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Jim Gaines

Jim Gaines

Biographie

« Hé les gars, c’est quoi ce film que vous avez loué ? Vous êtes sûr que c’est américain ? Ca a l’air bien cheap… »
« Mais non, regarde, y’a un Noir américain dans le casting, il s’appelle Jim machin ! »



Voilà sans doute un dialogue qu’ont dû échanger bien des vidéophiles inconscients dans les années 1980, tant la présence de Jim Gaines, l’un des rares Noirs de Manille, fut utilisée à outrance pour américaniser les séries B italiennes ou philippines tournées dans l’archipel pour l’export.

James L. Gaines Jr. est né le 18 mai 1955 à Hawaï, sur l'île de Mau, d'un père afro-américain et d'une mère hawaïenne. Ancien militaire, son père devient en 1965 employé de l'ambassade américaine à Manille. Le petit Jim découvre alors le pays et fait, avec sa sœur, la navette entre les Philippines et Hawaï. Il fait une partie de sa scolarité aux États-Unis, part à l'armée, puis se fixe durablement aux Philippines.



Dans les années 1970, le tournage d’ « Apocalypse Now » bouleverse l'industrie du cinéma philippin : les exceptionnels décors naturels de l’archipel et ses tarifs de tournage préférentiels allaient en faire pour une quinzaine d’années un décor de cinéma privilégié. Le jeune Jim Gaines, engagé pour faire de la figuration en même temps que de nombreux autres Occidentaux expatriés, décroche le petit rôle de l'aide de camp de Robert Duvall. C'est le début d'une carrière prolifique, où son expérience dans l'armée va lui être très utile : le jeune Jim va passer une bonne partie des quinze ans à venir à crapahuter dans la jungle philippine en trimbalant des armes de guerre.



Baroudeur dans « Opération Cambodge ».


Les Philippines tournant leurs propres films à destination de l’export, Jim va devenir un ingrédient indispensable pour américaniser des castings au quota occidental souvent maigrelet. On le remarque dès 1980 dans « Les Héros de l’apocalypse » d'Anthony M. Dawson (Antonio Margheriti), où il joue un déserteur américain ivre. Ses rôles se font rapidement plus importants, les acteurs noirs étant une denrée rare à Manille : il joue un sbire, aux côtés d’un autre métis américain, Don Gordon, dans « L’Implacable ninja » de Menahem Golan.






Jim Gaines et Don Gordon se font latter par Franco Nero alias « L'Implacable ninja ».


On le retrouve ensuite dans divers rôles, où il donne la réplique à des acteurs aussi divers que Richard Harrison, Bruce Le, Michael Dudikoff ou Bruce Baron : il est un tueur de la mafia dans « Eliminator », un gentil élève en arts martiaux dans « Le Poing Vengeur de Bruce », un mercenaire au langage peu châtié dans « Ultime Mission », un soldat dans « Opération Cambodge » et « American Warrior ».



Bras droit du parrain Mike Monty dans « Eliminator ». Affublé d'un cigarillo qui lui donne l'air d'un Fred Williamson du pauvre.



Flic dans « Ninja Mission ».



Expert en Tae Kwon Do humilié par le frère de Bruce Lee dans « Le Poing Vengeur de Bruce ».


Un petit rôle dans « American Warrior ».


Crédité sous divers noms (Jim Gaines, James Gaines, James E. Gaines, James Gaines Jr, James Gainers…), notre homme semble s’être beaucoup investi dans le cinéma, au contraire de nombreux interprètes pour qui les séries B des Jun Gallardo et autres Teddy Page n’étaient qu’un job pour survivre et tuer le temps. On le retrouve comme scénariste pour divers films, assistant de production aux Philippines (mettant à profit sa connaissance du pays) pour des films occidentaux, et il aurait également mis la main à la réalisation, passant derrière la caméra en quelques occasions. C'est ainsi que sa première réalisation, « The secret of King Mahis Island » est un petit film d'action qui semble t-il ne quittera jamais les limites de l'archipel et où apparait le débutant Gary Daniels. Bruno Mattei l’emploie à plusieurs reprises dans les films qu’il réalise ou produit dans l’archipel : on le voit en aide de camp au bandeau ramboesque dans « Strike Commando », en mercenaire clopeur dans « Robowar ». Il joue encore un baroudeur dans « Zombie 4 : After Death » que produit Mattei, et fait une petite apparition en sbire estourbi dans « Mission Suicide : Strike commando 2 », réalisé en même temps.



Fabricant d'armes nanardes et massacreur encagoulé cherchant à libérer un milliardaire capturé par des pirates dans « Les Massacreurs ».



Canardant du zombie aux côtés de Jim Moss et Nick Nicholson dans « Zombie 4 : After Death ».


D’après les quelques informations que nous avons recueillies sur lui, Jim Gaines semble avoir été ce que l’on appellera pudiquement un bon vivant, fêtard et amateur de femmes. Interviewé dans le livre « Gods of polyester », Richard Harrison racontait ses aventures aux Philippines en précisant, un peu amer, « J’aimais bien Jim Gaines jusqu’à ce qu’il se vante devant moi d’avoir fait un enfant à une fille du coin et d’avoir refusé d’assumer ses responsabilités. »





Baroudeur victime du robot nanar dans « Robowar ».


Malgré le déclin des Philippines en tant que lieu de tournage, Jim Gaines n'abandonne pas l'industrie du cinéma : après avoir réalisé deux films pour le marché local, il gère une société de post-production à Manille et continue de faire quelques apparitions devant la caméra. En 2006, on le voit ainsi ressurgir aux côtés de Mike Monty dans les productions que Bruno Mattei revient tourner aux Philippines comme au bon vieux temps, mais en vidéo cette fois. Zombies, prisons pour femmes, commandos de choc, la recette n'a pas changé...



Mercenaire envoyé pour libérer un otage au Vietnam dans « Ultime Mission ».


Mercenaire cherchant à abattre l'assassin d'un notable ricain dans « Vengeance Squad ».


Jim aux côtés du réalisateur Teddy Chiu alias Teddy Page et de Max Thayer.



Jim impose son style dans « King of the Kickboxers 2 » (Fighting Spirit), la dernière prod' Kinavesa dans laquelle il ait tourné.



Jim en homme de main dans « Angel On Fire » (1995), une co-production entre Hong Kong et les Philippines réalisée par Phillip Ko, qui en a mouliné une trentaine entre 1993 et 2001 (!).


Sans avoir été un comédien bien remarquable, Jim Gaines aura réussi à se rendre inoubliable pour bien des cinéphages de l’extrême : à défaut d’être le seul Noir du cinéma philippin, il aura sans conteste été le plus présent, au point de mériter le surnom d’ « homme aux 101 nanars ! ». Méchant, gentil, mercenaire, soldat, karatéka, flic ou voyou, avec ou sans moustache ou coupe afro, Jim Gaines a littéralement été partout, au point qu’on s’étonne parfois de ne pas le voir dans certains films, dont il aura sans doute raté le tournage faute de pouvoir se cloner. Les contrats des réalisateurs tournant aux Philippines comportaient-ils une clause les obligeant d’embaucher Jim Gaines ? On va finir par le croire, tant tout paraît possible dans le monde du cinéma bis !


Jim Gaines s'offre une apparition dans "The Jail : a women's hell" (2006), de Bruno Mattei.





Un article inédit et inestimable de notre confrère australien Andrew Leavold sur le cinéma bis philippin de ces 40 dernières années (dans lequel apparaît Jim Gaines) : VO et VF.

Nikita
Nikita

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Filmographie


(sans doute incomplète, la présence de Jim Gaines n'étant pas toujours indiquée au générique et certains films étant sans doute restés inédits en Occident)



2012 - Pridyider

2010 - Faster

2010 - My Name Is Khan

2007 - La Création (Zombies: The Beginning / Zombi: La creazione)

2006 - L'Ile des Morts Vivants (Island of the Living Dead / L’Isola dei morti viventi)

2006 - Anime Perse / The Jail: A Women's Hell

1997 - Mahirap patayin, masamang buhayin (réalisateur et scénariste)

1997 - A.D.N. / A.D.N. la menace / Scarabée (DNA)

1996 - Robo Warriors

1995 - Tough Beauty and the Sloppy Slop (No hoi wai lung)

1995 - Angel on Fire (Die xue rou qing)

1995 - Matira ang matibay / Only the Strong Survive (co-réalisateur uniquement)

1995 - Blood ring 2 (scénariste uniquement)

1993 - Enteng manok: Tari ng Quiapo

1993 - American Kickboxer 2

1992 - King of the Kickboxers 2 (Fighting Spirit)

1992 - Eternal Fist

1991 - Angel in the Dark

1991 - Blood Ring

1990 - Crime Stopper

1990 - Battle Geese / Escape to Nowhere

1990 - Codename: Terminate

1990 - Dog Tags



1990 - Blood Hands

1989 - Un héros comme tant d'autres (In Country)

1988 - The secret of King Mahis Island (réalisateur uniquement)

1988 - Robowar

1988 - Mission suicide - Strike Commando 2 (Strike Commando 2 / Trappola diabolica)

1988 - After Death / Zombi 4

1988 - Cop Game

1988 - Mannigan's Force

1988 - Final Reprisal / Assault System / Platoon Without Return (co-scénariste et acteur)

1987 - Ranger (Jungle Rats / acteur et scénariste)

1987 - Commando Phantom (Phantom Soldiers / acteur et scénariste)

1987 - Strike Commando

1986 - War Without End (acteur et scénariste)

1986 - Double Edge (acteur et scénariste)

1986 - Commando Invasion

1986 - Behind Enemy Lines

1985 - Ninja Mission (Ninja's force)

1985 - Black Fire (acteur et scénariste)

1985 - American Warrior (American Ninja)

1984 - Le Poing vengeur de Bruce / La Vengeance du ninja (Bruce's fists of vengeance)



1983 - Opération Cambodge / Asia Force (Rescue Team)

1983 - Ultime Mission / Massacre Territory (Intrusion Cambodia)

1983 - Les Massacreurs / Vietnam Massacre (Hunter's crossing)

1983 - Fireback / L’Exécuteur 2 (Fireback)

1983 - Eliminator (Blood debts)

1983 - One-armed executioner

1981 - For y’ur Height Only (voix uniquement, à confirmer)

1981 - L'Implacable ninja (Enter the ninja)

1980 - Les Héros de l'apocalypse / Héros d'apocalypse (L'Ultimo cacciatore)

1980 - The Quick Brown Fox

1979 - Apocalypse Now (figuration)

1978 - Sabotage (Last Target)

1974 - Chaku Master