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Lamberto Bava

Lamberto Bava

Biographie

Lamberto Bava revient sur sa carrière dans une interview qu'il a gentiment accordée à Nanarland.






Un artisan qui reprend le métier de son père, que le géniteur ait été boulanger, cordonnier ou cinéaste, est voué à voir son talent comparé à celui de son parent. C’est là le sort un peu injuste de Lamberto Bava, qui se vit d’autant plus vilipendé que son illustre père, Mario Bava, avait été parfois porté aux nues de manière excessive. Le nom de Lamberto est associé dans l’esprit de certains amateurs de fantastique au déclin du cinéma italien, dont il revendique pourtant l’héritage. Lamberto Bava est né à Rome le 3 avril 1944. Son père est alors chef opérateur. Enfant, Lamberto n’envisage pas de travailler dans le cinéma comme son père. « Aller sur un tournage me faisait peur étant enfant : tout ce monde, ces acteurs, ces saltimbanques, ces énormes lumières... Puis j'ai fait mes études pour penser à autre chose. Mais un été, j'avais 17 ou 18 ans, je ne me souviens plus bien, mon père a demandé à me voir sur un tournage. Après mon arrivée, on m'a demandé de rendre service. Puis également le deuxième jour… et ce fut l'engrenage. » (entretien paru sur www.devildead.com).



Mario Bava est devenu à la fin des années 1950 et au début des années 1960 l’un des réalisateurs les plus actifs et les plus réputés du cinéma bis italien. Son inventivité et sa capacité à tourner des films rapidement et pour pas cher sont aussi appréciées que son talent visuel. Lamberto va de plus en plus travailler à ses côtés, devenant assistant pour le film « La Planète des vampires » en 1965. Outre son père, Lamberto travaille comme assistant pour d’autres cinéastes : dans les années 1970-80, il sera notamment le collaborateur de Dario Argento ou de Ruggero Deodato.



En 1980, il devient enfin réalisateur à part entière avec « Baiser Macabre » (Macabro), film d’horreur teinté de nécrophilie, qui lui vaut de devenir un espoir du cinéma fantastique européen. Mais la suite de sa filmographie ne va pas tenir ses promesses, lui valant d’être honni par certains alors qu’il ne fait somme toute qu’essayer de vivre de son métier dans le contexte d’un cinéma italien déclinant. Il réalise pour le compte du producteur Luciano Martino deux films de commande, « Blastfighter, l’Exécuteur », film d’action bourrin et campagnard, puis « Apocalypse dans l’Océan Rouge », où un craignos monster en plastique dévore des vacanciers.





Lamberto Bava revient ensuite à ses premières amours, le cinéma d’épouvante : c’est en 1985 le gros succès de « Démons », produit par Dario Argento. Il embraye avec « Midnight horror », considéré comme une œuvre de moyenne facture. Mais, après « Démons 2 », inévitable suite de son plus gros succès, c’est la capilotade, qui va lui valoir les quolibets des amateurs de fantastique. Lamberto passe en effet à la télévision, et tourne pour le groupe de télé privées Mediaset une série de téléfilms sur des thèmes horrifiques, qui seront vendus sur tous les marchés internationaux et distribués ici et là comme des films de cinéma.



« A l'époque, seules les télévisions privées donnaient de l'argent pour tourner de tels sujets. De plus, c'étaient des idées trop petites pour un film de cinéma. Le cadre télévisuel semblait plus approprié. » (Devildead, ibid) C’est la catastrophe artistique : acteurs exécrables, effets spéciaux à la flan, dialogues débiles valent aux quatre téléfilms de la série « Brivido Giallo » (« Le Château de Yurek », « Deux amants diaboliques », « La Maison de l’ogre » et « Outretombe ») une cascade de quolibets dans la presse spécialisée. Bava Jr se voit traité de fils indigne. C’est l’époque où « Mad Movies » stigmatise Lamberto comme le roi des ringards.











Une deuxième série, « Haute tension », ne rehaussera pas son blason. « Delirium », film de cinéma avec les nichons de la chanteuse Sabrina Salerno, ne remporte pas plus de succès d’estime. Après un remake du « Masque du démon » naguère réalisé par son père, Lamberto retrouve un chouïa de crédibilité avec « Body puzzle », un giallo plus sobre qu'à l'accoutumée, avant de se consacrer pleinement à la télévision.





Le succès commercial de ses téléfilms a en effet permis à Lamberto Bava d’imposer des idées de téléfilms à thèmes fantastiques, et relevant plus précisément de l’heroic-fantasy familiale. Il va ainsi tourner « La Caverne de la rose d’or », mini-série qui remportera un grand succès au point de connaître quatre suites, chacune interprétée par Alessandra Martines (future madame Lelouch) dans le rôle de la princesse Fantaghiro. Lamberto Bava devient en quelque sorte le roi de la fiction familiale à grand spectacle à la télé italienne. Réalisant plusieurs mini-séries du même tonneau, il entraîne dans son univers d’heroic-fantasy kitsch une pléiade d’acteurs plus ou moins prestigieux : Franco Nero, Christopher Lee, Jean-Pierre Cassel, Brigitte Nielsen, Valeria Marini (l’héroïne de « Bambola » !), Ursula Andress, Max Von Sydow, comptent parmi les noms illustres qui viennent jouer des personnages de contes de fées devant la caméra de Lamberto.





Le filon s’épuisant un peu, Lamberto Bava continue jusqu’au début des années 2000 à tourner des mini-séries sur d’autres thèmes pour la télévision italienne. Il est ensuite contraint à une retraite un peu forcée, avant de reprendre en 2005 le chemin des plateaux de cinéma. Mais malgré quelques moyens pour son "Ghost Son" comme un tournage en Afrique du Sud, quelques visages connus comme Laura Harring, Pete Postlethwaite ou John Hannah, le film assez quelconque ne connait pas le succès attendu.



S’il n’eut jamais le talent de son père, et s’il livra en son temps quelques aberrations pelliculaires, Lamberto Bava a cependant mené une enviable carrière d’artisan du kitsch, devenant le roi des contes de fées en carton-pâte à défaut d’avoir révolutionné le fantastique. Son œuvre a peu de chances d’être aussi réévaluée que celle de Bava Sr, mais Lamberto aura eu le privilège de compter parmi les derniers artisans passionnés du cinéma de genre italien.




Lamberto Bava revient sur sa carrière dans une interview qu'il a gentiment accordée à Nanarland.

Nikita
Nikita

retour vers les réalisateurs producteurs

Filmographie



2012 - 6 passi nel giallo (série TV 3 épisodes)

2005 - Ghost son

2005 - The Torturer

2000 - L'Impero (TV)

1999 - Caraibi (TV)

1997 - La Principessa e il povero (TV)

1996 - La Légende d'Alisea (Sorellina e il principe del sogno) (TV)

1996 - La Caverne de la rose d'or 5 (Fantaghiro 5) (TV)

1994 - Desideria et le prince rebelle (Desideria e l'anello del drago) (TV)

1994 - La Caverne de la rose d'or 4 (Fantaghiro 4) (TV)

1993 - La Caverne de la rose d'or 3 (Fantaghiro 3) (TV)

1992 - La Caverne de la rose d'or 2 (Fantaghiro 2) (TV)

1991 - La Caverne de la rose d'or (Fantaghiro) (TV)





1990 - Alta tenzione (TV)

1989 - Protezione a vista

1989 - Le Masque du démon (La Maschera del demonio) (TV)

1989 - Il Gioko (TV)

1988 - L'Uomo che non voleva morire (TV)

1988 - Il Maestro del terrore / The Prince of terror (TV)

1988 - La Maison de l'ogre (La Casa dell'orco / The Ogre) (TV)

1988 - Vampire / Le Château de Yurek (A cena col vampiro / Dinner with the vampire) (TV)

1987 - Outre-tombe (Una notte al cimitero / Graveyard disturbance) (TV)

1987 - Deux amants diaboliques / L'Auberge de la vengeance (Fino alla morte / Until death) (TV)

1987 - Delirium (Le Foto di Gioia) (TV)





1986 - Midnight horror (Morirai a mezzanotte)

1986 - Démons 2 (Demoni 2 : l'incubo ritorna / Demons 2 : the nightmare returns)

1985 - Démons (Demoni)

1984 - Apocalypse dans l'océan rouge / Le Monstre de l'océan rouge (Shark rosso nell'oceano / Devil fish)

1984 - Blastfighter / L'Exécuteur

1983 - La Maison de la terreur (La Casa con la scala nel buio)

1981 - La Venere d'Ille (co-réalisateur avec son père)

1980 - Baiser macabre / Macabro

1974 - Cani arrabbiati / Rabid dogs (scènes additionnelles)