expériences vampiriques et où des jeunes femmes en voiles blancs errent sans but dans des manoirs embrumés. Les comédiens sont amateurs, le budget crie misère mais qu'importe, tout cela est dans l'esprit libertaire du temps. Hélas, entre-temps, Lavie fait faillite et Rollin se retrouve avec son court sur les bras. Il contacte un autre producteur, Sam Selsky, qui décide de financer un deuxième court pour compléter le premier mais qui insiste tout particulièrement pour épicer la sauce avec un peu de nudité féminine.



Rollin ressuscite son casting qui mourait pourtant à la fin de son précédent film et tourne une suite, « La Reine des vampires », pas très cohérente par rapport au premier. Les deux films s'enchaînent sans trop de continuité pour former un long métrage, sorti sous le titre générique du « Viol du vampire ». Le tout sort en plein mai 1968, avec une affiche d'un Druillet pas encore connu, et se proclame fièrement premier film de vampire français. L'accueil est catastrophique. Sorti dans quatre salles parisiennes, le film est hué par son public qui s'attendait à voir l'équivalent français des productions de la Hammer et se retrouve devant un film expérimental arty. Les gens sortent de la salle furieux après avoir bombardé l'écran avec tout ce qui leur tombe sous la main ! "Le Figaro" se fend tout de même d'une critique du film, en se demandant s'il n'a pas été tourné par une bande d'étudiants en médecine ivres morts. Les résultats sont si catastrophiques que Rollin envisage sérieusement un temps d'arrêter le cinéma.



Une esthétique très personnelle.


Mais comme Lavie, qui s'est refait, lui propose de retenter sa chance, il tourne en 1970 « La Vampire nue » (un titre qui résume à lui tout seul toute la thématique rollinesque). Le film, cette fois-ci en couleur, est esthétiquement magnifique, convoquant l'expressionnisme allemand dans les jeux d'ombres et Franju dans ces visions bizarres de société secrète dont les membres portent d'étranges masques d'animaux. Avec, comme toujours, un sens aigu de l'érotisme saphique, une absence totale de rythme et un goût pour l'expérimentation qui le rend hermétique au grand public.



Rollin continue à creuser son sillon, épaulé par un groupe d'acteurs (et surtout d'actrices) et de techniciens fidèles, et enchaîne les tournages : « Le Frisson des Vampires », où une reine vampire sort d'une horloge pour épouvanter un jeune couple de passage dans son château, puis « Requiem pour un Vampire ». Deux jeunes filles déguisées en clown fuient la police, se perdent dans un cimetière, rencontrent une secte de suceurs de sang… le tout sans parole pendant quasiment toute la première heure.



Pour ce dernier film, Rollin s'acoquine avec Lionel Wallmann, un Américain de passage à Paris qui va devenir un ami et surtout son producteur attitré régulier. D'après Rollin, c'est lui qui lui conseille de rajouter quelques scènes soft hétérosexuelles dans « Requiem pour un Vampire », puis de tenter l'expérience du film érotique. Rollin n'est guère convaincu, mais ce genre est très demandé au début des années 1970 et il faut bien faire bouillir la marmite. Il enchaîne donc deux productions érotiques en 1973 et 74 : « Jeunes filles impudiques » puis « Tout le monde il en a deux », (alias « Bacchanales sexuelles »). Des productions sans génie qu'il préfère signer Michel Gentil ou Robert Xavier, et qui visiblement sont des œuvres commerciales de pure commande réalisées à la chaîne. Il tente bien de mêler, dans « Phantasmes », porno et épouvante, mais n'a pas le succès escompté et revient vite à des productions plus classiques.


Jean Rollin passe la main à Michel Gentil.


Toutefois, on est là loin du gonzo industriel et sans âme qui prévaut aujourd'hui. Le monde du X des âges héroïques est une véritable petite famille qui baigne dans une atmosphère à la fois libertaire et bon enfant. On est là entre copains et c'est sur le plan humain que Rollin confesse avoir la nostalgie de ces tournages. D'ailleurs celui-ci va retrouver régulièrement ses actrices, dont Brigitte Lahaie qu'il embauche dans ses productions plus personnelles. Il s'acoquine aussi avec d'autre frappadingues du cinéma à petit budget de l'époque, comme l'acteur-réalisateur-critique Jean-Pierre Bouyxou, figure essentielle du cinéma underground français.



Rollin trouve au début des années 1970 un rythme de production qui lui convient, mais qui devient de plus en plus effréné. Il réalise un ou deux films érotiques de commande, généralement signés Michel Gentil, ce qui lui permet de financer une production personnelle. Parmi celles-ci on peut ainsi évoquer « La Rose de fer », longue errance poétique dans un cimetière où l'on croise des femmes nues et des clowns qui pleurent, ou le plus ambitieux budgétairement (ce qui chez Rollin ne fait de toute façon jamais beaucoup) « Les Démoniaques » où une poignée de naufrageurs, qui surjouent très au-delà du raisonnable, sont traqués par les spectres de deux jeunes vierges victimes de leur vilenie.



En 1975, il tourne l'un de ses films les plus ambitieux, « Lèvres de sang », où l'on retrouve au passage quelques-unes de ses actrices du monde X comme Claudine Beccarie. Le film sort en effet en version soft et en version hard sous le titre cocasse de « Suce-moi Vampire ». Pendant longtemps, on a prétendu qu'il s'agissait d'inserts mais il n'en est en fait rien : il s'agit bien d'une double version. Il est à noter au passage que c'est l'acteur principal Jean-Loup Philippe qui assure lui-même les scènes physiques. Un personnage étonnant ce Philippe, auteur et acteur de théâtre qui a travaillé avec les plus grands sur des textes classiques et qui ne rechigne pas à donner de sa personne pour assurer toutes les scènes mais qui a aussi, d'après le témoignage d'un des assistants sur le film, des exigences très étranges. C'est ainsi que lors d'une scène de sexe où l'actrice ne lui convient pas, il demande à être entouré d'une vingtaine de crapauds dont les coassements sont censés le mettre en train pour assurer. Le film n'en est pas moins un bide qui va sérieusement handicaper la suite de la carrière du cinéaste.



Après ce film, Rollin poursuit son travail de réalisateur de commande. Il enquille une poignée de pornos aux titres toujours empreints de cette poésie qui n'appartient qu'à ce genre : « Positions danoises », « Vibrations sexuelles », « Remplissez-moi les trois trous ». Ereinté par la critique traditionnelle, n'ayant pas de véritable succès public, il a de plus en plus de mal à monter ses projets. La plupart des petits producteurs de la place de Paris ne jurent plus que par le cinéma X et ne se préoccupent bientôt plus que d'alimenter les salles spécialisées qui fleurissent dans les années 1970. Il faut se rappeler qu'au moment de la libéralisation du porno, il sort plus de boulards que de films traditionnels. Après 1975 et la loi sur le classement X, les productions pornographiques se retrouvent lourdement taxées et cantonnées à certaines salles. Bien que toujours très rentables, la production pour adultes revoit à la baisse ses ambitions. Comme les frais liés à la taxation s'envolent, on mégote sur les coûts de tournages pour faire des économies. Rollin enchaîne ces films purement alimentaires avant de se voir enfin proposer une œuvre fantastique, « Les Raisins de la mort ». En effet, le producteur Claude Guedj, par ailleurs financier d'œuvres très marquées à gauche telle que « La Question », adapté du récit autobiographique d'Henri Alleg sur la torture pendant la guerre d'Algérie, désire surfer sur le succès des films de zombies réactualisés par Romero et Fulci, et engage Rollin (plus Bouyxou au scénario) pour tourner un film-catastrophe où un pesticide utilisé pour traiter les vignes d'un petit coin de campagne profonde transforme ses habitants en déments purulents aux instincts meurtriers. Rollin en profite pour engager Brigitte Lahaie, qui fait là ses premières armes dans le cinéma « traditionnel » et va par la suite lui rester toujours fidèle, quand bien même elle doit déambuler nue par une glaciale nuit d'hiver dans un village perdu des Cévennes, où le froid est tel qu'il l'empêche littéralement de lancer ses répliques.



Ce film a beau être une œuvre de commande, c'est un relatif succès qui se vend bien de par le monde. Cela va permettre à Rollin de ralentir sur le X et de réaliser quelques longs-métrages plus personnels avec un (tout petit) peu plus de moyens dans les années qui suivent, comme « Fascination », « La Nuit des Traquées », « La Morte-Vivante » et même un de ses rares films non fantastiques, « Les Echappées » alias « Les Paumées du petit Matin », qui décrit l'errance de deux jeunes fugueuses. Mais ses capacités à assumer un travail efficace pas cher et rapide (je parle ici du temps de tournage, pas de l'ambiance du film) vont attirer quelques-uns des producteurs les plus fauchés du marché.



Et à cette époque, en France, qui dit tournage dont le budget n'a aucune commune mesure avec les ambitions de ses financiers dit forcément Eurociné. Rollin va se mettre au service de Marius Lesoeur, l'homme qui ferait passer Roger Corman pour Cecil B. DeMille. En 1982, Marius Lesoeur contacte Rollin alors que celui-ci est sur le point de prendre ses vacances. Il a été abandonné par un Jesus Franco excédé par la pingrerie du producteur alors que celui-ci est sur le point d'offrir au monde le plus grand film de morts-vivants jamais vu : « Le Lac des Morts-Vivants ». Rollin revient en détail dans l'interview qu'il nous a accordée sur la genèse de ce film fou, qu'il est trop content de signer J.A. Lazer pour contenter des coproducteurs espagnols et surtout pour ne pas avoir à associer son nom avec cette nouvelle turpitude qu'il refusera longtemps d'endosser. Ce n'est qu'après les années 1990 qu'il finira par reconnaître être le père de cette démence sur pellicule.



Toujours pour Lesoeur, il tourne dans la foulée quelques scènes de zombies que ce dernier s'empresse d'ajouter discrètement à un film de Franco tourné dix ans plus tôt, « Christina princesse de l'érotisme » qui devient au passage « Une Vierge chez les morts-vivants », et qu'importe si le film devient dès lors incompréhensible et qu'il provoque une fois de plus la fureur d'un Jesus Franco qui voit son œuvre ainsi massacrée.



En 1990, Marius Lesoeur le recontactera pour tenter de compléter de nouveau les rushes d'un film de Jesus Franco vieux de 20 ans, sous le titre de « A la poursuite de Barbara » alias « Chasing Barbara ». En retournant quelques scènes avec les mêmes acteurs vingt après, Lesoeur se dit que ça devrait passer… Après quelques jours de tournage à Madrid, le projet finit pourtant par capoter.



Toujours au chevet des projets bancals, on le retrouve auprès d'André Samar, producteur au goût très sûr, capable de financer aussi bien « Ironmaster – La guerre du fer » qu' « On n'est pas sorti de l'auberge » de Max Pécas, et qui revient de Thaïlande avec des films de vacances qu'il entend bien recycler dans un film d'espionnage de haute volée. Ce sera l'ébouriffant « Les Trottoirs de Bangkok » (alias « Bangkok interdit ») qui escompte bien faire passer deux entrepôts du XIIIème arrondissement pour la capitale thaïlandaise. Là encore Rollin s'acquitte de ce travail de condottiere sans trop forcer son talent. Puis il en profite pour tourner dans la foulée une comédie, avec Jean-Claude Benhamou qui s'est chargé de scénariser cette escroquerie siamoise. C'est « Ne prends pas les poulets pour des pigeons », authentique gemme de l'humour à la française où viennent s'égarer Michel Galabru et Popeck et que même Rollin refusera de signer autrement que Michel Gentil. On le verra aussi faire du rafistolage sur « Emmanuelle 6 », dont il écrit le scénario et où il vient sans être crédité tourner des scènes que le réalisateur officiel Bruno Zincone a du mal à assurer.



Jean Rollin, s'il est avant tout réalisateur, ne dédaigne jamais faire une petite apparition dans ses films, que ce soit une silhouette (habillée cela va sans dire) dans ses pornos ou un rôle de flic dépassé par les événements dans « Le Lac des Morts-Vivants ». Fidèle en amitié, il prend plaisir aussi à jouer pour les copains. C'est ainsi qu'on le retrouve à faire le zouave sur les microproductions de Norbert Moutier, l'un des plus érudits fanéditeurs français qui fut l'un des premiers à consacrer des articles, puis des numéros entiers de sa revue « Monster Bis » à Rollin. Des films de potes avec des monstres ringards et des dinosaures en plastique où l'on retrouve également des piliers du fantastique underground à la française comme Jean-Pierre Putters, le fondateur de Mad Movies, Quelou Parente, réalisatrice de courts-métrages fantastiques ou Christophe Bier, grand érudit du bis. En tout cas tout le monde a l'air de vraiment s'amuser.


Une affiche espagnole qui survend un peu « Les Trottoirs de Bangkok ».


La carrière de Rollin ne décolle pas davantage en France, d'autant que le bis et la comédie ringarde ne trouvent plus de salles avec la disparition progressive des cinémas de quartier. Paradoxalement, alors qu'il reste toujours mésestimé en France, Rollin commence doucement à être reconnu Outre-Atlantique où ses films de vampires sont vus sous l'angle arty et ressortent parfois en VHS. Ne pouvant plus concrétiser ses idées sur pellicule faute de financement, il se tourne vers la littérature, qui lui permet d'explorer un peu plus son univers. Non sans un certain succès, il dirige des collections de livres chez Florent Massot et Fleuve Noir.



Ses films s'espacent pendant les années 1990, le temps de trouver des financements. Il tourne pour la télé, s'acoquine avec Canal Plus pour monter comme il peut, tous les quatre ou cinq ans, ses films les plus récents, où il continue à explorer ses fantasmes de vierges vampires déambulant nues dans des décors gothiques, comme « Deux orphelines vampires » ou « La Fiancée de Dracula ». Son dernier opus, « La Nuit des horloges », avec la hardeuse Ovidie, sort confidentiellement en 2007.



Bénéficiant enfin d'un début de reconnaissance auprès d'une partie de la critique française et des amateurs de cinéma bis, Rollin s'est vu invité ces dernières années par de nombreux festivals et, progressivement, ses films les plus personnels ressortent en DVD. Juste reconnaissance pour un réalisateur étonnant capable aussi bien de poursuivre ses rêves de cinéma expérimental que d'assurer au pied levé le tournage de quelques-unes des pires ringardises qui font le délice de ce site.



Avec trente-et-un films au compteur en tant que réalisateur et trente-deux années presque ininterrompues consacrées au cinéma, Jean Rollin fut doncl'un des cinéastes français les plus prolifiques, bien que, nul n'étant prophète en son pays, le sort ait voulu qu'il soit davantage reconnu dans le monde anglo-saxon qu'en France. Malheureusement, le 15 décembre 2010, quelques mois après avoir terminé la mise en boîte et le montage du "Masque de la Méduse", son ultime réalisation (le film fut projeté le 19 novembre de cette même année lors de l'évènement "Une Nuit avec Jean Rollin", dans le cadre du Festival Extrême Cinéma organisé à la Cinémathèque de Toulouse, en présence de l'auteur), la longue maladie qui le minait depuis des années déjà, eut finalement raison de lui. Décédé à l'âge de 72 ans, Jean Rollin ne faisait pas l'unanimité au sein du milieu cinéphile, mais il reste l'un des rares metteurs en scène à être parvenu à tourner contre vents et marées, tout en conservant le style éthéré et l'élégance feutrée qui furent parfois plagiés par moins doués que lui. Désormais, les femmes-vampires nues émergeant lentement d'une nappe de brume pour traverser en temps réel le rivage de la plage de Dieppe sont bel et bien orphelines.



Les actrices de Jean Rollin



Au cours de sa carrière de cinéaste, Rollin peut compter sur un certain nombre d'actrices qui vont faire tout le charme de ses films. Retour sur quelques-unes de ces égéries dont certaines sont déjà des habituées de Nanarland.

Brigitte Lahaie



La reine du cinéma X des années 70-80, c'est Rollin qui lui offre son premier rôle dans un film "traditionnel". Elle est l'amie toujours fidèle, toujours prête à faire une apparition dans ses productions. Retrouvez sa bio et son interview sur le site.

Françoise Blanchard



Cette belle blonde fut l'atout charme d'un très grand nombre de productions parmi les plus calamiteuses du cinéma bis français, de « L'Emir préfère les blondes » jusqu'à « Les Amazones du temple d'or ». Après une carrière bien remplie sur laquelle nous reviendrons sûrement en ces lieux, elle s'est tournée avec succès vers le doublage, en se spécialisant notamment dans le dessin animé.

Sandra Julien



Actrice récurrente des premiers films de vampire de Rollin, la belle rousse ne fait que passer. Elle quitte les plateaux en 75, après quatre années de carrière, une poignée de films érotiques (dont 2 au Japon) et quelques silhouettes dans des films plus grand public, tels « Nada » de Chabrol ou « Le Permis de Conduire » de Jean Girault.

Marie-Pierre et Cathy Castel




Les jumelles Cathy et Marie-Pierre (alias Pony) Castel (parfois créditées Tricot) : rêvant de cinéma, elles abandonnent leur métier de coiffeuses et vont essentiellement tourner pour Rollin. Elles deviennent, ensemble ou séparément (généralement parce que l'autre est enceinte au moment du tournage) des figures emblématiques de son cinéma. Contrairement à sa sœur, Cathy sautera le pas du hard et aura une petite carrière dans le genre, là encore presqu'uniquement sous la direction de Rollin d'ailleurs.

Joëlle Cœur



Sa courte carrière, de 73 à 78, la porte essentiellement vers des productions érotiques signées Rollin ou Jean-Marie PallardyL'Arrière-train sifflera trois fois »). Elle tient la vedette de « Black Love » de Benazeraf aux côtés d'Alphonse Beni. Elle quitte les plateaux après son mariage et serait depuis partie avec son mari kinésithérapeute aux Etats-Unis.

Nathalie Perrey



Script, monteuse, costumière et surtout assistante fidèle de Rollin jusqu'à aujourd'hui, elle fait de temps à autre des apparitions dans ses films.

Annie Belle



Véritable star du cinéma érotique en Italie dans les années 70-80, cette belle brune aux cheveux courts a été révélée par Ruggero Deodato dans « La Maison au fond du parc » et a une relation passionée et dévorante avec Al Cliver, figure emblématique du post-apocalyptique spaghetti. Auparavant, elle a commencé sous le nom d'Annie Brilland dans les productions soft de Rollin, comme « Tout le monde il en a deux » et surtout « Lèvres de Sang ». Elle connaît un grand succès en Italie où elle tourne pour la télé et pour des films de prestige (« La Nuit de Varennes » d'Ettore Scola). Malheureusement emportée par la vie trépidante du cinéma italien, elle cède de plus en plus aux démons de la drogue et de l'alcool qui vont ruiner sa carrière. Elle disparaît des plateaux à la fin des années 80.

Françoise Pascal



Née à l'île Maurice, elle ne fera pas carrière en France où elle ne tourne que deux fois pour Jean Rollin, notamment dans « La Rose de Fer ». En fait, c'est surtout après avoir rôdé dans pas mal de films polissons outre-Manche et posé pour Penthouse qu'elle perce, parvenant à faire une bonne carrière à la télévision anglaise, où elle devient la Française de service sur des soaps ou des feuilletons.

Brighitte Borghese



D'origine israélienne (elle tourne dans les premier films d'un Menahem Golan qui n'a pas encore fondé la Cannon), elle debarque en France dans les années 70 et tourne un paquet de comédies Z (« Le Facteur de Saint-Tropez ») ou érotiques (« La Bonzesse »). Elle se fait pas mal d'amis dans le milieu du fantastique underground français. Elle fait des piges dans "L'Ecran Fantastique", et participe aux films de ses copains dont Rollin et surtout Norbert Moutier, avec qui elle tourne « Trepanator » ou « Opération Las Vegas » aux côtés de l'inoxydable Richard Harrison.

Franca Mai



Jeune actrice plutôt à l'aise dans l'univers de Rollin, Franca n'y fait qu'un bref passage et s'est depuis muée en écrivaine qui flirte au travers de ses livres avec l'érotisme, la violence et la poésie. Son site.

Mireille Dargent



Là encore une carrière très brève, dans les premières années de la décennie 70 et presqu'exclusivement pour Rollin en dehors de quelques apparitions dans des productions érotiques de huitième ordre (« Paris Porno" d'Eurociné !). Après sa furtive carrière cinéma, Mireille Dargent (parfois créditée "Mireille d'Argent") tint un temps une boutique de parfum avant de partir pour d'autres horizons, très certainement une vie de famile rangée...

Dominique Journet



Après son rôle dans « Fascination », Dominique Journet s'est surtout consacrée au théâtre où elle fait toujours une jolie carrière, interprétant notamment Colette sur les planches ou participant à la création d'une scène pour enfants à Quimper.

Rico
Rico

retour vers les réalisateurs producteurs

Filmographie

Nous avons indiqué en italique les films pornographiques généralement réalisés sous pseudonyme, celui-ci étant rajouté entre parenthèses.

1958 - Les Amours jaunes (court-métrage)

1961 - Ciel de cuivre (cm)

1963 - L'Itinéraire marin (cm)

1964 - Vivre en Espagne (cm)

1965 - Le Pays loin (cm)

1968 - Le Viol du Vampire / La Reine des Vampires

1970 - La Vampire nue



1971 - Requiem pour un Vampire / Vierges et Vampires

1971 - Le Frisson des Vampires



1973 - Jeunes filles impudiques (Michel Gentil)

1973 - La Rose de fer / La Nuit du cimetière

1974 - Tout le monde il en a deux / Bacchanales sexuelles (Michel Gentil)

1974 - Les Démoniaques / Deux vierges pour Satan / Tina, la naufrageuse perverse

1975 - Phantasmes / Phantasmes pornographiques / Phantasmes d'Isabelle (Michel Gentil)

1975 - Lèvres de sang / Suce-moi vampire

1976 - Douces pénétrations (Michel Gentil)

1976 - La Comtesse Ixe / Sueurs chaudes (Michel Gentil)

1977 - Saute-moi dessus (Michel Gentil)

1977 - Hard penetration (Michel Gentil)

1977 - Vibrations sexuelles (Michel Gentil)

1977 - Positions danoises (Michel Gentil)

1978 - Remplissez-moi les 3 trous (Robert Xavier)

1978 - Petites pensionnaires impudiques (Michel Gentil)

1978 - Lèvres entrouvertes pour sexes chauds (Robert Xavier)

1978 - Hyperpénétrations / Par devant par derrière (Robert Xavier)

1978 - Les Raisins de la mort / Pesticide

1978 - Discosex / Love House n°2 (Robert Xavier)


Les fabuleux DVD des américains de "Redemption" avec des jaquettes recomposées avec des bimbos californiennes. Ca doit faire tout bizarre pour le consommateur américain lambda qui mate le film de confiance en croyant voir une production érotique recente sur la foi de ces jaquettes mensongères...


1979 - Fascination

1979 - Gamines en chaleur / Si jeune et déjà cochonne (Robert Xavier)

1979 - Bouches lascives et pornos (Robert Xavier)

1979 - Introductions perverses / Pénétrations vicieuses (Michel Gentil)

1980 - La Nuit des traquées

1981 - Les Paumées du petit matin / Fugues mineures

1981 - Le Lac des Morts-Vivants (J.A. Lazer)

1982 - Rêves de sexes / Quand le chat... (Robert Xavier)

1982 - La Morte-vivante

1983 - Sodomanie (Robert Xavier)

1983 - Folies anales (Robert Xavier)

1984 - Les Trottoirs de Bangkok / Bangkok interdit



1985 - Ne prends pas les poulets pour des pigeons (Michel Gentil)

1986 - Emmanuelle 6 (co-réalisateur avec Bruno Zincone)

1989 - Perdues dans New York

1990 - La Griffe d'Horus

1991 - A la poursuite de Barbara / Chasing Barbara (co-réalisateur à partir d'un film de Jésus Franco, non distribué)

1993 - Killing Car / La Femme dangereuse

1994 - Le Parfum de Mathilde (co-réalisateur avec Marc Dorcel )

1997 - Les Deux orphelines vampires

2002 - La Fiancée de Dracula

2007 - La Nuit des horloges / La Nuit transfigurée

2010 - Le masque de la Méduse