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Jorge Rivero

Jorge Rivero

Biographie



Né Jorge Pous Ribe à Mexico le 15 Juin 1938, l'acteur mexicain d'origine espagnole Jorge Rivero a grandi dans un ranch où, à la faveur d’un développement au grand air, il s'est très vite découvert de grandes aptitudes physiques, s'illustrant brillamment dans de nombreuses disciplines sportives – l'athlétisme, la natation et le jai-alai notamment (comment, vous ne savez pas ce que sait que le jai-alai ?! Mais enfin voyons, c'est, euh mince, où est passé mon dico… ah oui, voilà : c’est l'équivalent américain de la pelote basque !).



Ce goût du sport le conduit au bodybuilding, qu'il pratiquera régulièrement tout au long de sa carrière comme un moyen de rester en forme. Il développe ainsi assez tôt une carrure avantageuse, venant compléter à merveille une charmante physionomie. Elève studieux, Jorge décroche un diplôme d’ingénieur en chimie en 1960 mais décide bientôt de tout abandonner pour se lancer dans le cinéma. Modeste, il déclarera à ce sujet : « J'ai tout oublié dès que j'ai quitté l'école » !





Grâce à ce physique musculeux, Jorge décroche ce qui semble être son premier rôle dans « The Invisible Assassin » alias « El Asesino Invisible » (1965), film de lucha libre signé René Cardona dans lequel il tient le rôle-titre, seulement crédité en tant que El Enmascarado de Oro. Ironie absurde pour celui qui est un sexe-symbole en devenir : il doit garder son beau visage dissimulé sous un masque pendant quasiment toute la durée du film !



Le succès n'est cependant pas long à venir. Dès 1966, il tient le premier rôle dans le western « El Mexicano », également réalisé par René Cardona. Le film casse la baraque et la notoriété de Rivero explose. Sous contrat avec la Cima, les films s'enchaînent. Un autre western (« Pistoleros de la frontera » en 1967), et surtout des rôles de luchadors dans des aventures de catcheurs mexicains que René Cardona réalise ou co-réalise avec son fils René Cardona Jr la plupart du temps. Des films qui mettent toujours en valeur la plastique impeccable de Rivero, mais cette fois à visage découvert !


« Operación 67 » (1967) de René Cardona Père & Fils, un des nombreux films mettant en scène le personnage de Santo, à l'origine catcheur intraitable vénéré comme un demi-dieu par les Mexicains devenu super-héros nanar au cinéma. Dans cet opus, Rivero a l'honneur d'affronter El Enmascarado de Plata en personne.


Dans « Operación 67 » toujours, Rivero en train d'essayer de persuader Elizabeth Campbell de venir chez lui admirer sa collection d'estampes japonaises.


« El Tesoro de Moctezuma » (1968), un autre Santo, lui aussi réalisé conjointement par Cardona Sr & Cardona Jr. On peut voir Rivero en haut à gauche, les gambettes moulées dans un collant couleur vinasse.


En l'espace de très peu de temps, Rivero le beau gosse devient une véritable star du box-office mexicain. « On n'est tout simplement pas préparé à ce genre de chose, ça vous prend par surprise. Je n'aurai jamais imaginé… Et les femmes ! Ouahou !! Je me disais : tout ça pour moi ? Quand je suis rentré à Mexico elles me couraient après... ». Sans avoir toujours besoin d'en faire des tonnes, le jeune Rivero se distingue sans peine de ses aînés par sa fougue et son panache. Quand il croise des stars de l'âge d'or du cinoche mexicain – pour la plupart des chiffes molles vieillissantes qu'il faut doubler dès qu’il s’agit de faire un roulé-boulé ou de monter à cheval – il a d'ailleurs du mal à cacher sa déception. « Ils avaient de ces ventres. Je veux dire… de gros ventres ! J’étais parmi les premières têtes d’affiche mexicaines à assurer la plupart de mes cascades. »


Un disque enregistré par Jorge en 1972, avec notamment une reprise en espagnol de la chanson "Paroles, paroles" popularisée en France par Dalida & Alain Delon.














Jorge Rivero (crédité George Rivers pour l'occasion) et Candy Wilson, en free-style total dans le jardin d'Eden de « The Sin of Adam and Eve » (El pecado de Adán y Eva, 1968). Les deux acteurs y sont nus la plupart du temps, ce qui a semble t-il grandement contribué au succès du film.


Grâce à une loi qui stipule qu'une compagnie étrangère venant tourner au Mexique doit respecter la présence d'un certain quota de main-d'oeuvre locale dans son équipe, acteurs compris, Jorge Rivero fait ses premières apparitions dans des productions hollywoodiennes avec les westerns « Soldier blue » (1970) et surtout « Rio Lobo » (1970), un classique réalisé par Howard Hawks dans lequel il décroche le second rôle, la tête d'affiche n'étant autre que John Wayne ! Une performance d'autant plus remarquable qu'à l'époque Jorge ne parle pas un mot d'anglais, apprenant son texte phonétiquement avec l'aide d'un professeur et balançant ses répliques le jour de l'audition sans vraiment comprendre ce qu'il dit ! Par la suite, Rivero l'ambitieux va s'efforcer de faire son trou à Hollywood, prêt à privilégier les seconds ou troisièmes rôles de productions US aux premiers rôles proposés au Mexique dont le cinéma est en plein déclin, mais sans succès.


Caramb… euh, Hugh !


Disons qu'en fait, pour parler franchement, il s'agit moins de « seconds ou troisièmes rôles » à proprement parler que de petites apparitions ponctuelles ici, là, partout où il peut, et où pour quelques répliques échangées avec Charlton Eston dans « The Last Hard Men » (1976) on le retrouve par exemple cantonné la même année en Chicano de service dans « A Matter of Honor » (1976), un téléfilm de la série « Columbo » avec son meuble-vedette Peter Falk qui ne peut que reléguer Rivero et son personnage de Carlos aux oubliettes. En fait il ne jouera qu'occasionnellement aux E.U. où, sans nécessairement être cantonné dans les rôles de Latino, il interprètera souvent des personnages « ethniquement typés » comme celui de l'Indien Spotted Wolf [loup tacheté] dans « Soldier Blue » (1970) ou Broken Thumb [pouce cassé] dans « Centennial » (1978), une mini-série western très populaire qui faisait surtout la part belle à des acteurs Blancs comme Timothy Dalton, Robert Conrad ou Richard Chamberlain.








Encore l'univers du western pour les besoins de la mini-série télé « El Mexicano » (1977), réalisée par René « je suis partout » Cardona.


Du coup, durant cette période, c'est finalement en Europe que l'on voit le plus Rivero, celui-ci se rabattant volontiers sur les propositions de rôles venant d'Espagne et d'Italie. On le retrouve ainsi dès 1974 dans « Evil Eye » alias « Eroticofollia », une coproduction italo-hispano-mexicaine réalisée par Mario Siciliano où Jorge joue le rôle de Peter Crane, un playboy américain de passage à Rome télépathiquement poussé à commettre des meurtres par un obscur culte sataniste. Une oeuvrette semi-culte réputée pour ses scènes d'orgies et son esprit profondément décadent ! A cette époque, un producteur du studio romain Cineccitá lui aurait déclaré : « Je te garantis que si tu restes en Italie, tu ne manqueras jamais de boulot ! »


Rivero dans « Evil Eye » (1974).


L'affiche mexicaine du film.


En Espagne, la mort du dictateur Franco ouvre la voie à toutes sortes de libéralités nouvelles qui se traduisent notamment par une grosse période de « sexploitation » au cinéma. C'est dans ce contexte qu'on retrouve notre latin lover de Jorge dans le plus simple appareil pour les besoins du film érotique « La Playa Vacía » (1976) de Roberto Gavaldón, en plein ménage à trois avec Pilar Velasquez et Amparo Rivelles. Lucide, l'acteur ne s'offusque pas de ces emplois de quasi-gigolo, bien conscient qu'il ne doit la plupart de ses rôles qu'à sa plastique avantageuse. « Les réalisateurs me demandaient toujours d'enlever ma chemise » racontera t-il.


Dans « La Playa Vacía » (1976), Jorge Rivero essaye de faire comprendre à Amparo Rivelles que oui il l'aime mais que bon.


Jorge tendrement caressé par Fanny Cano dans « Las Cautivas » (1971).


Jorge offre son épaule confortable à Isela Vega dans « Basuras Humanas » (1972).


Jorge prend des pauses de maître-nageur dans « Angel Negro » (1977).


A la fin des années 70, Jorge Rivero divorce d'avec son épouse Irene Hammer, une ancienne étudiante allemande avec laquelle il a eu deux fils (Jorge & Roberto si vous tenez vraiment à tout savoir), puis se remarie dans les années 80 avec la scénariste Betty Moran, interprète d'un jour aux côtés de son mari dans « Counterforce » (1987).




« Violence à Manaos » alias « Evasion de l’Enfer » (Manaos alias Slaves from Prison Camp Manaos, 1980).


Jorge Rivero en plein marivaudage avec Amparo Muñoz dans « El Tahú » (1980).


Rivero nanti d’une moustache tout simplement inadmissible dans la comédie-western « Las Mujeres de Jeremías » (1980).


Installé depuis plusieurs années dans le sud de la Californie, Jorge « le tombeur de ces dames » Rivero n'apparaît plus qu'occasionnellement dans le paysage audio-visuel mexicain à travers quelques films et soap operas, continuant à orienter sa carrière vers des productions internationales de second plan (formulation sobre, vous en conviendrez), en Italie et en Espagne le plus souvent, et à l'occasion desquelles il se voit souvent rebaptisé « George Rivero », voire « George Rivers » quand on souhaite totalement angliciser son patronyme.






Le crâne bien au chaud sous une épaisse moumoute, Jorge est Mace, guerrier bourru et ami des animaux dans le « Conquest » (1982) de Lucio Fulci.


Il tient ainsi le haut de l'affiche dans une oeuvre d'heroic fantasy de Lucio Fulci, Conquest, sorti en 1982 dans la foulée de Conan le barbare. A l'occasion d'une interview, le réalisateur italien déclarait à propos de Conquest : "C'était un film que les producteurs voulaient faire à tout prix parce qu'il y avait Jorge Rivero, un des acteurs les plus importants du Mexique. (...) Bon, Conquest a été un échec en Italie, mais au Mexique, les gens ont fait la queue pour acheter leur place ! C'est parce que ce Jorge Rivero est tellement célèbre."






Jorge, camionneur vengeur dans « Killing Machine » (Goma-2 alias La Máquina de Matar, 1984).


« Dos Camioneros con Suerte » (1989), une potacherie exagérément cocasse comme en fournit encore ponctuellement le Mexique... Jugez plutôt : Jorge Rivero et Alfonso Zayas y campent un duo de camionneurs qui, suite à un quiproquo forcément rocambolesque, sont confondus avec des agents secrets ayant pour mission le démantèlement d'un réseau de contrebandiers. Pour les aider à mener à bien cette tâche, les deux larrons se voient remettre de l'argent et quelques armes très spéciales, dont un parfum les rendant irrésistibles pour la gente féminine. Ca annonce du fin tout ça !


Si Rivero reste actif dans les années 90, la qualité des films dans lesquels il est impliqué entre deux telenovelas ne va pas vraiment en s'améliorant. Il tâte un peu du film de baston, via de petites productions comme « Fist Fighter » (1989), « Fist Fighter 2 » (1993) ou « Death Match » (1994), dans lesquelles il croise la route du géant Matthias Hues.



Dans l'interview de Hues menée par Nanarland, le Mr Muscle allemand abonné aux rôles de méchant nous racontait : "Je garde un super bon souvenir de "Fist Fighter", Jorge était alors tellement connu au Mexique... rien que de se balader avec lui, c'était quelque chose. Je veux dire que marcher à ses côtés, c'était comme d'être avec Stallone. J'ai rencontré tellement de gens vraiment chouettes, les meilleurs, tout le gratin de Mexico, certains plus riches que bien des Américains, mais aussi des pauvres et des gens normaux. Le tournage était excellent, on a bossé dur, il m'a cogné pour de bon et je dois dire que ça ne m'a pas déplu, héhé ! Le résultat à l'écran n'en était que plus réaliste. (...) Jorge était invariablement cool, en excellente condition physique et un sacré déconneur."


Jorge Rivero en 1989 dans Fist Fighter. L'acteur est alors âgé de 51 ans et affiche encore une condition physique impressionnante.



Après celle de « Ice » (1994), où Jorge voit sa présence à l'écran totalement occultée par la sulfureuse Traci Lords, la participation de l'acteur la plus marquante de la décennie négativement parlant semble être ce « Werewolf » (1996) dont un utilisateur d’IMDB affirme que pour lui, ce film a détrôné « Hurlements 2 » du titre de plus mauvais film de loups-garous ! « Werewolf » doit effectivement être une bonne bouse puisqu'il a été repris par les histrions de la série « Mystery Science Theater 3000 » (MST3K pour les initiés) qui ont en fait leur 904ème épisode.





Aujourd’hui, Jorge partage son temps entre sa demeure des collines de Hollywood et son ranch de Mexico. Même s'il se montre beaucoup moins présent à l'écran que par le passé, on le dit toujours actif dans le monde du cinéma, essentiellement en tant que producteur, une sorte de vocation qui lui aurait été révélée sur le tard.



Une légère pointe de nostalgie vient voiler le regard de Rivero quand on évoque sa carrière, particulièrement la période où il fût au sommet. « J'ai toujours essayé de coucher avec l'actrice principale » raconte t-il. « Parfois j'y arrivais, parfois non, mais j'ai toujours essayé. »




Jorge, âgé de 65 ans sur cette photo.


Plaisanterie mise à part, reconnaissons que le briscard est et restera connu de-ci de-là pour avoir roulé sa bosse dans plus de 150 films, touchant à une impressionnante multitude de genres et croisant sur son chemin une pléiade d'acteurs devenus comme lui des figures emblématiques d'un cinéma de genre trop souvent méprisé par le plus grand nombre, une foule bigarrée composée entre autres de l'authentique Santo el Enmascarado de Plata, Donald Pleasence, Christopher Mitchum, James Coburn, Lee Van Cleef, Hugo Stiglitz, Sabrina Siani, John Ireland, Max Von Sydow, Fabio Testi, Robert Forster, Chuck Connors, Isaac Hayes, Richard Roundtree, Henry Silva ou encore Matthias Hues. Un sacré itinéraire quand même !



John Nada
John Nada

Film chroniqués

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Filmographie



2001 - The Pearl

1996 - Le loup-garou (Werewolf)

1996 - Warrior of Justice

1996 - Blue Devil, Blue Devil

1995 - With Criminal Intent

1995 - Guns and Lipstick



1994 - Death Match

1994 - Ice

1993 - La Perra de la Frontera

1993 - Fist Fighter 2

1990 - La sombra del Tunco

1989 - Fist Fighter

1989 - Dos camioneros con suerte (recongidos en cancus)



1988 - Mi fantasma y yo

1988 - Escuadrón

1984 - Entre ficheras anda el diablo - La pulquería 3

1984 - Killing Machine (Goma-2 / La máquina de matar)

1983 - Conquest

1983 - El día del compadre

1983 - Las vedettes

1983 - El mercenario II

1982 - Jugando con la muerte

1982 - La pulquería 2

1981 - Abierto día y noche



1981 - Priest of Love

1981 - Profesor eróticus

1981 - La pulquería

1981 - Las mujeres de Jeremías

1980 - El rey de los tahures

1980 - Morir de madrugada

1980 - Frontera brava

1980 - Las tentadoras

1980 - Violence à Manaos / Evasion de l'enfer (Manaos)



1980 - Verano salvaje

1980 - Golpe a la mafia

1979 - Muñecas de medianoche

1979 - Le jour des assassins (Day of the Assassin)

1979 - El tahúr

1979 - Pasión por el peligro

1979 - Adriana del Rio, actriz

1979 - El cortado

1979 - Juventud sin freno

1979 - Río de la muerte

1979 - Erótica

1979 - Tigre

1979 - Las cariñosas

1979 - Mojados

1978 - De Cocula es el mariachi

1978 - El niño y el tiburón

1978 - Ángel negro



1978 - Noches de cabaret

1978 - El cuatro dedos

1977 - Bellas de noche 2

1977 - La playa vacía

1977 - Volver, volver, volver

1977 - Maten al león

1976 - Beatriz

1976 - El hombre

1976 - La loi de la haine (The Last Hard Men)

1975 - La montaña del diablo



1975 - Bellas de noche

1975 - El caballo del diablo

1975 - Los caciques

1975 - Acapulco 12-22

1975 - Malocchio / Eroticofollia / Evil Eye / Mas alla del Exorcismo

1975 - El llanto de la tortuga

1975 - El mejor regalo

1974 - Cabalgando a la luna

1974 - El secuestro

1974 - Peor que los buitres

1974 - Los leones del ring contra la Cosa Nostra

1974 - Los leones del ring

1974 - Las viboras cambian de piel

1974 - El payo - un hombre contra el mundo!



1973 - Carne de horca

1973 - Los hombres no lloran

1973 - Las cautivas

1972 - Los hijos de Satanás

1972 - Indio

1972 - Basuras humanas

1972 - Hoy he soñado con Dios

1972 - Una mujer honesta

1972 - Trampa mortal

1971 - Jesús, el niño Dios



1971 - Los dos hermanos

1971 - Sin salida

1971 - La hora desnuda

1971 - Verano ardiente

1970 - Rio Lobo

1970 - Paraíso

1970 - Soldat bleu (Soldier Blue)

1970 - La hermanita Dinamita

1970 - Confesiones de una adolescente

1970 - Prohibido

1970 - Estafa de amor

1969 - Mujeres de medianoche



1969 - The Sin of Adam and Eve (El pecado de Adán y Eva)

1969 - Al rojo vivo

1969 - Alerta, alta tension

1968 - El tesoro de Moctezuma

1967 - Cómo pescar marido

1967 - Operación 67

1967 - Arrullo de Dios

1967 - Pistoleros de la frontera

1967 - La vuelta del Mexicano



1967 - Pedro Páramo

1966 - Jinetes de la llanura

1966 - El mexicano

1966 - Los endemoniados del ring

1965 - The Invisible Assassin (El asesino invisible)

Ainsi que de nombreux rôles dans des séries télé...

Pour celles et ceux qui maîtrisent l’anglais, je glisse le lien vers un article intéressant qui permet de mieux comprendre l’impact qu’a pu avoir Jorge Rivero sur la culture populaire mexicaine.